Jean-Louis Beffa

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Jean-Louis Beffa
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En 2003.

Nom de naissance Jean-Louis Guy Henri Beffa
Naissance (74 ans)
Nice
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Dirigeant de sociétés
Formation

Jean-Louis Beffa, né à Nice le , est le président-directeur général de la compagnie de Saint-Gobain de 1986 à 2007 et le président de cette société jusqu'en 2010.

Il est ensuite président d'honneur et administrateur de Saint-Gobain[1], président du comité des nominations et des rémunérations de GDF SUEZ[2], président de la branche Asie de la banque Lazard[3], coprésident de la fondation Cournot[4] et président de l'association amicale des ingénieurs du Corps des mines depuis [5].

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Beffa est le fils d’Edmond Beffa, ingénieur, et de son épouse Marguerite Feursinger, professeur.

Après des études en classes préparatoires au lycée de garçons de Nice (futur lycée Masséna), Jean-Louis Beffa est élève de l'École polytechnique[6],[7], puis de l'École nationale supérieure des Mines de Paris en tant qu'ingénieur-élève du Corps des mines.

Ensuite, il étudie à l'École nationale supérieure du pétrole et des moteurs (ENSPM) et à l'Institut d'études politiques de Paris (IEP).

Carrière[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Beffa commence sa carrière d'ingénieur des mines à Clermont-Ferrand en 1967. De 1967 à 1974, il est ingénieur au sein de la direction des carburants du ministère de l'Industrie. Il devient chef du service « raffinage » puis adjoint au directeur.

En 1974, Jean-Louis Beffa entre à Saint-Gobain comme directeur du plan. Il devient directeur général, puis président-directeur général de Pont-à-Mousson, tout en étant simultanément directeur de la branche « canalisations et mécanique » de Saint-Gobain, ce de 1979 à 1982[8].

Durant cette période, il est pris à partie dans le cadre des controverses sur l'amiante par les opposants à l'emploi de ce matériau[9].

En , il devient directeur général de Saint-Gobain puis, en succédant à Roger Fauroux lors de la privatisation de l'entreprise, son président-directeur général[10].

Il reste à ce poste jusqu'en . Après avoir été l'un des plus jeunes dirigeants de sociétés du CAC 40, il en est l'un des plus âgés[11]. En 2007, Jean-Louis Beffa est le 4e patron français le mieux payé avec un salaire qui s'élevait à 10,2 millions d'euros par an, soit 850 000 euros par mois[12].

Au cours de sa carrière, Jean-Louis Beffa est élu dans de nombreux conseils d'administration tels que ceux de BNP Paribas, Gaz de France, Siemens AG, Le Monde S.A., de la banque Lazard ou encore du Groupe Bruxelles Lambert.

Autres activités ou missions[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Beffa est membre de la fondation Saint-Simon jusqu'à sa dissolution en 1999. Il est élu administrateur de l'École polytechnique de 1996 à 2001. En 2002, il fonde avec le Prix Nobel américain Robert Solow[4] et Robert Boyer le centre Saint-Gobain pour la recherche en économie qui devient le centre Cournot[13]. Sous l'égide de la Fondation de France, en 2010 ils créent ensemble la fondation Cournot, qu'ils coprésident ensuite.

Il a aussi été membre du club « Le Siècle », de la « Table ronde des industriels européens », du Conseil supérieur de la langue française (CSLF) (de 1989 à 1999) et président de l'Institut de l'histoire de l'industrie (Idhi) (de 1992 à 1998).

En 2004, le président Chirac lui confie une mission sur la relance de la politique industrielle en France. Cette mission aboutit en à un rapport, Pour une nouvelle politique industrielle, qui traduit l'importance de l'État dans la politique industrielle[14], et vise à créer une agence intervenant sur de grands projets industriels de « recherche et développement » et d'innovation : l'Agence de l'innovation industrielle (A2I). En , il est nommé à la tête du conseil de surveillance de cette agence.

En 2012, dans son ouvrage La France doit choisir, il plaide pour une stratégie industrielle cohérente menée par l'État. Il souhaite ainsi résorber le déficit commercial structurel de la France. Pour cela, il recommande de revenir sur les orientations libérales des deux dernières décennies qui favorisent la désindustrialisation.

En , il publie aux Éditions du Seuil Les Clés de la puissance, un essai de géopolitique postulant que, dans un monde dominé par le duo américano-chinois, les quatre principaux facteurs de croissance sont l'industrie exportatrice, les nouvelles technologies, l'énergie et les capacités militaires.

Influence politique éventuelle[modifier | modifier le code]

Depuis 2011, Jean-Louis Beffa a été le maître d’œuvre de plusieurs rencontres entre François Hollande et des capitaines d’industrie, notamment en avec les Allemands Peter Löscher (en) (Siemens) et Johannes Teyssen (E.ON)[15]. Une autre rencontre dont il était à l'initiative[16] réunissait, entre autres, autour du président de la République ces deux mêmes responsables allemands ainsi que Gérard Mestrallet (GDF SUEZ) et Thierry Breton (Atos Origin).

Membre du club « Le Siècle »[17], Jean-Louis Beffa aurait également été un des « visiteurs du soir » d'Arnaud Montebourg lorsqu'il était ministre du Redressement productif[18].

Mandats[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Beffa s'est marié le à Marie-Madeleine Brunel-Grasset. Il est père de trois enfants[23].

Il est un amateur de golf, natation, gastronomie — membre du club des Cent — et de musique — président de l’association pour le rayonnement de l'Opéra national de Paris. Il est l'oncle du compositeur Karol Beffa[24].

Distinctions ou décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie sur saint-gobain.com.
  2. Biographie sur le site du Figaro.
  3. Jean-Louis Beffa - Lazard - article du Figaro publié le 22 mars 2011.
  4. a et b Fondation Cournot.
  5. La tête du corps des mines, un rêve de PDG - Article sur Libération, publié le 4 novembre 2002.
  6. De la promotion X1960, cf. « Fiche de Jean-Louis Beffa », sur le site de l’association des anciens élèves et diplômés de l'École polytechnique (l’AX), Paris (consulté le 19 juin 2016) ; y est notamment indiquée la situation de Jean-Louis Beffa relativement à la fonction publique : « ingénieur en chef des mines démissionnaire ».
  7. Ouvrir la « Page d’accueil », sur le site de la bibliothèque de l’École polytechnique, Palaiseau (consulté le 19 juin 2016), sélectionner l’onglet « Catalogues » puis cliquer sur « Famille polytechnicienne », effectuer la recherche sur « Jean-Louis Beffa », résultat obtenu : « Beffa, Jean-Louis Guy Henri (X 1960) ».
  8. L’immuable hiérarchie des corps de l’État - Thèse de Julie GERVAIS - Université Lumière Lyon 2.
  9. Emmanuel Henry, Amiante : un scandale improbable. Sociologie d'un problème public, Presses universitaires de Rennes, 2007..
  10. Jean-Louis Beffa, le ringard du capitalisme - sur la base Oncle Bernard.
  11. Biographie de Jean-Louis Beffa - sur le site edubourse, publié le 14 novembre 2005.
  12. Enquête du magazine Capital - publié par le Nouvel Obs le 29 octobre 2008.
  13. Touché au vif, Beffa se rebiffe - article publié sur Libération le 24 novembre 2007.
  14. Thématique : L'état de l'industrie française, avec Jean-Louis Beffa, France Culture, 21 juillet 2013.
  15. « Des grands patrons français et allemands ont été reçus par François Hollande », Schaeffer F., Les Echos, p. 4, 13 juin 2012.
  16. « Ces patrons qui murmurent à l’oreille de François Hollande », Le Monde, 29 juin 2012.
  17. « Le dîner du Siècle se rapproche de l’Élysée », sur panamza.com, Les Échos,‎ (consulté le 29 mars 2014) : « On va aux dîners du Siècle pour le pouvoir. ».
  18. Boris Cassel et Nathalie Segaunes, Portrait. Arnaud Montebourg, des paroles et des actes, La Parisien, 29 juillet 2012.
  19. Liste des membres du conseil d'administration de GDF Suez, site officiel de GDF Suez.
  20. Liste des membres du conseil d'administration de GBL, site officiel de GBL.
  21. Liste des membres du conseil de surveillance du groupe Le Monde, blog "La fin d'un Monde ?".
  22. Liste des membres du conseil de surveillance de Siemens, site officiel de Siemens.
  23. Biographie de Jean-Louis Beffa sur le site Regards sur les pôles.
  24. Jean-Louis beffa, du CAC 40 à l'Opéra - article sur le blog de Radio Classique, publié le 15 janvier 2010.