Constantin II (empereur romain)

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Constantin II
Empereur romain
Image illustrative de l’article Constantin II (empereur romain)
Constantin II.
Règne
- avril 340 (~3 ans)
Période Constantiniens
Précédé par Constantin Ier
Co-empereur Constant Ier et Constance II
Suivi de Constant Ier et Constance II
Biographie
Nom de naissance Flavius Claudius Constantinus
Naissance 316 - Arles (Narbonnaise)
Décès avril 340 (25 ans)
Aquilée (Vénétie)
Père Constantin Ier
Mère Fausta
Empereur romain

Constantin II (Flavius Claudius Constantinus Augustus en latin), né en 316 à Arles et mort en avril 340 près d'Aquilée, est un empereur romain chrétien du Bas-Empire.

Deuxième fils de l'empereur Constantin Ier, qui le proclame César en 317 avec son demi-frère Crispus, il accède à la tête de l'Empire romain en 337, conjointement avec ses frères Constance II et Constant Ier. Sa volonté d'imposer son droit de primogéniture le conduit à la mort lors d'une tentative ratée d'invasion de l'Italie.

Biographie[modifier | modifier le code]

César[modifier | modifier le code]

Constantin II est le premier fils de la seconde union de Constantin Ier avec Fausta, fille de Maximien et belle-sœur de Maxence. Il est né à Arles en 316[1], à une date qui n'est pas connue avec précision, soit en été[1], peut-être le , soit à la fin de l'année[2]. Il a deux frères Constance, né en 318, Constant, né en 320 ou 323, ainsi que deux sœurs, Constantina et Hélène[3].

Le , Constantin décide de conférer à l'enfant, ainsi qu'à son demi-frère aîné Crispus — né d'une première union de l'empereur — et au fils de Licinius, Licinianus, le titre de « Nobilissimes Césars »[4] ; en 321, Crispus, victorieux d'une campagne contre les Francs, partage son consulat avec son jeune frère[5].

À l'âge de sept ans, en 322-323, il prend part à la campagne contre les Sarmates sous la direction de son père[6]. En 324, son frère Constance est proclamé César à ses côtés[7] mais, après la mort de Fausta et de Crispus en 326, les fils de Constantin ne résident plus avec lui que sporadiquement[8] avant que Constantin II soit envoyé à Trèves où il réside ensuite habituellement[9]. En 328, il est crédité d'une victoire de ses généraux contre les Alamans et, en 331, est gratifié du titre d'Alamannicus à l'issue d'une autre victoire contre les Francs et les Alamans[9]. Eusèbe rapporte que Constantin a été marié mais on ignore le nom et l'identité de son épouse, même s'il est vraisemblable qu'elle appartienne au clan constantinien, peut-être une sœur de Flavius Optatus[10] ou encore une fille de Flavius Optatus[11].

Sa carrière militaire se poursuit quand Constantin Ier le rappelle en 332[8] pour prendre la tête d'une campagne contre les Goths Tervinges à la demande des Sarmates établis le long du Danube, ce qui lui vaut les titres de Sarmaticus et de Germanicus maximus[9]. La campagne est couronnée de succès à l'issue d'une importante victoire en date du , qui ouvre la voie à la coexistence avec les Goths et leur progressive intégration dans l'Empire[12].

Solidus de Constantin II

En 335, Constantin prend de nouvelles dispositions pour sa succession mais on ne sait précisément s'il avait l'intention d'une tétrarchie ou s'il envisageait plutôt de léguer l'intégralité de l'Empire à Constantin II[13] qui aurait occupé une place prédominante, au-dessus des autres Césars, similaire à la sienne[14]. En tout état de cause, il décide de la partition dont l'Empire doit faire l'objet après sa mort, dans un partage entre ses fils — Constantin, Constance et Constant — et neveux — les Césars Dalmatius et Hannibalien — qui doit cependant maintenir une autorité impériale unique, dont l'unité serait assurée par Constantin divinisé[13].

Auguste[modifier | modifier le code]

Partage de l'Empire Romain entre les césars nommés par Constantin Ier (empereur romain) : de l'Ouest à l'Est, les territoires de Constantin II, Constant Ier, Flavius Dalmatius (César) et Constance II.

L'Empire est ainsi réparti entre Constantin II auquel échoient la Gaule, la Bretagne et l'Hispanie, Constant Ier auquel reviennent — sous la tutelle de son frère aîné — l'Italie, l'Afrique et la Pannonie, Constance II qui reçoit l'Asie Mineur, la Syrie et l'Égypte et Dalmatius qui obtient la Macédoine et la Thrace tandis que son frère Hannibalien, maintenu à l'écart du collège impérial, est nommé roi des rois des nations pontiques[15]. Lorsque Constantin meurt en 337, il laisse une situation inédite avec quatre Césars sans Auguste[16]. Cette situation ne perdure guère et ses fils entreprennent le massacre des frères de Constantin et de leurs enfants mâles par l'armée au nombre desquels Dalmatius, Hanibalien et cinq de leurs cousins[17], à l'exception de Gallus et Julien[15]. Il paraît douteux que ces meurtres aient été concertés par Constantin II et ses frères qui ne s'étaient pas vus depuis longtemps et se trouvaient alors assez éloignés les uns des autres ; il apparaît ainsi plus vraisemblable qu'ils soient le fait du seul Constance et de son entourage[18].

L'Empire connait alors un conflit théologique qui oppose les tenants d'un christianisme arien et les partisans d'un christianisme nicéen[19] dont l'un des farouches défenseurs est l'évêque d'Alexandie Athanase qui, évincé de son siège épiscopal, se réfugie à Trèves où réside Constantin II[16]. Ce dernier, au nom des Césars et leur père, rétablit Athanase sur son siège en juin 337[16], se présentant de la sorte comme l'Auguste senior[20]. Les trois frères se rencontrent à Viminacium ou, plus vraisemblablement à Sirmium, en Pannonie, le 9 septembre 337, pour partager le monde Romain entre eux et prennent le titre d'Augustes qu'ils font reconnaitre par l'armée[21], le Sénat[22] et le peuple de Rome[21].

Statue de l'Empereur Constantin II au Capitole de Rome.

Des complications apparaissent entre le jeune Constant et Constantin II, qui ne relâche pas sa tutelle. Ce dernier se plaint en outre de ne pas avoir la part correspondant à son droit d’aînesse. Il est déçu que Constant ait reçu la Thrace et la Macédoine après la mort de Dalmatius, et demande à Constant les provinces d'Afrique, ce qu'il accepte pour maintenir une paix fragile[23]. Cependant ils se querellent au sujet des provinces africaines de Carthage qui relèvent de l’Italie et l'Afrique[24].

En 339, Constant s'affranchit de sa tutelle[19] et, l'année suivante, Constantin marche sur l'Italie avec ses troupes[23]. Constant, alors en Dacie, envoie ses meilleures troupes d'Illyrie[25]. Constantin est engagé dans des opérations militaires[26] et est tué dans une embuscade dans les environs d'Aquilée[23], à la suite de quoi Constant Ier prend le contrôle du domaine de son frère tandis que le troisième frère Constance garde le pouvoir dans la partie orientale de l'empire[19]. L'empire est alors réparti entre les deux frères restant, dans une partition qui est doublée du différend religieux arien dans lequel ils sont d'avis opposés[19].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pierre Maraval, Constantin le Grand : Empereur romain, empereur chrétien 306-337, Paris, Tallandier, coll. « Texto », (1re éd. 2011) (ISBN 979-10-210-0512-9), p. 50
  2. François Chausson, Stemmata aurea : Constantin, Justine, Théodose. Revendications généalogiques et idéologie impériale au IVe s. ap. J.-C., L'Erma di Bretschneider, (ISBN 9788882653934, lire en ligne), p. 100
  3. Pierre Maraval, Constantin le Grand : Empereur romain, empereur chrétien 306-337, Paris, Tallandier, coll. « Texto », (1re éd. 2011) (ISBN 979-10-210-0512-9), p. 51
  4. Pierre Maraval, Constantin le Grand : Empereur romain, empereur chrétien 306-337, Paris, Tallandier, coll. « Texto », (1re éd. 2011) (ISBN 979-10-210-0512-9), p. 144
  5. Pierre Maraval, Constantin le Grand : Empereur romain, empereur chrétien 306-337, Paris, Tallandier, coll. « Texto », (1re éd. 2011) (ISBN 979-10-210-0512-9), p. 146
  6. Pierre Maraval, Les fils de Constantin, Paris, CNRS éditions, coll. « Biblis », (ISBN 978-2-271-08819-2), p. 20
  7. Cécile Morrisson (dir.), Le monde byzantin, vol. I : L'Empire romain d'Orient (330-641), Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio », (1re éd. 2004) (ISBN 978-2-13-059559-5), p. 4
  8. a et b Pierre Maraval, Constantin le Grand : Empereur romain, empereur chrétien 306-337, Paris, Tallandier, coll. « Texto », (1re éd. 2011) (ISBN 979-10-210-0512-9), p. 199
  9. a b et c Pierre Maraval, Les fils de Constantin, Paris, CNRS éditions, coll. « Biblis », , 214 p. (ISBN 978-2-271-08819-2), p. 20-21
  10. (en) Timothy Barnes, Constantine: Dynasty, Religion and Power in the Later Roman Empire, Wiley-Blackwell (ISBN 9781444396263), p. 165
  11. Maraval 2013, Éducation.
  12. Pierre Maraval, Constantin le Grand : Empereur romain, empereur chrétien 306-337, Paris, Tallandier, coll. « Texto », (1re éd. 2011) (ISBN 979-10-210-0512-9), p. 229-230
  13. a et b Pierre Maraval, Constantin le Grand : Empereur romain, empereur chrétien 306-337, Paris, Tallandier, coll. « Texto », (1re éd. 2011) (ISBN 979-10-210-0512-9), p. 212
  14. André Chastagnol, Le Bas-Empire, Armand Colin, , 3e éd. (1re éd. 1969) (ISBN 9782200273781, lire en ligne), pp13
  15. a et b Pierre Maraval, Constantin le Grand : Empereur romain, empereur chrétien 306-337, Paris, Tallandier, coll. « Texto », (1re éd. 2011) (ISBN 979-10-210-0512-9), p. 213
  16. a b et c Timothy Barnes, Constantine : Dynasty, Religion and Power in the Later Roman Empire, Wiley-Blackwell (ISBN 9781444396263), p. 167
  17. Pierre Maraval, Les fils de Constantin, Paris, CNRS éditions, coll. « Biblis », (ISBN 978-2-271-08819-2), p. 31
  18. Pierre Maraval, Les fils de Constantin, Paris, CNRS éditions, coll. « Biblis », (ISBN 978-2-271-08819-2), p. 33
  19. a b c et d Cécile Morrisson (dir.), Le monde byzantin, vol. I : L'Empire romain d'Orient (330-641), Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio », (1re éd. 2004) (ISBN 978-2-13-059559-5), p. 6
  20. Pierre Maraval, Les fils de Constantin, Paris, CNRS éditions, coll. « Biblis », (ISBN 978-2-271-08819-2), p. 21
  21. a et b Pierre Maraval, Les fils de Constantin, Paris, CNRS éditions, coll. « Biblis », (ISBN 978-2-271-08819-2), p. 24
  22. Pierre Maraval, Constantin le Grand : Empereur romain, empereur chrétien 306-337, Paris, Tallandier, coll. « Texto », (1re éd. 2011) (ISBN 979-10-210-0512-9), p. 213
  23. a b et c Victor, 41:21
  24. Zosimus, 2:41–42
  25. Gibbon, chap. 18
  26. Eutropius, 10:9

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

Ouvrages anciens[modifier | modifier le code]

Recherche contemporaine[modifier | modifier le code]

  • AH. M. Jones, J.R. Martindale, The Prosopography of the Later Roman Empire, Vol. I: AD260-395, Cambridge University Press, 1971

Essais[modifier | modifier le code]

  • Alexander Canduci, Triumph & Tragedy: The Rise and Fall of Rome's Immortal Emperors, Pier 9, (ISBN 978-1-74196-598-8)

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]