Philippicos

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Philippicos
Empereur byzantin
Image illustrative de l'article Philippicos
Monnaie à l'effigie de Philippicos
Règne
-
&&&&&&&&&&&&05401 an, 5 mois et 22 jours
Période Usurpateur
Précédé par Justinien II
Suivi de Anastase II
Biographie
Décès 713
Constantinople
Liste des empereurs byzantins

Philippicos (grec : Φιλιππικός) fut brièvement empereur byzantin de fin 711 au 3 juin 713. De son vrai nom Bardanès ou Vardanis (Βαρδάνης, arménien Վարդան), il était d'une famille arménienne de haut rang au service des empereurs byzantins, fils de Nicéphore, patrice en 668, l'année de sa mort, et peut-être petit-fils de Bardanios, consul, issues d'une colonie arménienne à Pergame.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les chroniqueurs Théophane et Michel le Syrien le présentent comme un homme cultivé et éloquent (le premier s'étonnant même du contraste entre l'intelligence de ses discours et l'indignité de son comportement). Ayant manifesté son ambition d'accéder au trône (il aurait rapporté une prédiction selon laquelle il deviendrait empereur), il avait été exilé à Céphalonie par Tibère III, et ensuite rappelé par Justinien II après son rétablissement.

En 710, la cité byzantine de Cherson, en Crimée, se révolta contre l'empereur Justinien II avec l'aide des Khazars qui occupaient l'arrière-pays. Justinien détestait les habitants de cette ville : en 704, alors qu'il s'y trouvait en exil, il avait échafaudé un plan pour recouvrer le trône, mais les notables de Cherson l'avaient dénoncé à Tibère III, et il n'avait dû son salut qu'à la fuite chez les Khazars. Il envoya donc une flotte commandée par le patrice Étienne Asmiktos avec l'ordre de soumettre la ville à un châtiment exemplaire. Le patrice emmenait aussi avec lui Bardanès, que l'empereur avait condamné à un nouveau bannissement. Il procéda à des exécutions, et ensuite, rappelé par l'empereur, il reprit la direction de Constantinople en octobre, laissant donc Bardanès sur place. Mais en traversant la mer Noire, sa flotte périt dans une tempête, qui noya tout le monde.

Pendant ce temps, les notables de Cherson firent à nouveau alliance avec les Khazars. Justinien II envoya une nouvelle flotte commandée par le patrice Georges et l'éparque Jean, mais à leur arrivée, ces deux derniers tombèrent dans un piège et furent tués par les habitants de la ville, tandis que le reste de la troupe était livré aux Khazars, et massacré par eux. C'est alors, au début 711, que Bardanès fut proclamé empereur à Cherson. Pendant l'été, Justinien envoya une nouvelle flotte sous le commandement du patrice Mauros. Dans le même temps, les Arabes attaquant sur la frontière orientale, il quitta lui-même la capitale à la tête d'une armée qui atteignit Sinope. Mais à Cherson Bardanès s'était entendu avec le khagan des Khazars, et Mauros se retrouva dans l'incapacité évidente de se rendre maître de la ville. Craignant de retourner affronter la colère de Justinien, il changea de camp, et lui et sa troupe proclamèrent aussi Bardanès empereur sous le nom de Philippicos. Ensuite la flotte s'en revint à Constantinople.

Apprenant le tour pris par les événements, Justinien rebroussa précipitamment chemin. Trop tard : quand il arriva sur la rive asiatique du Bosphore, Philippicos et Mauros étaient déjà entrés dans Constantinople. Ils firent exécuter les principaux responsables de la cour de Justinien, et égorger son fils Tibère, six ans, arraché à l'autel de l'église Notre-Dame des Blachernes malgré les supplications de sa grand-mère Anastasie. Ils envoyèrent des hommes débarquer devant le camp de Justinien près de Chalcédoine, et ceux-ci réussirent à retourner une partie des troupes de l'empereur déchu, à le capturer et à le décapiter (novembre 711). La tête fut livrée à Philippicos, qui l'envoya à Ravenne et à Rome.

Comme beaucoup d'Arméniens au service des Byzantins, Bardanès était favorable au monothélisme, une doctrine inventée pour réconcilier l'Église orthodoxe grecque avec les monophysites, mais condamnée comme hérétique par le concile œcuménique de 680. En janvier 712, il déposa le patriarche Cyrus et le remplaça par Jean VI, d'accord avec lui. Un concile purement byzantin fut ensuite organisé, annulant celui de 680 et rétablissant le monothélisme comme doctrine officielle ; la majorité des évêques se soumirent et signèrent, y compris le futur patriarche Germain Ier, qui était alors métropolite de Cyzique. Mais cette initiative valait brouille avec la papauté : quand elle fut annoncée à Rome, les représentants de l'empereur furent expulsés de la ville.

Au cours de cette année 712, les troupes arabes, commandées par Maslama ben Abd al-Malik, pénétrèrent très loin en Asie Mineure, mettant à sac les villes d'Amasia et de Gangres, sur le territoire des Arméniaques, et de Misthia, sur celui des Anatoliques ; ils hivernèrent dans cette dernière région, et au printemps 713 détruisirent complètement la ville d'Antioche de Pisidie, qui ne s'en releva jamais. Pendant ce temps, les Bulgares du khan Tervel attaquèrent en Thrace, ravagèrent de nombreuses bourgades et arrivèrent jusqu'aux murailles de Constantinople. Le comte de l'Opsikion, Georges Bouraphos, était chargé de les combattre.

Mais ce dernier, de mèche avec un patrice nommé Théodore Myakios, prit la résolution de mettre fin au règne de Philippicos. Le 3 juin, veille de la Pentecôte, il envoya à Constantinople une troupe de soldats commandée par un de ses officiers, Rouphos. Ceux-ci surprirent Philippicos dans le Palais pendant une sieste, s'emparèrent de lui, le conduisirent vers l'Hippodrome et lui crevèrent les yeux. Cette mutilation l'empêchait définitivement de régner. Il est probable que le but était de faire proclamer Georges Bouraphos empereur, mais les conspirateurs perdirent le contrôle des événements, et le lendemain ce fut le protasekretis Artémios qui fut proclamé par une foule rassemblée à Sainte-Sophie, sous le nom d'Anastase II. Ce dernier fit châtier les conspirateurs par la loi du talion, et plaça Philippicos dans le monastère urbain des Dalmates. Il y serait mort au début de 714.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Bréhier, Vie et Mort de Byzance, coll. « L'évolution de l'humanité », L'âge d'homme éd., Paris, 1946.