Khayr ad-Din Barberousse

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Khayr ad-Din Barberousse
Gouverneur de la Régence d'Alger
Image illustrative de l’article Khayr ad-Din Barberousse
Portrait moderne
Biographie
Nom de naissance Khizir Khayr ad-Dîn
Surnom Barberousse
Nom arabe خير الدين
Nom turc Barbaros Hızır Hayreddin Paşa
Date de naissance Vers
Lieu de naissance Île de Lesbos (Mytilène)
Date de décès
Fonctions
Titre Beylerbey de la régence d'Alger
Règne 1518 - 1533
Prédécesseur Arudj Barberousse
Successeur Hassan Agha

Titre Beylerbey d'Alger
Règne 1533 - 1546

Khizir Khayr ad-Dîn (turc : Barbaros Hızır Hayreddin Paşa, arabe : خير الدين Khayr ad-dīn[n 1],[n 2],[n 3]), dit « Barberousse », né vers 1466 dans l'île de Lesbos, mort le , fut un corsaire ottoman sous le règne de Soliman le Magnifique, ayant occupé les postes de beylerbey (gouverneur-général) de la régence d'Alger et de kapudan pacha (grand amiral).

Khayr ad-Dîn est le frère cadet d'un autre marin, Arudj Reïs[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et famille[modifier | modifier le code]

Il serait issu d'une famille pauvre et nombreuse, installée sur l'île de Lesbos. En effet, il a eu 3 frères et 4 sœurs comme lui d'origine grecque. Son père, Yakup, est un potier grec de religion chrétienne[2], s'étant installé sur Lesbos après avoir commis un délit. Sa mère, elle, est peut-être la veuve d'un prêtre grec nommée Katalina[3],[4],[5]. Des trois frères, Arudj, Eliah et Isaak, l'un meurt jeune, à savoir Eliah. Quelques années plus tard, Arudj prend la mer, dans l'espoir de sortir de la pauvreté. À la mort de son père, il revient sur l'île, avec un navire dont il a reçu le commandement, de corsaires turcs, et embarque ses frères qui fuyaient la misère[2]. À bord, ces derniers se convertissent à l'islam. Ils convoient, ensuite, des Musulmans et des Séfarades fuyant la pression de l'Inquisition espagnole et les conversions de force décrétées par Isabelle la Catholique en 1492, de l'Andalousie vers l'Empire ottoman (fin de la Reconquista) où le sultan Bayézid II leur a donné refuge[6]. Cela leur confère un grand prestige auprès des Juifs et des Musulmans, et c'est à cette période qu'ils acquièrent le surnom de « Barberousse ». Les trois frères sillonnent la Méditerranée s'adonnant à la « course » contre les navires chrétiens avec pour ports d'attache Tunis, Djerba, Jijel et Alger, où Arudj, usant de ruse et de cruauté, se fit bey de la cité[7].

Beylerbey d'Alger[modifier | modifier le code]

Khayreddine Barberousse proclamé « sultan d'Alger », craignant une attaque espagnole, va proposer, sur avis d'une assemblée d'oulémas et de notables algérois, le rattachement de la régence d'Alger à l'Empire ottoman en 1519[8][réf. non conforme]. Le sultan Sélim Ier lui envoie ainsi une troupe de 2 000 janissaires munie d'artillerie et 4 000 volontaires turcs[9][réf. non conforme].

Ce rattachement volontaire et le rôle important de la flotte d'Alger dans les conflits navals ottomans vont donner aux relations entre Alger et Istanbul un caractère particulier faisant de la régence non pas une simple province mais un « État d'Empire »[8][réf. non conforme].

En 1526, il subit un échec cuisant face à la flotte d'Andrea Doria, alors chef de la flotte pontificale, qui attaque avec succès une partie de sa flotte aux abords de Piombino. Plusieurs centaines d'hommes de Barberousse sont alors faits prisonniers[10]. Barberousse reprend Alger après l'assassinat de Sidi Ahmed ou el Kadhi par ses proches en 1527 au niveau de la région des Aïth Aïcha.

En 1529, Barberousse entreprend la prise du Peñon d'Alger, considérée comme une « épine au cœur des Algérois » par celui ci[11][réf. non conforme]. Après deux semaines d'intensifs bombardements d'artillerie[réf. nécessaire], les Ottomans prennent d'assaut le fort. Des 150 hommes que comptait la garnison du capitaine Martin de Vargas, le quart seulement survit, dont le capitaine[12]. 25 femmes et enfants sont faits esclaves[réf. nécessaire]. Barberousse fait raser la forteresse et emploie les pierres pour la construction d'une jetée entre la plage et le rocher[12]. Dans la baie de Santa Pola, le capitaine Rodrigo Portuondo perd toutes ses galères sauf une lors d'une attaque de Cachadiablo, allié de Barberousse. Portuonda y perd la vie alors que son fils Domingo est ramené prisonnier à Alger. Barberousse envoie aussitôt l'étendard impérial et quelques chrétiens capturés au sultan turc, qui le récompense en le nommant Beylerbey (Gouverneur régional) et Gazi (Conquérant[13])[12].

En 1531, son grand rival l'amiral génois Andrea Doria, au service de l'Espagne, fond sur Cherchell, surprenant Ali Caraman, lieutenant de Barberousse, il l'oblige à détruire la majeure part de ses navires pour éviter qu'ils soient pris et libère plusieurs centaines d'esclaves[14], mais subit par la suite une défaite au cours de laquelle 300 Espagnols furent tués ou faits prisonniers[15]. Barberousse poursuivit la flotte espagnole en déroute et ravage au passage les côtes italiennes et la Provence.

Représentation de l'attaque de La Goulette par Frans Hogenberg.

Barberousse avait alors fui le champ de bataille avec les restes de son armée vers Bône, puis Alger[16]

Pacha à Constantinople[modifier | modifier le code]

Khayr ad-Din Barberousse.

Il élimine l'idée d'une alliance entre les puissances chrétiennes contre les Turcs, Venise se retirant de la coalition des flottes occidentales[17]. En conséquence, cette bataille marque le début de la prédominance navale des Turcs en Méditerranée qui prend fin à Lépante en 1571[18].

Statue de Barberousse à Antalya en Turquie.

« Ils les prirent, les dépouillèrent tout nus et les ouvrirent vivants ; et ils ne faisaient cela que pour prendre le fiel. Comme nous leur demandions pourquoi ils usaient de si grandes cruautés, ils nous répondirent que ce fiel avait une très grande vertu. Nous n'en obtînmes rien d'autre. » ». Mais selon l'historien Jacques Heers, le bilan politique et militaire de ces opérations pour les Ottomans demeurait médiocre : « de riches prises mais ni victoire retentissante ni conquête territoriale. Tunis restait aux mains des Espagnols »[19].

Tombe de Barberousse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Trancription ALA-LC 1997.
  2. ou Chair ad Din, diminutif : Chaireddin, voire Cheireddin.
  3. Prénom arabe signifiant « Bienfait de la religion ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Khizir Khayr ad-Dîn dit Barberousse (1466-1546) », sur portcros-parcnational.fr (consulté le 5 aout 2018).
  2. a et b Diego de Haedo, Histoire des Rois d'Alger, Valladolid, , 226 p. (lire en ligne), p. 3.
  3. Charles de Rotalier, Histoire d'Alger et de la Piraterie des Tures dans la Méditerranée... (Vol 1), , 447 p. (lire en ligne), p.76.
  4. La piraterie barbaresque en Méditerranée: XVI-XIXe siècle (2000) p. 28.
  5. Charles de ROTALIER, Histoire d'Alger et de la Piraterie des Tures dans la Méditerranée... (Vol1), (lire en ligne), p.76.
  6. Malek Chebel, L'islam en 100 questions, Tallandier, , 240 p. (ISBN 978-2-36865-017-2, lire en ligne), chapitre 76.
  7. A. L. F. Alix, Précis de l'histoire de l'empire Ottoman: depuis son origine jusqu’à nos jours, Firmin Didot, pere et fils, Volume 1, p 14, 1822 Lire en ligne.
  8. a et b Bouchène Peyroulou (2012)[réf. non conforme].
  9. Pierre Montagnon, La conquête de l'Algérie : Les germes de la discorde, Pygmalion, , 470 p. (ISBN 978-2-7564-0877-4, lire en ligne)[réf. non conforme].
  10. Graziani 2008, p. 94.
  11. Louis Mouilleseaux, Jean Lassus (1962)[réf. non conforme].
  12. a b et c Lindsay Armstrong, Charles Quint (1500-1558) : L'indomptable, Paris, Flammarion, , 574 p. (ISBN 978-2-08-134652-9), chap. 22 (« Charles Quint fédère l'Italie »).
  13. (en) Almaany Team, « Translation and Meaning of غازي In English, English Arabic Dictionary of terms Page 1 », sur www.almaany.com (consulté le 25 mai 2020)
  14. Heers 2001, p. 76.
  15. Graziani 2008, p. 160-161.
  16. Heers 2001, p. 80.
  17. Graziani 2008, p. 184-187.
  18. Bono 1998, p. 22.
  19. Heers 2001, p. 106.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]