Irène l'Athénienne

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Irène l'Athénienne
Impératrice byzantine
Image illustrative de l’article Irène l'Athénienne
Un solidus à l'effigie d'Irène.
Règne
-
5 ans, 2 mois et 13 jours
Période Isauriens
Précédé par Constantin VI
Suivi de Nicéphore Ier
Biographie
Naissance vers 752
Athènes
Décès (~51 ans)
Lesbos
Époux Léon IV le Khazar
Descendance Constantin VI

Irène l'Athénienne, (en grec Ειρήνη η Αθηναία ), née vers 752 à Athènes et morte le sur l'île de Lesbos) est régente de l'Empire byzantin de 780 à 790 puis impératrice régnante (Βασιλεύς , basileus) de 797 à 802. Elle est la première femme à régner seule, en tant que basileus.

Historiographie[modifier | modifier le code]

L'analyse historique du parcours et de la personnalité de l'impératrice Irène est une tâche complexe, la plupart des sources à son sujet ayant disparues.

La principale source sur son règne est l'œuvre de son contemporain, le moine et chroniqueur byzantin Théophane le Confesseur[1]. En tant que défenseur des icônes, l'historien offre une représentation très favorable de l'impératrice, qui a œuvré pour la restauration des icônes. Même s'il reconnaît que les actes d'Irène n'ont pas toujours été en harmonie avec l'image d'une impératrice pieuse et chrétienne, il considère que ses actions en faveur de l'Eglise l'emportent sur tout le reste[2].

Les autres chroniqueurs contemporains d'Irène lui sont également favorables. Théodore Studite, un autre moine et saint byzantin, la décrit comme une souveraine « à l’esprit pur et à l’âme vraiment sainte », qui « par son désir de plaire à Dieu, a délivré son peuple de l'esclavage ». Bien que très méfiant à l'égard du pouvoir impérial, il considère que le règne de l'impératrice fut l'un des meilleurs de son temps[3].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Les origines d'Irène sont peu connues. Nous savons qu'elle est née à Athènes[4], dans une région continuellement détenue par l'Empire byzantin mais régulièrement soumise aux incursions des Slaves. Au cours de sa jeunesse, Irène a reçu une éducation religieuse iconophile. Sa première apparition dans les sources remonte à 758. Théophane la mentionne alors qu'elle se rend à Constantinople. Étant donné les pratiques de l'époque et le fait qu'elle soit légèrement plus jeune que son futur mari, elle doit avoir une quinzaine d'années à son arrivée dans la cité impériale, ce qui daterait sa naissance aux environs de 752.

Ses origines sociales aussi sont obscures. Il semble tout de même qu'elle soit issue d'une riche famille de l'aristocratie athénienne[5]. C'est ce statut qui lui aurait permis d'être promise à un époux de rang impérial. Beaucoup de chroniqueurs iconophiles de l'époque, influencés par l'iconophilie d'Irène, ont célébré sa grande beauté, toujours présente avec l'âge. Si ses attraits physiques ont bien sûr pu jouer un rôle, l'ascendance sociale est probablement un élément déterminant d'explication du choix de son épouse par Léon IV le Khazar.

Entre le VIIIe siècle et le Xe siècle, le concours de beauté était en effet un moyen récurrent utilisé par les empereurs pour choisir leurs épouses. Comme le note Irène Sorlin, épouser la plus belle femme faisait partie des attributs de la couronne byzantine. Le monarque pouvait ainsi asseoir sa légitimité tout en rejetant les autres partis possibles. Néanmoins, pour l’historienne, il est probable que les « dés étaient pipés » dès le départ dans ces concours et que les mariages étaient « arrangés »[6].

Mariage avec Léon IV[modifier | modifier le code]

Quoi qu'il en soit, Irène se rend à Constantinople pour se marier avec Léon IV le Khazar, l'héritier du trône impérial. Elle arrive dans la capitale au cours de l'été 768. Elle se rend d'abord au palais de Hiéreia, situé dans les environs de Constantinople, sur la rive asiatique du Bosphore puis rejoint Constantinople le 1er septembre 768, ce qui donne lieu à d'importantes festivités. Elle s'unit avec son époux le 17 décembre 768[4]. En 770 leur naît un fils, le futur Constantin VI, qui fut baptisé du même nom que son grand père, Constantin V[7].

Mort de Constantin V[modifier | modifier le code]

En 775, l’empereur Constantin V décide de lancer une nouvelle campagne militaire contre les Bulgares. Depuis l’installation de ce peuple dans la péninsule des Balkans durant les années 670, Byzantins et Bulgares sont en état de guerre quasi-permanente[8].

Après avoir mené plusieurs campagnes victorieuses durant les années précédentes, Constantin V décide de lancer une nouvelle campagne en 775 pour les anéantir. Malheureusement pour l’empereur, l’affaire tourne court. Quelques jours seulement après son territoire bulgare, il doit rebrousser chemin, frappé par une fièvre. Transporté par bateau à Nicomédie, il meurt pendant la traversée à l’âge de cinquante-six ans[9].

Impératrice consort[modifier | modifier le code]

Lorsque Constantin V meurt , son fils Léon IV accède au trône à l'âge de 25 ans. Irène, sa femme, devient alors impératrice consort[7].

Les premiers mois du règne du couple impérial sont marqués par un assouplissement de la politique religieuse. Soucieux d’asseoir sa popularité auprès de ses sujets et peut-être conseillé par Irène, Léon IV ordonne l’arrêt des persécutions contre les moines et les partisans des icônes. Même si la doctrine officielle reste iconoclaste, les icônes ainsi que les autres représentations artistiques de Dieu, de Marie et des saints sont tolérées mais uniquement dans la sphère privée[10].

Afin de s’attirer les faveurs de la population, Léon décide également d’organiser un donativum, autrement dit une distribution au peuple et à l’armée d’importances sommes d’argent, puisées sur le butin amassé par son père durant ses différentes campagnes[10].

Ces différentes mesures assurent au couple impérial la sympathie de la population. A la fin de l’année 776, le fils d’Irène et de Léon, Constantin VI, est sacré co-empereur avec le soutien des principaux généraux et représentants du peuple[10].

Cependant, cette décision ne plaît pas à tout le monde et en particulier aux deux demi-frères de Léon, Nicéphore et Christophore qui lorgnent eux-aussi sur le trône. Quelques semaines seulement après le couronnement de Constantin VI, une conspiration menée par Nicéphore et impliquant un cercle restreint de courtisans est découverte. Nicéphore perd son titre de Caesar, tandis que les autres conspirateurs sont tonsurés et exilés à Chersonèse[11].

Après ce complot, l’Empire byzantin connait une période de calme qui va s’étaler jusqu’en 780. Sur les frontières extérieures, la situation reste tendue avec les Bulgares et les Arabes, mais ceux-ci ne sont pas en mesure de constituer des expéditions militaires suffisamment importantes pour menacer Constantinople. Léon IV en profite alors pour durcir à nouveau la politique religieuse et renouer avec la politique iconoclaste de son père. En , un certain nombre de courtisans sont ainsi arrêtés et sanctionnés pour avoir vénéré des icônes[12].

Fervente iconophile, Irène s’inquiète du tournant politique pris par son époux mais elle ne peut rien faire. En tant qu’épouse de l’empereur, elle ne dispose d’aucune fonction officielle. Léon IV, de son côté, n’ignore rien des sentiments iconophiles de sa femme, mais n’y prête pas attention, les considérant comme une superstition typiquement féminine[10].

La mort soudaine de Léon IV en met brutalement un terme à cette politique. Les circonstances de sa mort sont assez floues. Certaines rumeurs de l’époque indiquent qu’il aurait attrapé la maladie du charbon mais ce n’est pas certain. Quoiqu’il en soit, Léon IV meurt le , après seulement cinq ans de règne. Son fils Constantin, âgé de neuf ans, est trop jeune pour régner. Irène devient alors régente pour le compte de leur fils[13].

Entre la naissance de son fils en 770 et sa nomination en tant que régente en 780, les activités d'Irène sont inconnues. Selon l’historien Dominique Barbe, il est possible qu’elle ait passé le plus clair de son temps au sein du gynécée, la partie du palais réservée aux femmes. Elle en aurait notamment profité pour constituer une cour autour d’elle, principalement composée d’iconophiles originaires de sa région natale[10].

La mort de son beau-père puis de son mari à quelques années d'intervalle la conduisent brutalement sur le devant de la scène.

Régente[modifier | modifier le code]

Contexte : un Empire affaibli[modifier | modifier le code]

L'Empire byzantin au début du VIIIe siècle.

Quand Irène devient une personnalité influente des destinées impériales, l'Empire byzantin est dans une situation difficile. Depuis plus d'un siècle, il a connu une profonde diminution territoriale, perdant toutes les provinces orientales en dehors de l'Anatolie, une grande partie de l'Italie et la quasi-totalité de la péninsule balkanique. Constantin V est constamment obligé de combattre les Bulgares installés à proximité directe de Constantinople mais aussi les raids arabes qui frappent annuellement l'Asie mineure dans une guerre de razzias destructrices. Toutefois, l'Empire a aussi assuré sa survie. Les Arabes ne sont plus en mesure d'accomplir de conquêtes territoriales et, en 772, les forces byzantines reprennent Mopsueste en Cilicie. La même année ou en 773, Constantin V remporte la bataille de Lithosoria contre les Bulgares de Telerig mais finit par mourir au cours d'une nouvelle campagne militaire en 775, sans avoir mis un terme à la menace bulgare. Sous Léon IV, les frontières impériales restent stables et les adversaires de l'Empire peu actifs. En revanche, sur le plan interne, la controverse de l'iconoclasme reste vive. Léon IV décide de rétablir la politique répressive envers les partisans des images, rompant avec sa posture modérée lors des premières années de règne.

La prise du pouvoir[modifier | modifier le code]

Au décès de Léon IV en 780, Constantin VI n'étant âgé que de dix ans, Irène parvient à écarter ses beaux-frères Nicéphore et Christophore et à se faire reconnaître régente de l'Empire, ce qui provoque un certain mécontentement dans l'armée. Pour restaurer de bonnes relations avec l'Église de Rome dont le roi franc Charlemagne était devenu le protecteur, elle envoie en 781 une ambassade aux Francs, afin de leur proposer le mariage de son fils Constantin VI avec la fille de Charlemagne, Rotrude. Mais ce projet n'aboutit pas[5].

Le Concile de Constantinople (786)[modifier | modifier le code]

Un prétexte tout trouvé[modifier | modifier le code]

En 784, un calme relatif règne sur les frontières de l’empire. L’impératrice décide de mettre à profit ce répit pour convoquer un concile qui rétablira le culte des images, mais doit trouver un prétexte.

La démission du patriarche Paul IV de Constantinople lui fournit une occasion rêvée[14]. Dans la nuit du , ce dernier a en effet quitté clandestinement son palais du Patriarchéon et s’est retiré dans un monastère. Les motivations de son geste sont assez floues. Certains avancent qu’il serait tombé malade[12], d’autres qu’il aurait été poussé à démissionner par l’impératrice elle-même[15]. Quoiqu'il en soit, l’impératrice va exploiter parfaitement cette démission afin de le remplacer par un homme laïc qui lui est dévoué, le secrétaire Taraise[16].

En tant que laïc, Taraise ne peut accepter d’endosser un tel poste au sein du clergé que si un concile œcuménique est réuni. Il organise une réunion avec des représentants de l'Eglise et du peuple afin de leur faire part de sa décision. A l’unanimité, les participants se prononcent pour l’organisation d’un concile[15].

Pour l’impératrice, la première étape est franchie. Néanmoins elle doit obtenir en parallèle le soutien du pape Adrien Ier. Elle écrit donc à ce dernier afin de lui demander d’envoyer des émissaires pour assister au concile. Celui-ci se montre très critique vis-à-vis de l’élection de Taraise au poste de patriarche, celle-ci n’ayant pas été réalisée selon les règles fixées par l’Eglise[17]. Néanmoins, il se montre favorable à l’organisation d’un concile qui restaure l’orthodoxie et envoie à Constantinople deux légats[12].

Opposition de l’armée et des évêques[modifier | modifier le code]

Au printemps 786, les différents prélats de la chrétienté se rendent à Constantinople afin de préparer le concile. Néanmoins tous ne sont favorables au rétablissement des icônes. Un certain nombre d’évêques sont iconoclastes et opposés aux représentations artistiques du Christ, de sa Mère et des saints[17].

Par ailleurs, ce concile irrite une partie de l’armée, en particulier les tagmata (corps d’élite de l’armée byzantine stationné à Constantinople). Ces soldats sont très attachés à la mémoire de l’empereur Constantin V qui était iconoclaste et qui les avait souvent menés à la victoire. Pour eux, rétablir les icônes reviendrait à bafouer l’héritage du glorieux empereur[16].

Échec du concile[modifier | modifier le code]

Miniature représentant l’église des Saints-Apôtres, Homélies de Jacques de Kokkinobaphos, vers 1150.

Le , les différents membres du clergé se réunissent au sein de l’Église des Saints-Apôtres de Constantinople pour la dernière réunion préparatoire du concile. A l’extérieur de l’église, les soldats des tagmata expriment violemment leur mécontentement. Ils frappent leurs boucliers avec leurs épées, espérant ainsi perturber les débats par le bruit de leurs armes. Les débats se poursuivent néanmoins. Les soldats font alors irruption dans la pièce, espérant pouvoir obtenir que le concile soit reporté mais sans succès. Dans la confusion qui règne, les membres du clergé choisissent d’écourter la séance. L’ouverture officielle du concile, qui doit avoir lieu le lendemain, est maintenue[17].

Malgré cette première alerte, l’impératrice reste confiante. Selon elle, sa présence ainsi que celle de son fils le lendemain devrait suffire à calmer les dissidents.

Le a lieu l’ouverture officielle du concile. L’ensemble des pères du concile sont réunis dans le sanctuaire de l’Eglise des Saints-Apôtres. Irène et son fils Constantin assistent à la séance. Les soldats qui les ont escortés jusqu’à l’église restent, eux, dans l’atrium. Alors que les débats ont commencé, ils sont rejoints par un grand nombre d’autres soldats en colère appartenant aux tagmata et très attachés à la mémoire de l’empereur iconoclaste Constantin V[18]. L’abbé de Sakkoudion était en train de prononcer une homélie lorsque les soldats ouvrent les portes et font irruption dans la pièce. Ils insultent et menacent de mort les participants. Irène tente de s’interposer mais sans succès[16]. Les évêques iconoclastes applaudissent les soldats et s’exclament : « Nous avons vaincu ! Nous avons vaincu ! ». Après avoir demandé le silence, le grand chambellan annonce finalement la dissolution du concile[19]. Irène, elle, bout de colère et prépare déjà sa revanche.

La restauration du culte des images : le concile de Nicée[modifier | modifier le code]

septième concile
Icône du XVIIe siècle représentant le deuxième concile de Nicée (couvent de Novodievitchi).
Article détaillé : Deuxième concile de Nicée.

Après l’échec du concile de Constantinople, Irène comprend que si elle veut rétablir les images, elle doit tout d’abord neutraliser les régiments iconoclastes des tagmata.

La reprise de la guerre avec les Arabes lui fournit une occasion d’éloigner ces derniers de la capitale. Feignant de craindre une expédition de la part du calife, elle envoie les tagmata en Anatolie (actuelle Turquie). Arrivés dans la ville de Malgina, les soldats rebelles sont désarmés par des troupes loyales à l’impératrice puis emprisonnés, en attendant leur rétrogradation. Afin de s’assurer que les rebelles n’entreprendront rien par la suite, l’impératrice ordonne de saisir leurs biens et d’arrêter leurs femmes et enfants, qui serviront d’otages le cas échéant[16].

Pour les remplacer, elle fait appel à des régiments slaves de Thrace et de Bithynie, qui ne sont pas iconoclastes et dont elle s’est assuré la fidélité[12].

En , un nouveau concile œcuménique est convoqué, mais cette fois-ci à Nicée, sur l'autre rive du Bosphore[12]. Les évêques iconoclastes sont autorisés à siéger durant le concile mais aucune communication ne leur est permise avec les soldats. A l’instigation du patriarche Taraise et des moines iconophiles, l'iconoclasme est déclaré hérésie à l’unanimité. L’orthodoxie et le culte des images sont rétablis[16].

Le , l’ensemble des participants se rendent à Constantinople afin de présenter la décision du concile à l’impératrice et à son fils. Au cours d’une cérémonie officielle au palais de la Magnaure, Irène et Constantin signent le document actant la restauration du culte des images[20].

Irène est acclamée par ses partisans, pour qui elle est désormais « la Nouvelle Hélène »[21].

Rupture avec Charlemagne[modifier | modifier le code]

Carte de l'Italie en 750, avant la conquête des territoires lombards par Charlemagne

Sur le plan international, l’année 787 est marquée par la rupture brutale des relations entre Irène et Charlemagne.

La première raison est l’absence des évêques francs au concile de Nicée. Ces derniers ne supportent pas d’avoir été écartés des débats par leurs collègues byzantins. D’autre part, ils ont reçu une traduction latine très approximative des décisions du concile. Furieux, le clergé franc décide de rédiger son propre traité théologique, le Libri Carolini, en réponse au concile de Nicée[22]. Charlemagne, lui-même, n’est pas convaincu par la légitimité du concile de Nicée. Sous prétexte que ses états comptent plus de chrétiens que l’Empire Byzantin depuis qu’il a annexé la Saxe et la Bavière, il pense être plus légitime qu’Irène à convoquer un concile[23].

La seconde raison est la politique expansionniste de Charlemagne en Italie. Même s’ils ne possèdent plus que la pointe sud de la péninsule, les Byzantins considèrent l’Italie comme une composante naturelle de l’Empire. Irène voit d’un très mauvais d’œil Charlemagne annexer le duché de Bénévent et en faire un état vassal[24]. Les tensions s’accentuent encore lorsque Charlemagne décide d’offrir au pape Adrien Ier des terres en Italie centrale qui étaient revendiqués par les Byzantins[23].

Ces deux raisons conduisent à l’abandon fin 787 du projet de mariage entre le fils d’Irène, Constantin, et la fille de Charlemagne, Rotrude[25]. Malgré l’envoi d’ambassades respectives pour tenter de conclure un accord, Charlemagne n’est pas mécontent de pouvoir garder sa fille auprès de lui. Quant à Irène, elle se sent suffisamment forte depuis le succès du concile de Nicée pour ne pas avoir besoin de l’alliance franque. Le projet est donc abandonné sans regret par les deux parties[26].

Le concours de beauté[modifier | modifier le code]

Le projet de mariage de son fils avec la fille de Charlemagne ayant été abandonné, Irène se met en tête de lui trouver une nouvelle épouse. Pour cela, elle décide d’organiser un concours de beauté[27].

Des émissaires sont alors envoyés aux quatre coins de l’Empire afin de sélectionner des jeunes filles de l’aristocratie correspondant aux critères fournis. Parmi ces critères il y a la taille des pieds, le poids, la grandeur mais aussi les origines de la jeune fille qui doit provenir d’une bonne famille[28].

Au final, treize jeunes filles sont sélectionnées et envoyées à Constantinople afin d’être présentées à l’impératrice et à son fils. D’après le moine byzantin Nicétas, Constantin aurait alors eu un coup de foudre pour Marie d’Amnia, une des trois petites filles d’un aristocrate ruiné, nommé Philarète. Cette version est néanmoins considérée comme douteuse par un certain nombre d’historiens. D’après Lynda Garland, Irène s’arrange en fait pour choisir elle-même sa future belle-fille[29]. Elle souhaite surtout une femme qui lui soit redevable et qui soit issue d’une région iconophile de l’Empire. La famille de Marie d’Amnia étant iconophile et ne possédant rien, Irène voit en celle-ci une épouse parfaite pour son fils[27].

Malgré le mécontentement de Constantin qui ne veut pas épouser Marie, le mariage a bien lieu au mois de . Constantin a alors environ 18 ans, Marie entre 14 et 18 ans[29].

Éviction d'Irène (790)[modifier | modifier le code]

Après lui avoir imposé Marie d'Amnia, Irène décide d'écarter son fils Constantin VI du pouvoir et d’assumer seule le gouvernement de l'Empire. Dans le même temps, elle fait introduire des changements dans le protocole de cour afin de marquer la prééminence de son statut. Dans les cérémonies et les acclamations officielles, elle fait ainsi en sorte que son nom soit affiché avant celui de son fils. Un nouveau serment de fidélité est par ailleurs demandé à l’armée. Ils doivent jurer que, tant qu’Irène sera en vie, ils ne reconnaîtront jamais son fils comme empereur[30].

Des tensions apparaissent alors entre la mère et le fils. Constantin VI se sent isolé et sans influence, face au premier ministre, Staurakios, dont l’influence ne cesse de grandir. Plutôt que d’affronter directement sa mère, il préfère comploter contre Staurakios. Son but est de renverser ce dernier pour pouvoir ensuite gouverner conjointement avec sa mère[12]. Malheureusement pour lui, Staurakios découvre le complot et rapporte tout à Irène. Les conjurés sont arrêtés et emprisonnés ou exilés. Constantin, lui, est enfermé dans ses appartements[30].

A partir de , Irène pense enfin pouvoir régner seule mais une défaite militaire vient tout remettre en cause[31].

Durant l’été 790, les Arabes lancent une expédition contre Chypre. Irène riposte en envoyant une flotte, mais celle-ci est vaincue. Le stratège Théophile qui commande la flotte est même fait prisonnier par les Arabes. Les circonstances de cette défaite sont assez floues mais elle semble avoir été suffisamment sévère pour que le prestige d’Irène au sein de l’armée s’en trouve dégradé[31].

Les thèmes byzantins vers 780.

Pour une partie de l’armée, cette nouvelle défaite est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. En , une révolte militaire éclate au sein du thème des Arméniaques. Les soldats refusent de prêter serment à l’impératrice et proclament Constantin VI comme seul souverain. Face à cette rébellion, Irène préfère temporiser et envoie le général Alexis Mousélé entamer des négociations, mais celui-ci la trahit et rejoint le camp des rebelles. À cette nouvelle, les autres thèmes d'Asie mineure suivent le mouvement, déposent leur commandant et proclament également Constantin comme leur seul empereur[32].

Face à la propagation de la rébellion, Irène se résigne à libérer son fils de ses appartements. Après avoir été proclamé comme seul basileus autokrator par les troupes, Constantin VI fait son entrée dans la capitale en . Irène est assignée à résidence dans le palais d’Eleuthérion, tandis que son principal ministre, l'eunuque Staurakios, est tonsuré et banni[33].

Retour au pouvoir (792)[modifier | modifier le code]

Après deux ans en exil, Irène est autorisée à rentrer à Constantinople. Elle profite alors des échecs militaires de son fils (défaite en 791 devant les Bulgares) et de son impopularité (due à son divorce d'avec Marie l'Arménienne et de son remariage avec Théodote pour organiser un complot avec l'aide des évêques. Grâce à un coup d'état, elle réussit à reprendre le pouvoir, le [5]. Irène devient alors « basileus » (empereur) et non plus seulement « basilissa » (impératrice)[5]. Elle devient la seule femme « empereur ».

Consciente des sympathies de son fils pour les iconoclastes et craignant une guerre civile dans l'Empire, Irène accepte que Constantin VI soit énucléé[34] en 797 conformément à un rituel de déposition des empereurs byzantins censés manquer de clairvoyance[35]. En effet, un infirme ne pouvant pas prendre la qualité d'Empereur. Il meurt probablement d'infection peu après.

Basileus (797-802)[modifier | modifier le code]

Sur le plan intérieur, Irène prend le contre-pied de la politique suivie par Constantin V et Constantin VI et apporte son soutien aux riches commerçants, au détriment des couches populaires. Toutefois elle prend des mesures afin d'améliorer les conditions de vie des plus défavorisés et de satisfaire les moines : une loi déclare une bénédiction suffisante pour sanctionner le mariage des pauvres, une autre loi prohibe les troisièmes noces. Ces innovations sont jugées démagogiques par certains membres de l'aristocratie byzantine.

Elle favorise également la restauration du monachisme, créant le monastère du Stoudion, fédération de monastères qui s'installe à Constantinople sous la direction de l'évêque Théodore.

Dans l'impossibilité de défendre efficacement les frontières de l'Empire, elle s'efforce de résoudre les conflits par la diplomatie[5]. Elle favorise notamment la reprise des échanges commerciaux dans les Balkans et avec l'Occident, et tente d'assurer la paix à l'est en versant un tribut à Hâroun ar-Rachîd en 798. Elle cherche également la paix avec les Francs, mais le couronnement de Charlemagne comme « empereur des Romains » par le pape Léon III, le 25 décembre 800, est regardé à Constantinople comme un acte de sécession. À l'automne 801, elle propose à Charlemagne un projet d'union matrimoniale entre eux deux, destiné à réunifier l'Empire romain[36]. L'aristocratie byzantine, hostile à ce projet, organise un coup d'État en octobre 802 : le logothète du Trésor, Nicéphore, se fait proclamer empereur par une assemblée de hauts fonctionnaires, sous le nom de Nicéphore Ier.

Mort et canonisation[modifier | modifier le code]

Irène est enfermée dans le monastère fortifié de Prinkipo, où elle jouit du statut d'higoumène.

Théophane le Confesseur rapporte dans ses écrits des propos que l'ex-impératrice aurait tenus à Nicéphore, lorsque celui-ci vient la voir dans sa cellule :

« Je crois que c'est Dieu qui [...] m'a fait monter sur le trône tout indigne que j'en étais; je n'inpute ma chute qu'à moi seule et à mes péchés [...]. Quand à ta promotion, c'est Dieu que j'en considère comme l'instigateur, car je crois que rien ne peut se faire sans sa volonté[37]. »

Irène est ensuite emmenée comme simple moniale au monastère de Mitylène, dans l'île de Lesbos, où elle meurt le 9 août 803 à l'âge de 51 ans environ ; son corps est ramené à Prinkipo.

En 864, elle est canonisée et son corps ramené dans l'église des Saints-Apôtres de Constantinople.

Disparition des cendres[modifier | modifier le code]

En 1204, la sépulture d'Irène ainsi que celles d'autres impératrices sont pillées par les croisés lors du siège de Constantinople. Ces derniers espéraient en effet récupérer des richesses déposées sur les corps[38].

Deux siècles plus tard, en 1453, les Ottomans prennent Constantinople, mettant fin à l'Empire Byzantin. L'église des Saints-Apôtres est alors déjà en mauvais état. Prétextant un crime, le sultan Mehmed II ordonne de la détruire en 1461 et fait construire à la place la mosquée Fatih. Les sarcophages sont vidés et réemployés à d'autres usages. Les restes d'Irène disparaissent alors à tout jamais[38].

Personnalité et traits physiques[modifier | modifier le code]

Mosaïque de la basilique Saint-Sophie représentant l’impératrice Irène.

Toutes les sources historiques dont nous disposons s'accordent sur le fait que l'impératrice Irène était d'une grande beauté. Son contemporain, Théophane le Confesseur, note que l'âge n'avait pas de prise sur cette femme, dont il loue encore la beauté lorsqu'elle eut atteint la cinquantaine[39].

Sa personnalité est plus difficile à cerner, les sources à ce sujet étant peu précises. Il faut donc s'en remettre aux historiens modernes dont les avis sont contradictoires.

Un premier courant d'historiens, au premier rang duquel se trouve le français Charles Diehl, la présente comme une femme obsédée par le pouvoir, à la fois ambitieuse et sans scrupule. Diehl note ainsi que « tous les moyens lui furent bons, la dissimulation et l'intrigue, la cruauté et la perfidie »[40].

D'autres auteurs sont plus nuancés. Dominique Barbe lui reconnaît une qualité essentielle en politique : la patience. Dans la même lignée, Schlumberger loue ses qualités en tant que souveraine. Ce dernier décrit ainsi Irène comme une femme « d'une intelligence virile, admirablement douée de toutes les qualités qui font les grands souverains, sachant parler au peuple et s'en faire aimer, excellant à choisir ses conseillers, douée d'un parfait courage et d'un admirable sang-froid »[41]. Si Diehl note également sa persévérance et son habilité face aux intrigues, il met en avant sa précipitation en plusieurs occasions, comme lors du concile de 786 qui fut un échec[16].

D'un point de vue spirituel, la plupart des historiens s'accorde sur sa piété de chrétienne et sur sa dévotion, à l'image de la plupart de ses contemporaines[40]. Demetrios Constantelos la présente enfin comme une philanthrope active, comme en témoigne la création de foyers pour personnes âgées, d'hospices et de cimetières pour les pauvres qu'elle fit construire au cours de son règne[42].

Quel que soient les vertus ou les défauts que l'on puisse discerner chez l'impératrice, sa personnalité continue d'interroger les historiens. Pour Molinier, le règne d'Irène est en tout cas « l'un des plus surprenants »[43].

Famille et enfants[modifier | modifier le code]

Irène était originaire d'une famille noble du nom de Sarantapechos, qui exerçait une influence importante sur la politique locale en Grèce centrale[4].

Irène étant orpheline, il est probable que ce soit son oncle, Constantin Sarantapechos, qui l’ait élevée. Celui-ci était un patricien et un stratège (général) du thème d'Hellade, au sud de la Grèce[4].

Irène avait une sœur, dont le nom ne nous est pas parvenu. On sait seulement qu’elle était la mère de Théophylacte Tessarantapechos, un spathaire (garde du corps impérial) qui fut impliqué dans la répression d’une révolte locale en 799[4]. L’historien Dominique Barbe suppose qu’Irène eut d’autres frères et sœurs, mais aucune information n’existe à leur sujet[44].

Irène et Léon IV ont un fils, Constantin VI, qui sera leur seul enfant[1].

Celui-ci aura deux enfants avec son épouse Théodote :

  • Léon, né le et mort le [45].
  • Un autre fils, de prénom inconnu, qui serait né après la déposition de son père et qui serait décédé entre 802 et 808[46].

Postérité[modifier | modifier le code]

Héritage architectural[modifier | modifier le code]

Décor de la coupole centrale de l’ Église Sainte-Sophie de Thessalonique.

Au cours de son règne, Irène fit bâtir de nombreuses églises, dont Sainte Sophie de Thessalonique et Bizye de Thrace, ainsi que plusieurs monastères en Bithynie. D’après Patria, elle aurait par ailleurs dédié une église à Saint-Anastase et œuvré à la restauration de l'église de Theotokos à Pégé[12].

L’église Sainte-Sophie de Thessalonique peut également être datée de son règne, car celle-ci possède des monogrammes de Constantin et d'Irène[12].

La restauration définitive des icônes[modifier | modifier le code]

A la mort de l’impératrice Irène, le conflit entre partisans et opposants aux icônes reprend de plus belle.

A partir de 815, l’empereur Léon V réintroduit l’iconoclasme comme la doctrine philosophique et religieuse officielle de l’Empire. Le culte des icônes est à nouveau interdit. Il faut attendre 843 pour que le culte des icônes soit définitivement restauré. Cette année-là, le 11 mars 843, l’impératrice Théodora convoque un synode à Saint-Sophie qui rétablit le culte des images et proclame le triomphe de l’orthodoxie sur l’hérésie iconoclaste. Le synode rend également hommage à ceux qui ont souffert pour la cause des images, et en premier lieu à l’impératrice Irène, dont la mémoire est réhabilitée[47].

Des héritages différents en Orient et en Occident[modifier | modifier le code]

L’héritage d’Irène est contrasté, son empreinte dans l’Histoire et sa mémoire différant selon les régions.

En Orient, elle reste vénérée comme « la nouvelle Hélène », celle qui a œuvré pour la restauration des images. L’impératrice est ainsi représentée sur de nombreuses icônes dans le monde orthodoxe, comme en témoigne la fresque la représentant sur les murs de l’église de la Nativité d’Abranasi en Bulgarie. Au IXème siècle, un ouvrage intitulé une Vie de la sainte impératrice Irène l’Athénienne circule. Cette œuvre, probablement rédigée par un moine, est à l’origine d’un culte pour l’impératrice qui s’est perpétué en Orient jusqu’à aujourd’hui[48].

En Occident au contraire, l’impératrice fut longtemps oubliée. Son règne fut éclipsé par celui de l’empereur Charlemagne, qui fonda l’empire carolingien et posa les principes de gouvernement dont ont hérité les grands États européens[49].

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Barbe 2006, Avant-Propos,p. 8-9
  3. Diehl 1906, Introduction, p. 179-202
  4. a b c d et e Garland 1999, , p. 73
  5. a b c d et e Elisabeth Dumont-Le Cornec, « Irène, empereur de Byzance », Notre Histoire,‎ , p. 44-45
  6. Irène Sorlin, « Concours de beauté pour impératrice », Les Collections L'Histoire (Byzance, L'Empire de mille ans),‎ , p. 47
  7. a et b Garland 1999, , p. 74
  8. Barbe 2006, VI, p. 129-130
  9. Barbe 2006, VI, p. 135-138
  10. a b c d et e Barbe 2006, VII, p. 140-150
  11. Treadgold 1997, p. 367-369
  12. a b c d e f g et h (en) Lynda Garland, « Constantine VI (780-797 A.D.) and Irene (797-802 A.D.) », An Online Encyclopedia of Roman Emperors,‎ (lire en ligne, consulté le 30 avril 2019)
  13. Garland 1999, , p. 75
  14. Barbe 2006, IX, p. 190
  15. a et b Barbe 2006, X, p. 191-199
  16. a b c d e et f Diehl 1906, III, p. 179-202
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  18. (en) Walter Emil Kaegi, The Byzantine armies and iconoclasm, Londres, , p. 53-61
  19. (en) P.J. Alexander, The Patriarch Nicephorus of Constantinople. Ecclesiastical Policy and Image Worship in the Byzantine Empire, Oxford, Clarendon Press, , p. 18-19.
  20. Jean Wirth, interviewé par Fabien Paquet, « Au Moyen Âge, pas d'images interdites ! », L'Histoire n°452,‎ , p. 34-45
  21. G. Dumeige, Histoire des conciles oecuméniques, Paris, Revue des Sciences Religieuses, , p. 101-42.
  22. « Carolingian Orthodoxy and the Fate of the Libri Carolini », Viator 16,‎ , p. 71
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  34. Sophrone Pétridès, « Quel jour Constantin, fils d'Irène, eut-il les yeux crevés ? », Échos d'Orient, vol. 4, no 2,‎ , p. 72–75 (DOI 10.3406/rebyz.1900.3319, lire en ligne, consulté le 11 novembre 2016).
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  36. Jacques Bloeme, L'Europe médiévale en 50 dates : les couronnes, la tiare et le turban, Éditions L'Harmattan, , p. 129.
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  41. Gustave Schlumberger, les Iles des Princes. Le palais et l'église des Blachernes. La grande muraille de Byzance, Paris, Hachette, , p. 112
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  43. Molinier, Histoire des avis appliqués à l’industrie,, Paris, Librairie Centrale des Beaux Arts, p. 84
  44. Barbe 2006, III, p. 67
  45. Barbe 2006, XIV, p. 298-300
  46. (de) T. Pratsch, Theodoros Studites (759-826): zwischen Dogma und Pragma, Peter Lang, , p. 89-90
  47. Barbe 2006, XVIII, p. 350-351
  48. Barbe 2006, XVIII, p. 350-351
  49. Philippe Depreux, Charlemagne et la dynastie carolingienne, Tallandier, (ISBN 9782847344608, lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Sources primaires[modifier | modifier le code]

Sources secondaires[modifier | modifier le code]

Sources radiophoniques[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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