Inertage

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L'inertage consiste en général à supprimer le pourcentage d'oxygène du fluide (gazeux ou liquide) soit contenu dans l'élément à inerter (pour un conteneur) ou soit autour de celui-ci (ex : un déchet). L'inertage est dans ce cas l'enrobage d'un déchet pour le rendre inerte et empêcher la dissémination de ses composés toxiques. Sur un feu de classe B, dans le cadre de la sécurité face aux incendies, on utilise entre autres des extincteurs à CO2 qui agissent par inertage sur le comburant.

Inertage des déchets[modifier | modifier le code]

Certains déchets toxiques sont « inertés » pour empêcher leur réactivité chimique ou biochimique et/ou leur dispersion dans l'environnement. L'opérateur cherche à leur donner une inertie chimique définitive ou de longue durée, ce qui est difficile dans le cas de déchets mélangés.

Ils sont généralement inertés par mélange avec un liant hydraulique (qui doit être le plus résistant et durable possible, et chimiquement compatible avec le produit à inerter ; certains produits chimiques, pouvant à très faible dose inhiber la prise d'un plâtre, d'un ciment, d'une résine ou d'autres liants. Inversement certains produits jouent le rôle de catalyseur et accélèrent la prise du liant, au risque d'une surchauffe et d'un mélange irrégulier). La prise du liant doit parfois se faire sous contrôle, car elle peut faire monter le déchet en température (jusqu'à 70 °C dans le cas de certains ciments ou résines) au risque d'une combustion spontanée. Le déchet doit, en outre, être correctement mélangé avec le liant (mélange mécanique). De nouvelles matrices minérales sont recherchées notamment pour mieux inerter les résidus d'incinération de déchets ménagers[1] et industriels.

Un autre procédé est la vitrification, notamment utilisé par l'industrie nucléaire pour stabiliser certains déchets radioactifs.

Inertage dans l'industrie[modifier | modifier le code]

De manière générale, c'est une technique utilisée dans l’industrie qui consiste à remplacer une atmosphère explosive ou chimiquement réactive, présente par exemple dans le ciel d'une citerne, par un gaz ou un mélange gazeux non combustible et non comburant.

Les conditions d'atmosphère explosive sont réunies si 3 éléments du triangle du feu sont en présence : combustible, comburant (souvent l’oxygène), et une source de chaleur ou d'énergie (feu, étincelle électrique). L’inertage consiste à réduire la présence du comburant pour placer la concentration en gaz en dehors des limites d'explosivité (au-dessus de la limite supérieure, LSE, ou en dessous de la limite inférieure, LIE).

Le gaz inertant le plus utilisé est l'azote car relativement neutre chimiquement et peu coûteux, qui présente en outre l'avantage de pouvoir refroidir l'atmosphère, un objet ou l'environnement quand il se détend à partir de bombonnes sous-pression.

Inertage en œnologie[modifier | modifier le code]

Pour l'œnologue, l’inertage consiste à utiliser un gaz neutre (dioxyde de carbone, azote, argon) pour remplacer l’air au contact des jus ou du vin dans le but de limiter les phénomènes d’oxydation, qu’ils soient d’origine chimique ou enzymatique. L'utilisation du dioxyde de carbone (CO2) peut s'avérer nécessaire pour ajouter du pétillant au vin (processus de champagnification). La concentration en CO2 dissous est un paramètre qui régit la taille des bulles.

Risques et dangers de l'inertage[modifier | modifier le code]

  • un inertage réussi nécessite une parfaite maitrise des réactions chimiques entre produits et entre le liant hydraulique et les produits. Or de nombreuses molécules, dont certaines ayant un pouvoir catalytique ou des proprités inhibitrices peuvent interférer avec la prise du liant (ciment, résine...). Dans certains cas le matériau peut également significativement « gonfler » au fur et à mesure de sa prise, ce qui pose problème en cas d'utilisation dans la construction ou comme fond de couche routière[2].
  • Des risques professionnels spécifiques sont liés à l'inertage de matériaux pulvérulents, nanomoléculaires, toxiques, explosifs, hautement inflammables ou susceptibles de rendre l'atmosphère explosive ou dangereuse, éventuellement anoxique (la chute du taux d'oxygène pouvant alors entrainer une augmentation de l'acidité du sang et du taux de CO2 ou CO avec risques d'étourdissement, céphalée, syncope, coma, ou mort).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Krausova Rambure, K. (2013) Vers de nouvelles matrices minérales pour l’immobilisation et la valorisation des déchets ultimes de l’incinération des déchets ménagers (Doctoral dissertation, Paris Est)
  2. Thomas M.D.A, Kettke J.R. et Morton. A.J., (1989) Expensation of cemen-stabilized Minestoned due to oxidation of pyrite, Transportation Research Record. Pp 113-120

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Stegemann, J.A. et Cote P.L., (1992). « Protocole d'évaluation proposé pour les déchets solidifiés à base de ciment» ; Série de la protection de l’environnement SPE3/HA/9, Environnement Canada, 49 p
  • (en) Poon, C.S., Peters, C.J., Perry, R., Barnnes, P., Barker, A.P., (1985) Mechanisms of metal stabilization by cement based fixation processes. Science of the total environment, 41, 55-71