Sévère Alexandre

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Sévère Alexandre
Empereur romain
Règne
18/19 mars 235 (~13 ans)
Période Sévères
Précédé par Héliogabale
Suivi de Maximin Ier le Thrace
Biographie
Nom de naissance Gessius Bassianus Alexianus
Naissance
Arca Cæsarea (Syrie)
Décès 18/19 mars 235 (26 ans)
Moguntiacum (Germanie sup.)
Père Marcus Julius Gessius Marcianus
Mère Julia Mamæa
Épouse Orbiane (225 - 227)
Empereur romain

Sévère Alexandre (Imperator Cæsar Marcus Aurelius Severus Alexander Pius Felix Augustus, Persicus Maximus (?)) est un empereur romain qui régna de 222 à 235. Il est le dernier de la dynastie des Sévères.

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Orbiane, femme de Sévère Alexandre (musée du Louvre).

Né en 208 à Arca (Tell Arqa) en Syrie et nommé Alexianus, il est élevé par sa grand-mère Julia Mæsa, belle-sœur de Septime Sévère, et par sa mère Julia Mamæa, et reçoit une éducation soignée.

Il est le fils de Gessius Marcianus. Il reçut tous ses titres après que son père fut rayé de l’existence par le Sénat. Sa première épouse africaine serait Memmia, elle aurait été exécutée, sa seconde épouse Orbiane, était une aristocrate romaine. Il était également syrien mais il ne voulait pas qu’on le considère ainsi et faisait tout pour qu’on l’oublie.

Petit neveu de l'empereur Septime Sévère, il succède à son cousin Héliogabale, qui le choisit comme César en 221. Héliogabale tente ensuite de revenir sur sa décision mais Julia Mæsa provoque une révolte des prétoriens qui coûte la vie à Héliogabale.

L’assassinat d’Héliogabale fait de Sévère Alexandre le nouvel empereur. Il est nommé Alexandre car il est né dans un temple dédié à Alexandre le Grand, dans sa ville natale. Il refuse de prendre le titre de « Grand » et d’« Antonin ». Par ce refus de titre/de nom donné par le Sénat, on dit alors qu’il était ferme possédant grande force de caractère, c’est son armée qui lui donna le nom de Sévère.

Il débuta sa carrière de chef d’État à 14 ans et il mourut à 25 ans.

Aussitôt Sévère Alexandre est nommé Auguste par le Sénat. Il prend des mesures allant à l'encontre de celles de son prédécesseur, surtout dans le domaine religieux. Ainsi, il renvoie à Émèse la pierre noire du culte solaire, objet d'indignation pour certains Romains.

Il épouse la fille de son cousin Varius Marcianus, Orbiane, déclarée Augusta et mal vue de Mammée.

Un pouvoir affaibli[modifier | modifier le code]

Portrait d'Alexandre Sévère. Marbre, œuvre romaine, 222-235.

Les deux traits importants de ce personnage sont :

  • Qu’il est totalement soumis à sa mère, Julia Mammæa,
  • Qu’il est incompétent dans le domaine militaire, il est lâche aux combats. On dit de lui qu’il était sage. Il est passionné par les personnages illustres des temps anciens tels Achille, Platon, Alexandre le Grand, Cicéron, … Il gardait des portraits de ces personnes. Son règne est qualifié de non-sanglant. Il vivait et s’habillait simplement. Il ne vivait pas dans la luxure. Il était pieux. Même si sa mère était avare, il avait un esprit d’économie mais non poussé à l’extrême. Il limitait le nombre des convives dans les banquets, certains mets n’étaient servis qu’aux fêtes, … C’est un empereur juste, indulgent, honorable. Il répugne l’avarice de sa mère qui amasse une petite fortune. Il a peur de l’action, des dangers qui menacent Rome ou son trône, il est bienveillant.  C’est un réformateur. Il tolère les chrétiens (d’après certains écrits, il aurait admis ceux-ci du fait de très bonne relation que sa mère entretenait avec eux). Il est à l’écoute du peuple. Il tente de mettre de l’ordre à Rome après le règne d’Héliogabale. Sa mère, jalouse de son épouse, la fait exiler pour que son fils lui reste fidèle, soumis.  Aucun soldat ne l’apprécie car il est trop soumis à sa mère.

Les sources antiques accablent Héliogabale et encensent le nouvel empereur en le parant de toutes les qualités. Seul Hérodien émet des réserves : Sévère Alexandre est doux et aimable mais se révèle faible et manque d'autorité. Le nouvel empereur, sous l'influence de sa mère et de sa grand-mère, redonne un rôle important au Sénat dont douze membres vont former un « conseil de régence ou de gouvernement » autour de l'empereur. Il s’occupait peu des questions militaires et les confiait à des personnes dignes de confiance. Il s'entoure de conseillers éminents tels les juristes Ulpien qui devient préfet du prétoire (commandant de la garde impériale) ou Papinien, Herennius, Modestinus. Il lance une politique d'urbanisation avec la reconstruction des thermes de Néron, rebaptisés Thermæ Alexandrinæ, qui s'élèvent sur le Champ-de-Mars. La mort de Julia Mæsa en 223 affaiblit l'empereur car cette femme avait une influence forte y compris auprès de nombreux officiers. Les militaires, justement, voient d'un assez mauvais œil le rétablissement d'un régime politique dominé par les civils. Une révolte des prétoriens coûte ainsi la vie à Ulpien, tué sous les yeux de l'empereur, et l'ancien gouverneur de Pannonie, l'historien Dion Cassius préfère prendre sa retraite en Bithynie sa province natale.

Il était trop soupçonneux.

C’est par lui que l’édit de la tolérance de la langue grecque passa. Il connaissait mal le latin.

Il leva un certain nombre d’impôts. D’après certains écrits, le peuple payait trente fois moins d’impôts que du temps de son prédécesseur. Son règne est composé de réformes économiques aidant ainsi les pauvres.

Il fit battre monnaie en électrum (alliage naturel en or principalement et en argent).

Son modèle est Alexandre le Grand, mais pas pour sa lâcheté au combat, qui était une des principales caractéristiques d’Alexandre Sévère considéré comme pacifiste. Il était extrêmement dur envers l’armée. Il fit surtout payer le prix fort à des soldats insubordinants et à des voleurs qu’il avait en horreur.

En politique étrangère, l'empereur est confronté aux Perses sassanides. Ceux-ci ont refait leur unité en 227 sous la conduite du roi Ardachîr Ier et pillent la Mésopotamie et la Cappadoce en 231. L'empereur à la tête d'une armée considérable entreprend contre les Perses une campagne qui ne sera qu'un demi-succès. Il est souvent confronté à des révoltes sporadiques de ses troupes qui craignent son irrésolution. De retour à Rome en 233, l'empereur donne des Jeux Persiques qui ne suffisent cependant pas à le rendre populaire. Il lui est souvent reproché l'influence de sa mère. En 234, il se rend à Mogontiacum (Mayence) pour repousser les Germains, en particulier les Alamans, mais hésite à combattre et préfère acheter la paix. Il est taxé de mollesse par l'armée qui l'assassine sous sa tente ainsi que sa mère et proclame empereur l'un des siens, Maximin. Les circonstances de sa mort varie quelque peu d’un auteur à l’autre, il fut bien assassiné dans sa tente mais il fut assassiné soit par un soldat d’origine gauloise soit par un ou plusieurs soldat(s) romain(s), soit commandité par Maximin lui-même. Alexandre Sévère aurait demandé grâce à son ou ses assassin(s) et aurait répugné sa mère en l’accusant de tous les maux. Sa mère aurait été assassinée en même temps que lui. C'est le début de la période d'anarchie militaire qui va durer jusqu'aux règnes d'Aurélien et de Dioclétien.

Sa figure a été grandie par l'Histoire Auguste.

Plusieurs documents retranscrivent sa vie mais on y retrouve généralement deux tendances, ceux qui le divinisent et ceux qui le considèrent comme un empereur faible.

La dynastie des Sévères prend fin comme elle a commencé, par un coup d'État. L'armée, qui a été son principal soutien, est désormais consciente de sa force : elle va jouer un rôle prépondérant dans la période qui s'ouvre.

Par sa mort, l’Empire romain du IIIe siècle se retrouve, en effet, dans une grande période de crise et d’incertitude. Les empereurs vont se succéder en nombre, toujours par l’intermédiaire de cette armée romaine qui décidera ou non du maintien d’un empereur. De plus, l’empire sera de plus en plus menacé par les invasions barbares, par des maladies qui le toucheront de pleins fouet (exemple : la peste) et par divers problèmes économiques.  

Noms successifs[modifier | modifier le code]

  • 208, naît Gessius Bassianus Alexianus
  • 221, est fait César par Héliogabale : Imperatori Cæsaris Marci Aurelii Antonini Pii Felicis Augusti Filius Divi Antonini Magni Pii Nepos Divi Severis Pronepos Marcus Aurelius Alexander
  • 222, accède à l'Empire : Imperator Cæsar Marcus Aurelius Severus Alexander Pius Felix Augustus
  • 235, titulature à sa mort : Imperator Cæsar Marcus Aurelius Severus Alexander Pius Felix Augustus, Pontifex Maximus, Tribuniciæ Potestatis XIV, Imperator XIV, Consul III, Pater Patriæ

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Cécile Bertrand-Dagenbach, « Alexandre Sévère et l’Histoire Auguste », Collection Latomus, Revue d’études latines, volume 208, Bruxelles 1990.
  • Agnès Molinier-Arbo et Cécile Bertrand-Dagenbach, Histoire Auguste. 3/2, vie d’Alexandre Sévère, Collection des universités de France. Série latine ; 406, Les Belles Lettres, Paris, 2014.
  • François-Xavier de Feller, Biographie universelle ou Dictionnaire Historique, nouvelle édition, éd. Outhenin-Chalandre Fils, tome 1, Paris, 1838, p. 109-110.
  • Hérodien, traduction de Denis Roques, Histoire des empereurs romains de Marc-Aurèle à Gordien III, Les Belles Lettres, Collection la Roue à livres, Paris, 1990, (ISBN 2-251-33903-5).
  • Paul Petit, Histoire générale de l’Empire romain, Seuil, 1974, (ISBN 2020026775).
  • François Zosso et Christian Zingg, Les Empereurs romains, édition Errance, 1995, (ISBN 2877722260).