Liste des paquets GNU

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Article général Pour un article plus général, voir GNU.
Logo du système GNU.

On appelle paquet GNU un paquet logiciel maintenu par le projet GNU et soutenu par la Free Software Foundation. Ces programmes sont destinés à être utilisés dans le cadre du système d'exploitation GNU et de ses variantes, notamment GNU/Linux, bien qu'ils puissent très souvent être utilisés sur d'autres plateformes. Ces logiciels sont tous des logiciels libres, le système GNU ayant été précisément créé dans le but de fournir un équivalent libre au système Unix.

Les paquets GNU sont au nombre de 395. Ils sont fédérés au sein de la forge GNU Savannah.

Le projet GNU a été fondé par Richard Stallman, auteur du premier paquet GNU Emacs.

Définition[modifier | modifier le code]

Un logiciel est un paquet GNU lorsque son développeur et le projet GNU « conviennent que « le programme fait partie du projet GNU, qu'il est diffusé sous l'égide de GNU » – et l'indiquent dans le programme. »[A 1]. Le programme reste paquet GNU jusqu'à ce que le projet GNU décide de le déclasser.

Cela implique un certain nombre de conditions[A 1] :

  • Le programme est distribué sur ftp.gnu.org. Il est possible de le référencer sur un autre site FTP à la demande du mainteneur si celui-ci est en accès libre.
  • Le site officiel du projet doit être sur le site de GNU, à l'exception de sujets secondaires (documentation pour développeurs, gestion des bases de données), et à moins d'une raison impérieuse
  • Le développeur s'engage à veiller au bon fonctionnement de son programme avec les autres logiciels GNU
  • La documentation doit être au format Texinfo ou un format facilement convertible en Texinfo
  • Si le programme accepte des extensions, il doit utiliser Guile dans la mesure du possible
  • Le programme doit être distribué sous la licence recommandée par le projet GNU (dans la plupart des cas la GNU GPL version 3)
  • Le programme ne doit pas recommander n'importe quel logiciel non libre, ou renvoyer vers de la documentation non-libre d'un logiciel libre
  • Le mainteneur doit utiliser pour son programme la terminologie recommandée par GNU, à savoir parler de GNU/Linux et non de Linux pour le système d'exploitation complet[a], et de logiciel libre plutôt que d'open source
  • Le mainteneur doit rester en contact avec le projet GNU pour discuter des éventuels problèmes du paquet et corriger les erreurs de compatibilité.

Il est possible de transférer le copyright à la Free Software Foundation pour qu'elle se charge de faire respecter la licence, mais ce n'est pas une obligation[A 1].

Le projet GNU choisit comme mainteneur(s) du projet les personnes acceptant de le développer au nom du projet GNU[A 1]. Si les développeurs démissionnent, le projet GNU se charge de trouver des remplaçants[A 1].

Historique[modifier | modifier le code]

Richard Stallman, « Chief GNUisance » et fondateur du projet GNU.

Le projet GNU naît le lorsque Richard Stallman annonce sur Usenet son intention de développer un système d'exploitation entièrement libre compatible avec Unix dénommé GNU (pour GNU's not Unix - GNU n'est pas Unix, façon de rendre crédit au système de référence tout en indiquant qu'il s'agit d'un nouveau système)[B 1]. Stallman, alors hacker au MIT, est spécialiste en systèmes d'exploitation, notamment l'ITS, apprécié au MIT, et le système d'exploitation des machines Lisp, mais il est surtout pour l'éditeur de texte Emacs[B 1]. Le but de Stallman est de recréer un système communautaire, basé sur le partage, après l'effondrement de la communauté hacker dont la plupart des membres ont rejoint les entreprises de logiciel propriétaire[A 2]. D'un point de vue technique, GNU se démarque d'Unix notamment par une grande utilisation de Lisp[A 3].

Stallman commence par chercher un compilateur libre existant, puis sa recherche n'aboutissant pas, se résout à le développer soi-même, mais devant les problèmes successifs qu'il rencontre, préfère reporter la tâche à plus tard[B 2]. À la place, il écrit une version GNU d'Emacs, et en 1985, GNU Emacs devient le premier paquet GNU[B 3]. La même année, il écrit le manifeste GNU qui précise ce qui avait été annoncé en septembre 1983, et crée la Free Software Foundation (Fondation pour le logiciel libre) pour soutenir le développement de GNU[B 3].

En 1985, Stallman avait publié GNU Emacs sous une licence dite licence publique générale[B 4]. Afin de permettre d'utiliser cette licence sur tout logiciel libre, notamment le débogueur GDB qui occupe alors Stallman, le texte est modifié pour donner naissance à la licence publique générale GNU (GNU General Public License - très souvent abrégée GNU GPL)[B 4].

En 1991, le système GNU est presque prêt, à l'exception de son noyau, le Hurd[A 2]. Linus Torvalds, un étudiant finlandais, crée le noyau Linux, et l'année suivante, le publie sous licence libre[A 2]. L'association de GNU et Linux, connue sous les termes de GNU/Linux ou simplement Linux (cette dernière appellation, de loin la plus courante, étant rejetée par le projet GNU)[a], permet donc d'utiliser un système d'exploitation entièrement libre, 9 ans après le lancement de GNU[A 2].

Dans les années 1990, en s'appuyant sur le succès du modèle hautement personnalisable d'Emacs, Tom Lord crée GEL (GNU Extension Language - Langage d'extension GNU), qui sera renommé Guile, une implémentation de Scheme, une variante de Lisp[A 4]. Lord convainc Stallman d'en faire le langage d'extension officiel de GNU, Scheme ayant l'avantage d'une syntaxe plus propre et moderne qu'Emacs Lisp[A 4]. Guile a ainsi permis l'utilisation du modèle Emacs pour tous les logiciels du projet GNU[A 5].

En 2012 est initié le projet de gestionnaire de paquets purement fonctionnel basé sur Guile Guix ; le projet aboutit à la création d'une distribution GNU officielle dénommée GuixSD (Guix System Distribution)[A 6],[A 7],[1].

En mai 2016, le logiciel libre d'amorçage Libreboot devient paquet GNU[2]. Mais survient une polémique en septembre 2016 lorsque Leah Rowe, fondatrice du projet, accuse la Free Software Foundation de transphobie (ce que la fondation nie[3]) et le retire du projet GNU. En 2017, Leah Rowe s'excuse de son comportement, qu'elle explique par des problèmes personnels[4], et avance la possibilité d'un retour de Libreboot au sein de GNU[5].

Propos préliminaire à la liste[modifier | modifier le code]

La liste utilisée comme référence est celle présente sur la page d'accueil de la section « Logiciels » du site du projet GNU. Celle-ci répertorie 395 paquets maintenus et 83 paquets déclassés[A 8].

GNU Telephony est un méta-projet dédié au développement et l’utilisation de logiciels libres dans la téléphonie. Il n’est pas identifié comme un paquet, contrairement au projet GNUnited Nations, lequel est utilisé pour la traduction du site gnu.org. Par ailleurs l'expression GNU toolchain (chaîne de compilation GNU) ne fait pas référence à un paquet en particulier mais à un ensemble de paquets destinés au développement logiciel.

On retrouve par ailleurs le préfixe GNU dans la dénomination de logiciels aucunement liés au projet. C’est notamment le cas de Gnuplot, un programme distribué dès 1986, soit deux ans après le lancement du projet GNU, ou encore GNU Gatekeeper (en), mais tous deux peuvent fonctionner sous GNU.

Liste[modifier | modifier le code]

Coordination du projet[modifier | modifier le code]

Icône Nom Code Description Licence Création Lien
Organisation de GNU gnustandards La coordination du projet GNU (normes de codage et informations de maintenance pour les développeurs) est classée comme paquet GNU[A 8],[A 9]. - - Site officiel
GNU Hello hello GNU Hello est une distribution du programme minimaliste Hello world destiné à servir de modèle aux standards de codage GNU[A 10]. GNU GPL version 3[A 10] 1992[A 11] Site officiel

Logiciels système[modifier | modifier le code]

Icône Nom Code Description Licence Création Lien
Hurd-logo.svg GNU Hurd hurd GNU Hurd est le noyau du système d'exploitation GNU[A 12]. Il est basé sur le micronoyau GNU Mach[A 12]. GNU GPL version 2[A 13] 1990 Site officiel
GNU Mach gnumach GNU Mach est le micronoyau sur lequel se base GNU Hurd, le noyau de GNU[A 14]. GNU GPL version 2[A 15] Site officiel
GNU MIG mig MIG (Mach Interface Generator - générateur d'interfaces Mach) est un compilateur d'interface description language[A 16]. Son utilisation est nécessaire pour compiler GNU Mach, GNU Hurd et glibc dans le cadre d'une utilisation par Hurd[A 17]. GNU GPL version 2[A 18] Site officiel
Freedo.svg Linux-libre linux-libre GNU Linux-libre est un fork du noyau Linux qui supprime tout blob de code non libre[6]. Il est destiné à être utilisé par les distributions GNU/Linux 100 % libres[6]. GNU GPL version 2[7] 2009[6]
Paquet GNU depuis 2012[6]
Site officiel
GNU C Library libc La GNU C Library (bibliothèque C GNU), souvent appelée glibc, fournit les bibliothèques de base pour le système GNU et ses variantes GNU/Linux[A 19]. GNU LGPL version 2.1[8] 1987[9] Site officiel
Grub logo large.png GNU GRUB grub GRUB (GRand Unified Bootloader) est un chargeur d'amorçage (bootloader) gérant le multiboot[A 20]. Son rôle est, au démarrage de l'ordinateur, de charger le noyau d'un système d'exploitation, par exemple le Hurd pour GNU ou le noyau Linux pour GNU/Linux[A 20]. GNU GPL version 3[A 21] 1995[A 22]
Paquet GNU depuis 1999[A 22]
Site officiel
GNU Shepherd shepherd GNU Shepherd (anciennement GNU dmd) est un gestionnaire de services qui veille au bon fonctionnement de l'ensemble des services systèmes[A 23]. Il permet de remplacer le traditionnel programme init sous Unix[A 23]. GNU GPL version 3[A 23] 2003[b],[A 23] Site officiel

Développement logiciel[modifier | modifier le code]

Outils de développement[modifier | modifier le code]

Bibliothèques[modifier | modifier le code]

Gestion de versions[modifier | modifier le code]

Internet[modifier | modifier le code]

Outils de base[modifier | modifier le code]

Applications[modifier | modifier le code]

Internationalisation et traduction[modifier | modifier le code]

Outils en ligne de commande[modifier | modifier le code]

Interfaces[modifier | modifier le code]

Audio et vidéo[modifier | modifier le code]

Sécurité[modifier | modifier le code]

Bases de données[modifier | modifier le code]

Graphisme[modifier | modifier le code]

Impression[modifier | modifier le code]

Contenu[modifier | modifier le code]

Dictionnaires[modifier | modifier le code]

Icône Nom Code Description Licence Création Lien
GNU Dico dico GNU Dico est un serveur de dictionnaire implémentant le protocole DICT[A 24]. GNU GPL version 3[A 25] Site officiel
GCIDE gcide GCIDE (GNU Collaborative International Dictionary of English - Dictionnaire international collaboratif d'anglais GNU) est une version libre dérivée du dictionnaire Webster[A 26]. GNU GPL version 3[A 27] Site officiel
GNU Vera vera Vera (Virtual Entity of Relevant Acronyms - entité virtuelle d'acronymes pertinents) est une liste d'acronymes informatiques distribuées comme documentation[A 28]. GNU FDL version 1.3[A 29]. Site officiel

Polices de caractères[modifier | modifier le code]

Icône Nom Code Description Licence Création Lien
GNU Fontopia fontopia Fontopia est un éditeur de polices de caractères en console[A 30]. GNU GPL version 3[A 30] Site officiel
GNU Fontutils fontutils Fontutils fournit des outils pour manipuler les polices de caractères[A 9],[A 31]. GNU GPL version 3[A 32] Site officiel
GNU FreeFont freefont GNU FreeFont (ou Free UCS Outline Fonts) est une collection de polices vectorielles libres, sous trois formes, avec empattement (serif), sans empattement (sans serif), et à chasse fixe (monospace), disponibles sans les formats TrueType et OpenType. Encodés en Unicode, elles prennent en charge de nombreux systèmes d'écriture ainsi que les notations mathématiques[A 28],[A 33]. GNU GPL version 3[A 34] Site officiel
GNU intlfonts intlfonts GNU intlfonts est une collection de polices aux formats TrueType et BDF[A 28]. Elle prend en charge plusieurs systèmes d'écriture[A 28]. Site officiel
GNU Unifont unifont Unifont est une police matricielle couvrant la Basic Multilingual Plane d'Unicode[A 28]. Le paquet contient également des utilitaires pour faciliter l'ajout de caractères à la police[A 28]. GNU GPL version 2[10] Site officiel

Logiciels scientifiques[modifier | modifier le code]

Logiciels d'entreprise[modifier | modifier le code]

Jeux[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Anciens paquets non maintenus[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Voir à ce sujet la page Linux ou GNU/Linux.
  2. GNU Shepherd fut lancé en 2003 puis abandonné avant d'être relancé en 2013.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e https://www.gnu.org/help/evaluation.html
  2. a, b, c et d Richard Stallman, « Le projet GNU », sur gnu.org (consulté le 28 novembre 2017).
  3. (en) Thomas Lord, « Guile in Emacs », sur lists.gnu.org,
  4. a et b https://www.gnu.org/software/guile/manual/html_node/History.html
  5. https://www.gnu.org/software/guile/manual/html_node/Guile-and-the-GNU-Project.html
  6. https://www.gnu.org/software/guix/news/
  7. https://www.gnu.org/software/guix/about/
  8. a et b https://www.gnu.org/software/software.html
  9. a et b https://www.gnu.org/manual/manual.html
  10. a et b https://www.gnu.org/software/hello/
  11. https://ftp.gnu.org/gnu/hello/
  12. a et b https://www.gnu.org/software/hurd/index.html
  13. https://git.savannah.gnu.org/cgit/hurd/hurd.git/tree/COPYING
  14. https://www.gnu.org/software/hurd/microkernel/mach/gnumach.html
  15. https://git.savannah.gnu.org/cgit/hurd/gnumach.git/tree/COPYING
  16. https://www.gnu.org/software/hurd/microkernel/mach/mig.html
  17. https://www.gnu.org/software/hurd/microkernel/mach/mig/gnu_mig.html
  18. https://git.savannah.gnu.org/cgit/hurd/mig.git/tree/COPYING
  19. https://www.gnu.org/software/libc/libc.html
  20. a et b https://www.gnu.org/software/grub/index.html
  21. https://git.savannah.gnu.org/cgit/grub.git/tree/COPYING
  22. a et b https://www.gnu.org/software/grub/manual/grub/grub.html
  23. a, b, c et d https://www.gnu.org/software/shepherd/
  24. https://www.gnu.org/software/dico/
  25. https://git.savannah.gnu.org/cgit/dico.git/tree/COPYING
  26. https://gcide.gnu.org.ua/
  27. https://git.savannah.gnu.org/cgit/gcide.git/tree/COPYING
  28. a, b, c, d, e et f https://www.gnu.org/manual/blurbs.html
  29. https://ftp.gnu.org/gnu/vera/vera-1.23.tar.gz
  30. a et b https://www.gnu.org/software/fontopia/
  31. https://www.gnu.org/software/fontutils/manual/0.7/fontu_1.html
  32. https://www.gnu.org/software/fontutils/
  33. https://www.gnu.org/software/freefont/index.html
  34. https://www.gnu.org/software/freefont/license.html
  1. a et b pp. 117-118
  2. pp. 137-138
  3. a et b pp. 140-141
  4. a et b pp. 167-169
  • Autres références

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]