Uluç Ali Paşa

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Uluç Ali Paşa
Gouverneur de la Régence d'Alger
Image illustrative de l'article Uluç Ali Paşa
Buste d'Uluç Ali Paşa au musée naval d'Istanbul
Biographie
Nom de naissance Giovanni Dionigi Galeni
Nom arabe العلج علي باشا
Nom turc Uluç Ali Paşa ou Kılıç Ali Paşa
Origine Italie
Date de naissance
Lieu de naissance Calabre, Italie
Date de décès
Lieu de décès Istanbul, Turquie
Fonction
Titre Beylerbey de la régence d'Alger
Règne 1568 - 1577
Prédécesseur Mehmed Pasha
Successeur Hassan Veneziano (Époque des Pachas)

Uluç Ali Paşa (« Général Ali le Converti »), à l'origine Giovanni Dionigi Galeni, né en 1519 en Calabre et mort le , est un Italien « renégat », devenu sujet, puis officier corsaire de l'Empire ottoman, dans la hiérarchie duquel il atteint les sommets : placé à la tête de la régence d'Alger de 1568 à 1571, il est nommé capitan pacha (« amiral de la flotte », kapudan paşa) à la suite de la bataille de Lépante et le reste jusqu'à sa mort.

Onomastique[modifier | modifier le code]

Uluç Ali est la graphie turque de son nom, mais, selon les sources, celui-ci apparaît sous des formes très diverses : Oulouch Ali[1][réf. incomplète], Uluj Ali, dans la plupart des écrits anglais et espagnols, Uludsch Ali dans certains écrits allemands[2][réf. incomplète], Euldj Ali[3][réf. incomplète] et même Occhialiì, utilisé par ses contemporains italiens, ce nom se prononce okiali, ce qui en italien signifie « lunettes », l'accent portant cependant sur la première syllabe au lieu de la seconde. Le mot turc Uluç (Uludj en arabe) signifie « nouveau More » donc « converti (à l'islam) », notion qui est rendue en français par « (chrétien) renégat ». Uluç Ali est aussi connu sous les noms d'Ali Fartas (« Ali-le-Teigneux ») et de Kılıç Ali (« Ali-le-Sabre »), nom qu'il reçoit lors de sa nomination comme capitan pacha le [3][réf. incomplète].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et conversion[modifier | modifier le code]

Giovanni Galeni naît en Calabre à Liscateli près duCap des Colonnes, de parents miséreux[réf. nécessaire].

En 1535, se rendant à Naples pour faire des études de théologie, il est enlevé par Ali Ahmed, un renégat grec, amiral de la régence d'Alger, qui l'enrôle dans sa chiourme. Rejeté par les chrétiens qui, le considérant comme un délateur, ne le laissent ni manger avec eux ni s'asseoir sur le même banc, il est surnommé par eux fartas (« teigneux » en turc/« chauve » en arabe) ; il se convertit à l'islam par arrivisme[réf. nécessaire].

Ascension dans la marine et l'administration ottomane[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bataille de Djerba.

Son maître le nomme alors comite (officier de vaisseau). Sa nouvelle fonction lui permet d'accumuler des fonds, avec lesquels il arme une frégate pour la course, et devient l'un des plus importants raïs corsaires d'Alger. Il est aussi l'un des principaux esclavagistes musulmans de son époque[réf. nécessaire].

Plus tard, il se joint au corsaire turc Dragut, l'un des fidèles compagnons de Hassan Pacha, qui réside alors à Djerba. En 1560, averti que le vice-roi de Sicile, Juan de la Cerda (en), duc de Médina-Celi, s'apprête à l'attaquer, Dragut envoie Uluç Ali à Constantinople chercher du secours auprès du sultan Soliman le Magnifique, qui consent à envoyer son grand amiral Piyale Pacha avec 86 galères et galiotes qui remportent en mai une victoire à Djerba[réf. nécessaire].

En 1565, il participe avec ses renégats au siège de Malte, perdu par les Ottomans, au cours duquel Dragut trouve la mort ; à son retour, Piyale Pacha, en sa qualité de capitan pacha, le nomme gouverneur de Tripoli. Il commanda la place pendant deux ans et demi, durant lesquels il devient très riche, puis est nommé beylerbey d'Alger en [réf. nécessaire].

Le gouvernorat d'Alger[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Il joue un important rôle dans le soulèvement morisque de 1568 à 1570 en envoyant à plusieurs reprises devant Almería des hommes, des armes et des munitions, ainsi qu'une flotte de 40 navires qui est dispersée par les vents violents de l'hiver[4]. En , il chasse la dynastie des hafsides de Tunis à la tête d’une flotte de vingt galères et galiotes et d’une armée composée d’environ 5 000 janissaires, Uluç Ali s’adjoignit le renfort de nombreuses tribus kabyles, puis, il bat les Vénitiens en 1571 et s'empare de Dulcigno qu'il pille et dont il réduit les habitants en esclavage.

La bataille de Lépante et ses conséquences[modifier | modifier le code]

Lors de la bataille de Lépante, le , il dirige l'aile gauche de l'escadre ottomane face à l'aile droite chrétienne commandée par l'amiral génois Giovanni Andrea Doria. Grâce à une habile manœuvre, Uluç Ali écarta ses vaisseaux du centre et se dirigea lentement vers le large. Doria estima que son adversaire voulait le déborder pour le prendre à revers et manœuvra en conséquence, se laissant glisser vers la haute mer. Brutalement, les vaisseaux d'Uluç Ali changèrent de direction et revinrent à force de rames vers le centre, il réussit d'abord à semer une panique chez ses adversaires, coulant douze galères parmi lesquelles la Capitane de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Malte. Ils s'emparent du capitaine de ce vaisseau, le prieur Giustiniani, et du grand étendard. Grâce à l'intervention de sa réserve, Andrea Doria rétablit la situation et prend la victoire[1],[3] puis à prendre l'avantage[réf. nécessaire].

Uluç Ali réussit à rallier Istanbul le avec les débris de l'armada ottomane. C'est le seul commandant ottoman sorti vivant de la bataille, de plus la tête haute, aussi le sultan Sélim II le nomme-t-il capitan pacha dès que la nouvelle du désastre lui arrive, puis lui offre le titre de kılıç (sabre) et lui confie la réorganisation de la flotte en coordination avec le grand vizir Sokollu Mehmet Pacha[réf. nécessaire][3].

Grand amiral de la flotte ottomane[modifier | modifier le code]

Ces honneurs lui attirent des jalousies et il doit quitter la demeure habituelle des beylerbeys pour aller vivre dans le fort Hadj Ali sous la protection de ses pairs. Sa puissance est telle que le pape Pie V intrigue avec Philippe II d'Espagne pour le gagner à leur cause. Uluç Ali, fidèle à l'islam, refuse[réf. nécessaire].

En 1573, il débloque Modon assiégée, puis en 1574 reprend Tunis aux Espagnols qui l'avaient conquise après la Bataille de Lépante. En 1578, il est dépêché à Chypre pour châtier les miliciens qui avaient fait périr leur gouverneur Arab Ahmed qui ne leur payait pas régulièrement leur solde[réf. nécessaire].

En 1579, il commença à édifier la forteresse de Kars près de Trébizonde dans le but de faciliter le passage des troupes du Grand Tartare, allié du grand seigneur dans sa lutte contre le sophi de Perse[réf. nécessaire].

Statue d'Uluç Ali Reis dans sa ville d'origine, Le Castella, Italie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Guy Le Moing (2011)[réf. incomplète]
  2. Joseph von Hammer-Purgstall, (1841)[réf. incomplète]
  3. a, b, c et d Alessandro Barbero (2012)[réf. incomplète].
  4. Lemnouar Merouche, Recherches sur l'Algérie à l'époque ottomane, Bouchene, (ISBN 9782912946959, lire en ligne), chap. 6 (« « De Salah Raïs à Euldj Ali » »), p. 50

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alessandro Barbero, La bataille des trois empires Lépante, 1571, Flammarion, coll. « Au fil de l'histoire », 2012
  • Diégo de Haëdo, traduction par H.D. de Grammont, Histoire des Rois d'Alger, Alger, Adolphe Jourdan, 1881 (réédition : Alger, éditions Grand-Alger-Livres, 2004)
  • Joseph von Hammer-Purgstall, Histoire de l'empire ottoman depuis son origine jusqu'à nos jours, Parent-Desbarres, Paris, 1841
  • Defontin-Maxange, Eudj'Ali, corsaire barbaresque, Beglier-Bey d'Afrique et Grand-Amiral, Pedone, 1930
  • Guy Le Moing, Les 600 plus grandes batailles navales de l'histoire, Marines Éditions, 2011.