Antigène prostatique spécifique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Kallikréine-3 (KLK3).

L'antigène prostatique spécifique (PSA, pour prostate-specific antigen) est une protéine fabriquée exclusivement par la prostate ; il sert à liquéfier le sperme afin de faciliter le déplacement des spermatozoïdes. On suppose également qu'il aide à dissoudre la muqueuse cervicale, favorisant ainsi l'entrée du sperme.

Dosages[modifier | modifier le code]

Le PSA est normalement présent dans le sang de tous les hommes à un taux infime. Le dosage de son taux sanguin est utilisé pour le diagnostic et le suivi du cancer de la prostate. Un taux élevé de PSA suggère une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) ou un cancer. Le PSA peut également augmenter en cas d'infection de la prostate, d'irritation, d'éjaculation récente, de toucher rectaletc.

On considère que le taux normal de PSA est de 4 ng·ml-1, même si des valeurs plus basses ont été proposées, sans preuve d'une amélioration du rapport bénéfices/risques[1]. Un taux entre 4 et 10 ng·ml-1 est considéré comme suspect.

PSA libre et PSA conjugué[modifier | modifier le code]

Ces normes dosent le PSA total qui est la somme des deux composantes du PSA : libre et conjugué à des protéines comme l'alpha 1-antichymotrypsine ou l'alpha-2 macroglobuline. La fraction du PSA libre, qui représente environ 10 %, est abaissée en cas de cancer. Le calcul du ratio PSA libre/total permet ainsi de distinguer les augmentation du PSA dues à un cancer de celles dues à une hypertrophie bénigne de la prostate[2].

Vélocité du PSA[modifier | modifier le code]

La vélocité du PSA est la différence entre deux dosages « PSA total » mesurés à environ un an d'intervalle. Elle s'exprime en ng/ml/an, une valeur élevée serait prédictive d'un cancer de la prostate mais cela reste controversé[3]. En effet, les valeurs du PSA peuvent beaucoup varier au cours du temps[4].

PSA et dépistage du cancer de la prostate[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2014, l'utilisation du PSA, en tant qu'outil de dépistage systématique du cancer de la prostate, n'avait pas fait la preuve de son intérêt[5]. En France, la Haute Autorité de santé a même publié en 2012 une recommandation déconseillant « le dépistage du cancer de la prostate par dosage du PSA [qui] présente un intérêt non démontré chez les hommes présentant des facteurs de risque »[6].

Cependant le , une étude randomisée européenne sur le dépistage du cancer de la prostate (en anglais : European Randomised study of Screening for Prostate Cancer, ERSPC) révèle une réduction importante de la mortalité liée au cancer de la prostate attribuable au test PSA, avec une nette augmentation de l’effet absolu à 13 ans par rapport aux résultats après 9 et 11 ans[7].

Beaucoup d'études précédentes et plus anciennes ont également affirmé ces même conclusions. Le fait que cette étude récente va dans le même sens que d'autres études plus anciennes n'invalide pas les recommandations de 2012 de l'HAS (Haute autorité de santé).

Désignations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Welch HG, Schwartz LM, Woloshin S, « Prostate-specific antigen levels in the United States: implications of various definitions for abnormal », J Natl Cancer Inst, vol. 97, no 15,‎ , p. 1132-7. (PMID 16077071, lire en ligne [html]) modifier
  2. Voir sur labolecerf.fr.
  3. « Cancer de la prostate : la vélocité des PSA n’est pas un bon marqueur » lequotidiendumedecin.fr, 25 février 2011.
  4. « Intérêt de la vélocité du PSA » oncoprof.net, 13 juin 2011.
  5. (en) Djulbegovic M, Beyth RB, Neuberger MM et al. « Screening for prostate cancer: systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials », BMJ, 2010;341:c4543.
  6. « Prostate : la fausse piste du test », Libération du 4 avril 2012, consulté le 18 juin 2013.
  7. (en) Fritz H Schröder, Jonas Hugosson, Monique J Roobol, Teuvo L J Tammela, Anssi Auvinen et al.; ERSPC Investigators, « Screening and prostate cancer mortality: results of the European Randomised Study of Screening for Prostate Cancer (ERSPC) at 13 years of follow-up », Lancet,‎ (PMID 25108889, lire en ligne)