Rhubarbe

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Rheum

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La rhubarbe (genre Rheum) est le nom commun d'une trentaine d'espèces de plantes herbacées vivaces de la famille des Polygonacées. Le genre Rheum inclut la rhubarbe des jardins, Rheum rhabarbarum ou Rheum x hybridum.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom rhubarbe provient du bas latin rheubarbarum ou rhabarbarum, littéralement « racine de barbare ». La plante a été parfois nommée aussi rhapontic (Ambroise Paré au XVIe siècle), du latin médiéval rhaponticum « rhubarbe du Pont (Euxin) »[1]. Selon l'historien de l'Antiquité tardive Ammien Marcellin, la racine rheum ou rha aurait pour origine le fleuve Rha, ancien nom de la Volga[2]. Jacques André, spécialisé dans la lexicographie du latin technique, qualifie cette étymologie populaire d'Ammien Marcellin reprise par Isidore de Séville, de douteuse[3].

Description[modifier | modifier le code]

C'est une plante vigoureuse des régions tempérées, vivace par un court rhizome volumineux. Elle forme des rosettes basales de grandes feuilles pétiolées, au large limbe plus ou moins palmatilobé parcouru, à la face inférieure, par des nervures saillantes, rougeâtres. Ces feuilles gaufrées, grossièrement triangulaires, sont toxiques, contrairement au pétiole charnu qui est la partie de la plante consommée. Celui-ci, de couleur vert rougeâtre, arrondi et canaliculaire, mesure jusqu'à 50 cm de longueur pour 3 à 7 cm de largeur et d'épaisseur.

Les parties aériennes de la plante disparaissent totalement pendant l'hiver.

Histoire[modifier | modifier le code]

Plusieurs espèces de rhubarbes étaient connues dans l'Antiquité. Rheum officinale était connue comme plante médicinale en Chine depuis très longtemps et R. ribes en Grèce antique par Dioscoride (Materia medica[4] , III, 2). Rheum officinale fut introduite en Europe par la route de la soie dès le Xe siècle grâce aux marchand arabo-persans[5]. Signalée par Marco Polo (il est souvent mentionné à tort qu'il fut le premier occidental à la voir, alors qu'il fut précédé par le franciscain Guillaume de Rubrouck, et le premier à l'importer en Europe[6], l’explorateur marchand vénitien racontant dans le Devisement du monde qu'un moine l'utilisait avec de l'eau bénite[7]) et Odoric de Pordenone, elle fut d'abord cantonnée parmi les plantes médicinales (constituant du catholicum simple de la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle[8]) et ornementales, elle ne fut cultivée et consommée comme plante potagère qu'à partir du XVIIIe siècle[9]. L'importation en France de la rhubarbe pourrait être le fait de Coste D'Arnobat[10].

Principales espèces[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Champ de rhubarbe dans la plaine de Montesson.


Les rhubarbes cultivées appartiennent aux espèces rhaponticum, rhabarbarum et à leurs hybrides. Les préparations médicinales sont obtenues à partir de Rheum officinale.

La rhubarbe préfère les sols profonds et frais, avec de la fumure organique et une exposition ensoleillée. Les touffes sont divisées entre la fin de l'hiver et le début du printemps, en coupant des bouts portant un à trois bourgeons, et sont plantées en laissant ces derniers affleurer à la surface.

La récolte se fait, dès la deuxième année, de fin avril à juin, mais une deuxième récolte peut avoir lieu fin septembre. Il est recommandé de ne pas prélever plus des deux tiers des pétioles d'une même plante. Ceux-ci se conservent quelques jours après récolte.

Un pied de rhubarbe est exploité efficacement durant cinq à dix ans, mais il peut vivre plus de cinquante ans avec une production affaiblie. Des plants de rhubarbe de plus de 100 ans ont déjà été recensés et produisent encore une récolte abondante.

Maladies et parasites[modifier | modifier le code]

Feuilles de rhubarbe jaunies par du verticillium.


Les plants peuvent être attaqués par le verticillium, un champignon qui décompose les racines. Les feuilles jaunissent et meurent en quelques semaines, puis la plante disparaît pendant un mois.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Seuls les pétioles des feuilles peuvent être consommés : crus, cuits, en tartes, en confiture ou comme légume. On peut également en faire des sirops ou des sorbets[11]. L'acidité de la plante demande à être atténuée par du sel ou du sucre. Les variétés rouge carmin de rhubarbe sont plus tendres que les vertes.

Vertus[modifier | modifier le code]

La rhubarbe est bien pourvue en vitamine C (12 mg/100 g), elle a ainsi des propriétés toniques et antianémiques. La rhubarbe est très laxative grâce à sa richesse en fibres. La rhubarbe est utilisée comme purgatif, proche de l'aloès et du séné. Les principes actifs sont des dérivés de l'anthraquinone et leurs glucosides qui augmentent les mouvements péristaltiques du côlon.

La rhubarbe apporte des minéraux, certains en grande quantité comme le potassium et le phosphore, et certains en quantité moindre, mais néanmoins intéressante comme le magnésium et le calcium.

La substance sécrétée par sa racine est appréciée pour son action antiseptique sur les problèmes de foie. En outre, la rhubarbe est un bon anti-inflammatoire pour les muqueuses buccales.

Les racines de la rhubarbe contiennent des rhaponticosides, dérivé du stilbène[12], à l'origine des propriétés veinotoniques de la plante. Au XXe siècle, Hans Thoueille et Adolf Petermann les prescrivaient pour le traitement des varices.[réf. nécessaire]

Toxicité[modifier | modifier le code]

Les limbes des feuilles sont toxiques à cause notamment de leur teneur en acide oxalique. Les glucosides d'anthraquinone pourraient également être responsables de cette toxicité (voir glycoside). De nombreux cas d'intoxication ont été rapportés, surtout en Grande-Bretagne pendant la Première Guerre mondiale, où la consommation de cette plante avait été recommandée[13].

La plupart des intoxications ont lieu lorsque des limbes sont consommés à la place des pétioles. On peut voir apparaître des symptômes tels que nausées, vomissements, crampes abdominales et diarrhées. Les oxalates solubles précipitent sous forme d'oxalate de calcium dans les fluides organiques. Dans les urines, cet effet peut provoquer des dommages rénaux[14].

Les feuilles sont également toxiques pour les animaux. Elles sont utilisées par certains apiculteurs qui les placent à l'intérieur des ruches pour protéger les abeilles des autres insectes envahisseurs, en particulier les varroas[15]. ,

Symbolique[modifier | modifier le code]

Calendrier républicain[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lucien Guyot, Pierre Gibassier, Les noms des plantes, Presses universitaires de France, , p. 98.
  2. Ammien Marcellin, Res gestae, XXII, 8, 28
  3. Jacques André, Isidore de Séville.Étymologies : de l'agriculture, Les Belles Lettres, p. 184.
  4. (en) Pedanius Dioscorides of Anazarbus, De materia medica (translated by Lily Y. Beck), Olms - Weidmann, , 630 p.
  5. Pierre Huard, Ming Wong, La médecine chinoise au cours des siècles, Éditions R. Dacosta, , p. 152.
  6. (en) Roger Phillips, Vegetables, Random House, , p. 66.
  7. Katia Astafieff, L'aventure extraordinaire des plantes voyageuses, Dunod, , 192 p. (lire en ligne).
  8. Yannick Romieux, De la hune au mortier, Éditions ACL, Nantes, 1986.
  9. Élisabeth Lemoine, Guide des légumes du monde, Delachaux et Niestlé, 1999, p. 140.
  10. tableau des récompenses accordées par le Bureau de consultation des Arts et Métiers du 19 novembre 1791 au 1er janvier 1793, Archives Nationales F17 1138 dossier 18) : la page précise sous son nom: "importation de la rhubarbe en France & culture faite avec succès près de Grosbois, dessication bien entendue de cette racine"
  11. Recette du sorbet à la rhubarbe.
  12. (en) Hildebert Wagner et Sabine Bladt, Plant Drug Analysis: A Thin Layer Chromatography Atlas, Springer Science & Business Media, (ISBN 9783540586760, lire en ligne)
  13. Système canadien d'information sur les plantes toxiques
  14. (en) Lewis S. Nelson, M.D. ; Richard D. Shih, M.D. ; Michael J. Balick, Ph.D., Handbook of Poisonous and Injurious Plants, Second Edition, Springer, , 340 p. (ISBN 0-387-31268-4)
    pages 251 à 252
  15. [1]
  16. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 26.