Quartier de la Porte-Saint-Denis

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Quartier de la Porte-Saint-Denis
La rue d'Hauteville
La rue d'Hauteville
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Ville Paris
Arrondissement municipal 10e
Démographie
Population 15 066 hab. (1999)
Densité 31 919 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 52′ 24″ nord, 2° 21′ 09″ est
Superficie 47,2 ha = 0,472 km2
Transport
Métro (M)(4)(5)(7)(8)(9)
Bus entre autres, dont beaucoup de la "série 30..." des lignes de bus, la ligne 38, "Gare du Nord - Porte d'Orléans", étonnant hasard pour ce 38è quartier, mais uniquement sur une partie de la partie nord du trajet, dans le sens sud vers nord, et à l'orée extrême est du quartier, sur un bout du Boulevard de Strasbourg ; dans le sens nord vers sud, les bus 38 ne font que frôler extérieurement le quartier sans même le "tangenter", cette fois, en "descendant" le Faubourg Saint-Martin du quartier voisin Est... le 37è ?...
Localisation

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Le quartier de la Porte-Saint-Denis est le 38e quartier administratif de Paris, situé dans le 10e arrondissement, nommé ainsi en raison de sa proximité avec la porte Saint-Denis.

Géographie[modifier | modifier le code]

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Il est délimité, depuis 1860, au sud par le boulevard de Bonne-Nouvelle, au nord par le boulevard de Magenta et la rue de Chabrol, à l'ouest par la rue du Faubourg-Poissonnière (jusqu'à l'angle de la rue La Fayette), et à l'est par le boulevard de Strasbourg.

Les stations de métro le desservant sont, sur sa périphérie, du sud au nord et de l'est à l'ouest : Strasbourg-Saint-Denis, Bonne Nouvelle, Château d'eau, Gare de l'Est (à proximité), Poissonnière.

La proximité immédiate des deux gares ferroviaires, du Nord et de l'Est, donne au quartier de très grandes facilités de transports, aux échelles urbaine, nationale et internationale.

Le réseau viaire dominant, nord-sud, est constitué parallèlement aux rues du Faubourg Saint-Denis et du Faubourg Poissonnière, radiales voire "cardinales" parisiennes très anciennes, de deux autres voies plus récentes, la rue d'Hauteville (fin du XVIIIe s.) et le boulevard de Strasbourg (milieu du XIXe s., création d'Haussmann). Ces quatre voies sont, de jour surtout, mais aussi en début de nuit, très fréquentées par les véhicules à moteurs autant que par les piétons et vélos. Elles sont coupées ou croisées par des rues est-ouest, plus calmes, parallèles aux boulevards de Bonne Nouvelle et Saint-Denis, aménagés quant à eux sur l'emplacement de l'ancienne enceinte médiévale du roi de France Charles V. Parmi celles-ci, la plus animée, la rue des Petites Ecuries, qui traverse en son milieu tout le quartier (s'appelant rue du Château d'eau, entre la rue du Faubourg Saint-Denis et le boulevard de Strasbourg, avant de rejoindre vers l'Est la Place de la République) a été ouverte en 1780 sur le tracé du grand égout de ceinture (suivant le fossé de drainage des marais de l'ancien bras de la Seine, fossé couvert en 1769). Les Petites Ecuries royales elles-mêmes étaient alors à l'emplacement de l'actuelle Cour des Petites Ecuries.

Le parcellaire le plus ancien (rue du Faubourg Saint-Denis) est constitué de longs terrains étroits perpendiculaires aux rues. Dans le nord du quartier, les rues les plus récentes ont été créées à la fin du XVIIIe siècle, loties et bâties surtout à partir de 1821. Elles desservent de grands îlots, composés, derrière les façades sur rues en pierre, en plâtre, plus rarement en fer et briques, de bâtiments de hauteurs variables et d'époques diverses séparés par des cours. La majorité de ce bâti a été construit entre 1850 et 1950 environ. Quelques rares immeubles ont été insérés dans les alignements dans la deuxième moitié du XXe siècle, ponctuellement, à l'exception de deux petits ensembles sur un court segment de la rue de Paradis. Hormis la caserne de la Nouvelle France (aujourd'hui occupée par la Garde républicaine, entre les rues du Faubourg Poissonnière et d'Hauteville), le quartier ne comporte aucune grande emprise territoriale d'établissement institutionnel public ou privé. Les derniers bâtiments vestiges de la vaste emprise de l'ancien Enclos Saint-Lazare (voir section "Histoire" ci-après) sont affectés à divers équipements publics administratifs (Poste), sociaux, éducatifs, sportifs et culturels, sans liens entre eux, dans une volumétrie variée liée par de petits espaces plantés et des aires de jeux. À proximité se trouve le seul espace vert public accessible sur le territoire du quartier, le square Alban Satragne, entre rue du Faubourg Saint-Denis et boulevard Magenta. De taille réduite, il est aménagé principalement au-dessus d'un parc public souterrain de stationnement d'automobiles, et ne comporte donc que très peu d'arbres de haute tige. Il est prolongé, en bordure de la rue du Faubourg Saint-Denis, par des terre-pleins engazonnés occupés partiellement par un jardin partagé non entretenu (Square Alban Satragne sur le site de la mairie de Paris).

A titre indicatif, en août 2015, dans le zonage des 80 quartiers établi par la ville de Paris pour indiquer le montant maximum autorisé des loyers, le quartier est classé en zone 5 sur 14 zones à montant décroissant, donc parmi les loyers plutôt élevés, similaires à ceux des quartiers Saint-Georges ou du Faubourg Montmartre (9e arr.) ou encore des Halles (2e arr.).

Histoire[modifier | modifier le code]

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Avant le XIXe siècle, l'histoire du quartier est liée, d'une part à la fonction de liaison de la rue du Faubourg-Saint-Denis entre le centre de Paris (Louvre et cathédrale Notre-Dame) et la basilique royale de Saint-Denis, où étaient inhumées les personnes de rang royal, et aux localisations traditionnelles d'activités « hors-barrières » (c'est-à-dire échappant aux taxes parisiennes, octroi, etc.), en particulier de nombreux cabarets. D'autre part, l'enclos ou clos Saint-Lazare, grand domaine administré sous protection royale par une communauté religieuse d'Hospitaliers, s'étendait sur de très vastes terrains, depuis, à l'Est, le Faubourg Saint-Denis jusque, au-delà de l'actuelle rue d'Hauteville, à la rue du Faubourg-Poissonnière, à l'Ouest, et de la rue de Paradis au Sud jusque, au-delà de la rue de Chabrol, au boulevard de la Chapelle actuel, au Nord. Il avait été, depuis le XIIe siècle, le lieu d'une léproserie, auquel s'adjoignit au XVIIe siècle un prieuré qui abrita l'activité charitable et missionnaire de Saint Vincent de Paul, entre 1633 et 1660. Celui-ci y fonda l'ordre dit des lazaristes et y mourut. Tandis que la partie ouest des terres était progressivement lotie et bâtie, à partir de la fin du XVIIIe siècle, le long des rues (rue d'Hauteville, rue de Paradis, rue de Chabrol), les bâtiments subsistant à l'est, proches de la rue du Faubourg-Saint-Denis, sont dès le XVIIe siècle utilisés comme prison, surtout pour internements administratifs, délits d'opinion (Chapelle, Beaumarchais) ou affaires familiales. Sous la Révolution, un décret de 1794 établit son statut carcéral, et de nombreux aristocrates, politiciens, publicistes ou artistes y sont enfermés (dont le poète André Chénier). Elle est ensuite affectée à l'incarcération des femmes, ce qui restera sa fonction plus d'un siècle.

Un autre pôle du quartier était jadis la foire Saint-Lazare, puis "Saint-Laurent", plus ancienne foire parisienne, qui fut un lieu très fréquenté, l'été, de la vie populaire et des loisirs parisiens, telle qu'elle donnait au Moyen-Âge son nom au quartier lui-même. Elle était initialement localisée sur les terres de l'enclos Saint-Lazare, mais fut déplacée en 1662 vers l'église Saint-Laurent, le long de l'actuel boulevard Magenta, et cessa de se tenir en 1786 (Enclos Saint-Lazare) [réf. nécessaire].

Au XIXe siècle, le quartier voit la construction, entre le Premier et le Second Empire, de plusieurs hôtels particuliers aristocratiques ou bourgeois, prolongement à distance de la Chaussée d'Antin (plusieurs côté pair de la rue du Faubourg Poissonnière, hôtel de Marmont rue de Paradis, petit hôtel Bourienne rue d'Hauteville, etc.), puis d'immeubles de rapport bourgeois et de bâtiments abritant des ateliers d'artisans, avec quelques équipements liés à la proximité des grands boulevards et des théâtres (Messageries, caserne de la Nouvelle France, aujourd'hui Garde républicaine). Des artistes y installent aussi, à cette époque, leurs ateliers (Corot au 56 rue du Faubourg-Poissonnière, d'autres dans des cours rue de Chabrol, comme Seurat, un temps, au n°16). Les implantations d'activités artisanales (imprimeurs, tailleurs, fourreurs - celles-ci souvent établies par des immigrants de l'Est européen ou du Proche-Orient), les comptoirs commerciaux d'usines et les magasins de petite industrie (miroiterie, vaisselle et verrerie) continuent de se développer, au cours du XXe siècle. Peu subsistent en ce début de XXIè siècle, mais ce qui fut une identité commerciale spécifique des rues du quartier, connue à l'échelle de Paris et au-delà, est encore perceptible ici et là (rues de Paradis, d'Hauteville). Liés aux Grands Boulevards, des cafés-concerts, des théâtres (Gymnase, Eldorado, ...) puis, après 1919, des cinémas (le légendaire Brady a été fondé en 1956) ont été ou sont inclus dans le périmètre du quartier (boulevards de Bonne Nouvelle, de Strasbourg). À la fin de l'été 1899, s'était déroulé, à l'angle de la rue de Chabrol (au n°51) et de la cité d'Hauteville, l'épisode connu sous le nom de "Fort-Chabrol" (siège par la police, pendant 38 jours, de l'immeuble où s'étaient retranchés des militants d'une ligue nationaliste, antimaçonnique, anticommuniste et antisémite).

Pendant les XIXe et XXe siècles, l'Est de l'ancien Enclos Saint-Lazare, cédé au département de la Seine, reste d'abord une prison de femmes, incarcérées pour motifs de droit commun ou politiques (dont la communarde Louise Michel, mais aussi Mata Hari...), qui sera fermée en 1927. Y a été adjointe en 1834 une "maison de santé" vouée aux "filles publiques" parisiennes avec, dépendant de la Préfecture de la Seine, un service hospitalier et une "infirmerie spéciale" (dispensaire spécialisé en vénérologie) qui y seront maintenus jusqu'en 1955. Il est alors, enfin, un hôpital administré par l'AP-HP, qui a été fermé définitivement en 1998 (Prison Saint-Lazare). L'ensemble de l'îlot fait, depuis, l'objet d'un plan d'aménagement conduit par la Ville de Paris. Les bâtiments désaffectés subsistants, dont la chapelle et l'infirmerie (architecte Louis-Pierre Baltard, 1834), ont été rénovés, et plusieurs équipements culturels, socio-éducatifs, scolaires et sportifs construits. Le périmètre comprend une remarquable bibliothèque-médiathèque de la Ville de Paris (dénommée "Françoise-Sagan"), inaugurée en mai 2015 et très utilisée par les habitants du quartier. Elle abrite, depuis fin 2016, le remarquable fonds patrimonial de littérature pour la jeunesse et de livres illustrés "Heure Joyeuse", créés en 1924.

En 2016, dans la partie de la rue du Faubourg-Saint-Denis comprise entre la Porte Saint-Denis et le boulevard Magenta, et dans les rues adjacentes, on constate une reprise et un développement accélérés de la fonction traditionnelle de restauration (brasseries Flo, Julien, etc.) et de débits de boissons, cafés-bars avec terrasses, que fréquentent, en particulier le soir, une jeunesse estudiantine largement internationale, des Parisiens et des touristes. Un nombre significatif des plus anciens d'entre eux est tenu par des commerçants originaires de Kabylie. Rue du Faubourg-Saint-Denis et alentour, de nouveaux établissements remplacent petit à petit, surtout depuis environ 2005, les autres commerces de bouche et de proximité. Ceux-ci sont néanmoins encore nombreux, et s'augmentent même de quelques boutiques de produits pour gourmets correspondant à la nouvelle composition sociologique du quartier. La restauration et les commerces turcs et indo-pakistanais se maintiennent dans une partie de la rue et dans les passages adjacents (passage Brady...), de fréquentation très cosmopolite. Quelques bars et boutiques africains de musique, des commerces chinois et "indochinois", et plusieurs de produits alimentaires polonais, complètent la grande diversité ethnique du quartier. Une concentration très spectaculaire d'une cinquantaine de coiffeurs africains et de boutiques afférentes se manifeste aussi, depuis 2000 environ, en limite est du quartier, sur une partie de la rue du Château d'eau et du boulevard de Strasbourg, autour de la station de métro Château d'eau, s'étendant vers le boulevard Saint-Denis au sud et le boulevard de Magenta au nord. Prolongé hors quartier, au-delà desdits boulevards, cet ensemble rassemble en fait près de quatre-vingt-dix devantures. Outre la célèbre salle de jazz et de world music du "New Morning", rue des Petites Ecuries, des studios de répétitions et de cours réputés de danse, musique et théâtre sont très fréquentés dans tout le quartier par de nombreux artistes. Entouré par quatre églises de culte catholique très proches (St-Laurent, St-Vincent-de-Paul, St-Eugène, N.-D. de Bonne Nouvelle), par une église adventiste "du 7è jour", et par le temple protestant "de la rencontre", le quadrilatère du quartier n'en contient aucun(e). Trois mosquées sont en revanche localisées dans des cours de la rue du Faubourg-Saint-Denis, ainsi que deux synagogues, dans ledit faubourg et rue Martel, et une église orthodoxe, à l'ouest du square Alban Satragne.

En même temps, dans l'ouest du quartier, entre les rues du Faubourg-Saint-Denis et du Faubourg-Poissonnière, de très nombreuses activités tertiaires, administratives, libérales et artistiques, surtout liées aux nouvelles technologies d'information et de communication, occupent aujourd'hui les anciens locaux artisanaux et commerciaux, parallèlement à un certain renouvellement des commerces de proximité tendant vers le haut de gamme, et à la création de beaucoup de petits restaurants très fréquentés midis et soirs. L'aménagement ou la rénovation, depuis 2005, de nombreux hôtels de voyageurs de taille moyenne, relevant souvent de chaînes touristiques, est lié(e) à la situation du quartier, entre des gares et le centre de Paris.

Quatre écoles primaires publiques, trois privées, plusieurs cours professionnels privés, une antenne universitaire rue de Paradis, trois lycées (Bossuet au nord, Edgar Poe au sud, un lycée professionnel de coiffure rue d'Enghien...) donnent aux rues du quartier une présence "juvénile" et "estudiantine" très visible. Cette présence dans les rues est accentuée par le manque d'espaces verts publics accessibles (voir ci-dessus le paragraphe "Géographie").

En conclusion, on peut donc considérer que, tout en gardant la trace de spécificités fonctionnelles liées à sa situation, ce quartier animé où la dominante commerciale et artisanale traditionnelle est en mutation, où les anciens logements populaires se "gentrifient" progressivement, ce quartier, donc, est en évolution sociologique globale depuis le début du XXIè siècle. Une différence nette se maintient cependant entre l'est du quartier, espace de transit urbain, à forte fréquentation populaire sous l'influence des gares et de la radiale vers le centre de Paris, et l'ouest, celui-ci assimilable au IXè arrondissement limitrophe (activités tertiaires et habitat "bourgeois bohème" ("bobo").

Remarque : l'anecdote ci-dessous rapportée (sans source), où le nom du quartier est cité incidemment parmi d'autres, ne renseigne pas beaucoup sur son histoire propre. Elle montre seulement sa sociologie de faubourg populaire agité que les monarques préfèrent contourner, juste avant la Révolution. Son histoire à cette époque reste à documenter plus largement (supra). [réf. nécessaire]

Le , un officier de police conduisit au poste un enfant de la rue des Nonnains-d'Hyères qui s’était rendu coupable de quelques incartades sans importance. La mère, éplorée, ameuta tout le quartier, et rapidement la rumeur courut que Louis XV faisait enlever les enfants âgés de 5 à 10 ans afin qu’ils soient sacrifiés, et que leur sang était utilisé pour les bains du roi et de ses courtisans, si bien que l’émeute prit de l’ampleur, en particulier dans le faubourg Saint-Antoine, où des agents de police furent pris à partie. Les 22 et 23 mai, l’agitation se propage, dans les quartiers de la porte Saint-Denis, butte Saint-Roch, carrefour de la Croix-Rouge… Environ 2 000 personnes se portent sur la route de Versailles pour attendre le retour du lieutenant général de police Nicolas Berryer, allé prendre des ordres. Elles se heurtent à la troupe et au guet royal qui les dispersent. Ayant pris connaissance de cette émeute et de sa dégénération, Louis XV décide, en représailles, de priver les Parisiens de sa présence. Il fait construire, pour se rendre de Versailles à Saint-Denis et Compiègne, une route évitant Paris, connue sous le nom de route de la Révolte[réf. nécessaire].