Alexandre (empereur byzantin)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Alexandre.

Alexandre
Empereur byzantin
Image illustrative de l’article Alexandre (empereur byzantin)
La mosaïque d'Alexandre dans la basilique Sainte-Sophie est exposée dans le coins sud-ouest de la galerie du nord. Elle est l'une des œuvres les mieux conservée de la basilique.
Règne
-
1 an et 26 jours
Période Macédonien
Précédé par Léon VI le Sage
Suivi de Constantin VII Porphyrogénète
Biographie
Naissance
(Constantinople)
Décès (à 42 ans)
(Constantinople)
Père Basile Ier
Mère Eudocie Ingérina
Empereur byzantin

Alexandre (en grec Αλέξανδρος, Alexandros ; né le , mort le ) est coempereur byzantin de 871 à 912, sous les règnes de Basile Ier après 871[1] et pendant tout le règne de son frère Léon VI, puis seul empereur du au [2]. Son règne fut marqué par plusieurs échecs politiques. Ses représentations dans l'historiographie sont globalement négatives.

Biographie[modifier | modifier le code]

État de l'empire lors du règne d'Alexandre[modifier | modifier le code]

Alexandre est le troisième empereur de la dynastie des Macédoniens. Cette dynastie perdure de 867 à 1057. Sous leurs pouvoir, l'empire Byzantin atteint son apogée médiéval[3]. L'empire est : « [...] la plus grande puissance du monde chrétien et méditerranéen. »[3]. Pendant ces années, l'empire pousse les limites de son territoire jusqu'en Italie, aux abords du Danube et jusqu'à la « Ville de Dieu »[3], soit Antioche. Un enjeu important lors du règne de cette dynastie est celui du contrôle des Balkans. Effectivement, les Bulgares et les Byzantins se confronteront dans plusieurs batailles pour le contrôle de ce territoire[3].

Co-empereur sans pouvoir[modifier | modifier le code]

Alexandre est né le 23 novembre 870 à Constantinople. Il est le plus jeune fils de fils d'Eudocie Ingérina et de Basile Ier le Macédonien. Il est aussi le seul fils dont la parenté est incontestable avec l'empereur. Effectivement, les deux autres fils de Basile Ier, soit Léon VI le Philosophe et Étienne Ier, sont tous deux suspectés d'être les fils de Michel III, qui était l'empereur précédant Basile Ier et qui avait comme maîtresse Eudocie Ingérina. Son père le couronne en tant qu'empereur associé avec son frère aîné, Léon VI en 871. Lorsque Basile Ier meurt, Léon VI prend sa place à la tête de l'empire et ne donne aucun pouvoir politique à son frère cadet. Il est dit que Léon VI était un homme extrêmement autocratique et qu'il croyait qu'Alexandre complotait un assassinat contre lui. Conséquemment, il ne lui donne aucun poste au sein de son gouvernement. Cette exclusion de la vie politique permet à Alexandre de mener une vie d'excès hors du palais, surtout dans sa consommation d'alcool.

Un règne bref[modifier | modifier le code]

En 912, Léon VI succombe à une maladie et Alexandre prend sa place comme détenteur du pouvoir suprême. Son neveu Constantin VII, âgé de sept ans seulement sera son empereur associé. Ce qui marque le court règne d'Alexandre peut être compris grâce à deux événements historiques. Premièrement, il brise la paix avec les Bulgares ce qui mène à une guerre contre ces derniers. Deuxièmement, il procède à une purge au sein de l'hiérarchie de l'Église. Il remplace de manière brutale le patriarche Euthyme par Nicolas Ier, qui s'efforce de purger la hiérarchie de l'Église afin d'en éliminer les évêques et les prêtres ayant des sympathies pour le patriarche Ignace. La plupart des prêtres démis refusent cependant de quitter leurs fonctions, obligeant ainsi Nicolas à revenir sur sa décision. Au niveau de la structure politique il enlève le poste d'amiral à Himerios et d'impératrice à Zoé Carbonopsina.

La mort d'Alexandre le dimanche est un événement qui apporte de l'intérêt aux historiens. Effectivement, les circonstances de la mort de l'empereur mettent en question la fiabilité des chroniques des Logothètes. La littérature démontre qu'il y aurait eu une erreur de copie des manuscrits et que la mort d'Alexandre aurait été biaisée par les copistes. Il est reporté qu'il serait mort suite à une partie de polo ou qu’il aurait été victime d'un coup d'épée. Cependant, il existe des doutes qu'il aurait souffert d'un cancer duquel il serait décédé. Avant de mourir, il désigne les tuteurs de son neveu Constantin VII : le patriarche Nicolas Mystikos, les magistroi Étienne et Jean Elada, le recteur Jean et deux de ses favoris, les patrices Basilitzès et Gabrielopoulos[4]. Alexandre a été enterré avec son père suite à une cérémonie funéraire rapidement organisé et indigne de celle d'un empereur.

Historiographie[modifier | modifier le code]

Alexandre et sa mauvaise réputation[modifier | modifier le code]

La grande majorité des informations sur Alexandre nous parviennent des écrits du Logothète, textes écrits et retranscrits à travers les années par certains administrateurs du gouvernement byzantin. Les auteurs de ces textes avaient une perception erronée de l'empereur car, il avait procédé à plusieurs actions allant à l'encontre des classes aristocratiques et monastiques de l'époque, classe auxquelles les auteurs faisaient part. C'est donc pour cette raison que la plupart des représentations d'Alexandre sont jusqu'à ce jour négatives et son règne est perçu comme un échec.

Le déclenchement de la guerre contre les Bulgares est survenu suite à un mauvais traitement des ambassadeurs de l'archonte Siméon à Constantinople par Alexandre. Effectivement, les ambassadeurs venaient chercher un impôt qui était demandé aux Byzantins pour garder la paix entre les deux empires. Alexandre, ne respectant pas le pacte entendu entre Léon VI et Siméon, renvoya les représentants de l'état bulgare en les insultants puis en les menaçants. Ceci poussa Siméon à mobiliser son armée contre l'empire byzantin et le début d'une longue guerre de douze ans débuta[5].

Alexandre vécu un divorce pour ensuite se remarier avec une autre femme de son entourage. Cet acte fut méprisé par certain membres de la classe aristocratique et monastique de son époque[6]. Plusieurs de actes commis par Alexandre lors de son règne seront fortement critiqués par ces deux groupes.

Il est relaté dans les écris du Logothète qu'Alexandre aurait tenté de savoir si son règne durerait longtemps. Pour avoir des réponses à ses questions, l'empereur aurait usé de la magie et aurait mis en pratique des rituels paganismes. Effectivement, il retira les tentures et les chandeliers candélabre de l'Église pour les installer dans l'hippodrome[6]. À cet endroit il organisa des courses en l'honneur de la statue du sanglier de bronze. Certains interpréta cet événement comme un manque de respect envers la religion chrétienne. Cette cérémonie paganisme aurait causé, selon certains, la mort d'Alexandre.

Dans les passages du Logothète, il est mentionné qu'Alexandre aurait comploté la castration de son jeune neveu Constantin VII[5]. Son but aurait été d'empêcher ce dernier à se procréer et ainsi lui enlever sa légitimité de devenir à son tour empereur. Ce plan aurait été concocté par Alexandre car, il avait en tête de mettre Basilitzès sur le trône de l'empire[7]. Toutefois, dans les mêmes écrits, on nous informe que certains partisans de Léon VI auraient tentés de détourner l'attention d'Alexandre lorsqu'il allait procéder à mettre son plan en action. Constantin VII ne sera jamais castré car, Alexandre perdit la vie suite à un très court règne.

Les écrits du Logothète nous informent qu'à la prise du pouvoir par Alexandre, celui-ci procéda à déposé du trône patriarcal Euthyme et rappela Nicolas Ier Mystikos qui avait été enlevé de son poste par Léon VI suite aux controverses entourant son quatrième mariage[7]. C'est lors d'une assemblée solennelle présidée par Alexandre, qu'Euthyme fut arraché de son poste brutalement : « [...] les clercs partisans de Nicolas, bondissant sur lui comme des bêtes fauves, le frappaient, lui donnaient coups de poing et gifles, arrachaient sa barbe vénérable. »[5] devant les gens présents au palais de Magnaure. Suite à cet épisode, Euthyme fut banni du monastère de Ta Agathou, « Quartier situé sur la rive asiatique du Bosphore, au nord de Chrysopolis. »[7] qui avait été fondé par le patriarche Nicéphore qui, par la suite, lui avait été donné par Léon VI. Il eut aussi le bannissement de l'amiral Himérios du monastère des Kalypoi. L'amiral avait dans le temps du règne de Léon VI : « [...] monté plusieurs intrigues contre lui (Alexandre) »[7] et donc l'empereur le : « [...] menaçait de le traiter en ennemi [...] »[7]. Himérios, vivant en exil, perdit la vie six mois plus tard. Alexandre nomma Jean Lazare un homme sans morale, dit-on dans les écrits du Logothète, comme recteur et Gabrièlopôlos et Basilitzès au rang de patrice. L'impératrice Zoé Carbonopsina perdit aussi sont poste aux mains d'Alexandre qui l'enferma dans un couvent. Elle reprit son poste lorsqu'Alexandre mourra en 913[7].

Une autre raison qui aurait expliquer pourquoi que les classes dirigeantes de l'époque auraient méprisées Alexandre nous est parvenu par les épitaphios datant de l'époque de son règne. Effectivement, il est compris que l'empereur aurait imposé des taxes élevés à l'Église. Cette taxation aurait troublé les classes supérieurs de l'empire[6].

Un portrait un peu trop noir ?[modifier | modifier le code]

Dans les écrits du Logothète, on blâme la rupture de la paix avec les Bulgares sur Alexandre. Toutefois, la littérature nous apprend que cette paix, qui avait été soutenue par Léon VI, était extrêmement fragile[6]. Effectivement, il est dit que Siméon était prêt à prendre les armes contre l'empire byzantin pour prendre la première place entre les deux puissances de l'époque[6]. On comprend aussi que l'archonte Siméon aurait été prêt à conserver la paix en échange d'une somme colossale[6]. Les écrits de cette homélie ne disculpe pas les propos qu'Alexandre aurait dit aux ambassadeurs bulgares. Par contre, elle rend l'idée que la guerre entre les deux nations était inévitable.  

Les rituels paganismes pratiqués par Alexandre aurait été, dit-on une façon pour lui de soigner son cancer[6]. On mentionne qu'il aurait été désespéré et qu'il se serait retourné vers la magie et les sorciers, contrairement à des rites pour honorer d'autres divinités.

Les changements effectués par Alexandre lors de son règne fut critiqués par plusieurs. Toutefois, il était supposément normal pour un empereur de procéder à des changements de son entourage lorsqu'il entrait en poste. La mauvaise relation qu'avait Alexandre avec son prédécesseur expliquerait pourquoi il aurait voulu remplacer certaines personnes qu'il croyait être ses ennemis par des gens qu'il avait choisi lui-même. Après tout, Alexandre n'aurait pas fait plus de changement lors du début de son règne que lors de celui de son frère Léon VI : « The beginning of Alexander's reign does not, I repeat, seem to have more changes than Leo's. »[Quoi ?][6]

La mort d'Alexandre, erreur des copistes ?[modifier | modifier le code]

Ce que les écrits du Logothète nous démontre est qu'Alexandre serait décédé suite à des complications lors d'une partie de balle[6]. En effet, la littérature nous informe que : « [...] l'excès de nourriture et l'ivresse provoquèrent une douleur dans ses entrailles. »[7]. Cette douleur lui aurait fait perdre beaucoup de sang : « [...] par les narines et par le sexe [...] »[7] et le lendemain il serait mort. Un coup d'épée envoyé par Dieu lui aurait provoqué ces blessures : « [...] smitten by a sword sent by God [...] »[6]. Envoyé par Dieu suite aux rituels paganismes qu'il aurait organisé à l'Hippodrome. Toutefois, il semble y avoir une erreur avec l'ordre dans lequel les écrits nous ont été parvenues. Effectivement, l'emprisonnement d'Himérios et la visite des ambassadeurs Bulgares arrive suite à l'accident de polo[6]. Ceci ne fonctionne pas dans la réalité temporelle vu qu'Alexandre aurait été mort lors de ces deux événements. L'auteur P. Karlin-Hayter tente de mettre en évidence que les écrits du Logothète auraient voulus reprendre cette histoire d'accident de polo et la resituer à la fin du règne d'Alexandre, en juin 913, et la mettre en connexion avec les rituels paganismes que l'empereur aurait ordonné à l'Hippodrome[6]. L'auteur crois en effet, que les copistes de l'époque auraient fait une erreur de copiage dans le texte du Logothète et la légende de la mort d'Alexandre suite à une partie de polo serait née : « I suspect that, [...] , an accident made veryeasy by the looseness of mediaeval grammar and the carelessness of many copyists, and so was born a tradition that Alexander died playing ball. »[Quoi ?][6].

Il existe des suppositions qu'Alexandre souffrait d'un dur cancer. En effet, à plus d'une reprise on trouve des indications que l'état de santé de l'empereur était fragile. Premièrement, lorsque Léon VI était sur son lit de mort, il a prédit la mort de son frère. Deuxièmement, un évêque aurait menacé le patriarche Nicolas en lui disant de ne pas faire confiance à un homme qui n'allait pas survivre la prochaine années : « You will seek him next year, and you will not find him. »[Quoi ?][6].

L'incertitude de la cause de la mort d'Alexandre suscite un manque de fiabilité envers les textes du Logothète, qui sont une des rares sources auxquelles les historiens se fient pour examiner cette période de l'histoire[6].

Alexandre et les phénomènes surnaturels[modifier | modifier le code]

Lors du règne d'Alexandre une comète apparaît à l'ouest et celle-ci présage de mauvais temps : « [...] que le sang coulerait dans la ville reine. »[5]. Il s'agira de la comète de Halley, visible du 19 juillet 912 au 3 août de la même année[5].

L'empereur Alexandre s'adonna à plusieurs cérémonies paganisme dans l'Hippodrome de Constantinople, endroit ou il idolâtra la statue du sanglier de bronze. Léon VI va prédire la mort d'Alexandre lorsqu'il sera sur son lit de mort en 912, treize mois avant qu'elle surviendra[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Avec ses frères Constantin de 869 au 3 septembre 879 et Basile depuis 870.
  2. Venance Grumel, Traité d'études byzantines : la chronologie, Presses universitaires de France, Paris, 1956, « Empereur grecs », p. 357.
  3. a b c et d Michel Kaplan, BYZANCE, Paris, Société d'édition Les Belles Lettres, , 304 p., p. 29
  4. Rodolphe Guilland, Études byzantines, p. 247.
  5. a b c d et e Jean Skylitzès, Empereurs de Constantinople, Paris, P. Lethilleux, , 467 p., p. 164
  6. a b c d e f g h i j k l m n o et p (en) Karlin P. Hayter, The emperor Alexander's Bad Name, Speculum vol. 44 no. 4, , p. 590-591
  7. a b c d e f g et h Jean Skylitzès, Empereurs de Constantinople, Paris, P. Lethilleux, , 467 p., p. 165

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Skylitzès, Empereurs de Constantinople, « Synopsis Historiôn » traduit par Bernard Flusin et annoté par Jean-Claude Cheynet, éditions P. Lethilleux, Paris, 2003 (ISBN 2-283-60459-1), « Alexandre », p. 163-165.
  • John Julius Norwich (trad. Dominique Peters), Histoire de Byzance (330-1453), Paris, Librairie Académique Perrin, (1re éd. 1999) [détail des éditions] (ISBN 2-262-01333-0).
  • Charles Diehl, Histoire de l’Empire Byzantin, Paris, A. & J. Picard, 1969.
  • Michel Kaplan, Byzance, Paris, Société d’édition Les Belles Lettres, 2010.
  • (en) Karlin-Hayter P., « The Emperor Alexander’s Bad Name », Speculum, vol. 44, n° 4, 1969.
  • Nicolas Thierry, Le Baptiste sur le solidus d’Alexandre (912-913), Revue numismatique, 1992, vol. Tome 34.

Liens externes[modifier | modifier le code]