Frères de la côte

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Les Frères de la côte (ou Frères la côte) aurait été le nom que se seraient donnés une association de flibustiers et de boucaniers installée sur la côte de Saint-Domingue au début du XVIIe siècle[1].

Origine[modifier | modifier le code]

Certains flibustiers, s’associant aux boucaniers qu’ils engageaient au passage, fondèrent une sorte de fraternité qu’ils nommèrent « Frères de la côte », en rappel de la côte de Saint-Domingue sur laquelle ils étaient principalement implantés. Ils se fixèrent des règles, un code de l’honneur et vécurent de leurs diverses activités en marge de la société – chasse, contrebande, piraterie[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

En premier lieu, ce sont les boucaniers qui adoptent entre eux cette appellation, mais l’expression « Frères de la Côte » englobe rapidement de nombreux autres participants, comme les flibustiers ou même les coupeurs de bois de teinture de la côte du Honduras et du golfe de Campêche[3]. Association d’hommes libres et indépendants, les Frères de la Côte partagent une même solidarité et un même amour d’une vie sans contraintes. Adeptes d'une liberté totale, organisés en communautés partageant de manière égalitaire les risques, tâches et butins, ce sont eux qui donnent aujourd'hui à la flibuste ses airs de fraternité libertaire chers aux auteurs engagés qui voient dans ce pan d'histoire un mouvement précurseur de l'anarchisme (par ex. : Daniel Defoe, Gilles Lapouge, Mikhaïl W. Ramseier ou Michel Le Bris).

Jean Gabaret, lorsqu'il arrive à Hispaniola, décrit les flibustiers : « ils vont en course sur les étrangers et rapportent leur butin qui se consomme parmi les habitants parmi lesquels ils vivent le temps qu'ils ne peuvent pas être en mer ». Il ajoute que, à l'instar des boucaniers, les flibustiers « sont accoutumés à la débauche et à vivre indépendants, sans reconnaître aucun chef parmi eux »[4].

Si certains n'hésitent pas aujourd'hui à parler de lieux géographiques précis ou à donner force détails sur la vie et le parcours des Frères de la Côte, il est toutefois risqué de tenter de définir avec trop de précision cette communauté, dont seule la définition – aux contours restés très flous – nous est parvenue[5],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En référence à la côte de Saint-Domingue et à la solidarités qui les unissaient durant leurs expéditions, selon Alexandre-Olivier Exquemelin dans Histoire d'avanturiers qui se sont signalez dans les Indes.
  2. Michel Christian Camus, Ile de la tortue au cœur de la flibuste caraïbe, 2000, L'Harmattan.
  3. Mikhaïl W. Ramseier, La Voile noire, 2006, Favre.
  4. Gilbert Buti et Philippe Hrodej, Dictionnaire des corsaires et des pirates, CNRS Éditions, 2013 (ISBN 978-2-271-06808-8), p. 286
  5. Michel Le Bris, D'Or, de rêves et de sang, 2001, Hachette.
  6. Alexandre Exquemelin, L'histoire des Flibustiers au XVIIe siècle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Le Bris, D'or de rêves et de sang - L'épopée de la flibuste 1494-1588, Hachette-Pluriel, 2004, Paris, 383 pages, (ISBN 2012792030)
  • Gilles Lapouge, Les Pirates, Payot, 1987.
  • Mikhaïl W. Ramseier La Voile noire : aventuriers des Caraïbes et de l’océan Indien, Favre, 2006, Lausanne, 336 pages, (ISBN 2828909328)
  • Alexandre Exquemelin, L'histoire des Flibustiers au XVIIe siècle, Éditions Saurat, 1987, Paris, 280 pages (ISBN 9-782906-337046)

Articles connexes[modifier | modifier le code]