Pirates et corsaires barbaresques

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Un combat naval avec les corsaires barbaresques, par Lorenzo A. Castro, 1681.

Les pirates et corsaires barbaresques étaient des pirates et corsaires qui opéraient depuis l'Afrique du Nord, basés principalement dans les ports d'Alger, de Tunis, de Tripoli, et de Salé. Cette zone était connue en Europe sous le nom de côte des Barbaresques. Leurs exactions se sont étendues le long de la Méditerranée, dans l'océan Atlantique, le long des côtes européennes, mais ils opéraient principalement dans le bassin méditerranéen occidental. Ces pirates, en plus de capturer des navires, ont réalisé un grand nombre de razzias, principalement, en Espagne et au Portugal, en Italie et en France, mais aussi sur les Îles Britanniques, aux Pays-Bas, et en Islande. Le but principal de leurs attaques était de capturer les esclaves chrétiens pour la traite ottomane, ainsi que le marché de l'esclavage musulman en Afrique du Nord et au Moyen-Orient[1].

Bien que des raids pirates se sont produits en Afrique du Nord peu de temps après la conquête musulmane de la péninsule ibérique au VIIIe siècle, les termes « pirates barbaresques » et « corsaires barbaresques » sont appliqués aux raiders actifs à partir du XVIe siècle, lorsque la fréquence et le rayon d'attaque des esclavagistes ont augmenté. Au cours de cette période, Alger, Tunis et Tripoli étaient sous la souveraineté de l'Empire ottoman, que ce soit sous la forme de provinces directement administrées, soit comme dépendances autonomes connues sous le nom d'états barbaresques. Des raids similaires ont été entrepris à partir de Salé, et d'autres ports au Maroc.

Les corsaires barbaresques ont capturé des milliers de navires, et ont attaqué à plusieurs reprises des villes côtières. En conséquence, les résidents ont abandonné leurs anciens villages des longues étendues de côtes en Espagne, et en Italie[2]. Les raids ont été un tel problème, que les établissements côtiers ont rarement été entrepris jusqu'au XIXe siècle. Entre 1580 et 1680, les corsaires ont capturé environ 850 000 personnes en esclavage et, de 1530 à 1780, jusqu'à 1 250 000 ont été asservies. Certains corsaires étaient des exilés européens, convertis à l'islam comme John Ward et Zymen Danseker[3]. Les effets des raids barbaresques ont culminé au début du milieu du XVIIe siècle.

L'activité corsaire a commencé à diminuer à la fin du XVIIe siècle[4], alors que les marines européennes plus puissantes ont commencé à forcer les états barbaresques à faire la paix et à cesser d'attaquer leurs expéditions. Cependant, les navires et les côtes des états chrétiens sans une protection aussi efficace ont continué à souffrir de ces corsaires jusqu'au début du XIXe siècle. Après les guerres napoléoniennes et le Congrès de Vienne de 1814-15, les puissances européennes ont convenu de la nécessité d'éliminer complètement les corsaires barbaresques, et la menace a largement été atténuée. Des incidents occasionnels se sont produits, y compris deux guerres barbaresques entre les États-Unis et les états barbaresques, jusqu'à ce que leur activité ait finalement pris fin avec conquête française d'Alger en 1830.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le mot « barbaresque » date des années 1500 et provient d'Italie[5]. Il vient du mot barbare et désigne sans référence particulière l'Afrique du Nord. Utilisé peu de temps, il est revenu, sous la plume de nombreux auteurs et dans les dictionnaires, puis dans le langage courant, pour dénommer exclusivement les habitants de la « Barbarie », c'est-à-dire les côtes d'Afrique du Nord[5]. Sans rapport avec celui de « Barbarie », le terme « Berbérie » est lui apparu vers 1860[6].

Le terme « Barbaresque » correspond approximativement à l'aire côtière du Maghreb actuel, connue sous le nom de côte des Barbaresques[5].

Pirate ou corsaire[modifier | modifier le code]

Un pirate barbaresque.

L'Empire ottoman ne pouvaient laisser les Européens chrétiens dominer les mers en Orient pas plus qu'en Occident. Ils s'opposèrent aux Européens sans relâche, d'abord sous le commandement de chefs pirates, puis des émirs corsaires et enfin des amiraux de Constantinople[7].

Suivant la vision européenne, le pirate est celui qui, en dehors de toutes autorisations, attaque tout navire, qu'il porte pavillon ami ou ennemi, fait des prisonniers et des esclaves, arraisonne les bateaux et les cargaisons. Les lois de la mer veulent que, s'il est capturé, il soit pendu « haut et court ». Le corsaire, celui qui court sus à l'ennemi, celui qui participe à une guerre de course, est un supplétif, un mercenaire au service d'un pavillon. Il est muni d'une lettre de course qui justifie, s'il est pris, de son statut de prisonnier de guerre. Il peut rechercher, attaquer, saisir et détruire les navires, les équipages, les équipements et les chargements ou cargaisons du navire d'une nation adverse dans les eaux territoriales, internationales ou étrangères[réf. nécessaire].

Du point de vue des Ottomans, ce sont d'abord des pirates qui agissent « sans foi ni loi » pour leur propre compte à la recherche d'une fortune en mer. Ce sont souvent des non-musulmans, des renégats[8]. Puis ils vont devenir des Barbaresques qui vont construire des États, avant de prendre bien souvent la tête de la flotte ottomane. Cela prend la forme d'une guerre maritime contre les États chrétiens, le corso, qui présente à la fois une dimension légitime et religieuse[8]. Avec le temps, le sultan ottoman tend à remplacer la flotte barbaresque par sa propre flotte. Subsiste alors des navires armés par des intérêts privés, la Taïfa des raïs, dont les recettes reviennent, suivant les ports d'attache de ces barbaresques, à environ 12 % à l'État, 40 % à ou aux armateurs, 33 % à l’équipage (dont la moitié au capitaine), et le reste, 15 %, aux janissaires[8] qui ont réussi à embarquer pour participer aux butins.

Pour les ottomans, c'est une piraterie d’État. Les raïs algérois pratiquent ce qu'on appelle le corso, c'est-à-dire une prédation semi-légalisée spécifique à la Méditerranée, qui les placent entre les corsaires et les pirates[9]. L’ouvrage de l'archiviste Albert Devoulx sur le rais Hamidou (1770-1815), utilise à la fois les termes corsaires[10], pirates[11] ou forbans[12].

Tout d'abord, la réduction en esclavage des prisonniers crée un fossé infranchissable entre le corso des raïs et la course classique des Jean Bart et des Surcouf. De plus, les écumeurs d'Alger n'ont pas de lettres de marque, leurs prises sont seulement enregistrées en vue du partage entre le raïs concerné et la Régence. L'autorité politique, au niveau local, a connaissance de l'activité "corsaire", mais la reddition de compte se borne exclusivement à apporter les preuves que le raïs partage le butin avec cette autorité. Il n'existe à Alger aucun tribunal des prises ni aucune autorité susceptible d'examiner les prises sans être elle-même partie prenante au partage du butin. Les navires attaqués peuvent être neutres, sujets de l'Empire ottoman (bateaux grecs ou tunisiens), voire être musulmans. D’après le registre des prises, le 12 décembre 1768, Hamidou et d’autres capturent 8 navires grecs[13] (la Grèce étant alors partie intégrante de l'Empire Ottoman) ; le 10 octobre 1810, Hamidou capture des marchandises tunisiennes[14] (les Tunisiens étant à la fois de coreligionnaires, et des compatriotes, vassaux de la Turquie eux-aussi) ; de même le 22 mai 1811[15].

Origines[modifier | modifier le code]

De 1347 à 1349, l’Ifriqiya frappée de plein fouet par la peste continue de subir une désertification démographique amorcée par les invasions hilaliennes[16]. À partir de la seconde moitié du XIVe siècle, l’ensemble du Maghreb connaît une décadence économique[17]. Après la Prise de Grenade et la disparition du royaume en 1492, l'Espagne se trouve renforcée économiquement et militairement[18].

Les souverains espagnols Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille décident de poursuivre leur reconquête jusque sur les côtes maghrébines pour protéger leurs propres côtes[19]. Tout en se lançant dans la colonisation en Amérique, les Espagnols s’emparent de plusieurs ports du littoral maghrébin en une dizaine d'années : Mers el-Kébir en 1505, Oran en 1509, Bougie en 1510, Tripoli et l’îlot situé en face d’Alger, le Peñon[20]. Des villes portuaires, Dellys, Cherchell et Mostaganem demandèrent à payer un tribut à l'Espagne en échange de sa protection[20]. Des populations mécontentes de chefs incapables de les défendre, des mouvements soufis émergeant et leurs chefs, qui deviennent de plus en plus influents, aideront les Ottomans à s’installer dans la région[17].

L’aristocratie marchande d’Alger va décider, vers 1516, de faire appel aux frères Barberousse pour stopper cette expansion[21]. Ils prennent Alger la même année avec l'aide de l'émir d'Alger. Arudj Barberousse va se débarrasser de l'émir Salim at-Toumi en l'étranglant de ses mains[22] ou en le faisant exécuter dans son bain[23]. En 1529, Khayr ad-Din Barberousse entreprit la prise du Peñon d'Alger, considérée par celui-ci comme une « épine au cœur des Algérois »[24].

Histoire[modifier | modifier le code]

Navire français (au centre) attaqué par deux galiotes barbaresques. (vers 1615)
Combat d'un vaisseau français et de deux galères barbaresques, huile sur toile de Théodore Gudin.

Historiquement, les siècles barbaresques recouvrent la période ottomane qui va du XVIe au XVIIe siècle. Pour la régence d'Alger, elle court de 1516, année de l'arrivée des frères Barberousse à Alger[25], à la prise d'Alger en 1830[26],[n 1]. Le deuxième centre de la piraterie est la république de Salé qui commence vers 1610 avec l'arrivée des Morisques[27] et se termine au XVIIIe siècle avec la création de Mogador[28]. Pour la régence de Tunis, elle commence en 1503, quand Arudj Barberousse s'empare de Djerba[29] mais se limite au XVIe siècle comme d'ailleurs pour la régence de Tripoli dont le marché aux esclaves est réputé pour le trafic subsaharien.

Les pirates et corsaires barbaresques d'Alger, de Tunis et de Tripoli étaient les fléaux des mers[30]. Ils vont trouver sur leur route ceux qui vont devenir leurs plus fidèles ennemis, les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qu'ils viennent de chasser de Rhodes et qui finiront par s'installer à Malte et à Tripoli grâce à la bienveillance, bien comprise, de Charles Quint[31].

La victoire de la Sainte-Ligue lors de la bataille de Lépante en 1571 marque un tournant. Les Ottomans concluent avec l'Espagne des trêves qui se transforment en 1581 en paix de facto[32]. C'est une rupture dans l'histoire des pirates et corsaires barbaresques, les raids se poursuivront, mais en 1694 l'amiral vénitien Franscesco Morosini met un coup d’arrêt sur mer aux Ottomans en occupant la Morée[32]. Les Vénitiens en défendant leurs possessions mettent ainsi fin aux offensives maritimes, les Ottomans se réservant pour les attaques terrestres vers les Balkans laissant aux Barbaresques leurs efforts pour la course[32].

La régence d'Alger[modifier | modifier le code]

Vue d'Alger, en 1646.
Le chebec du marin espagnol Antoine Barcelo (au centre) face à deux galiotes de la régence d'Alger. (1738)
Le Capitaine William Bainbridge payant tribus au Dey d'Alger, Mustapha, 1800

Alger, la plus vaste ville du Maghreb, la plus populeuse, entourée de fortes défenses, ne possédait qu'un port moyen protégé par un peñon, un simple îlot rocheux. C'était un repaire de pirates qui ne vivaient que de rapines, sans trafic commercial avec les ports chrétiens, Alexandrie ou Malaga ni même avec l'arrière-pays[33]. Le commerce, tant d'or que d'esclaves, arrivait au Maroc atlantique, au port de Tlemcen, à Tunis, à Tripoli ou à Alexandrie[33].

La ville d'Alger se développe en même temps que sa population s’accroît. Ce sont principalement les renégats qui s'imposent à une population peu au fait des affaires. Sur les 12 000 maisons que compte alors la ville 6 000 sont occupées par des renégats[34]. « Ce qui nous donnerait pour une population estimée à 50 000 âmes, esclaves non compris, 25 000 renégats théoriques, dont il conviendrait de déduire les femmes et les enfants, soit un solde d'environ 10 000 individus[34]. » Ces renégats sont des « Turcs de profession », c'est-à-dire des musulmans par profession, ils sont inscrits sur les registres de l'Odjak comme les autres Turcs, que l'on pourrait dire naturels[34]. Tous ces renégats occupent les postes-clefs, après le fondateur de la régence d'Alger, Khayr ad-Din Barberousse, c'est le renégat sarde Hassan Agha (1535-1543), le corse Hassan Corso (1549-1556), le calabrais Uluç Ali Paşa (1568-1571) qui fini avec le titre d'amiral de la flotte, puis le vénitien Hassan Veneziano (1577-1580 et 1582-1583)[34]. Ils participent aussi des armées d'occupation des zones soumises comme des gouvernements locaux avant la création des trois beylik ; sur les 23 caïds territoriaux, treize sont des renégats ou fils de renégats. Haedo pourra dire « en eux, résident presque tout le pouvoir, l'influence, le gouvernement et la richesse d'Alger et de cette régence[35]. »

En 1541, Dragut, prisonnier, racheta sa liberté, puis, avec sa flotte, pille et brûle Castellare, en Casinca, Monticello, en Balagne, Sarla, (dans le Delà des Monts), ainsi que beaucoup d'autres villages qu'il rencontra sur son passage[36]. En 1544, Barberousse capture l'île d'Ischia[37]. À Lipari, on lui offre 15 000 ducats, les Barbaresques en veulent 30 000 avec 200 filles et 200 garçons. Les navires de Barberousse étaient tellement surchargés qu'il fit jeter à la mer nombre de prisonniers en retournant sur Constantinople[37]. En 1551, Dragut, renforcé par les forces de Sinan Pacha, envahit Gozo et réduit en esclavage l'ensemble de la population de l'île maltaise, soit 6 000 et 7 000 habitants[38]. En 1554, les corsaires de Dragut mettent à sac Vieste, décapitent 5 000 habitants et enlèvent 6 000 autres. En 1558, les Algériens capturent la ville de Ciutadella (Minorque), la détruisent, assassinent un nombre élevé d'habitants, et emmènent 3 000 esclaves à Constantinople. En 1563, Dragut arrive sur les rives de Grenade et attaque les colonies côtières de la région, comme Almuñécar, faisant 4 000 prisonniers[réf. nécessaire]. En 1575, Miguel de Cervantes, l'auteur de Don Quichotte, est enlevé à 27 ans par une escadre algéroise aux ordres du renégat albanais Mami Arnaute. Il sera détenu pendant cinq ans à Alger[39],[n 2].

La prééminence des renégats va perdre de son influence au XVIIe siècle au profit des Turcs. Les renégats ne vont conserver de responsabilités maritimes que dans la Taïfa des raïs[35]. Leur nombre diminue en valeur absolue, en 1634, ils sont estimés à 8 000[35]. Faut-il estimer que le travail de rachat des captifs par les Trinitaires ou les Mercédaires portent leurs fruits[35] ou n'est que le reflet d'une diminution des captures ? Les grandes razzias du siècle dernier ont diminué d'intensité et de fréquence du fait du dépeuplement et des systèmes d'alerte mis en place[35]. Mais peut-être faut-il chercher la réponse dans la réorganisation des régences, la Sublime Porte prend de plus en plus d'influence dans leur organisation et la disparition des beylerbey, presque tous des barbaresques, et le remplacement par des Pachas choisis par le Sultan[35]. Seul deux renégats arrivent aux postes à responsabilité pour tout le XVIIe siècle, un Sicilien de Catane, Soliman Katanya (1617-1618) et un portugais, Shaban (1661-1666), un italien ayant le pouvoir mais sans titre, Ali Bitchin (1638-1645)[35].

En 1625, des corsaires attaquent les côtes de l'Angleterre et la Cornouaille[40]. À partir des années 1630, l'Angleterre signe plusieurs traités de paix avec les États barbaresques, mais les violations incessantes de ces accords par les Barbaresques, entraînent des guerres renouvelées. Un sujet de contestation est la tendance des navires étrangers à battre pavillon anglais pour éviter une attaque. Pendant le règne de Charles II, une série d'expéditions anglaises victorieuses sont menées contre des escadres barbaresques. Ces actions mettent définitivement fin à la menace barbaresques en Angleterre. Alger revient en guerre l'année suivante, violant le traité signé en 1671. 160 navires anglais sont capturés par les Algériens entre 1677 et 1680. Après avoir subi des défaites face à une flotte anglaise dirigée par Arthur Herbert, Alger rétablit la paix en 1682 dans un traité qui dure jusqu'en 1816. Cependant, les corsaires d'Alger ont fait énormément de ravages en Angleterre. Entre 1569 et 1616, ceux-ci s'emparent de 470 navires anglais, dont les équipages sont vendus comme esclavage sur le marché d'Alger[réf. nécessaire].

La France, qui a récemment émergé en tant que puissance navale de premier plan, obtient des succès comparables peu après. En 1681, les Algériens capturent plusieurs bâtiments français et un navire de guerre et les emmènent à Alger. Le capitaine et l'équipage sont réduits en esclavage[41]. La France bombarde Alger en 1682, 1683 et 1688, pour assurer une paix durable[réf. nécessaire].

Au XVIIIe siècle, les Turcs se retrouvent à tous les postes à responsabilité. C'est le déclin de la piraterie barbaresque en même temps que de la course pour des raisons économiques[42] dû à la montée en puissance des marines nationales. Cela va aller en s’aggravant au siècle suivant : Constantinople ou les régences prennent définitivement la main sur toutes les opérations maritimes[43].

En 1720, un navire algérien de 44 canons est repéré à Río de la Plata, en Amérique du Sud[44].

La régence de Tunis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Régence de Tripoli.
Gravure de Tunis en 1573; The Story of the Barbary Corsairs' by Stanley Lane-Poole, 1890 par G.P. Putnam's Sons.

La ville de Tunis n'est pas à proprement parler un repaire de pirates, c'est plutôt une cité marchande fréquentée par les marchands de toutes les nationalités[45]. La Tunisie offre un environnement favorable et les frères Barberousse s’y illustrent particulièrement.

Arudj Barberousse reçoit du souverain hafside l’autorisation d’utiliser le port de La Goulette puis l’île de Djerba comme base[29]. En 1504, deux galères pontificales et un navire espagnol, le Cavalleria, avec 300 hommes et soixante nobles d'Aragon en route pour Naples, sont capturés[46]. En 1512, Arudj Barberousse échoue devant Djidjelli avec douze galiotes et un millier de Turcs rejoint par 3 000 Maures. Après la perte de son bras emporté par un boulet des défenseurs[47], il se retire vaincu, comme en 1514, menacé par l'arrivée de cinq navires espagnols sous les ordres de Martin de Renteria[47]. Toujours en 1514, Cara Hassan se trouve devant Cherchell avec ses galères. Rejoint par Arudj, ils s'emparent de la ville et obtiennent sa reddition[47]. Après la mort d’Arudj en 1518, son frère Khayr ad-Din Barberousse se place dans la vassalité du sultan d’Istanbul. Nommé grand amiral de l’Empire ottoman, il s’empare de Bizerte, de La Goulette puis de Tunis en 1534 mais doit se retirer après la prise de la ville par l’armada que Charles Quint mène en 1535[48]. Le sultan hafside est alors rétabli dans ses droits sous la protection de Charles Quint sous la tutelle du royaume d’Espagne. L'annonce de la mort de Barberousse dans la bataille provoque une explosion de joie en Espagne[48]. Il a survécu et a rejoint Bône après avoir fui le champ de bataille. Il reprend le combat, bombarde Port Mahon dans l'île de Minorque en emmenant tous les habitants en esclavage[49].

En 1551, Dragut veut reprendre Tunis mais échoue une fois de plus ; Andrea Doria le piège dans le lac intérieur de Djerba. Il y perd Mahdia et Gafsa lui résiste[50]. En 1559, Djerba est occupé par la flotte de Medina Celi, vice-roi de Naples, aidée par des bâtiments Hospitaliers. Mais Piyale Pacha avec 100 galères les surprennent et Doria et Médina Celi réussissent à s'échapper[31]. Les Turcs reprennent Djerba, et font plusieurs milliers de prisonniers[31] et, en , Tunis est reprise par Don Juan, mais en les Espagnols reperdent définitivement la ville reprise par Uluç Ali Paşa avec une flotte de plus de deux cents galères, trente galiotes, quarante vaisseaux, manœuvrés par 5 000 marins et 40 000 hommes sous les ordres de Hassan Veneziano[51].

La régence de Tripoli[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Régence de Tripoli.

En 1510, Pedro Navarro s'empare de Tripoli pour le compte de la monarchie catholique espagnole. Mais la conquête demeure fragile et en 1530 Charles Quint la cède, ainsi que Malte, aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem[31]. En 1551, les troupes du sultan ottoman Soliman le Magnifique s'en emparent. Le corsaire Dragut est nommé pacha, les Turcs voulant faire de Tripoli une importante base maritime pour leurs conquêtes et le corso. Les navires tripolitains jouent alors un rôle crucial dans l'activité corsaire en Mer Méditerranée, où ils affrontent les marins hospitaliers, ainsi que les Français et les Néerlandais. Elle abrite un gigantesque marché aux esclaves, bénéficiant à la fois des captures subsahariennes et chrétiennes. Ils livrent une guerre de course aux chrétiens à travers toute la Méditerranée, s'opposant aux Espagnols, aux Hospitaliers de Malte et aux cités italiennes de Gênes, bien que ces dernières soient également des partenaires commerciales[réf. nécessaire].

La république de Salé[modifier | modifier le code]

Article détaillé : République de Salé.
Reykjavik, l'une des avancées extrêmes en Atlantique des corsaires de Salé et de la régence d'Alger.
Bataille navale entre 5 navires Algériens, et une flotte britannique, entre Salé, et Tanger. 8 décembre, 1669.

Une communauté de Hornacheros (originaires de la ville de Hornachos, en Estrémadure) s'installe dès les premières années du XVIIe siècle dans la région de Salé, précisément dans la kasbah des Oudayas alors en ruines. Ces musulmans, restés largement arabophones anticipent les mesures d'expulsion et parviennent à quitter l'Espagne en emportant leurs biens[52]. En 1610, suite aux décrets entérinant la décision par le roi Philippe III de chasser tous les musulmans d'Espagne[n 3], une vague de plusieurs milliers de Morisques arrive dans la région. Ils sont particulièrement nombreux à s'implanter à Salé-le-Neuf, au pied de la Kasbah. Ceux-ci parlent généralement l'espagnol, contrairement aux Hornacheros[53].

L'activité de piraterie prospère, abritée des contre-attaques par les hauts-fonds protégeant l'entrée de l'embouchure du Bouregreg, sous l'autorité de son premier gouverneur, Ibrahim Vargas[54]. À partir de 1624, c'est le Hollandais Jan Janszoon (Mourad Reis le jeune) qui en est le « grand amiral ». Ils coopèrent avec les pirates locaux et introduisent les derniers navires néerlandais de haut-bord, leur permettant de s’aventurer dans les eaux de l'Atlantique[55].

En 1624, unis aux corsaires d'Alger, ils donnent la chasse aux pêcheurs de Terre-Neuve[56][réf. incomplète] et effectuent des raids jusqu'en Cornouailles. En 1627, ils mènent un raid contre la ville de Reykjavik, en Islande, sous le commandement du renégat hollandais Jan Janszoon, et font 400 prisonniers[57]. Parmi les capturés figurent Guðríður Símonardóttir dite Tyrkja-Gudda (Gudda la Turque) et Ólafur Egilsson racheté l'année suivante. En rentrant en Islande, il écrit un récit sur son expérience[58]. Les villes de Salé et de Rabat sont la cible de plusieurs bombardements français, qui occasionnent d'importants dégâts matériels, mais sans résultat important. Le premier est mené en 1629 par une escadre de sept vaisseaux commandée par l'amiral Isaac de Razilly[59]. En juin 1631, Mourad Reis, avec des corsaires de la régence d'Alger et de la République de Salé, prennent d'assaut, par terre, le village de Baltimore, dans le comté de Cork. Ils capturent 237 villageois[57]. À partir des années 1660, les sultans alaouites Moulay Rachid puis Moulay Ismaïl viennent à bout de cette petite république[60] mais la piraterie continue. L'Angleterre signe la paix avec Salé en 1676.

Protégée par les hauts-fonds marquant l'entrée de son port, dans l'embouchure du Bouregreg, la flotte des pirates de Salé n'était de ce fait composée que de navires à faible tirant d'eau[61], petits, mais rapides, tels que polacres, pinques et caraques[62]. Ils étaient au nombre de dix-huit avant 1627, à l'époque où les pirates de Salé étaient dirigés par Jan Janszoon, avant que la flotte salétine ne prenne toute son ampleur. La plupart des navires jaugeaient entre 200 et 300 tonneaux[63], et étaient équipés de voiles, mais aussi de rames[64]. L'un des navires les plus efficaces, utilisé tant à Alger qu'au Maroc, était le chebec ; ses dimensions pouvaient atteindre 39 mètres de long, 7,5 mètres de large, avec un tirant d’eau de 2,7 mètres. L'armement pouvait comprendre huit canons de 6 livres sur les bordées, quatre canons de 12 livres sur la poupe, et huit couleuvrines de 3 livres sur le pavois[65].

Cependant, la petite taille des navires de Salé avait une contrepartie, leur interdisant la haute mer lorsque les rudes conditions météorologiques de l'Atlantique étaient défavorables. En réalité donc, on ne pratiquait la course à Salé que d'avril à octobre, au cours d'une campagne annuelle qui ne durait guère que six ou sept mois. En dehors de cette saison, outre l'état de la haute mer, la redoutable barre du Bouregreg interdisait l'accès du port plus de la moitié du temps, et les navires restaient alors au mouillage[66]. Il existait une véritable spécialisation entre les pirates d'Alger et ceux de Salé. Forts de leur nombre et de leur antériorité, les pirates algériens se réservaient en pratique la course en « mer du Levant », les corsaires de Salé se réservant la « mer du Ponant », c'est-à-dire l'océan Atlantique, avec le détroit de Gibraltar pour frontière[67].

Négociation de paix[modifier | modifier le code]

Négociation avec les pays européens[modifier | modifier le code]

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Bombardement d'Alger, par Martinus Schouman.

À la fin du XVIIIe siècle, la piraterie reprend. En bombardant Alger en 1783 et 1784, les Espagnols veulent mettre fin à la piraterie, sans succès[réf. nécessaire].

Lors de sa première visite, Lord Exmouth négocie des traités satisfaisants[réf. nécessaire]. Alors qu'il négocie, un certain nombre de pêcheurs de Sardaigne installés à Bona sur la côte tunisienne, sont pris par les Barbaresques. En tant que Sardes, ils étaient sous protection britannique et le gouvernement envoie Exmouth pour obtenir réparation. Le , en combinaison avec une flotte néerlandaise commandée par l'amiral Theodorus Frederik van Capellen, Exmouth bombarde Alger.

En 1820, une flotte britannique commandée par l'amiral Harry Burrard-Neale bombarde Alger, sans succès[réf. nécessaire]. L'activité corsaire basée à Alger ne cesse entièrement que lorsque la France a colonisé Alger en 1830.

En 1675, une flotte de la Royal Navy dirigée par Sir John Narborough négocie une paix durable avec Tunis[réf. nécessaire].

La mise à sac de Palma, en Sardaigne par une flotte tunisienne, qui réduit en esclavage 158 habitants, suscite une grande indignation. La Grande-Bretagne avait interdit la traite négrière et cherchait à inciter d'autres pays à faire de même. Les États qui étaient les plus vulnérables aux corsaires se plaignent que la Grande-Bretagne se soucie davantage de mettre fin au commerce des esclaves africains plutôt que d'arrêter l'asservissement des Européens et des Américains par les États de Barbarie. Afin de neutraliser cette objection, et de poursuivre la campagne anti-esclavage, en 1816, la Grande-Bretagne envoie Lord Exmouth pour obtenir de nouvelles concessions de Tripoli, de Tunis et d'Alger, y compris une promesse de traiter les captifs chrétiens dans tout conflit futur en tant que prisonniers de guerre, plutôt que comme esclaves. La Grande-Bretagne impose la paix entre Alger, le royaume de Sardaigne et de Sicile[réf. nécessaire].

En 1686, la France bombarde la ville pour forcer Tripoli à poursuivre la paix. Les Danois attaquent Tripoli en 1797[réf. nécessaire].

En 1835, le ministre de la Guerre turc en personne, Najib Pacha, débarque à Tripoli, dépose et exile la famille Karamanli et rétablit l'autorité directe de la Sublime Porte[68]. Le , par le Traité d'Ouchy, l'Empire ottoman renonce à sa souveraineté sur les régions conquises par l'Italie[69].

Négociation avec les États-Unis[modifier | modifier le code]

Bombardement de Chios, par l'escadre de Duquesne en 1681.
Après avoir été vendus au marché de Salé, les captifs pouvaient être libérés contre rançon, ou rachetés par des religieux tels que ceux de la Merci (ce sont eux qui rachetèrent Germain Moüette).

Jusqu'à la déclaration d'indépendance des États-Unis en 1776, les traités britanniques protégeaient les navires et le commerce américains[70]. Alors que chaque État essayait de régler individuellement le problème, les États-Unis voulurent créer une coalition, notamment avec la France. Le traité de 1778 engageait la France à aider l'Amérique dans le cas où ses navires seraient attaqués par les Barbaresques, mais la France ignora tout simplement cette demande[70]. La menace barbaresque conduit John Adam, négociateur, à proposer de « donner un cadeau de deux cents mille livres que de risquer un million [en commerce] chaque année[70] » mais Adam avait largement sous-estimé la somme réclamée par le négociateur barbaresque ; en mars 1786, avec Thomas Jefferson, autre négociateur, ils apprirent que le prix à payer était de « un million de dollars, soit un dixième du budget annuel[70] ». Les États-Unis ont créé l'US Marine en mars 1794. Les États-Unis ont conclu des traités de paix avec la régence d'Alger, les Américains sont obligés de payer tribut pour la protection de leurs bâtiments. Ce fut un lourd fardeau pour l'Amérique : en 1800, les paiements en rançon et les tributs versés aux états barbaresques représentaient 20 % des dépenses annuelles du gouvernement fédéral[70].

Pour obtenir des conditions de paix plus favorables, les États-Unis mènent en 1801, la Première Guerre et, en 1815, la Seconde Guerre barbaresque ; ces guerres sont un réel succès pour les États-Unis et mettent fin au paiement du tribut. Alger rompt le traité de paix en 1805 et refuse de mettre en œuvre le traité de 1815 jusqu'aux interventions britannique et hollandaise qui aboutissent au bombardement d'Alger en 1816. Le désastre naval que constitue pour elle l'expédition de Lord Exmouth en 1816 sera vite réparé, et en 1825, outre 35 chaloupes canonnières, la marine algérienne compte 3 frégates, 2 corvettes, 2 bricks, 5 goélettes, une polacre, et on voit reparaître un chébec[71].

Le grand exploit de cette période sera la capture, en 1802 d'une frégate de guerre portugaise par le Raïs Hamidou[72]. Il est à remarquer que ce dernier, qui n'est ni renégat, ni turc, mais maghrébin, originaire d'une tribu berbère de l'intérieur, deviendra le chef de la Taïfa des raïs, promotion inimaginable au siècle précédent, ce qui témoignait à la fois d'une transformation profonde de l'élite navigante mais également de la dégradation de la hiérarchie des classes traditionnelles[73].

Importance des captures[modifier | modifier le code]

Les Barbaresques capturent les navires marchands et soumettent en esclavage ou rançonnent les équipages. Entre 1 000 000 et 1 250 000 Européens, soumis en esclavage (850 000 pour la période de 1580-1680) ont été capturés par ces pirates ou corsaires de 1530 à 1780[74][réf. incomplète]. L'Ordre des Trinitaires a opéré en France pendant des décennies avec la mission de collecter des fonds pour racheter ces prisonniers[74][réf. incomplète]. Entre 1569 et 1616, pour la seule Angleterre, les pirates s'emparent de 470 navires et en 5 ans, pour la période de 1628 à 1634, ils capturent à la France 80 navires et vendent plus de 1 000 Français sur le marché des esclaves d'Alger[75].

Les Mercédaires rachetant des esclaves chrétiens tenus par les Musulmans.

Plus de 20 000 captifs auraient déjà été emprisonnés à Alger, en même temps. Les captifs riches pouvaient souvent se libérer par rançon, mais les pauvres étaient condamnés à l'esclavage. Leurs maîtres leur permettaient parfois de leur garantir la liberté s'ils se convertissaient à l'islam. Les principales victimes étaient les habitants des côtes de Sicile, de Naples et d'Espagne. Les ordres religieux - les Rédemptoristes et les Lazaristes - ont travaillé pour la libération des captifs, et dans de nombreux pays, les riches legs soutenaient ces rachats[réf. nécessaire].

Au Danemark, « au début du XVIIIe siècle, de l'argent été systématiquement recueilli dans toutes les églises et un « fonds esclave » a été établi par l'État en 1715. Les fonds étaient versés à une assurance obligatoire pour les marins, ou pêcheurs, ainsi que tous ceux travaillant en mer. 165 esclaves ont été rachetés par cette institution entre 1716 et 1736[réf. nécessaire].

« Entre 1716 et 1754, 19 navires du Danemark-Norvège ont été capturés avec 208 hommes, par les Algériens, la piraterie était donc un grave problème pour la flotte marchande danoise[76][réf. incomplète] ». Le Danemark refusant de payer tribut au dey d'Alger, Mohamed ben Othmane, les Danois entrent en guerre contre la régence d'Alger. Ils perdent la guerre malgré leurs bombardements et doivent racheter chaque esclave capturé au cours de la guerre, à prix lourd[77].

Les renégats[modifier | modifier le code]

Uluç Ali Paşa, à l'origine Giovanni Dionigi Galeni, est un Italien « renégat », devenu officier corsaire de l'Empire ottoman, placé à la tête de la régence d'Alger de 1568 à 1571, il est nommé kapudan paşa (« amiral de la flotte »).

Entre les XVIe et XVIIIe siècles, de nombreux chrétiens réduits en esclavage en Afrique du Nord par les Barbaresques pendant leurs opérations de piraterie, dans le désir d'adoucir une condition particulièrement pénible, ou d'échapper à un châtiment, se convertirent à l'islam, et devinrent des « renégats » (renegados). D'autres, par arrivisme, firent également ce choix[réf. nécessaire]. Selon Roland Courtinat « l'islam exerce une réelle attraction sur de nombreux chrétiens. La Barbarie est synonyme de richesses accessibles à tous. La bonne chair, la possibilité de s'enrichir, les femmes, la liberté d'action peuvent hanter l'esprit d'hommes de modestes conditions[78] ». Ils se joignirent alors aux pirates barbaresques pour les faire bénéficier de leur expertise technique, comme ce fut le cas pour les corsaires de Salé[79], dont le renégat le plus célèbre est le Hollandais Jan Janszoon, connu aussi sous le nom de Mourad Reis. Ainsi dans un état de la marine d'Alger en 1588, donné par Pierre Dan dans son Histoire de Barbarie et de ses corsaires, celle-ci était européenne pour moitié au moins et se composait alors, outre quelques frégates, de trente-cinq galères dont vingt appartenaient à des renégats européens majoritairement italiens[80]. D'après le père Dan, cela est lié au fait que, « les « Turcs » et ceux de Barbarie (Maures) se connaissent fort peu à la navigation »[81].

Vers 1600, les renégats ont apporté en barbarie des techniques avancées de navigation et de construction de navires, ainsi que des bâtiments de haut-bord, permettant aux corsaires d'étendre leurs activités jusque dans l'océan Atlantique. Cela affecta beaucoup les raids, alors à leur apogée, au XVIIe siècle[82].

Barbaresques célèbres[modifier | modifier le code]

Les frères Barberousse, gravure hollandaise du xviie siècle.

D'après l'historien Adrian Tinniswood, les corsaires les plus redoutés étaient des renégats anglais et européens, à la base, déjà corsaires dans leur patrie, ils ont ensuite émigré vers la côte barbaresque durant les périodes de paix pour poursuivre leur commerce. Ces cas particuliers ont permis l'apport de fortes expertises navales comme les bateaux ronds de hauts bords et ont permis aux pirates de réaliser des raids lointains, et dévastateurs, comme en Islande, ou au Canada (Terre-Neuve-et-Labrador)[82][réf. incomplète].

Ainsi, parmi les plus célèbres pirates barbaresques, on compte donc plusieurs renégats, dont le calabrais Uluç Ali Paşa au XVIe siècle et le vénitien Ali Bitchin au XVIIe siècle, ou encore Ahmed El Inglizi, littéralement Ahmed l'Anglais parmi d'autres.

Dans la littérature, et le cinéma[modifier | modifier le code]

Les pirates barbaresques sont des protagonistes dans Le pantere di Algeri (la panthère d'Alger), de Emilio Salgari. Ils font aussi des apparitions dans de nombreux romans notables, comme, Robinson Crusoé, de Daniel Defoe, Le Comte de Monte-Cristo, d'Alexandre Dumas, Le Vent dans les saules, de Kenneth Grahame, L'Aigle des mers et The Sword of Islam, de Rafael Sabatini, La captive Algérienne, de Royall Tyler, Maître et commandant, de Patrick O'Brian, le Cycle Baroque, de Neal Stephenson, The Walking Drum, de Louis Lamour, Docteur Dolittle, de Hugh Lofting, Corsaire, de Clive Cussler, et Angélique en Barbarie de Anne Golon[réf. nécessaire].

Miguel de Cervantes, l'auteur espagnol, a été captif 5 ans dans les bagnes d'Alger, et a reflété son expérience, dans certains de ses écrits fictionnels, incluant, l'histoire de captif, de Don Quichotte, dont deux de ses pièces se sont déroulées à Alger, El Trato de Argel (Le Traité d'Alger) et Los Baños de Argel (Les Bains d'Alger), ainsi que dans des épisodes de nombreux autres travaux. L'opéra de Rossini, L'Italiana in Algeri, est basé sur la capture de plusieurs esclaves, par des corsaires barbaresques, dirigés par le bey d'Alger[réf. nécessaire].

The Lustful Turk, est un roman pornographique, britannique, pré-victorien, publié en 1828, puis plus tard adapté au cinéma, en film érotique, en 1968, mettant en scène des pirates barbaresques[83].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La prise d'Alger en 1830 par les Français, a mis fin à l'autorité turque sur le territoire, par le biais de la Convention franco-algérienne de 1830, mettant ainsi fin à 314 années de domination turque (1516-1830).
  2. Un roman d'Olivier Weber, Le Barbaresque, relate cette captivité et les évasions manquées de Cervantes.
  3. Décrets d'expulsion pris du 22 septembre 1609 au 18 janvier 1610 (voir Roger Coindreau 2006, p. 35).

Références[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]