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Maximin II Daïa

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Maximin II Daïa
Empereur romain
Image illustrative de l’article Maximin II Daïa
Nummus de Maximin II Daïa Auguste.
Règne
César en Orient : - 310 (~5 ans)
Auguste en Orient : 310 - mai 313 (~3 ans)
Période Deuxième et Troisième Tétrachie
Précédé par Galère
Licinius (Orient)
Co-empereur Galère (Occident)
Constantin Ier (Occident)
Licinius (Orient)
Usurpé par Maxence (Rome, 306-312)
Suivi de Constantin Ier (Occident)
Licinius (Orient)
Biographie
Nom de naissance Daza puis Gaius Valerius Galerius Maximinus
Naissance 20 novembre vers 270
près de Gamzigrad (Mésie)
Décès - Thrace
Épouse

Maximin II Daïa (ou plutôt Daza), ou Imperator Caesar Gaius Valerius Galerius Maximinus Pius Felix Invictus Augustus (20 novembre vers 270-313), est un personnage politique du Bas-Empire romain qui occupe la fonction de César en 305 puis d'Auguste de 310 à 313 dans le cadre du système de la Tétrarchie.

Ses origines

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Neveu maternel de Galère[1], il est le fils d'un berger de Thrace, a pour premier nom Daza, puis est appelé Gaius Valerius Galerius Maximinus à Felix Romuliana, aujourd'hui Gamzigrad, en Serbie actuelle[Quoi ?].

Son accession au pouvoir

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Galère le fait nommer César avec le titre de Nobilissimus Caesar par Dioclétien le , au moment où il abdique. Il est proclamé Auguste en 310. Après la mort de Galère, en 311, il partage l'Empire avec Constantin Ier et Licinius mais entre en conflit avec eux.

Persécution des chrétiens

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Maximin est une figure controversée dans les annales chrétiennes pour avoir relancé la persécution des chrétiens après la publication de l'Édit de Serdica, agissant en réponse aux demandes de diverses autorités urbaines qui réclamaient leur expulsion. Dans un rescrit répondant à une pétition des habitants de Tyr (Liban), transcrit par Eusèbe de Césarée, Maximin expose une orthodoxie païenne, expliquant que c'est grâce à la bienveillance des dieux que l'on peut espérer de bonnes récoltes, la santé et une mer paisible, et que, dans le cas contraire, il faut blâmer l'erreur destructrice de la vaine vanité de ces hommes impies qui ont accablé le monde entier de honte. Dans une inscription conservée (Corpus Inscriptionum Latinarum | CIL III.12132, d'Arycanda) provenant des villes de Lycie et de Pamphylie, Maximin, demandant l'interdiction des chrétiens, répondit, dans une autre inscription, en exprimant l'espoir que « ceux qui, après avoir été libérés de ces voies détournées, se réjouissent comme s'ils avaient été arrachés à une grave maladie ».

Après la victoire de Constantin sur Maxence, Maximin écrivit cependant au préfet du prétoire Sabin qu'il était préférable de « Rappeler nos provinciaux au culte des dieux plutôt que par des exhortations et des flatteries. » Finalement, à la veille de son affrontement avec Licinius, il accepta l'édit de Galère; après sa défaite face à Licinius, peu avant sa mort à Tarse, il promulgua de son propre chef un édit de tolérance, accordant aux chrétiens le droit de se réunir, de construire des églises et la restitution de leurs biens confisqués.

Pharaon d'Egypte

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Avec la diffusion croissante du christianisme en Égypte, le titre de pharaon devint de plus en plus incompatible avec les nouveaux mouvements religieux. Le statut de Maximin, non-chrétien, offrit aux prêtres égyptiens l'opportunité de le désigner comme pharaon, à l'instar des autres souverains étrangers qui l'avaient précédé. Cependant, les empereurs romains eux-mêmes ignorèrent généralement le statut que leur accordaient les Égyptiens ; et leur rôle de rois-dieux ne fut reconnu qu'en Égypte même. Maximin fut le dernier à porter le titre traditionnel de pharaon : aucun empereur romain ou byzantin chrétien, ni aucun dirigeant islamique ou moderne, ne l'a rétabli depuis. Dernier monarque à utiliser la titulature pharaonique traditionnelle, la mort de Maximin marque la fin d'une fonction vieille de 3 400 ans.

Moulage en plâtre conservé au musée Pouchkine d'un buste en porphyre d'un tétrarque provenant d'Athribis, aujourd'hui au musée du Caire. Le buste est identifié comme étant celui de Maximin, mais cette identification ne peut être confirmée. Il représente possiblement plutôt Galère.
284-305.

Défait par Licinius à la bataille de Tzirallum en 313, il se voit réduit à fuir déguisé. Il meurt peu de temps après en Thrace. Sa femme et sa fille sont alors exécutées.

Sa résidence de retraite et son mausolée familial sont identifiés à Šarkamen en Serbie.

Gros buveur de vin, Maximin a eu la sage précaution d'exiger qu'on n'exécute que le lendemain les ordres qu'il donnerait dans l'ivresse[source secondaire souhaitée].

Jacques de Voragine, dans sa Légende dorée, se demande si ce n'est pas lui, plutôt que Maxence (nom que donnent les hagiographes antérieurs), qui a fait torturer et tuer sainte Catherine d'Alexandrie.

Noms successifs

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  • 305, fait César : Gaius Valerius Galerius Maximinus Nobilissimus Caesar.
  • 306, se proclame Auguste : Imperator Caesar Gaius Valerius Galerius Maximinus Pius Felix Invictus Augustus.
  • Mai 313, titulature à sa mort : Imperator Caesar Gaius Valerius Galerius Maximinus Pius Felix Invictus Augustus, Tribuniciae Potestati VIII, Imperator I, Consul III.

Références

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  1. Eden Glaise (d), Gloria (Roman), Paris, Le lys bleu éditions, , 154 p. (ISBN 978-2-37877-738-8), chap. 4 (« Flavien »), p. 47

Bibliographie

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  • Christian Settipani, Continuité gentilice et Continuité familiale dans les familles sénatoriales romaines à l'époque impériale, Linacre College, Oxford University, coll. « Prosopographica & Genealogica », , 597 p. (ISBN 1-900934-02-7)

Articles connexes

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