Théodore Gudin

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Théodore Gudin
Théodore Gudin photographie.jpg
Théodore Gudin photographié vers 1865 par Étienne Carjat, musée d'Orsay, Paris.
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jean Antoine Théodore Gudin
Nationalité
Activité
Maître
Distinctions
Œuvres principales
L'Incendie du Kent (1828) ; Trait de dévouement du capitaine Desse, de Bordeaux, envers le Colombus, navire hollandais (1829) ; Louis-Philippe et sa famille dans la rade de Cherbourg (1834)

Théodore Gudin[Note 1], né le à Paris, mort le à Boulogne-Billancourt, est un peintre de marine français, qui fut l'un des deux premiers peintres de la Marine. Ses premières toiles, influencées par l'esprit romantique et l'école anglaise de peinture, ont été remarquées en son temps. Devenu un peintre proche du pouvoir, il a sombré dans l'oubli avant d'être redécouvert par l'historiographie maritime.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Antoine Théodore Gudin est né à Paris le 15 août 1802. Dans ses souvenirs, Gudin n'évoque pas son père, laissant entendre que sa mère était veuve, chargée de son éducation et de celle de son fère aîné Jean-Louis Gudin (1799-1823) dit Louis[1]. Entré à l'école navale, Théodore abandonne ses études et part pour New York où il retrouve des bonapartistes en exil. Il s'engage dans la marine américaine. Il embarque sur le Manchester-Packet, un brick de 250 tonneaux, le 15 septembre 1819[2].

Au printemps 1822, il revient à Paris et veut devenir peintre, comme son frère aîné Louis qui avait été élève d'Horace Vernet, en rejoignant l'atelier d'Anne-Louis Girodet[3]. Il est ami avec Eugène Sue à qui il apprend le dessin, Sue lui apprenant l'équitation[1]. Il fait ses débuts au Salon de Paris de 1822 avec cinq toiles dont Brick en détresse et une Vue de l'embouchure de la Seine[4]. La mort de son frère en 1823 lors d'un naufrage sur la Seine, duquel Théodore réchappe sous les yeux d'Eugène Sue, l'affecte profondément[2].

En 1824, il expose un Sauvetage et une Vue du fort Chaput près de l'île d'Oléron. Il est à cette époque déjà un protégé du duc d'Orléans, futur roi. Il avait exécuté un tableau représentant la Visite par un corsaire de l'America, navire sur lequel le duc avait embarqué pour les États-Unis en 1796. Ce tableau est présenté au salon de 1827 avec le Bateau à vapeur débarquant ses passagers à Douvres[5]. Charles X lui commande La Mort de l'enseigne de vaisseau Bisson en 1828. Gudin est ami de Dupetit-Thouars et prend part à l'expédition d'Alger, où il dessine de nombreux croquis. Il est nommé peintre de la marine royale en 1830, à la cour de Louis-Philippe Ier, puis de Napoléon III.

Il fait un tour d'Italie, puis de Suisse en 1832, prenant de nombreuses esquisses dans ses carnets : le 3 septembre 1832 il est à la frontière entre le Piémont et la Suisse, le 12 septembre 1832 il se trouve à Sion où il croque les collines de Valère et Tourbillon. Le 24 mai de l'année suivante, il réside à Moudon, et le 26 mai à Thoune, deux villes où il fait des croquis des sites historiques. Le 31 mai, il dessine la chapelle de Tell au bord du lac des Quatre-Cantons. Il voyage ensuite en Russie où il réalise des croquis de manœuvres navales russes. Il retourne en France sur La Danaé.

Sous Louis-Philippe, Théodore Gudin est nommé baron. Le roi lui commande 90 tableaux destinés au musée de Versailles doivent commémorer le souvenir des épisodes de l'histoire navale française[6].

Il est nommé officier de la Légion d'honneur en 1841[7] et, exposant à Berlin en 1845, il reçoit la croix Pour le Mérite[8].

En 1844 il épouse en secondes noces Louise Margaret Gordon-Hay (1820-1890), fille d'un général anglais, filleule de Louis-Philippe ; le couple a trois enfants. Son anglophilie va de pair avec ses nombreux voyages à Londres séjourne dès 1821 aux côtés d'Eugène Isabey et où les deux hommes exposent jusque dans les années 1830, prenant connaissance du travail de Turner[9].

Quand la Révolution de 1848 éclate, il partage sa vie entre la France et l'Angleterre et garde de bonnes relations avec tous les pouvoirs politiques. Cependant, lors du coup d'état de 1851, Gudin se range du côté des républicains.

Quelques années plus tard, revenu dans les faveurs des Bonaparte, Gudin accompagne l'empereur Napoléon III en Algérie, et retourne à Tanger sur La reine Hortense. Il est nommé commandeur de la Légion d'honneur en 1857[10],[7].

Il est vice-président de la jeune Société centrale de sauvetage des naufragés[11] à la création de laquelle il a œuvré en 1864, hanté par le souvenir de la noyade de son frère Louis[12].

Fin 1870, Gudin part en exil en Angleterre, après la chute de l'Empire.

En 1871, Théodore Gudin, qui est propriétaire des marais de Kermor (300 hectares), entre Sainte-Marine et l'Île-Tudy, qui ont été transformés en polder en 1853. Gudin confie à Eugène de Toulgoët, un armateur de Loctudy, la direction de la Société des pêcheries de Kermor qui se lance dans la pisciculture[13] dans des bassins créés en arrière de la digue. Mais l'expérience tourne court[14].

Élèves[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Galerie[modifier | modifier le code]

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Œuvre[modifier | modifier le code]

Collections publiques (sélection)[modifier | modifier le code]

Analyse critique[modifier | modifier le code]

Balzac le mentionne pour illustrer le raffinement du corsaire qui a enlevé la fille du Marquis d'Aiglemont dans La Femme de trente ans : « ...On voyait ça et là des tableaux de petite dimension, mais dus aux meilleurs peintres : un coucher de soleil par Gudin se trouvait près d'un Terburg... »[18]

Dans son Salon de 1846, Charles Baudelaire écrit : « Gudin compromet de plus en plus sa réputation car [il] rentre pour moi dans la classe des gens qui bouchent leurs plaies avec une chair artificielle, des mauvais chanteurs dont on dit qu'ils sont de grands acteurs, et des peintres poétiques ». Durant ce même Salon, une caricature affuble une toile de Gudin de la légende suivante : « Les pigeons de Gudin étaient des galiotes. Mais le petit Gudin en a fait des cocottes »[19].

Mémoires[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edmond Béraud (éditeur et préfacié), Souvenirs du baron Gudin : Peintre de la marine (1820-1870), Paris, Plon, (lire en ligne)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’articlePhilippe Le Bas et Augustin François Lemaitre, France. Dictionnaire encyclopédique Paris, Firmin Didot frères, 1840-45. (OCLC 13697756)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’articleJean Chrétien Ferdinand Hoefer, « Gudin (Jean Antoine Théodore) », dans Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, …, Paris, Firmin Didot frères, fils et cie, 1858. (OCLC 15471930)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article(en) John Denison Champlin et Charles Callahan Perkins, Cyclopedia of Painters and Paintings, New York, C. Scribner's Sons, 1887. (OCLC 581177)
  • Bénézit, (en) janvier 2006 (ISBN 9780199773787), (lire en ligne novembre 2011 (ISBN 9780199899913))
  • Le Marchand, Jean-Noël, Dictionnaire des Peintres français de la mer et de la marine, Paris, Arts et marine, 1997
  • Marie, J., Haffner, L. « Les peintres de marine français aux XVIIIe et XIXe » in La Revue Maritime, no 62, juin 1951
  • Trois millénaires d'art et de marine. Catalogue exposition Petit Palais (Paris), 4 mars-2 mai 1965. Paris, Marine Nationale, Ville de Paris, 1965
  • Letrosne, Jacques « Coup de vent en rade d'Alger en 1831 », Neptunia no 204, 4e trim. 1996, p. 37-40
  • Alain Noslier, « Théodore Jean Antoine Gudin : premier peintre officiel de la Marine en 1830 » Les Cahiers de la vie à Cancale no 30, année 2006 p. 70-79
  • Stéphanie Debuiche, « Théodore Gudin au Musée national de la Marine » Neptunia, no 260, 4e trimestre 2010, p. 24-32
  • Stéphanie Debuiche, « Théodore Gudin : de la mer à la cour » Chasse-marée no 228, décembre 2010, p. 60-65
  • Alison Mc Queen, « Le legs de l'impératrice Eugénie au musée de la marine » Neptunia no 232, décembre 2003, p. 57–62

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Né Jean Antoine Théodore Gudin, dit le baron Gudin.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Béraud, Souvenirs du baron Gudin, pp. 25-26.
  2. a et b Eugène Sue, In: La France maritime, dirigée par Amédée Gréhan, Paris, Postel, 1837, Tome III, p. 158-160.
  3. Denison, p. 183
  4. Base Salons, Paris, année 1822, musée d'Orsay.
  5. Le Bas, p. 166.
  6. Selon Maxime du Camp : "Le musée de Versailles l'a tué, condamné aux marines, traînant comme un boulet toutes les gloires navales de la France, il n'a pu suffire à ce travail de galérien, il est mort à la peine."
  7. a et b « Cote LH/1214/30 », base Léonore, ministère français de la Culture.
  8. (de) J. Wagner, Der Orden „Pour le merite“ für Wissenschaft und Künste. Die Mitglieder 1842–1883, Gebr. Mann-Verlag, Berlin, 1975.
  9. Peindre le ciel: de Turner à Monet, exposition du 8 avril au 9 juillet 1995, Musée-Promenade, Marly-le-Roi/Louveciennes, Éditions L'Inventaire, 1995, p. 27.
  10. Hoefer, p. 350.
  11. La Société centrale de sauvetage des naufragés (SCSN), a été reconnue d’utilité publique par un décret impérial du 17 novembre 1865
  12. Biographie Jean Louis Gudin sur Gallica BnF
  13. élevage de turbots, bars et autres poissons de luxe.
  14. Serge Duigou, L'Odet, plus belle rivière de France, éditions Palantines, 2010 [ (ISBN 978-2-35678-026-3)]
  15. « Société des amis des arts de La Rochelle: Assemblée générale des sociétaires 1er mars 1885 », sur gallica.bnf.fr, (consulté le 20 juillet 2016)
  16. « Trait de dévouement du capitaine Desse, de Bordeaux, envers le Colombus, navire hollandais », sur Diacritiques
  17. Collection du musée des beaux-arts de Quinper, en ligne.
  18. Françoise Pitt-Rivers, Balzac et l’art, Sté Nelle des Editions du Chêne, , 159 p. (ISBN 2-85108-799-1), p. 100
  19. Gérald Schurr et Pierre Cabanne, Les Petits Maîtres de la peinture (1820-1850), Paris, Les éditions de l'Amateur, 2014, p. 486.

Liens externes[modifier | modifier le code]