Jean Merrien

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Jean Merrien
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 67 ans)
FribourgVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
René de La Poix de FréminvilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Jean Merrien
Christophe PaulinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
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Mouvement
Condamnation
Distinction

Jean Merrien, pour l'état civil René de La Poix de Fréminville, né le 3 juin 1905 au Chesnay[1] (actuelles Yvelines) et mort le 7 juin 1972 à Fribourg en Suisse, est un navigateur et écrivain français spécialiste de l'histoire maritime. Il est aussi un militant nationaliste breton convaincu, actif notamment pendant l'Occupation.

Son pseudonyme rappelle l'attachement de toute sa vie à la mer[2]. Quelques romans populaires de sa main ont paru sous la signature de Christophe Paulin[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

René Maurice Alfred Marie de La Poix de Fréminville est le fils de Charles, ingénieur, et de Rachel Sylvestre de Sacy.

Homme de lettres, doué pour l'écriture, il devient familier du monde de la mer et de la pêche au Pouldu. Il effectue son service militaire dans la marine.

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Étudiant à Paris, il y fonde en 1925 l'Association des étudiants bretons[1].

Il se marie avec Françoise Hannebicque ; de cette union naît, en 1931, un fils, Hervé.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1941, il devient membre de l'Institut celtique.

Le père de famille

Durant la Seconde Guerre mondiale, il rencontre Gisèle Verschuere à Cherbourg. Ils s'installent à Rennes et créent la Librairie de Bretagne, qui est détruite par les bombardements de la ville. De son mariage avec elle, sont nés trois enfants : à Rennes, Gwénolé en 1944 et Gildas en 1946, puis, à Nantes, Marine, en 1948.

Le militant nationaliste

Parallèlement à son activité de libraire à Rennes, il affirme ses convictions nationalistes en collaborant à divers journaux nationalistes bretons[1].

Ainsi, d'octobre à décembre 1940, il collabore au journal L'Heure bretonne, organe de presse du parti national breton alors tenu par Olier Mordrel. Il en est le second rédacteur en chef, succédant à Morvan Lebesque. Indépendantiste affirmé, il donne également à ses textes une dimension anti-anglaise et antisémite[n 1],[1]. Il est remplacé à l'Heure bretonne par Jos Jaffré lors de l'éviction d'Olier Mordrel du Parti national breton.

Il collabore ensuite à La Bretagne, journal fondé en mars 1941 par Yann Fouéré. Dans cet hebdomadaire, il écrit essentiellement des textes sur les questions culturelles[1].

Du fait de ses activités au sein de la presse collaborationniste, il est condamné à la Libération à cinq ans d'indignité nationale et à la confiscation de ses biens. Il quitte alors Rennes pour Nantes en 1948[1].

L'après-guerre : l'écrivain[modifier | modifier le code]

Il rejoint Nantes en 1948, puis la Suisse en 1964. Historien, il laisse des ouvrages importants sur la vie des marins, les corsaires, les navigateurs solitaires. Sa notoriété est due aussi à ses ouvrages didactiques sur la navigation à voile : dictionnaires, guides, manuels d'initiation[4].

Plaisancier, il crée avec des architectes navals, la série des « diables », bateaux à double quille.

Œuvre[modifier | modifier le code]

À part ses premiers ouvrages, La Mort jeune (1938) et Abandons de postes (1939), Bord à bord (Prix populiste 1944) et Le Refus (1946), l'aventure maritime est le thème de ses romans tels L'Homme de la mer (Grand Prix de la mer 1948), Les Mémoires d'un yacht (1953), Valérie de la mer (1960) ou L'oiseau de mort du Cap Horn (1971) qui relate les pérégrinations d'un trois-mâts Duchesse Anne.

Il est également historien de la « course » (Tels étaient corsaires et flibustiers, 1957) et des marins (Christophe Colomb, 1955 ; Les Grands Drames de la mer, 1961 ; Le Légendaire de la mer, 1969 ; Vie quotidienne des ramis au temps du Roi Soleil, 1964, etc.)

Il a utilisé dans ses livres son expérience de la navigation (qu'il a pratiquée sur son propre bateau depuis l'âge de douze ans et dans la Marine de guerre) : Dictionnaire de la mer (1960), Petits Ports de Corse (1960), Ma Petite Voile en 60 leçons (1965), Naissance et vie du bateau (1965).

Sous le pseudonyme de René Madec[5], il a publié des romans policiers dont le personnage central est l'abbé Garrec.

Sous celui de Christophe Paulin, il a écrit des « policiers marins » ainsi qu'un roman de science fiction.

Son œuvre compte aussi de nombreux livres pour la jeunesse. Au total plus de 80 ouvrages. Il a consacré son dernier ouvrage au frère de son arrière-grand-père paternel, Un certain chevalier de Fréminville (Christophe Paulin de Fréminville [1787-1848]) en 1970.

Il a écrit des articles dans la revue Neptunia éditée par le Musée national de la Marine de Paris.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Note : Liste non exhaustive.

Romans pour la jeunesse aux éditions Hachette[modifier | modifier le code]

Collection Bibliothèque verte :

Ouvrages sur la marine et la voile[modifier | modifier le code]

  • Jean Merrien, Dictionnaire de la mer : le langage des marins, la pratique de la voile, R. Laffont, , XIV-647 p.
    Réédité en 2001 puis en 2014 sous le titre Dictionnaire de la mer : savoir-faire, traditions, vocabulaires-techniques, Omnibus, XXIV-861 p., (ISBN 978-2-258-11327-5)
  • naviguez sans voile
  • naviguez à la voile
  • cours de plaisance

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans l'Heure bretonne du 3 novembre 1940, il écrit « Quand l'Angleterre aura cessé de vouloir imposer au monde sa tyrannie et ses juifs, de nouveau les touristes anglais seront chez nous les mieux reçus du monde. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Cadiou 2013, p. 153
  2. Nic Diament, « Merrien, Jean », dans Nic Diament, Dictionnaire des écrivains français pour la jeunesse : 1914-1991, L'École des loisirs, (ISBN 2-211-07125-2), p. 462-463.
  3. « Paulin, Christophe », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 16 septembre 2017)
  4. Dominique Le Brun, « Préface », dans Jean Merrien, Dictionnaire de la mer : savoir-faire, traditions, vocabulaires-techniques, Omnibus, (ISBN 978-2-258-11327-5)
  5. René Madec (1736-1794) était nabab du Grand Moghol.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Cadiou, « Fréminville, René Paulin de la Poix de, dit Jean Merrien (1905-1972) », dans EMSAV : Dictionnaire critique, historique et biographique : Le mouvement breton de A à Z du XIXe à nos jours, Spézet, Coop Breizh, , 439 p. (ISBN 978-2-84346-587-1), p. 153

Liens externes[modifier | modifier le code]