Sénat byzantin

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Le Sénat byzantin était une institution de l'Empire byzantin.

L'héritier du sénat romain[modifier | modifier le code]

À Constantinople, pendant la période romaine tardive, le Sénat avait à peu près le même fonctionnement que le Sénat romain, dont il est le double voulu par Constantin dans sa nouvelle Rome. Il n'eut néanmoins jamais le pouvoir de son homologue occidental. Le Sénat avait la responsabilité de faire les lois et de rédiger les constitutions qui régissait la politique impériale. Mais, après la chute de l'Empire romain d'Occident, ce fut l'empereur qui prit ce rôle. Le Sénat ne devint donc plus qu'une assemblée consultative, qui donnait son avis au souverain. Comme héritier de la romanité, il avait également un rôle de garant de la légitimité impériale. Il participait de ce fait à la proclamation des empereurs avec le peuple réuni dans l'hippodrome et les tagmata de la garde, représentant l'armée. Cette triple proclamation avait fonction d'élection symbolique. Le dernier acte connu du Sénat fut l'élection de Nicolaus Kanabus comme empereur en opposition à Isaac II et à Alexius IV durant la quatrième croisade[1].

La période mésobyzantine (ou byzantine classique, du VIIIe siècle à 1204), en revanche vit sa disparition comme institution. La suppression des curies urbaines sous Léon VI le Sage lui ôta tout pouvoir politique et l'abolit comme assemblée. Les sénateurs n'existèrent alors plus comme corps, mais comme un simple groupe social, certes dominant.

Composition[modifier | modifier le code]

Lors de la fondation de Constantinople, Constantin Ier voulut en faire en tout point une réplique de Rome : il lui fallait ses sept collines, son Tibre et naturellement son sénat. Comme son homologue romain, on y réunit les magistrats de rang sénatorial, que la réforme constantinienne avait multipliés, de la partie orientale de l'Empire. Après la prise de Rome, la majorité du sénat romain se réfugia à Carthage, mais une partie se rendit également à Constantinople où ils furent agrégés au sénat local. On ne comptait au Sénat qu'un petit nombre de provinciaux venus des thèmes ; l'essentiel était issu de l'aristocratie grecque de la capitale.

Traditionnellement, on estimait depuis Constance II, qu'on ne trouvait dans le sénat que des membres des 2000 familles d'origine. Comme on l'a vu, il se composait en fait de gouverneurs de provinces et de membres de l'administration et son recrutement dépendait donc de la volonté impériale. Le système des dignités de la période mésobyzantine modifia néanmoins les modalités de ce recrutement sans en changer l'essence. C'était désormais la possession d'une dignité, d'un rang donné, dont la collation ne dépendait toujours que de l'empereur, qui permettait d'entrer au Sénat.

Jusqu'à la crise du XIe siècle, ce fut la dignité de protospathaire qui fut considérée comme le seuil. On estime que l'effectif devait alors avoisiner les 2000 à 3000 sénateurs. Après la crise, avec l'inflation des dignités et l'introduction du système comnénien des sébastes, le seuil ne cessa de changer et la qualité même de sénateur ne fut plus invoquée. Ce fut désormais la détention d'une dignité de sébaste, qui traduisait la parenté avec l'empereur qui distingua l'aristocratie.

Le Sacrum consistorum[modifier | modifier le code]

Le sacré consistoire était un conseil plus restreint que le Sénat et qui assistait l'empereur dans les différentes tâches administratives qui lui étaient confiées. Ses membres étaient également des hauts fonctionnaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Phillips, Jonathan. The Fourth Crusade and the Siege of Constantinople. 2004. pp. 222-226.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]