Gafsa

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Gafsa
Aperçu de la ville de Gafsa
Aperçu de la ville de Gafsa
Administration
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Gouvernorat Gafsa
Délégation(s) Gafsa Nord
Gafsa Sud
Maire Abdelwahab Rjab[1]
Démographie
Gentilé Gafsien
Population 95 242 hab. (2014[2])
Géographie
Coordonnées 34° 25′ Nord 8° 47′ Est / 34.42, 8.79
Altitude 298[3] m
Localisation

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Liens
Site web www.commune-gafsa.gov.tn

Gafsa (ڨفصة Prononciation du titre dans sa version originale Écouter [gɑfsˤæ]) est une ville du sud-ouest de la Tunisie et le chef-lieu du gouvernorat du même nom.

La municipalité abrite une population de 95 242 habitants selon le recensement de 2014[2] mais son agglomération, comprenant également El Ksar, atteint quelques 130 000 habitants.

Géographie[modifier | modifier le code]

Elle est située à quelques 360 kilomètres au sud de la capitale Tunis et à environ 100 kilomètres de la frontière tuniso-algérienne, dans une trouée au milieu d'un alignement montagneux appelé « monts de Gafsa », entre le Djebel Bou Ramli et le Djebel Orbata qui culmine à 1 165 mètres.

De par son emplacement, elle joue un rôle de carrefour sur les axes routiers reliant Tunis à Nefta et le nord de l'Algérie à la Libye.

Apparu dès 2003 dans une ancienne carrière mais connu du public seulement à partir de juillet 2014, un lac a connu une certaine médiatisation. La découverte d'une oasis dans cette région pauvre et aride, en plein ramadan, a frappé par sa portée symbolique et a provoqué une brève flambée d'enthousiasme[4]. Il s'est toutefois vite avéré impropre à la baignade comme à la consommation, en raison de la forte pollution du sous-sol.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Capsa, le nom antique de la ville de Gafsa, a donné son nom à la culture épipaléolithique capsienne. Des ossements et des traces d'activités humaines remontant à plus de 8 500 ans[5] ont été découverts dans cette région. Outre la fabrication d'outils en pierre et en silex, les Capsiens produisaient, à partir d'ossements, divers outils dont des aiguilles pour coudre des vêtements à partir de peaux d'animaux.

Antiquité et période byzantine[modifier | modifier le code]

Piscine romaine de Gafsa

Au XIIe siècle av. J.-C. selon la tradition littéraire, les Phéniciens fondent Utique.

Les Romains occupent Capsa au IIe siècle av. J.-C.. La ville se développe alors au point de devenir un municipe puis une colonie. En 540, les Byzantins la protègent d'un rempart, construit avec des matériaux de remploi romains et la rebaptisent Justiniana.

Il ne subsiste pas de vestiges repérables des monuments de l'époque romaine. Une inscription mentionne un spectacle de jeux et constitue la seule trace de l'existence d'un théâtre ou d'un amphithéâtre[6],[7]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Minaret de la Grande Mosquée de Gafsa

Oqba Ibn Nafi Al Fihri prend la ville en 688 mais rencontre une résistance farouche car les Berbères refusent longtemps de se convertir à l'islam. Au XIIe siècle, on parle encore latin à Gafsa.

Au XVe siècle, la kasbah est construite sur les fondations de l'enceinte byzantine.

Période coloniale[modifier | modifier le code]

Dans le cadre du Protectorat français de Tunisie, Gafsa devient le lieu de cantonnement de compagnies disciplinaires de l'armée française. Ainsi, les mutins du 17e régiment d'infanterie de ligne y sont envoyés après leur refus d'obéissance de 1907[8].

Durant la Seconde Guerre mondiale, en 1942 et 1943, la cité subit plusieurs bombardements allemands et une partie de la kasbah est détruite. Gafsa est le théâtre d'une bataille historique, opposant la 10e division de panzers et les forces alliées, connue sous le nom de bataille d'El Guettar.

Le , le khalifa (préfet) de Gafsa, Sliman Ben Hamouda, est abattu d'un coup de pistolet[9].

Indépendance[modifier | modifier le code]

En 1980, la ville est prise d'assaut par un commando venu de Libye, ce qui est ensuite connu comme « les événements de Gafsa ».

Durant le premier semestre 2008, les grèves de Gafsa mobilisent une grande partie de la population, durement frappée par le chômage et la pauvreté, appelant au respect de la justice sociale et de la dignité. Elles secouent tout le gouvernorat, avec de nombreuses morts, des arrestations ou des actes de torture liées à la répression du régime de Zine el-Abidine Ben Ali.

La région est au cœur de la révolution de 2011, tout comme celles de Sidi Bouzid et Kasserine.

Économie[modifier | modifier le code]

Gafsa se développe grâce à l'exploitation minière des phosphates dont le gisement découvert en 1886 est l'un des plus importants au monde. Elle extrait de ses mines près de cinq millions de tonnes de phosphates en 2011, ce qui fait de la Tunisie le septième producteur mondial. La Compagnie des phosphates de Gafsa a possédé sa propre ligne de chemin de fer privée jusqu'en 1966, sur la base d'une convention signée le 25 août 1896. Paradoxalement, la ville est assez pauvre et ne bénéficie pas des revenus du phosphate.

Gafsa s'est aussi spécialisée dans l'artisanat du tapis de laine, notamment le kilim et le margoum, dont certains types sont destinés à l'exportation[10]. À partir de 1998, l'Office national de l'artisanat a lancé une politique de soutien locale[11], sous la direction de l'artiste Hmida Ouahada qui avait entamé un travail de recherche et de création dès 1957[12].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Naissance à Gafsa.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 29 avril 2013 modifiant le décret du 2 juin 2011 portant nomination de délégations spéciales dans certaines communes du territoire de la République tunisienne, Journal officiel de la République tunisienne, n°37, 7 mai 2013, p. 1414
  2. a et b « Recensement de 2014 », sur rgph2014.ins.tn (consulté le 30 avril 2016)
  3. (en) « Geographic coordinates of Gafsa, Tunisia », sur dateandtime.info (consulté le 30 avril 2016)
  4. Bastien Roques, « Tunisie : le mystérieux lac de "Gafsa Beach", miracle ou malédiction ? », sur lepoint.fr,‎ (consulté le 30 avril 2016)
  5. Noura Rahmani, « Nouvelle interprétation de la chronologie capsienne (Épipaléolithique du Maghreb) », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 101, no 2,‎ , p. 345-360 (lire en ligne)
  6. Inscription CIL VIII, 100
  7. Jean-Claude Lachaux, Théâtres et amphithéâtres d'Afrique proconsulaire, Aix-en-Provence, Édisud, 1970, p. 49-50
  8. Jules Maurin et Rémy Pech, 1907. Les mutins de la République : la révolte du Midi viticole, Toulouse, Privat, 2007.
  9. Robert Herly, « Nationalisme et terrorisme en Afrique du Nord », La Revue des Deux Mondes, août 1954.
  10. « Types de tapis produits à Gafsa », sur asmgafsa.org.tn,‎
  11. « Historique de la tapisserie à Gafsa », sur asmgafsa.org.tn,‎
  12. « Parcours de Hmida Ouahada », sur asmgafsa.org.tn,‎

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Francesca Soro, Gafsa : une médina oasienne en Tunisie, Gafsa, Association pour la sauvegarde de la médina de Gafsa, 2004