Échecs aléatoires Fischer

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Ne doit pas être confondu avec échecs aléatoires Capablanca.
a b c d e f g h
8
Chessboard480.svg
Fou noir sur case blanche a8
Cavalier noir sur case noire b8
Tour noire sur case blanche c8
Fou noir sur case noire d8
Cavalier noir sur case blanche e8
Roi noir sur case noire f8
Tour noire sur case blanche g8
Reine noire sur case noire h8
Pion noir sur case noire a7
Pion noir sur case blanche b7
Pion noir sur case noire c7
Pion noir sur case blanche d7
Pion noir sur case noire e7
Pion noir sur case blanche f7
Pion noir sur case noire g7
Pion noir sur case blanche h7
Pion blanc sur case blanche a2
Pion blanc sur case noire b2
Pion blanc sur case blanche c2
Pion blanc sur case noire d2
Pion blanc sur case blanche e2
Pion blanc sur case noire f2
Pion blanc sur case blanche g2
Pion blanc sur case noire h2
Fou blanc sur case noire a1
Cavalier blanc sur case blanche b1
Tour blanche sur case noire c1
Fou blanc sur case blanche d1
Cavalier blanc sur case noire e1
Roi blanc sur case blanche f1
Tour blanche sur case noire g1
Reine blanche sur case blanche h1
8
7 7
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1
a b c d e f g h
Une des 960 positions initiales possibles.

Les échecs aléatoires Fischer (en anglais, Fischer Random Chess ou Chess 960) sont une variante du jeu d'échecs dans laquelle l'emplacement initial des pièces de la première et de la dernière rangée est tiré au sort, et identique pour les deux camps. Ils furent proposés en 1996 à Buenos Aires par l'ex-champion du monde Bobby Fischer.

Selon Fischer, le fait de tirer au hasard la position initiale des pièces offre l'avantage d'empêcher les parties préarrangées[1] et favorise la créativité échiquéenne et le talent plutôt que la mémorisation et l'analyse de multiples variantes d'ouvertures.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette variante des échecs, même si elle porte le nom de Fischer, n'est pas une invention récente. On en parle sous le nom de « système Brunner » dans la revue Les cahiers de l'échiquier français en 1928[2].

À titre d'exemple, cette revue donne une partie jouée en consultation et utilisant le système Brunner : Gygli et Voellmy ayant les Blancs, Henneberger et Ott les Noirs.

Par ailleurs, il existe une version encore plus ancienne, « La partie aux pièces déplacées », citée dans la revue La Régence de 1851 (pages 299 à 301)[3].

La disposition des pièces[modifier | modifier le code]

Les règles du jeu sont exactement les mêmes qu'aux échecs orthodoxes, sauf que l'emplacement initial des pièces de la première et de la dernière rangée est tiré au sort.

  • Le roi doit se trouver quelque part entre les deux tours afin que le petit et le grand roque soient tous deux possibles dans toutes les positions.
  • Les fous doivent obligatoirement être placés sur des cases de couleurs opposées ;
  • Les pièces noires sont disposées symétriquement face aux blanches, exactement dans le même ordre. Exemple : si du côté blanc, il y a une dame en g1, et un cavalier en c1, du côté noir, la dame se trouvera en g8 et le cavalier en c8.
  • Les pions sont disposés de façon habituelle.

Le tirage au sort[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs « bonnes[4] » méthodes pour tirer au sort la position initiale. L'une des plus commodes a été développée par Edward Northam et consiste à utiliser une pièce de monnaie et d'effectuer 2 tirages successifs en attribuant :

  • 0 point pour le côté pile lors du premier essai, et 1 point pour ce même côté lors du deuxième tirage,
  • 2 points pour le côté face dans tous les cas.

L'addition des deux tirages donne un nombre de 1 à 4, ce qui fait un système aléatoire à quatre possibilités.

Marche à suivre[modifier | modifier le code]

Le tirage au sort se fait seulement pour le côté blanc. Les pièces noires seront placées symétriquement.

  1. Placement des Fous
    Commencez par le tirage du Fou de cases noires, en comptant toujours de gauche à droite. (a1 = 1, c1 = 2, e1 = 3, g1 = 4).
    Ensuite, tirez au sort la destination du Fou de cases blanches, en suivant une procédure analogue.
  2. Placement du Roi
    Le Roi devant impérativement se situer entre les deux tours, ignorez les deux cases libres les plus proches de la bande et comptez (à partir de la gauche) en ne considérant que les cases vacantes.
  3. Placement des Tours
    Placez maintenant une Tour de chaque côté du roi en adaptant le système aléatoire au nombre de cases possibles.
    Exemple : lorsqu'il y a 3 cases possibles, refaites le tirage dans l'éventualité où vous obtenez un 4, et lorsqu'il y a 2 cases possibles, vous déduirez que vous n'avez seulement qu'à effectuer un seul tirage.
  4. Placement de la Dame et des Cavaliers
    Il ne reste plus que 3 cases inoccupées. Tirez au sort l'emplacement de la Dame (refaites le tirage si vous obtenez un 4),
    placez enfin les deux Cavaliers sur les deux cases restantes.

Le roque[modifier | modifier le code]

Le roque est l'un des problèmes des échecs aléatoires Fischer qui a fait couler beaucoup d'encre et provoqué de nombreuses confusions.

La position finale du roque est exactement la même que dans les échecs orthodoxes, peu importe la position initiale.

Après le roque du côté a, qui se note « O-O-O », le roi est en c et la tour en d alors qu'après le roque du côté h, qui se note « O-O », le roi se retrouve en g et la tour en f. Les cases qui se retrouvent entre l'emplacement initial de la tour et sa case finale de même que celles qui se trouvent entre la case initiale du roi et celle de son arrivée doivent être vacantes (sauf si elles sont occupées par la pièce participant au roque) et doivent répondre aux mêmes exigences qu'aux échecs orthodoxes. Dans certaines positions, une des deux pièces ne bouge pas.

Malheureusement, dans certaines publications, les règles du roque ne sont pas assez claires, ce qui laisse croire que dans quelques cas spécifiques, le roi pourrait « passer par-dessus » d'autres pièces que celles qui participent au roque (la tour « roquante » et le roi). Une possibilité totalement rejetée par les règles en usage chez les grands joueurs actifs comme Péter Lékó, Peter Svidler, Michael Adams, Eric van Reem, Schmitt et Scharnagl.

La façon correcte de roquer[modifier | modifier le code]

La façon la moins ambiguë de roquer est de d'abord déplacer le roi hors de l'échiquier, à proximité de l'endroit où il termine son déplacement et ensuite, de déplacer la tour sur sa case finale, puis de compléter le coup en plaçant le roi sur sa case finale. Cette façon a le mérite de s'adapter à toutes les situations de jeu, même lors de l'utilisation d'un échiquier électronique, car le programme ne peut interpréter le coup autrement.

Identification des positions initiales[modifier | modifier le code]

Les échecs aléatoire Fischer permettent 960 positions initiales différentes des pièces. R. Scharnagl recommande l'identification de chacune des 960 positions initiales par un numéro de 0 à 959. On obtient le numéro d'identification d'une position donnée en utilisant le code KRN[5] (chiffres de 0 à 9 représentant l'ordre dans lequel se retrouvent les tours, les cavaliers et le roi, sur les cases vacantes, une fois les fous et la dame placés) et l'équation suivante :

Numéro d'identification
1 x case du fou blanc (b="0" d="1" f="2" h="3")
+ 4 x case du fou noir (a="0" c="1" e="2" g="3")
+ 16 x case de la dame (de gauche à droite: 0,1,2,3,4,5)
+ 96 x code KRN
code KRN ordre des pièces restantes
0 Cavalier-Cavalier-Tour-Roi-Tour
1 Cavalier-Tour-Cavalier-Roi-Tour
2 Cavalier-Tour-Roi-Cavalier-Tour
3 Cavalier-Tour-Roi-Tour-Cavalier
4 Tour-Cavalier-Cavalier-Roi-Tour
5 Tour-Cavalier-Roi-Cavalier-Tour
6 Tour-Cavalier-Roi-Tour-Cavalier
7 Tour-Roi-Cavalier-Cavalier-Tour
8 Tour-Roi-Cavalier-Tour-Cavalier
9 Tour-Roi-Tour-Cavalier-Cavalier

Voici maintenant la méthode pour trouver l'emplacement initial des pièces d'après le numéro d'identification :

  • Divisez le nombre par 4 et vous obtenez un nombre « X ». Ce nombre se termine soit par .00 (désignant la première case à gauche), .25 (1/4) (désignant la deuxième), .50 (2/4) (la troisième) ou par .75 (3/4) (la quatrième). Placez le fou blanc sur la case appropriée. [ .00 = b .25 = d .50 = f .75 = h]
  • Divisez la partie entière de « X » par 4 et vous obtenez un nombre « Y ». Fonctionnez de la même façon qu'à l'étape précédente pour déterminer la case du fou noir.
  • Divisez la partie entière de « Y » par 6 et vous obtenez le nombre « Z ». Il peut se terminer de 6 façons différentes: .00 - .16 - .33 - .50 - .66 - .83. Placez la dame sur sa case en suivant toujours la même technique. La partie entière de « Z » correspond au code KRN. Placez alors les tours, les cavaliers et le roi en conséquence.

La disposition orthodoxe des pièces devrait correspondre au numéro d'identification 518.

Autres appellations[modifier | modifier le code]

Les échecs aléatoires Fischer sont parfois appelés :

  • Fischer Random Chess ;
  • Chess960 ;
  • FullChess ;
  • F.R. Chess ;
  • Modified Randomized Chess.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fischer a toujours combattu avec obstination l'entente antisportive (en général dirigée contre lui) et les nulles de salon. Certains joueurs soviétiques avaient en effet l'habitude de partager les points dans les affrontements fratricides, se réservant pour les parties contre Fischer. À la suite de ses protestations en 1962, la FIDE a d'ailleurs décidé de changer le mode de sélection du challenger du champion du monde, en remplaçant le tournoi des candidats par un match à élimination directe.
  2. 15e cahier, volume III, juillet 1928, pages 462 et 463
  3. La Régence: journal des échecs, Volume 3
  4. Sont qualifiées ici de « bonnes » les méthodes qui permettent les 960 positions possibles et qui les traitent toutes avec la même probabilité.
  5. K = King (roi), R = Rook (tour), N = kNight (cavalier)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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