Jean de Nikiou

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Jean de Nikiou est un lettré égyptien, membre du haut-clergé, qui fut évêque et moine à la fin du VIIe siècle. Il est l'auteur d'une chronique universelle écrite à l'origine, pour l'essentiel, en grec.

Biographie et Chronique[modifier | modifier le code]

La principale source sur cet auteur est l'Histoire des patriarches de l'Église d'Alexandrie attribuée à Sévère d'Achmounein (Xe siècle). Jean de Nikiou, appartenant à l'Église copte orthodoxe, vivait au temps des patriarches Jean III, Isaac et Simon Ier (entre 681 et 700, soit entre quarante et soixante ans après le début de l'invasion arabe de l'Égypte). Il est alors évêque de Nikiou, en Basse-Égypte, « recteur » des évêques de Haute-Égypte, puis, en 696, administrateur général des monastères. Ayant fait châtier trop durement un moine fautif qui en mourut, il est démis de ses fonctions et réduit à l'état de simple moine par le patriarche Simon Ier.

Sa Chronique, composée sans doute avant sa destitution, raconte l'histoire du monde depuis Adam jusqu'à la fin de la conquête musulmane du VIIe siècle (mais le passage concernant la période de 610 à 640 est perdu). Pour ce qui précède le VIIe siècle, ce n'est essentiellement qu'un démarquage des chroniques byzantines antérieures, notamment celles de Jean Malalas et de Jean d'Antioche (sauf quelques traditions locales sur l'histoire ancienne de l'Égypte). Il apporte des informations propres sur le règne de l'empereur Phocas et sur la prise du pouvoir par Héraclius. Mais la partie la plus précieuse de son texte est celle qui a trait à la conquête musulmane de l'Égypte à partir de 640-641 et qui décrit en particulier la prise par Amr de Babylone d'Égypte et d'Alexandrie, détrônée au profit de la nouvelle capitale, le camp militaire de Fostât (aujourd'hui Le Caire).

Décrivant ces événements tragiques d'un point de vue de monophysite (c'est-à-dire du point de vue de chrétiens n'ayant pas accepté le concile de Chalcédoine de 451), il considère, selon la psychologie et la culture d'un évêque de son époque, que la conquête islamique de son pays est une punition divine à cause de Chalcédoine, dont l'« hérésie » selon lui s'est répandue dans tout l'Empire romain d'Orient. En conclusion de sa Chronique, il raconte le désespoir des habitants d'Alexandrie vaincue par les troupes arabes: « il n'est donné à personne de compter les lamentations et les pleurs de cette ville. Les habitants en arrivaient à offrir leurs enfants en esclavage en échange des taxes énormes qu'ils devaient payer chaque mois. Personne ne pouvait plus les aider car Dieu avait détruit leurs espoirs et permit que les chrétiens se rendissent aux mains de leurs ennemis. » Mais il termine par une note d'espoir: « toutefois la toute puissante bonté divine confondra ceux qui nous ont fait souffrir et fera triompher son amour des hommes sur nos péchés et mettra à néant les mauvais desseins de nos oppresseurs (...) » et fait mention à la fin de sa chronique de renégats (dont un ancien moine du Sinaï) qui sont devenus persécuteurs de chrétiens, leurs anciens coreligionnaires. Les dernières lignes sont celles d'une prière : « qu'il [Jésus-Christ] nous donne aussi la force et qu'il nous aide à supporter ces calamités (...) Louons aussi son Père éminemment bon et son Saint-Esprit qui donne la vie éternellement. Ainsi soit-il ! »

Versions[modifier | modifier le code]

La version originale fut écrite en grec, à l'exception de certains chapitres concernant l'Égypte qui semblent avoir été rédigés en copte. Mais seule est conservée une traduction éthiopienne réalisée en 1602 à partir d'une autre traduction, bien plus ancienne, en arabe. Outre les lacunes, le texte actuel a beaucoup souffert de ces passages successifs d'une langue à une autre.

Édition du texte[modifier | modifier le code]

  • La Chronique de Jean de Nikiou (texte éthiopien et traduction française par Hermann Zotenberg), Paris, 1883 (également dans Notices et Extraits des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, t.XXIV, I, p. 125-605).

Études[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]