Dragut

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Dragut
Istanbul Statue of Turgut Reis IMG 8583 2010 (cropped).jpg

Monument de Turgut Reis à Istanbul.

Fonction
Beylerbey of Tripolitania (d)
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Turgut Reis
Pseudonyme

Dragut Rais, Darghouth

Arabe : درغوث
Italien : Dragura
Activités
Autres informations
Religion
Grade militaire
Conflits

Dragut, connu en Turquie sous le nom de Turgut Reis et dans les provinces arabes de Darghouth (« dragon »), aussi connu sous le nom de l'« Épée tirée de l'islam »[1] est un célèbre[2] amiral ottoman[3],[3],[4] d'ascendance grecque[5],[6],[7],[8],[dn 1]. Il est né vers 1485 non loin de Bodrum (actuelle Turquie) et mort le à Malte. Reconnu pour son génie militaire[9], il est décrit par un amiral français[Qui ?] comme « une carte vivante de la Méditerranée, assez habile sur terre pour être comparé aux plus beaux généraux de l'époque : personne n'était plus digne de porter le nom de roi »[10].

En plus de servir d'amiral[11] et de corsaire dans la marine ottomane, Dragut a également été nommé bey d'Alger et Djerba, beylerbey (commandant en chef) de la Méditerranée, ainsi que bey , puis pacha de Tripoli.

Sous son commandement[9], la puissance maritime de l'Empire ottoman s'est étendue jusqu'en l'Afrique du Nord[5]. En servant de pacha à Tripoli, Dragut réalise des prouesses dans la ville, ce qui en fait l'une des plus importante à voir sur toute la côte barbaresque[12] (actuel Maghreb).

Biographie[modifier | modifier le code]

Buste de Darghouth au musée naval de Mersin.

Dragut est né dans un village près de Bodrum, sur la côte égéenne en Asie Mineure, dans le sous-district appelé Saravalos (qui est appelé Turgutreis) ou très probablement dans le village de Karabağ[13]. La religion des parents de Dragut et sa religion à la naissance sont actuellement contestées[14],[15],[16].

À l'âge de 12 ans, il est remarqué par un commandant de l'armée ottomane pour son talent dans l'utilisation de lances et de flèches et est recruté par lui. Avec son soutien, le jeune Turgut devient un matelot et un artilleur, et est entraîné comme canonnier et maître de l'artillerie de siège, une compétence qui jouera un rôle important dans le succès futur de Turgut et sa réputation de tacticien naval. Le gouverneur ottoman emmène finalement Turgut en Égypte[17] en 1517, où il participe à la conquête ottomane de l'Égypte comme canonnier.

Après la mort de son maître, Turgut se rend à Alexandrie et commence sa carrière de marin après avoir rejoint la flotte de Sinan Reis. Il devient un des équipiers du corsaire en raison de sa précision pour toucher des navires ennemis avec des canons. Turgut devient capitaine d'un brigantin. Après plusieurs campagnes réussies, il devient l'unique propriétaire du brigantin. Turgut devient plus tard le capitaine et le propriétaire d'une galiote, et l'armant avec les canons les plus avancés de cette période, il commence à opérer dans la Méditerranée orientale, en ciblant notamment les routes maritimes entre Venise et les îles égéennes appartenant à la république de Venise[réf. nécessaire].

C'est un corsaire respecté[9], et craint[18]. Dragut est désigné comme « le plus grand guerrier pirate de tous les temps »[19], « sans doute l'un des dirigeant turque les plus prodigieux »[20], et « le roi sans couronne de la méditerranée »[21].

Émule et protégé par Khayr ad-Din Barberousse, il se signale par ses courses et ses dévastations sur les côtes du royaume de Naples et de la Calabre. En 1538, sous les ordres de Barberousse, il participe à la victorieuse bataille de Préveza[réf. nécessaire].

Les forces ottomanes, comprenant Dragut, battent la flotte de la Sainte Ligue de Charles V, commandée par Andrea Doria lors de la Bataille de Préveza (1538).

En septembre 1538, à la bataille de Prévéza, Turgut Reis, avec 20 galères et 10 galiotes, commande l'aile centrale arrière de la flotte ottomane qui combat la Sainte Ligue, une alliance chrétienne de courte durée composée des Hospitaliers, des États pontificaux, Venise, Espagne, Naples et Sicile, qui est alors sous le commandement d'Andrea Doria. Malgré le nombre plus élevé de vaisseaux de la Sainte Ligue, 302 navires et 60 000 soldats, Dragut et la flotte ottomane anéantissent l'alliance chrétienne avec seulement 112 navires et 12 000 soldats. Pendant la bataille, avec deux de ses galiotes, Dragut capture la galère pontificale de Giambattista Dovizi, le chevalier qui est aussi l'abbé de Bibbiena, en le faisant, lui et son équipage, prisonniers[réf. nécessaire].

En 1539, commandant 36 galères et galiotes, Turgut Reis reprend Castelnuovo aux Vénitiens, qui avaient pris la ville aux Ottomans. Pendant le combat, il coule deux galères vénitiennes et en capture trois autres. Toujours en 1539, en arrivant sur Corfou, il rencontre 12 galères vénitiennes sous le commandement de Francesco Pasqualigo et capture l'office d'Antonio da Canal. Plus tard, il atteint la Crète et combat contre les cavaliers vénitiens sous le commandement d'Antonio Calbo[réf. nécessaire].

Giovanni Andrea Doria, neveu d'Andrea Doria, le fait prisonnier en juin 1540 après l'affaire de la Girolata, et il est réduit aux galères jusqu'au paiement de sa rançon en 1544. Après sa libération, il a pour base l'île de Djerba où il abrite sa flotte, mais dont les habitants ne lui sont pas totalement favorables[réf. nécessaire].

En 1548, il est nommé beylerbeyi d'Algérie par Soliman le Magnifique. La même année, il ordonne la construction d'une galère quadrireme à l'arsenal naval de Djerba, qu'il commence à utiliser en 1549. En août 1548, il débarque à Castellamare di Stabia, sur la baie de Naples, et prend la ville avec Pozzuoli. De là il va à Procida. Quelques jours plus tard, il capture une galère espagnole chargée de marins et d'or au Capo Miseno près de Procida. Peu après il a capture une galère maltaise, La Caterinetta, au golfe de Naples, avec sa cargaison de 70 000 ducats d'or qui ont été recueillis par les Chevaliers de Saint-Jean des églises de France dans le but de renforcer les défenses de Tripoli, qui étaient alors sous contrôle maltais[réf. nécessaire].

En 1550, il s'empare de la ville appelée Africa (actuelle Mahdia au nord de Sfax) et part pour sa campagne d'été. Mais les Espagnols, qui depuis l'expédition de Tunis en 1535, occupent La Goulette et contrôlent le Sultanat hafside de Tunis, envoient une escadre commandée par Doria à Africa et s'en emparent (septembre 1550) après un siège de trois mois[réf. nécessaire]. Une garnison y reste jusqu'en 1554, puis la place est détruite et abandonnée ()[22].

Le , avec Piyale Pacha, Dragut remporte l'importante bataille navale de Djerba sur la flotte espagnole où il détruit et capture 60 navires, et fait 18 000 tués ; avec leurs crânes, il fait édifier près du Borj El Kebir une pyramide sur l'emplacement aujourd'hui connue sous le nom de Borj el Riouss (tour des crânes)[23]. Un de ses nombreux repaires se trouvait sur l'îlot de Ziglione à Porto-Vecchio (Corse) autrefois occupé par les troupes génoises. Ces dernières redoutaient les incursions du pirate et finissent par quitter la cité du sel faute de terres cultivables et du paludisme qui y sévissait[réf. nécessaire].

En 1565, il rejoint les Turcs au Grand Siège de Malte, à la tête de 15 galères, et y est tué par un boulet de canon. Il est enterré à Tripoli en Libye[réf. nécessaire].

Hommages[modifier | modifier le code]

Plusieurs navires militaires de la flotte turque ont été baptisés de son nom.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Edebiyatta Milliyetçilik, « Mavi Anadolu Tezi ve Halikarnas Balıkçısı », Birikim, Sayı 210, Ekim 2006, p. 35.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Rafael Sabatini, The Sword of Islam and Other Tales of Adventure, Wildside Press, , 7 p. (ISBN 9781434467904).
  2. (en) J. Fl. Morgan, A Complete History of Algiers. to Which Is Prefixed, an Epitome of the General History of Barbary, from the Earliest Times: Interspersed with Many Curious Remarks and Passages Not Touched on by Any Writer Whatever, Volume 2, Wentworth Press, , 432 p. (ISBN 9781360782119).
  3. a et b (en) Cengiz Orhonlu, Journal of Turkish History with Documents, , 69 p., « Belgelerle Türk Tarihi Dergisi ».
  4. (en) İsmail Uzunçarşılı Hakkı, Ottoman History, II, T.R. Department of Turkish History, , 384 p., « Osmanlı Tarihi, II ».
  5. a et b (en) Clark G. Reynolds, Command of the sea: the history and strategy of maritime empires, Morrow, , 120-121 p. (ISBN 9780688002671).
  6. (en) Phillip Chiviges Naylor, North Africa: a history from antiquity to the present, University of Texas Press, , 120-121 p. (ISBN 9780292719224).
  7. (en) Iain Chambers, Mediterranean crossings: the politics of an interrupted modernity, Duke University Press, , 38-39 p. (ISBN 9780822341260).
  8. (en) Michael Pauls et Dana Facaros, Turkey, New Holland Publishers, , 286-287 p. (ISBN 9781860110788).
  9. a, b et c (en) Judith Miller, « Malta, Where Suleiman Laid Siege », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  10. (en) Francesco Balbi, The Siege of Malta, 1565, Boydell Press, , 63-64 p. (ISBN 9781843831402).
  11. (en) John Oakes, Libya: The History of Gaddafi's Pariah State, The History Press, , 38 p. (ISBN 9780752471082).
  12. (en) Phillip Chiviges Naylor, North Africa: a history from antiquity to the present, University of Texas Press, , 120-121 p. (ISBN 9780292719224).
  13. (en) Cihan Yemişçi, The Question of Turgut Reis' Birth Place, I. Turgut Reis Turkish Maritime History Symposium (27-28 May 2011), , « Turgut Reis'in Nereli Olduğu Meselesi ».
  14. (en) E. Hamilton Currey, Flag of the Prophet: The Story of the Muslim Corsairs, Fireship Press, , 168 p. (ISBN 9781934757550).
  15. (en) Stanley Lane-Poole, The Story of the Nations: The Barbary Corsairs, G.P. Gutnam's Sons, , 124 p..
  16. (en) Dominic Bevan Wyndham Lewis, Charles of Europe, Coward-McCann, , 174-175 p. (OCLC 485792029).
  17. (en) Jack Beeching, The galleys at Lepanto: Jack Beeching, Scribner, , 72-73 p. (ISBN 9780684179186).
  18. (en) Fernand Braudel, The Mediterranean and the Mediterranean world in the age of Philip II, Volume 2, University of California Press, , 908-909 p. (ISBN 9780520203303).
  19. (en) Judith Miller, « Malta, Where Suleiman Laid Siege », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  20. (en) Francesco Balbi, The Siege of Malta, 1565, Boydell Press, , 63-64 p. (ISBN 9781843831402).
  21. (en) Francesco Balbi, The Siege of Malta, 1565, Boydell Press, , 63-jur64 p. (ISBN 9781843831402).
  22. Pour ce paragraphe sur Djerba et Africa : cf. Braudel, La Méditerranée…, édition 1982, p. 228-231.
  23. Historique de Djerba sur le site Encyclopédie de l'Afrique du Nord.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II, Paris, Armand Colin, 1949 (8 rééditions de 1966 à 1990).
  • Charles Monchicourt, « Épisodes de la carrière tunisienne de Dragut, 1550-1551 », Revue tunisienne, 1917.
  • (tr) Ali Riza Seifi, Dorghut Re'is, Istanbul, 1932 (édition en caractères turco-latins).

Liens externes[modifier | modifier le code]