Valentinien Ier

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Valentinien Ier
Empereur romain
Image illustrative de l’article Valentinien Ier
Monnaie de Valentinien Ier.
Règne
-
11 ans, 8 mois et 22 jours
Période Valentinienne
Précédé par Jovien
Co-empereur Valens et Gratien (à partir de 367)
Usurpé par Procope (365-366)
Suivi de Valens, Gratien et Valentinien II
Biographie
Nom de naissance Flavius Valentinianus
Naissance En 321 - Cibalae (Pannonie)
Décès (~54 ans)
Pannonie
Père Gratianus Funarius (en)
Fratrie Valens
Épouse (1) Marina Severa
(2) Justina
Descendance (1) Gratien (de Marina Severa)
(2) Valentinien II (de Justina)
(3) Galla (de Justina)
(4) Justa (de Justina)

Valentinien Ier (en latin : Flavius Valentinianus ; 321 – 17 novembre 375) fut empereur romain de 364 à 375. Il gouverna la partie occidentale de l’empire et son frère Valens la partie orientale.

Il entretint des rapports difficiles avec l’aristocratie sénatoriale et préféra s’entourer de conseillers, pour la plupart militaires, dont bon nombre venaient comme lui de Pannonie. Sur le plan intérieur il accorda une attention aux plus pauvres, réformant le régime de propriété du sol ainsi que le système de taxation, créant un système rudimentaire de santé publique et donnant dans les grandes villes une importance nouvelle aux « protecteurs du peuple » chargés de veiller à ce que justice soit rendue aux plus démunis. Sur le plan religieux il fit preuve de tolérance sauf à l’endroit des manichéens vus comme une secte antisociale en Italie et des donatistes en Afrique.

Son règne fut dominé par la lutte contre les ennemis extérieurs : Alamans sur le Rhin et le Neckar, Saxons et Irlandais en Bretagne, Maures en Afrique, Sarmates et Quades dans la région danubienne.

Il fonda une courte dynastie qui ne compta véritablement que deux générations : la sienne et celle de ses fils Gratien et Valentinien II. Elle devait toutefois se prolonger par union matrimoniale avec la dynastie théodosienne en Orient. Valentinien III (r. 425–455) devait être le dernier empereur de cette dynastie en Occident[N 1].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

L'Empire romain vers 400, montrant la division entre Orient et Occident ainsi que leurs provinces et diocèses respectifs.

Divisé entre ses fils, l’empire de Constantin Ier (r. 309-337) était de surcroit affaibli par les luttes entre officiers supérieurs de l'armée sur le plan intérieur ainsi que par divers envahisseurs sur le plan extérieur : les Perses qui établissaient leur emprise dans la région mésopotamienne en Asie mineure et divers peuples faisant leur apparition sur le Rhin, le Neckar et le Danube en Europe[1].

À cela s’ajoutait les conflits religieux qui laissaient pressentir la division entre Orient et Occident. Déjà en 325, Constantin avait dû convoquer un concile à Nicée pour résoudre (sans succès) la crise arienne[2]. La progression du christianisme sous Constantin et ses fils avait été brièvement interrompue par le court règne de l’empereur Julien (r. 361-363) qui avait permis le retour au pouvoir d’une partie de l’aristocratie païenne[3].

Pour succéder à Julien, l’armée avait choisi Jovien, jeune officier chrétien d’une trentaine d’années, dont le règne sera aussi court que celui de son prédécesseur (r. 363-364) ; il sera marqué par le retour définitif du christianisme et une paix déshonorante pour l’empire avec les Sassanides. Lorsqu’il décèdera, probablement accidentellement, le 17 février 364, c’est à nouveau l’armée qui lui choisira comme successeur un autre officier chrétien originaire de Pannonie, Flavius Valentinianus [4],[5].

Jeunesse et arrivée au pouvoir[modifier | modifier le code]

La Pannonie dans l’Empire romain.

Valentinien était né en 321[6] à Cibalae en Pannonie du sud (aujourd’hui Vinkovci en Croatie) dans une famille illyro-romaine[7]. De même que son frère cadet Valens (r. 364-378), qui deviendra son coempereur, il était le fils d’un important général de l’armée sous Constantin Ier et Constant Ier du nom de Gratianus Funarius[8]. Les deux frères grandirent sur le domaine familial où ils reçurent une très bonne éducation dans divers domaines[9].

Vers la fin des années 320 ou au début des années 330 ils suivirent leur père en Afrique où celui-ci avait été nommé comes Africae[N 2], poste qu’il dut bientôt quitter après avoir été accusé de détournement de fonds [10]. Rappelé en service au début des années 340, il devint comes britanniae avant de se retirer définitivement sur ses terres à Cibalae[11]. Constance II (r. 337 – 361) devait cependant confisquer celles-ci après que Gratianus Funarius ait été accusé de complicité avec l’usurpateur Magnence (r. 350 – 353).

Ayant décidé d’embrasser la carrière militaire comme son père, le jeune Valentinien joignit ses rangs vers la fin des années 330 et occupa probablement quelques années plus tard la position de protector domesticus[10],[N 3]. Comme son père toutefois, il fut victime d’intrigues politiques. Tribun de cavalerie en 357, il fut accusé avec son collègue Bainobaudes de saboter les opérations par Constance II, jaloux des succès du césar Julien auprès des soldats, et fut à son tour démis de ses fonctions[12],[13].

Il se retira avec son épouse Marina Severa sur son nouveau domaine de Sirmium où devait naitre en 359 son fils Gratien, le futur empereur[14]. Il semble que, bien qu’en défaveur, il ait continué à servir dans l’armée et les sources lui assignent des postes de commandement dans des endroits très différents : Philostorgius à Thèbes en Égypte, Sozomen à Mélitène en Arménie, la Chronique pascale à Sélymbria de Thrace et Théodoret dans « un fort lointain »[15].

Quoi qu’il en soit, après la mort de Julien, il fut rappelé par l’empereur Jovien. Après une difficile mission où il échappa de peu à la mort, il fut promu tribun des scholae secundae scutariorum, une unité d’élite des Scholae palatinae et envoyé à Ancyre[N 4],[16]. C’est là qu’il se trouvait en février 364 lors de la mort de Jovien entre Ancyre et Nicée probablement asphyxié par les fumées d’un brasero[17].

Avènement[modifier | modifier le code]

Valentinien et Valens assis sur un trône. Revers d’un solidus de Valens avec la légende « Victoria augg » (La victoire de nos augustes).

Une fois encore, il appartint à l’armée de choisir un successeur, ce qu’elle fit sans consulter le Sénat[N 5]. Le temps pressait, car l’armée se trouvait en territoire hostile et en position d’infériorité. L’état-major se réunit quelques jours plus tard de façon informelle à Nicée avec quelques dignitaires civils dont le préfet du prétoire d’Orient, Secundus Salutius, et le patrice Datianus, ancien favori de Constance. Salutius, qui avait déjà refusé la pourpre après la mort de l’empereur Julien, déclina à nouveau cet honneur[18]. Deux nouveaux candidats furent alors proposés : Equitius (ou Aequitius), pannonien promu comes rei militaris par Jovien, lequel fut rejeté comme trop rustre et brutal[19], et le frère de Jovien, Januarius, aussi comes rei militaris mais alors posté en Thrace et de ce fait considéré comme trop éloigné pour prendre rapidement la tête de l’armée[20],[21]. Finalement, le 26 février, un vote de compromis se porta sur Valentinien, Pannonien comme son prédécesseur, chrétien modéré, reconnu pour son énergie et son honnêteté [22].

Ce compromis fut accueilli de diverses façons. Au sein des troupes on ne semblait guère convaincu des priorités du nouvel empereur et, nous dit Ammianus Marcellinus, celui-ci dut interrompre la préparation de son discours d’acceptation pour aller rassurer les soldats inquiets de ses priorités. Par ailleurs, sans doute pour éviter toute nouvelle vacance du pouvoir en cas de décès subit de l’empereur ainsi que pour apaiser toute opposition civile ou militaire dans la partie orientale de l’empire soucieuse de ne pas voir ses intérêts oubliés par un empereur siégeant en Occident, on exigea de lui qu’il s’adjoigne un coempereur[23],[24].

Valentinien obtempéra tout en choisissant quelqu’un dont il pouvait être certain de la loyauté absolue : son frère, Valens (r. 364-378), de huit ans son cadet. Ce dernier n’avait du reste d’autre qualité que familiale pour assumer cette fonction. Il ne possédait ni l’énergie ni le courage de son frère; Valentinien était chrétien nicéen, Valens arien; Valentinien avait fait carrière dans l’armée, Valens n’avait aucune aptitude militaire[25]. Les deux frères ne semblaient avoir en commun qu’un tempérament prompt à la colère qui pouvait les mener aux pires brutalités [26]. Aussi Valentinien prépara le terrain, en nommant d’abord son frère, jusque-là simple protector, au rang de tribun le 1er mars et le mit en charge des écuries impériales. Ce n’est qu’une fois arrivé à Constantinople que, passant outre aux objections de son magister equitum (commandant de la cavalerie), Dagalaifus[27], il en fit son coempereur le 28 mars. Il était toutefois évident que Valens ne serait pas le collègue de Valentinien, mais son adjoint en Orient[28]. Valens reçut charge de la préfecture du prétoire d’Orient dont le préfet demeura le même Saturninius Secundus Salutius qui avait à deux reprises refusé le trône; Valentinien prit la responsabilité de la préfecture du prétoire des Gaules, ainsi que celle de l’Italie-Afrique-Illyricum, ces trois derniers territoires étant regroupés sous la direction du préfet Claudius Mamertinus[29].

Politique de défense[modifier | modifier le code]

Ayant établi son quartier général en Gaule et résidant principalement à Trèves de 365 à 375[30], Valentinien fit de la défense des frontières sa première priorité. Il commença par réorganiser l’administration civile et militaire, se défaisant des sophistes et des philosophes qui avaient proliféré à la cour de Julien[31], retint les services de Dagalaifus en dépit de ses objections à la nomination de son frère, promut son compatriote Equitius (celui-là même qui avait été l’un des candidats à la succession de Jovien) comme comes Illyricum, de même qu’un autre Pannonien, Serenianus comme commandant des domesticorum scholae[32],[N 6].

Campagnes en Gaule et Germanie[modifier | modifier le code]

Le « limes germanicus » de 83 à 260.

L’un des premiers problèmes auquel Valentinien dut faire face fut la reprise des hostilités avec les Alamans, une confédération assez lâche de peuples germaniques vivant de l’autre côté du Rhin. Furieux du fait que Valentinien se refusait à leur payer un tribut égal à celui de ses prédécesseurs et insultés par le traitement de leurs ambassadeurs par le magister officiorum Ursatius, les Alamans envahirent la Gaule en 366[33]. La même année, en Orient, le dernier descendant de la dynastie constantinienne, Procope, revendiqua le trône de Valens. Il semble que Valentinien reçut la nouvelle de l’invasion des Alamans et de la révolte de Procope le même jour, le 1er novembre, alors qu’il se dirigeait vers Paris. Son premier réflexe fut d’envoyer Dagalaifus combattre les Alamans pendant que lui-même irait secourir son frère[34]. Toutefois, il céda aux supplications de sa cour et de chefs des principales villes de Gaule lui demandant de rester pour protéger celle-ci[35].

Pendant qu’il avançait vers Reims, Valentinien envoya les généraux Charietto et Severianus contre les envahisseurs, mais ceux-ci furent défaits; Valentinien envoya Dagalafius l’année suivante, sans plus de résultats. Ce n’est qu’après le remplacement de celui-ci par le général Jovinus que les Romains prirent le dessus près de Chalon et repoussèrent les Alamans hors de Gaule, haut fait pour lequel Jovinus fut récompensé en recevant le consulat l’année suivante[36].

Valentinien aurait voulu profiter de ce succès et envoyer une expédition punitive contre les Alamans mais il en fut empêché par les évènements en (Grande)Bretagne et dans le nord de la Gaule (sous-chapitre suivant). De plus, l’empereur tomba gravement malade à l’été 366 alors qu’il se trouvait près d’Amiens et on crut qu’il allait mourir. Pour couper court aux coteries il nomma en aout 367 son jeune fils, Gratien, coempereur [37].

Les Alamans profitèrent des circonstances pour revenir à la charge fin-367 ou début-368 attaquant et pillant Moguntiacum (aujourd’hui Mainz en Allemagne). Décidé d’en finir avec eux, Valentinien passa l’hiver 367 à mettre sur pied une imposante armée joignant les légions d’Italie et d’Illyricum aux forces de Jovinus et Severinus. Il se mit en route au printemps 368, amenant avec lui Gratien, et franchit le Rhin et le Main. Finalement, la grande bataille eut lieu à Solicinium[N 7]. Les Romains remportèrent la victoire mais au prix de nombreuses pertes et l’empereur lui-même faillit y perdre la vie. Une paix temporaire fut alors conclue; Valentinien et Gratien purent reprendre le chemin de Trèves[38]. L’année suivante, il ordonna la construction de nouvelles fortifications et la réparation des anciennes tout le long de la rive gauche du Rhin, y compris dans les montagnes entourant l’actuelle Heidelberg. Aux protestations des Alamans, Valentinien ne répondit que par un hautain mépris, ce sur quoi les Alamans attaquèrent la forteresse en voie de construction, tuant tous les soldats qui en avaient la garde et détruisant celle-ci[39].

Après avoir disposé des Saxons qui recommençaient à attaquer le nord de la Gaule en 370[40], Valentinien tenta de persuader les Burgondes, ennemis traditionnels des Alamans, de s’en prendre à Makrian, roi de la tribu germanique des Bucinobantes, qui tentait de fédérer les tribus alémaniques contre Rome. Toutefois, fidèle à son style méprisant, il refusa de recevoir en personne les envoyés et les négociations furent rompues. La rumeur d’une alliance possible entre Romains et Burgondes avait toutefois suffi à jeter le trouble chez les Alamans et à les disperser. Ceci permit à Théodose l’Ancien (le père du futur empereur Théodose) de les attaquer en Rhétie et de faire nombre de prisonniers qui furent déportés en Italie sur les bords du Po[41]. Pendant quatre ans Valentinien continua ses efforts pour vaincre les Alamans et vint bien près de réussir en 372 lorsque Makrian échappa de justesse à Théodore l’Ancien. Toutefois, devant faire face à d’autres troubles en Afrique et, plus tard, sur le Danube, Valentinien fut forcé de faire la paix avec Makrian, sa présence étant nécessaire en Illyricum pour faire face à une invasion des Quades et des Sarmates [42].

Campagne en (Grande)Bretagne[modifier | modifier le code]

Carte des raids menés par les divers acteurs de « la grande conspiration ».

En 367, Valentinien reçut des nouvelles alarmantes de Bretagne (la Grande-Bretagne d’aujourd’hui) : les Pictes et les Scots d’au-delà du mur, des pirates francs et saxons, ainsi que des Attacotti d’Irlande semaient le trouble après avoir tué le comes litoris Saxonici Nectaridus et s’être emparés du dux Britanniarum Fullofaudes. Une première expédition sous le commandement du comes domesticorum Severus ne réussit pas à restaurer l’ordre. Valentinien, qui était alors à Amiens, remplaça Severus en le nommant magister peditum et envoya Jovinus à sa place. C’est alors que Valentinien tomba malade et qu’il dut se hâter de nommer son fils Gratien coempereur pour éviter une lutte de succession entre le même Severus, candidat de l’armée, et Rusticus Julianus, candidat de l’élite gauloise[37].

Jovinus n’ayant guère eut plus de succès, Valentinien, tout entier à sa campagne contre les Alamans, prit avec lui Severus et Jovinus, et, en 368, envoya en Bretagne le comes rei militari Théodose qui s’était distingué en Rhétie, lequel avec plusieurs légions réussit à remettre de l’ordre dans le sud de la Bretagne. L’année suivante, grâce à des tactiques d’embuscades et de guérilla, il réussit à reconquérir les territoires au nord de Londres, à mettre un terme à la révolte d’un agitateur exilé en Bretagne, Valentinus, et même à reconquérir le nord de la Bretagne qui reçut le nom de Valentia. À son retour en 369, Valentinien le promut magister equitum en remplacement de Jovinus [43].

Campagne en Afrique[modifier | modifier le code]

Provinces de l’Afrique romaine après la réforme de Dioclétien.

La corruption qui régnait en Italie et à laquelle Valentinien devra par la suite s’attaquer touchait également les provinces. En Afrique, le proconsul Hymetius trafiquait sur le blé, principale richesse de la province, alors que les excès du vicaire Dracontius agitaient une population où l’Église donatiste comptait de nombreux adeptes[44]. En 372, un prince maure, Firmus, accusé de fratricide par le comte d'Afrique Romanus prit la tête de la révolte. Outre une gestion des fonds publics déficiente, Romanus était accusé par la population de ne pas défendre la province des nomades du désert. À la tête d’une modeste armée composée d’une douzaine de tribus maures et de deux corps de troupes romaines, Firmus se proclama rex et souleva toute la Mauritanie avec l’appui de l’Église donatiste[45].

Valentinien dut y envoyer Théodose l’Ancien de retour de Bretagne. Au cours des deux années qui suivirent, ce dernier réussit non seulement à écraser la rébellion en s'appuyant notamment sur l'aide de Gildon, frère et ennemi de Firmus, mais aussi à rendre publics les crimes de Romanus qu’il fit arrêter avec ses partisans[46]. L’année suivante toutefois (début 376), Théodose devait être exécuté à Carthage, quelques mois après la mort de Valentinien (nov. 375), probablement victime des règlements de compte qui suivirent la mort de l’empereur.

Campagne sur le Danube[modifier | modifier le code]

Localisation des peuples germaniques en l'an 50, montrant les Quades (en orange) sur la rive nord du Danube.

En 373, la révolte agita les Quades, un peuple traditionnellement tranquille, vivant face à la Pannonie natale de Valentinien, sur la rive gauche du Danube[47]. Comme les Alamans, les Quades étaient outragés par les fortifications que construisaient les Romains sur ce qu’ils considéraient être leur territoire. À la suite de leurs plaintes, le magister armorum per Illyricum, Aequitius, fit arrêter les travaux. Ce sur quoi l’influent préfet du prétoire des Gaules, Maximinus, fit remplacer Aequitius par son fils, Marcellianus, avec mission de terminer le projet [48]. Les protestations des Quades se poursuivant, Marcellianus fit assassiner leur roi, Gabinius, au cours d’un banquet destiné officiellement à poursuivre les négociations. Il n’en fallait pas plus pour que les Quades et leurs alliés sarmates déclarent la guerre. Au cours de l’automne ils traversèrent le Danube et commencèrent à ravager la province de Pannonie Valeria. S’ils ne purent s’emparer des villes, ils pillèrent les campagnes avoisinantes. Deux légions furent envoyées à leur rencontre mais ne purent coordonner leurs efforts et furent mises en fuite par les Sarmates. Au même moment, un autre groupe de Sarmates envahit la Mésie, mais fut repoussé par le général Théodose, fils de Théodose l’Ancien et futur empereur[49].

Ce n’est que tard en 374 que Valentinien fut informé de ces développements. Au printemps suivant il quitta Trèves pour se diriger vers Carnuntum, capitale de la province de Pannonie (aujourd’hui entre Vienne et Budapest) où il rencontra une délégation de Sarmates venue demander la clémence impériale. Valentinien promit de faire enquête et d’agir en conséquence; mais plutôt que de sanctionner la conduite de Marcellianus, il décida de punir les Quades. Après avoir occupé l’été à préparer sa campagne, il traversa le Danube à Aquincum (aujourd’hui Budapest)[50] et pilla le territoire quade jusqu’au début de l’hiver alors qu’il décida de prendre ses quartiers à Brigetio (aujourd’hui Komarom-Szony)[51]. C’est là que se présenta une délégation quade le 17 novembre. Elle devait pouvoir retourner en paix moyennant promesse de remettre de nouvelles recrues à l’armée romaine. Avant de partir toutefois les délégués furent reçus en audience par Valentinien lui-même devant qui ils répétèrent leurs accusations à l’effet que cette guerre avait été causée par les Romains et la construction de forteresses sur des territoires qu’ils considéraient leur appartenir. De plus, ils insistèrent sur le fait que les Quades étaient une confédération de peuples dont les chefs ne se sentaient pas nécessairement tenus par les promesses faites par certains d’entre eux aux Romains. Valentinien fut alors pris d’une fureur telle qu’il souffrit une crise d’apoplexie dont il devait mourir le jour même[52].

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative moderne sur le lieu de la mort de Valentinien à Szőny (Brigetio) en Hongrie.

Relations avec le Sénat, prépondérance de l’armée[modifier | modifier le code]

Pour le byzantiniste contemporain A.H.M. Jones, « bien que moins rustre que l’autre candidat, Aequitius, Valentinien était de caractère violent et brutal; non seulement était-il lui-même peu instruit, mais il détestait les personnes cultivées[53]. Il rejoint ainsi Ammianus Marcellinus qui dit « qu’il détestait les gens bien vêtus, bien éduqués, riches et de bonne naissance »[54]. Ceci contredit toutefois ce que dit Aurelius Victor sur l’enfance et l’éducation que Valentinien reçut sur le domaine familial, ainsi qu’avec le fait que lui-même confiera l’éducation du jeune Gratien à Ausone, homme de lettres distingué et pédagogue gallo-romain, ainsi qu’avec le fait qu’il honorait les intellectuels. Pour Paul Petit, « énergique et coléreux, il [Valentinien] rappelle Aurélien, pannonien comme lui et comme lui grand patriote, acharné à la défense de l’empire et n’hésitant pas à employer la terreur par raison d’État [55] ».

Valentinien fut essentiellement un militaire venant de province, peu à l’aise avec l’aristocratie sénatoriale romaine, laquelle le lui rendit bien, ce qui explique sans doute l’attitude négative d’Ammianus Marcellinus, grand intellectuel et possiblement lui-même sénateur [N 8].

En fait, sous son règne la cour impériale où prévalent les militaires s’affirmera aux dépens de la noblesse sénatoriale, offrant à de nouveaux venus de province n’appartenant pas nécessairement à de grandes familles des chances de mobilité sociale. Nombre de duces d’origine barbare (ou pire pour les sénateurs, paysanne) firent leur entrée au Sénat de même que de simples fonctionnaires comme des notaires ou des responsables de départements ministériels[56]. On le voit également par le choix des consuls, poste de prestige même s’il n’impliquait plus de grandes responsabilités. Des huit consuls qui n’appartenaient pas à la famille impériale, six étaient des généraux, seulement deux étaient des civils et un seul, Pretonius Probus, appartenait au Sénat[57]. Enfin, la fonction publique fut renforcée, strictement hiérarchisée, et les militaires, autrefois bridés par Constance, furent désormais placés sur le même pied que les plus hauts dignitaires[58].

Enfin, les relations avec le Sénat devinrent franchement mauvaises lorsqu’un grand nombre de procès furent déclenchés à Rome mettant en cause des sénateurs pour magie, empoisonnement et adultère. Ils furent conduits par un proche de Valentinien, un Pannonien particulièrement brutal du nom de Maximinus, nommé pour l’occasion vicaire de la Ville[57],[59]. Se détournant du Sénat, Valentinien continua la pratique instaurée sous Jovien, pannonien comme lui, d’accorder des postes importants à des compatriotes souvent avides et plus frustres que lui auxquels il accorda une confiance absolue[60],[55]. Une fois bien établis à la cour, ceux-ci pouvaient, grâce au système du suffragium ou recommandation d’une personne importante favoriser la promotion d’autres personnes à des niveaux inférieurs. C’est ainsi que Maximinus, au départ simple avocat de province, né à Sopianae (Pannonie), put devenir gouverneur de Corse, Sardaigne et Toscane, avant de profiter de la maladie du titulaire, Olybrius, pour devenir préfet de la ville (période durant laquelle il lança ses procès contre divers sénateurs), et, enfin, accéder au poste prestigieux de préfet du prétoire des Gaules de 371 à 376. Ces cercles influents ne seront chassés du pouvoir que lorsque Gratien, le fils de Valentinien, s’entourera sur la recommandation de son tuteur Ausone de Bordeaux de conseillers gaulois comme ce dernier dont l’influence à leur tour ne disparaitra que lorsque Gratien déplacera sa cour de Trèves à Milan [61].

Réformes administratives[modifier | modifier le code]

En accord avec son frère Valens en Orient, Valentinien eut à cœur de protéger les classes les plus faibles de la société et prit nombre de mesures en leur faveur. L’une des principales fut l’importance donnée au defensor civitatis, institution qui existait semble-t-il déjà et à laquelle tant Valentinien en Occident que Valens en Orient donnèrent une nouvelle impulsion[62]. Essentiellement ces defensores devaient être les protecteurs de la plèbe (innocenses, quieta rusticitas) contre les puissants. Dans chaque cité, les préfets du prétoire devaient choisir une personne qui ne soit pas en position d’autorité, laquelle se verrait octroyer des pouvoirs pour juger de cas mineurs de dettes, d’esclaves en fuite ou d’abus d’imposition de taxes, envoyant les cas les plus graves directement au gouverneur[62],[63].

De même, il réforma le système de l’anone ou distribution gratuite de pain qui donnait lieu à des abus, les jetons y donnant droit faisant l’objet de marchandage. Non seulement interdit-il de fournir des rations aux personnes qui n’y avaient pas droit comme les sénateurs ou les esclaves, mais il exigea que le pain fourni fasse l’objet d’un contrôle de qualité pendant tout le processus de production [64].

Il créa également ce que l’on pourrait appeler un système rudimentaire de santé public en ordonnant que dans chacune des quatorze régions de Rome sauf deux un médecin soit engagé par l’État, lequel s’il pouvait accepter des dons de la part de ses clients propres, ne pouvait exiger de paiement pour ses services qui devaient être accordés en priorité aux pauvres[65].

Enfin, il tenta de réformer le système de baux emphytéotique par lequel l’État remettait à un citoyen des terres publiques à perpétuité. Appelé jus privatum salvo canone, le nouveau système prévoyait que le propriétaire se voyait concéder l’entière propriété du sol moyennant un loyer à perpétuité. Dans sa proclamation de 368, Valentinien assurait que ceux qui obtiendraient des terres ne pourraient plus être expulsés pour non-paiement de ce loyer puisqu’ils ne seraient plus locataires comme autrefois, mais propriétaires[66].

Comme le souligne l’historien A.M. Jones, tous ces décrets étaient typiques des bonnes intentions de l’empereur; dans leur application toutefois, nombre d’entre elles n’eurent pas les résultats escomptés, les gens que Valentinien avait mis en place pour les appliquer comme le préfet de l’anone Maximinus, qui deviendra préfet des Gaules en 371, ou Petronus Probus, plusieurs fois préfet d’Italie, se révélant des exploiteurs sans vergogne dont la corruption ira de pair avec la puissance de la bureaucratie [67],[62].

Valentinien s’attaqua également à une vaste réforme administrative, fiscale et monétaire. Dans les villes les curiales[N 9] virent leurs tâches allégées : la perception des impôts et taxes fut confiée aux officiales (fonctionnaires de l’administration provinciale) et l’entretien du cursus publicus aux honorati (hauts fonctionnaires en activité ou à la retraite)[67]. Ici encore, les bonnes intentions de l’empereur ne semblent guère avoir eu les résultats escomptés et Anastase (r. 491-518) devait revenir au système des curiales [68], le grand fonctionnariat renforçant son emprise sur les classes inférieures grâce à sa domination économique et aux excès de la fiscalité [67].

Une série de lois datant de 367-368 vise à réfréner la corruption dans la collecte des impôts, à stimuler la production minière pour mettre fin à manipulation des alliages et fait de la monnaie d’or purifiée l’instrument essentiel des échanges dans l’empire[63].

Politique religieuse[modifier | modifier le code]

Si le paganisme officiel de l’empereur Julien avait disparu en même temps que celui-ci, il avait permis aux milieux païens, notamment parmi l’aristocratie sénatoriale, de relever la tête. Les terres appartenant aux temples païens avaient été confisquées, mais les temples eux-mêmes n’avaient pas été fermés et les cultes n’avaient pas été interdits. Seules la magie et la divination étaient proscrites, mais elles l’avaient été également sous les empereurs païens[69]. Jovien avait émis un édit de tolérance qui fut renouvelé tant par Valentinien en Occident que Valens en Orient. Pourtant les deux frères étaient de confessions opposées. Valentinien adhérait au symbole de Nicée, Valens était arien[70]. Même Ammianus Marcellinus, pourtant païen, loue « la neutralité dont Valentinien fait preuve à l’égard des diverses religions [71] ».

Contrairement à son frère, Valentinien refusa toujours de prendre position dans les débats théologiques. Lorsqu’une délégation d’évêques pourtant nicéens venus d’Orient vinrent l’implorer de contrôler Valens, il les renvoya disant qu’il ne lui appartenait pas en tant que laïc de s’occuper de questions relevant des évêques [72],[73].

Ceci ne devait pas l’empêcher d’aller contre les autorités ecclésiastiques de Rome lorsque les intérêts de l’État étaient en jeu. En 370, il adressa une constitution au pape Damase interdisant aux membres du clergé et aux moines d’entrer dans la maison de veuves ou de jeunes filles célibataires et déclarant nul tout don pouvant être fait par celles-ci à l’Église [72],[74]. Cette interdiction de faire des dons à l’Église pour échapper au fisc, qui équivalait à de l’échappatoire fiscale, fut également étendu aux curiales par les deux frères. Une constitution datant de la première année de leur règne ordonne à ceux d’entre eux qui voudraient devenir prêtres ou moines de se départir de leurs biens en faveur d’un parent ou proche qui assumerait leurs responsabilités sur le conseil de ville et interdit l’ordination de riches plébéiens[72].

Dans sa partie de l’empire, seules deux sectes furent l’objet d’interdiction : les manichéens [75] que chrétiens et païens considéraient comme un mouvement antisocial à Rome et les donatistes[76] dont la doctrine d’un deuxième baptême fut condamnée en Afrique[72],[4].

Mort et succession[modifier | modifier le code]

Détail du dessin d’une médaille de Valens montrant les trois empereurs régnant : Valens (centre), Gratien (droite), Valentinien II (gauche) avec la légende : pietas d.d.d.n.n.n.augustorum. (Musée Szilágysomlyó).

Lorsqu’il était tombé gravement malade près d’Amiens en 367, Valentinien avait nommé son fils aîné Gratien, alors âgé de huit ans, comme coempereur. Lorsqu’il mourut à Brigetio le 17 novembre 375, Gratien assuma la succession[30]. Toutefois, cinq jours plus tard, le haut commandement militaire en la personne du général Mérobaude, doutant des capacités militaires du jeune homme et craignant une nouvelle dispute entre candidats opposés comme cela avait été le cas dans de Valentinien lui-même et de son prédécesseur Jovien, fit venir le jeune Flavius Valentinianus, enfant de quatre ans et fils de Valentinien par sa deuxième épouse Justina, et le proclama coempereur[77]. La situation exigeait des décisions rapides, l’armée étant en pleine campagne et Valentinien II n’étant qu’à une centaine de kilomètres de là alors que Gratien était resté à Trèves.

Les sources diffèrent sur la façon dont Gratien accepta la décision de l’armée. Selon Socrate et Sozomen, Gratien n’accepta qu’à contrecœur la décision de l’armée alors que selon Ammianus Marcellinus, Gratien surprit son entourage en prenant l’enfant sous sa protection et pourvoyant à son éducation[78].

« L’empire se retrouvait ainsi avec à sa tête trois empereurs : un sadiste mal formé d’âge moyen, un charmant jeune homme de seize ans et un bambin à peine sorti du berceau. Sur leurs épaules reposait le destin de l’empire et ce, à l’un des moments les plus critiques de son histoire ; une année à peine après la mort de Valentinien il serait confronté à une nouvelle vague d’envahisseurs infiniment plus dangereuse que ceux auxquels il avait fait face jusqu’alors : les Huns[79]».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Voir à ce sujet l’article « Dynastie valentinienne ».
  2. Pour les titres et fonctions se rapporter à l’article « Glossaire des titres et fonctions dans l’Empire byzantin".
  3. Unité d’élite de l’armée romaine de l’Empire tardif. Ses membres servaient comme gardes du corps de l’empereur et occupaient d’autres fonctions au sein de l’administration. Après quelques années dans ce corps, les officiers pouvaient recevoir une commission à la tête d’une unité militaire.
  4. Selon Ammianus Marcellinus 25.10.6-9; Zosime (3.35.1.2) raconte pratiquement la même histoire mais la situe plutôt en Pannonie.
  5. Comme dans le cas de Jovien, on ne trouve aucune mention du Sénat dans les sources; celui-ci dut toutefois être appelé à ratifier le choix par la suite (Jones [1964] p. 3224).
  6. Selon Zosime, un païen qui voyait avec amertume le retour du christianisme, Valentinien aurait remplacé tous les ministres et conseillers nommés par Julien; des historiens plus modernes comme Gibbon ont atténué cette affirmation, montrant que les changements étaient principalement dus aux compétences des candidats.
  7. On ignore où était précisément situé cet endroit. Les noms de Sulz am Neckar, Heidelberg, Schwetzingen, Rottenburg (Sülchen), Glauberg ou Spitzberg près de Tübingen ont été avancés, toutes localités situées dans le sud-ouest de l’Allemagne.
  8. Les historiens suivront généralement l’opinion d’Ammianus Marcellinus jusqu’à ce que la réputation de Valentinien ne soit rétablie par A. Alfödi (1895–1981). Voir « A Conflict of Ideas in the Late Roman Empire: the Clash between the Senate and Valentinian I”, Oxford, 1952.
  9. Marchands, personnages importants ou grands propriétaires terriens qui devaient servir comme magistrats dans leur administration municipale. Outre de s’occuper du paiement des taxes, ils devaient lever des fonds pour la construction d’édifices publics, festivités, etc.

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Petit (1974) p. 65.
  3. Petit (1974) pp. 101-104.
  4. a et b Morrisson (2004) p. 11.
  5. Petit (1974) pp. 115-116.
  6. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 30.6.6.
  7. Lenski (2002) p. 56.
  8. Tomlin (1973) p. 2.
  9. Aurelius Victor, Epitome de Caesaribus, 45.5.
  10. a et b Tomlin (1973) p. 4.
  11. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 30.7.3.
  12. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 16.11.6-7.
  13. Tomlin (1973) p. 13.
  14. Tomlin (1973) p. 14.
  15. Sources citées par Tomlin (1973) p. 14.
  16. Kienast (2017d) pp. 313-315.
  17. Ammianus 25.10.13; Consularia Constantinopolitana 364.2; PLRE I, « Fl. Jovianus 3. »
  18. Petit (1974) p. 115.
  19. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 26.1.4.
  20. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 26.1.5.
  21. Jones (1964) p. 138.
  22. Petit (1974) p. 116.
  23. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 26.2.2-11.
  24. Roberts (2001) « Valentinian I », para 6.
  25. Jones (1964) p. 139.
  26. Norwich (1989) p. 104.
  27. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 26.4.1-2.
  28. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 24.6.3.; 26.5.1.
  29. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 26.5.5.; Zosime 4.3.1.; Theodoret, Historia Ecclesiastica, 5.5.
  30. a et b Jones (1964) p. 140.
  31. Gibbon, chap. 23 et 25.
  32. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 25.10.6.
  33. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 26.5.7.
  34. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 26.5.8.
  35. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 26.8.13.
  36. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 27.2.1-11.
  37. a et b Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 27.6.5.-10.; 27.6.16.
  38. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 27.10.1-17.
  39. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 28.2.1-9.
  40. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 28.5.1-7.
  41. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 28.5.8-14.
  42. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 30.3.1-6.
  43. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 27,8.3.; 27.10.6.; 28.3.1-9.
  44. Petit (1974) pp. 118-119.
  45. Lassère (2015) pp. 641-642.
  46. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 29.5.1-55.
  47. Norwich (1989) p. 106.
  48. Gibbon, p. 894.
  49. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 29.6.1-16.
  50. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 27.10.15.
  51. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 30.5.1-15.
  52. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 30.6.1-6.
  53. Jones (1964) p. 139, notre traduction.
  54. Cité par Jones (1964) p. 134.
  55. a et b Petit (1974), p. 116.
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  62. a b et c Jones (1964) pp. 144-145.
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  70. Ostrogorsky (1983) pp. 78-79.
  71. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 30.9.
  72. a b c et d Jones (1964) pp. 150-151.
  73. Sozomen 6.7.
  74. Codex Theodosianus, 16.2.20.
  75. Codex Theodosianus, 16.5.3.
  76. Codex Theodosianus, 16.6.1.
  77. Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 30.10.4.
  78. Socrate 4.31; Sozomen 6.26; Ammianus Marcellinus, Res Gestae, 30.10.6.
  79. Norwich (1989) p. 106, notre traduction.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

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  • (la) Consularia Constantinopolitana. T. Mommsen ed., Monumenta Germaniae Historica, Auctores Antiquissimi. Volume 9. Berlin, 1892.
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Sources secondaires[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]