Interactionnisme structural

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Harrison C. White, sociologue ayant proposé l'interactionnisme structural, via son livre « Identity and Control » (1992)

L'interactionnisme structural (aussi appelé sociologie whitienne, sociologie des dynamiques relationnelles ou encore relational sociology, en anglais) est à la fois une méthode et une approche qui s'est développée principalement depuis 1992 autour de l'ouvrage « Identity and Control » de Harrison White

L'interactionnisme structural explique l'action sociale par la tendance humaine à faire en sorte de réduire des incertitudes liées à l'existence et à réguler leurs interactions sociales afin de réduire les incertitudes.

Ce sont les « relations », vues comme des « histoires », qui permettent d'expliquer l'émergence, l'évolution et /ou la dissolution des identités sociales observables.

Dans cette approche interactionniste, l'action sociale tend à donner forme et à organiser le monde social au fil d'interactions sociales porteuses de sens. Dans un raisonnement circulaire et simplifié, les interactions sociales et les structures sociales (produites par les interactions sociales) s'influencent mutuellement.

Historique[modifier | modifier le code]

Bien que ce paradigme ce soit développé principalement depuis 1992 autour de l'ouvrage « Identity and Control » de Harrison White[1], ses précurseurs sont notamment Georg Simmel[2],[3], Célestin Bouglé[3], Pierre Bourdieu[4], et plusieurs autres[5],[6]. Harrison White reprend l'ensemble des grandes conceptualisations de la sociologie afin de les intégrer à son paradigme et d'unifier les sciences sociales[7].

Le terme « interactionnisme structural » a été proposé par Alain Degenne et Michel Forsé et se retrouve pour la première fois dans leur ouvrage intitulé Les Réseaux Sociaux (1994) afin de désigner et définir l'approche proposée par Harrison White en 1992, via sa publication Identity and Control[8],[9]. Dans la francophonie, il s'agit du terme le plus usité, cependant, en anglais, l'appellation la plus courante est « relational sociology »[10], bien que le terme « structural interactionism » soit aussi d'usage.

Définition[modifier | modifier le code]

Pour définir l'interactionnisme structural, il faut d'abord s'initier au vocabulaire particulier de cette approche, ainsi que ses axiomes qui mènent à concevoir l'individu (et la société d'ailleurs) comme étant, non pas une unité d'analyse qui existe d'emblée, comme par « nature », mais comme étant une formation sociale qui a émergé, ne s'expliquant pas par le biophysique, et à laquelle un observateur peut donner un sens ; une « identité sociale » comme les autres[11], [12], [13]. En d'autres mots, « individu » n'est pas terme interchangeable avec homo sapiens; « individu » n'est pas un terme neutre; il s'inscrit dans un contexte de sens, historique. Ce n'est pas la biophysique qui peut expliquer ce qu'est un « individu », car il s'agit d'une identité sociale (porteuse de sens) et non pas de l'organisme biologique 42.

Ainsi dans l'interactionnisme structurale, les identités sociales déterminent (dans un sens faible et non fort) les structures sociales, via leurs interactions sociales, tout comme, simultanément, les structures sociales déterminent (dans un sens faible et non fort) les interactions et les identités sociales. Ils se co-influencent[14].

« Structure sociale » et « identités sociales » sont ici des notions utilisées pour désigner des « formations sociales » ayant émergées dans un espace de sens temporellement situé (Netdom : comparable à la notion de cercle social chez Simmel)[15]. Le chercheur vise alors à expliquer ces émergences ainsi qu'à comprendre leurs évolutions ou dissolutions. Toute régularité sociale est, ici, comprise comme étant le résultat de dynamiques relationnelles d' « efforts de contrôle », de part et d'autre, qui font émerger des identités sociales.

Elle est l'une des deux approches en analyse des réseaux sociaux[16]; l'autre relevant entièrement de l'individualisme méthodologique et principalement portée par James Coleman. Elle se distingue de plusieurs approches sociologiques par son recours au formalisme[17]. C'est un paradigme en sciences sociales qui vise à expliquer l'action sociale. Il s'éloigne cependant radicalement des approches classiques en terme d' « action sociale », en ne prenant pas l'individu et le sens qu'il donne à son action, comme point central de l'analyse, puisque dans ce paradigme « l'individu » est simplement un cas particulier d'identité sociale et non pas l'unité de base à préconiser et que la rationalité y est conceptualisé comme un « style », et non pas comme explicative de l'action sociale[18]; ce sont les histoires, tissant les relations, qui sont structurantes et explicatives des formations et phénomènes sociaux, et non pas le sens qu'en donnerait l'acteur.

Axiomes[modifier | modifier le code]

Il y en a trois dans l'interactionnisme structural [19]:

  1. Le chaos est endémique. L'incertitude est endémique ;
  2. Il existe des « efforts de contrôle », qui sont déployés par les entités sociales à la recherche d'appuis ;
  3. Le sociologue doit se concentrer sur l'étude des histoires contenues dans les relations.

Le chaos est endémique : Fondamentalement, la régularité émerge du chaos qui lui n'a pas d'ordre ou d'organisation intrinsèque. C'est à force de régulation des interactions qu'émergent les « formations sociales ». Mais celles-ci demeurent menacées de dissolution ; rien ne se maintient éternellement et trop d'incertitudes et d'imprévisibilités règnent pour que ces formations sociales soient à l'abri des influences et contrecoups du reste de ce qui les entourent. Elles tentent cependant d'exister et de se maintenir en cherchant à s'ancrer dans la réalité. Pour cela, elles veillent à réduire les incertitudes. Ce qui explique l'action sociale dans ce paradigme est la réduction des incertitudes, par des « efforts de contrôle » sur les interactions sommes toutes incertaines. C'est ce qui produit le sens que revêtissent les identités sociales.

À force d' « effort de contrôle » des interactions de la part des formations sociales à la recherche d'appuis, elles en viennent à se distinguer et prendre assez sens pour être reconnues par un observateur, il s'agit alors d'une « identité sociale » ; qui en son sens général désigne toute source d'action qui n'est pas explicable par le biophysique et à laquelle un observateur peut attribuer du sens. Ainsi, pour continuer de se maintenir et exister, malgré un chaos endémique (l'absence de régularité intrinsèque ; d'un ordre « naturel ») les identités sociales vont déployer toutes sortes de « d'efforts de contrôle » pour survivre, car elles sont voués à soit se transformer, soit disparaître.

Enfin, c'est à travers les histoires ; les sens que prennent les identités sociales, que leurs actions sociales s'étudient. Le sens dont il est ici question est complètement le fruit de l'interaction sociale ; il ne provient jamais d'un seul acteur social, isolé. Les récits se construisent à travers les interactions. Les relations sont des histoires. L'étude de la coévolution des formations sociales implique de s'intéresser aux histoires qui les sous-tendent ; au sens qui a été posé socialement ; lors d'interactions sociales, sur les formations sociales elles-mêmes.

C'est une approche subversive qui prend pour base que rien n'existe d'emblée ; que si l'on observe des « sociétés », des « cultures », des « individus », des « castes », etc. c'est parce que le social agit. Ce qui intéresse le sociologue est de comprendre l'émergence des régularités observables, et non pas de se servir de ces formations comme unité d'analyse.

Lexique des conceptualisations whitiennes[modifier | modifier le code]

Malgré son influence, le livre « Identity and control » est vu, notament par Charles Tilly, comme très aride, subversif, et difficile d'accès[20]. Raymond Boudon aussi le juge aride à lire et que White ajoute de nombreux concepts nouveaux ou usités de façon distincte[21]. Ces notions et concepts sont présentées pour la première fois par Harrison White dans Identity & control[22], puis sont ensuite repris en recherche[23]. La seconde édition du livre est le fruit d'un travail collaboratif, entre Harrison White et des chercheurs français, dont Michel Grossetti :« Ce qui m'a finalement décidé d'entreprendre la revision fut les suggestions de Michel Grossetti afin de clarifier le livre de 1992, alors qu'il avait entamé la traduction en français du livre. » 7 La sociologie whitienne est présentée en français, notamment par Alain Degenne et Michel Grossetti[24],[9],[19]. Charles Tilly, Mark Granovetter, Ronald Burt et d'autres encore ont testé les concepts proposés par White et les ont développé.

Incertitude[modifier | modifier le code]

L'incertitude est vue comme étant endémique, pour White, l'entité sociale a de tout temps et en tout lieu cherché à réduire l'incertitude en créant du sens[9],[25]. Afin de réduire les incertitudes, l'identité sociale se fait source d'action car elle met du sens, organise, ordonne et régule ses interactions; ce qui lui permet de réduire les incertitudes en pouvant prédire, prévoir et anticiper les d'interactions (sa « place », son « rôle » ; ceux des autres, les normes en vigueur, etc.).

Il existe trois sortes d'incertitudes pour White [26]: l'entité sociale doit faire face à des incertitudes biophysiques (géologiques, climatiques, biologiques). Elle doit aussi faire face à des incertitudes liées aux actions des autres. Finalement, l'identité sociale fait aussi face à des incertitudes se rapportant à ce qui relève dans le langage commun du culturel ou du sémantique ; ce qui est valable dans certains lieux peut ne pas avoir de sens dans d'autres, ce qui crée de l'incertitude, selon White.

Trois types d'incertitudes[27] :

  • Contingence (biophysique)
  • Ambage (social)
  • Ambiguïté (sémantique)

Chez Alain Degenne, l'incertitude est mise en lien direct avec la confiance, comprise en tant qu'un degré de certitude que les identités ont du déroulement de l'interaction sociale[28]. Michel Grossetti a développé une « sociologie de l'imprévisible » qu'il décrit comme fortement influencée par l'approche whitienne (ici présentée)[29].

Identité sociale[modifier | modifier le code]

En lien avec le titre de son ouvrage « Identity and control », la notion d'identité sociale est dans la sociologie whitienne un des deux concepts clés[30].

C'est une formation (sociale) qui a pris forme au cours d'interactions sociales générant des histoires[31]; avant d'être « identifiable » elle n'est qu'une entité informe : dans cette approche, les « individus », les « sociétés », sont tous des formations sociales identifiables, auquel un observateur peut donner un sens, et qui ne sont pas explicables par le biophysique[9]. Ce sont les histoires qui construisent les identités sociales, ainsi que les « efforts de contrôle » ; selon cette approche les « identités sociales » émergent des tentatives d'ancrage qu'elles déploient pour exister et se maintenir. Ce concept évite de naturaliser les individus dans une posture d’acteur, et notamment d’acteur rationnel[32].

L'entité devient identité sociale au fil des interactions sociales et des histoires; elle devient identifiable par un observateur externe qui peut lui attribuer du sens, et que sa formation ne soit pas explicable par le biophysique, qu'elle relève du sociologique :

« Je généralise l'identité à toute sources d'action, toute entité à laquelle un observateur peut attribuer du sens qui n'est pas explicable par des régularités biophysiques. Ces régularités sont subséquentes au contexte social en tant qu'environnement, où la personne apparaîtra comme un amalgame d'identités[33]. »

White donne cinq significations à son concept d'identité sociale[32] :

  1. L'identité est une recherche d'appui dans un environnement totalement incertain[32] ;
  2. L'identité est un attribut reconnaissable[32] ;
  3. L'identité est un amalgame entre le conformisme et la liberté : elle a une individualité, mais aussi des paradoxes [32];
  4. L'identité est tel qu'entendu dans le sens commun : un identifiant personnel[32] ;
  5. L'identité est une sensibilité qui fait se sentir lier aux autre, appartenir à l'humanité, se sentir une personne[32].

Toutes ces identités résultent des efforts de contrôle qu'elles déploient lors d'interactions : « Les identités à la recherche de contrôle interagissent, se frottent, se confrontent, produisant des situations contingentes et désordonnées dont émergent cependant des régularités. La première de ces régularités est le maintien (la construction et reconstruction) des identités elles-mêmes. Leur recherche inlassable du contrôle leur permet de créer une sorte de continuité de leur propre existence comme identité)[32] ».

Elle est vue comme l'unité fondamentale des sciences sociales, selon ce courant de pensée[14].

Efforts de contrôle[modifier | modifier le code]

Dans cette sociologie, l' « action sociale » est une notion qui s'appuie sur les axiomes présentés ci-dessus; elle est générée dans le but de réduire les incertitudes et de se maintenir en tant qu'identité sociale définit. Les tentatives d'exister, de se maintenir, de s'ancrer dans la réalité, sont ce qui produit, maintient ou dissout les identités sociales.

Le terme polysémique contrôle peut induire en erreur. Ici il sous-tend seulement une tentative d'exister dans une forme identifiable, normative, par les actions posées par les identités sociales, ce qui permet une certaine pression sur le sens et la direction que prennent les interactions sociales. Pour illustrer : « Un jeune enfant qui explore l’espace autour de lui est à la recherche de contrôle. Un groupe de chasseurs-cueilleurs qui délimite son territoire aussi. » [32]

Voici un exemple que White donne dans son livre et cité par un autre sociologue : « Considérons par exemple la façon dont les étudiants amènent un nouveau professeur à s’adapter aux standards implicites d’évaluation et aux cadres cognitifs du curriculum de leur campus (par exemple, le fait qu’on y encourage les connaissances techniques par rapport aux connaissances historiques) : ils ne peuvent pas formuler clairement l’ensemble des pressions qu’ils sont amenés à exercer, et n’en sont le plus souvent pas conscients. C’est un contrôle très efficace, mais il ne se fonde pas sur l’intention de produire une action nouvelle. » [34].

Disciplines[modifier | modifier le code]

Ce sont les formes typiques que prennent les efforts de contrôle lors des interactions sociales, selon White[35]. Il en existerait trois, qui sont conceptualisées comme étant mutuellement exclusives. Elles ont toutes un effet sur l'émergence, le maintien, la transformation ou la dissolution des formations sociales.

Elles ont des valeurs dont la teneur se négocie dans les interactions sociales et des processus sociaux qui leur sont propres.

  • Arène : sa valeur est la « pureté » ; il est question de « trier le bon grain de l'ivraie ». Ce qui est « bon » ici se négocie dans les interactions et s'appuie sur des histoires. Son processus est la sélection puisqu'il tend à opérer un tri sélectif (basé sur un principe de pureté). La définition whitienne est : « Une discipline de type "arène" peut émerger d’une dynamique d’hostilités et de sympathies dans des netdoms. Certains sont alors perçus comme des gardiens ("gatekeepers") et interviennent dans le jeu à la mesure de leur capacité à exclure rigoureusement, sélectionnant selon des degrés successifs de pureté, la pureté étant l’ordre de valeur. »(Chapitre 3) [36];
  • Conseil : sa valeur est le « prestige » : chercher à rallier ou à se rallier à quelque chose en quoi on croit ou que l'on soutient. Son processus est celui de la mobilisation puisqu'il tend à opérer un ralliement basé sur une attirance. La définition whitienne est : « Dans les conseils, les jugements se concentrent sur le "prestige", c’est-à-dire sur la capacité à influer sur l’action collective. » (Chapitre 3)[36];
  • Interface : sa valeur est la « qualité », et son processus correspond à l'engagement. C'est une entreprise (au sens d'une démarche; d'entreprendre quelque chose) au sein d'un réseau où d'autres semblables entreprennent sensiblement la même chose, en ayant des objectifs similaires. Son processus est l'engagement puisque l'action sociale se coordonne de façon à réduire les incertitudes dans un netdom donné. La définition whitienne est : « Une interface est un ensemble mutuellement contraignant de revendications de contrôle qui produit comme résultat net un flux dirigé, un flux engagé. » (Chapitre 3) [36];
Disciplines Arène Conseil Interface
Valeurs Pureté Prestige Qualité
Processus Sélection Mobilisation Engagement

Ces formes typiques que prennent les efforts de contrôles sont observables à travers une multitude de situations sociales. Par exemple en recherche, les chercheurs vont « trier le bon grain de l'ivraie » en confrontant leurs analyses (arène), ils vont faire appel à la mobilisation pour recevoir des fonds de recherche (conseil), et vont publier ensemble dans des revues scientifiques, dans un but commun d'accroître la connaissance dans un champ donné de la recherche (interface).

Histoires[modifier | modifier le code]

Selon cette approche, le sociologue doit s'intéresser aux histoires[13],[9]. Des plus simples rumeurs de cours d'école à l'Histoire avec un grand H, cette notion est centrale dans l'approche interactionniste structural puisque le sens produit lors d'interactions sociales est ici vu comme étant exprimé par le langage humain ; comme une histoire, un récit, une narration.

« Les interactions entre les identités produisent des histoires. Ces histoires, qui sont énoncées soit par les identités participant à l’histoire soit par des observateurs, établissent des liens entre les identités. C’est à travers les histoires que les interactions dépassent leur caractère instantané pour s’inscrire dans la durée sous la forme de liens et avoir des effets durables[32]. » Via les efforts de contrôle que déploient les identités sociales, celles-ci produisent des histoires. L'identité sociale, en son sens primaire, est source d'action parce quelle engendre la production d'histoires. Les histoires sont aussi porteuses de liens, qui peuvent aller jusqu'à passer d'interaction sociale à relation : « une relation entre deux personnes est ainsi constituée des nombreuses histoires qui mettent en scène des interactions ou des liens entre ces deux personnes. En un sens, comprendre une relation requiert de prendre en compte une pluralité de points de vue narratifs[32] ».

Selon Harrison White, ce sont ces histoires qui rendent si particulière notre espèce animale : « On peut imaginer qu’il est possible de découvrir des réseaux sociaux dans d’autres espèces que l’espèce humaine, par exemple au moins chez les loups et les singes. On trouve dans ces espèces des ordres hiérarchiques, des liens et certainement des luttes pour le contrôle (…) Tout cela implique un certain niveau de communication, mais qui reste relativement simple et n’a pas besoin d’être plus complexe que l’échange de phéromones dans les sociétés de fourmis (…) Cela conduit à penser que ce sont le sens et les histoires qui placent l’action sociale humaine à part. Sans les histoires, l’action sociale serait monotone ; il n’y aurait pas toutes ces « couleurs » que les humains observent et utilisent dans les cadres sociaux »[37].

Réseaux[modifier | modifier le code]

Article connexe : Analyse des réseaux sociaux.
Visualisation d'un graphe des interactions sociales sur Twitter, autours du hashtag #tlmep

Théoriquement, selon l'interactionnisme structural, le réseau social (ou réseau socio-sémantique, pour être plus précis) est une formation sociale constituée d'identités sociales qui interagissent. Le réseaux prend forme à partir des histoires produites qui définissent à fois les liens et les identités sociale.

Méthodologiquement parlant, un réseau est aussi une forme de découpage en recherche qui prend en compte des interactions sociales effectives. Se modélise via la théorie des graphes et s'analyse dans la perspective de l'analyse des réseaux sociaux. Il est souvent difficile de tenir compte de toutes les interactions effectives, ce qui implique que le chercheur doit choisir quelles interactions il analyse ; quels types de lien il retient pour son analyse.

Ici White et Granovetter se rejoignent en ce qui a trait à la typologie des « liens faibles » et des « liens forts », qui fut apporté par les travaux sur le petit monde[32]. Dans le cas des liens dits forts, il est souvent question de multiplexité (d'une multitude de liens, à divers niveaux) et de relation autonome[28].

  • Catdom (category domain): le catdom représente les découpages classiques en sociologie : une catégorie définie a priori ;
  • Netdom (network domain): le est similaire à la notion de cercle social chez Simmel[38],[39]. Il s'agit d'un réseau d'interactions effectives autour d'éléments sémantiques partagés ; un réseau socio-sémantique. Le terme de « niche » est aussi employé, dans un sens proche de celui de niche écologique.

« La notion de "netdom" ("network-domain") rend compte de cette dualité entre les domaines sémantiques, les réseaux de sens et les réseaux sociaux. Le thème de la politique française par exemple définit le réseau de ceux qui discutent de ce thème. Des identités en relation spécialisée liée à un netdom constituent un public. Les identités, et les histoires, peuvent commuter d’un netdom à un autre, comme lorsque l’on change de sujet dans une conversation, modifiant ainsi l’ensemble de ceux qui s’intéressent à ce sujet et produisant des significations. Parfois, un réseau correspond à une catégorie d’acteurs (au sens classique du terme catégorie) : c’est un catnet ("category-network"). L’ensemble des entités d’un réseau est une population-réseau. »[32].

Équivalence structurale et interactions corrélatives[modifier | modifier le code]

Sociologiquement, les « bleus » et les « rouges » sont deux identités sociales en interaction corrélative: où chacun des groupes jouent un rôle pour que l'interaction ait lieu : il pourrait s'agit du soin, de l'enseignement, ou du rapport de domination tel que décrit par Marx

Sociologiquement deux entités au sein d'un réseau sont en équivalence structurale si elles partagent de mêmes types liens vers d'autres entités du réseaux[40]. Sans chercher une équivalence pure (régulière) où chacun aurait vers l'autre exactement les mêmes liens, il est question de chercher des similitudes relationnelles.

C'est notamment à l'aide de la technique de blockmodeling que l'analyse de la présence ou non d'équivalence au sein d'un réseau se fait. Le blockmodeling est une technique qui permet de classer les liens d'une matrice d'adjacence d'une façon à former des « blocs » ; à regrouper les liens de même type. La définition de 1971 par Lorrain et White est : les sommets a et b sont structurellement équivalents, s'ils sont reliés à d'autres sommets d'une même façon[41].

Pour les sciences sociales, les équivalences structurales sont vues comme étant des interactions corrélatives ; « c’est-à-dire celles dans lesquelles les partenaires ne sont pas des individus semblables mis dans une situation particulière, mais des individus qui se définissent par le rôle qu’ils jouent dans l’interaction[28] ». Par exemple le médecin et son patient, l'enseignant et l'élève, le mari et sa femme, le capitaliste et le prolétaire, le « blanc » et le « noir », etc. Il s'agit d'identités sociales en position d'inégalité structurelle, qui interagissent pour former une entité sociale spécifique. Les interactions corrélative sont celles où deux types d'identités sociales interagissent pour former un fait social : l'enseignement, le soin, le couple, par exemple. L'exemple le plus connu de ce type d'interaction sociale est le rapport d'oppression proposé par Karl Marx. Il est à noter que toutes les interactions corrélatives et inégalités structurelles ne débouchent pas sur la révolte ou l'impression d'injustice.

Exemple des marchés, développé par Harrison White[modifier | modifier le code]

Harrison White a développé son approche, particulièrement en travaillant autour de notions relevant traditionnellement de l'économie. C'est en se penchant sur les interactions sociales des entreprises avec leurs fournisseurs (en aval et en amont), dans une perspective « analyse des réseaux sociaux », qu'il a développé la notion d'équivalence structurale. Chaque entreprise se situe donc dans un réseau, mais à moins d'un monopole, elle s'y trouve avec d'autres entreprises, qui lui sont similaires et avec laquelle est est notamment en concurrence. Georg Simmel avait déjà noté que les marchands, tout en étant en concurrence, devaient aussi collaborer ; ils furent tôt organisés en regroupements de marchand. Le cartel est une forme de collaboration entre équivalents (entités ayant une identité sociale similaires dans un netdom donné). Concurrence et collaboration sont possibles qu'entre identités sociales équivalentes[42].

La nécessaire réduction des incertitudes des réseaux marchands force les entreprises à s'ajuster les unes par rapport aux autres, afin d'arriver à des normes et des conventions quant à la qualité et au prix d'un produit marchand ; il se crée un marché. Un marché est un netdom. Les entreprises s'y encastrent et s'en découplent, en créant de nouvelles « niches » et en ajustant les conventions établies (lors d'interactions). Ainsi, une régulation sociale est observable, la discipline a pris le dessus, afin de réduire les incertitudes. Le cas des marchés, ici présenté, fait référence à une discipline de style interface, où la qualité et l'engagement s'observent.

Encastrement et découplage[modifier | modifier le code]

« "L'encastrement et le découplage permettent de penser la dynamique d'émergence ou de dissolution d'entités agissantes ou de formes sociales, qu'il soit question d'identités individuelles, d'organisations, ou de marchés. Toute entité est à la fois encastrée dans les liens qu'elle a tissés avec d'autres identités, et découplée, c'est-à-dire disposant d'une marge de manœuvre spécifique. Tout découplage débouche sur un nouvel encastrement (...) » »

— Grossetti & Godart, 2007, p. 38

  • Encastrement : Explicatif de l'héritage ou du bagage sémantique traîné et lié à l'idée de reproduction sociale et de socialisation, l'encastrement fait référence au processus qui fait en sorte que les identités sociales et les institutions s'insèrent dans des « cadres pré-existants ». L'encastrement et le découplage sont liés
  • Découplage : Le découplage est un processus qui apporte un fait social « nouveau », de la singularité, et qui explique le changement social, selon l'approche interactionniste structural. L'encastrement et le découplage sont liés et expliquent selon White l'autosimilarité du monde social.

Institution[modifier | modifier le code]

La notion d' institution sociale est courante en sciences sociales. Dans la sociologie Whitienne, le concept d'institution désigne un mode de régulation des interactions sociales qui sont vouées à se reproduire. Par exemple, l'institution du chômage résulte et permet de réguler la situation sociale qu'est la recherche d'emplois dans un cadre social de marché du travail.

Style[modifier | modifier le code]

C'est une notion qui permet de décrire les variantes entre les formations sociales, selon les netdoms. On peut parler d'un style « français », ou d'un style « allemand ». Dans la sociologie Whitienne, la rationalité est un style 36.

Régime de contrôle[modifier | modifier le code]

Une forme de contrôle, qui se superpose aux efforts de contrôle, et qui est relatif aux idéologies dominantes.

Inertie endémique du social[modifier | modifier le code]

Plus une « loi du social » qu'un concept. Cette inertie fait dire aux interactionnistes structuraux que l' « action sociale véritablement nouvelle » et le changement social sont très rares : « Tout changement doit provenir de la lutte contre l'inertie endémique de l'organisation sociale, c'est-à-dire, le changement vient de l'action nouvelle qui vient lever le blocage[43] ».

Réception[modifier | modifier le code]

En 1993, après la parution en 1992 de Identity and control, l'approche relationnelle de White fut l'objet d'un numéro spécial dans Contemporary sociology, revue de l'Association Américaine de sociologie[44].

En septembre 2009, l'Université Humboldt de Berlin a accueilli le symposium internationale sur la sociologie relationnelle qui fut organisée par Jan Fuhse et intitulée Sociologie relationnelle : Des impulsions transatlantiques pour les sciences sociales. Le symposium s'est centré sur le travail de Harrison White[45],[46]

En octobre 2009, le sociologue Yanjie Bian a tenu la « Conférence internationale sur la sociologie relationnelle » à l'Institut pour les sciences sociales empiriques de l'université Xi'an Jiaotong[47]

À partir de 2011 la société canadienne de sociologie a tenu des conférences annuelles pour développer le champs de recherche de la sociologie relationnelle[48].

En 2013 un appel à publication lancée par la section « Recherches sur les réseaux sociologiques » de l'Association allemande de sociologie, en arguant que bien que les avancées en sociologie relationnelle se produisent majoritairement aux États-Unis, la sociologie relationnelle a des racines profondes dans la sociologie de langue allemande[49]. En plus de Simmel, Marx, Elias and Luhmann, cette tradition allemande inclue des sociologues commeLeopold von Wiese, Karl Mannheim, Theodor Litt, Alfred Schütz, and Helmuth Plessner.

Aussi en 2013, deux livres sur la sociologie relationnelle par F. Dépelteau et C. Powell furent publiés. Conceptualizing Relational Sociology and Applying Relational Sociology[50]. En 2014 un groupe de recherche sur la sociologie relationnelle a été créé via la Société canadienne de sociologie[51].

Bibliographie partielle[modifier | modifier le code]

  • Alain Degenne, « Harrison White ou un chaînon manquant de la sociologie », (consulté le 19 décembre 2016)
  • Éric Letonturier, « Sociologie des réseaux sociaux et psychologie sociale: Tarde, Simmel et Elias », Hermès, La Revue, C.N.R.S. Editions, vol. n° 41, no 1,‎ , p. 41-50 (ISSN 0767-9513, résumé, lire en ligne)
  • Pierre Mercklé, « VI. Un nouveau paradigme sociologique ? », Repères, La Découverte,‎ , p. 95-104 (ISBN 9782707188885, ISSN 0993-7625, résumé, lire en ligne)
  • MUSSELIN, Christine, BELLON, Bertrand, CAIRE, Guy, et al. L'État et le marché. 1996.
  • FERRAND, Alexis. La prise en compte de l'insertion socio-relationnelle des individus dans quelques analyses récentes des représentations du Sida. In : Journées d'étude du Réseau Thématique 26 de l'Association Française de Sociologie: « Analyse des réseaux sociaux, quoi de neuf? ». 2010.
  • GROSSETTI, Michel et GODART, Frédéric. Harrison White : des réseaux sociaux à une théorie structurale de l'action. Introduction au texte de Harrison White Réseaux et histoires. SociologieS, 2007.
  • DEGENNE, Alain et FORSÉ, Michel. Les réseaux sociaux. 2004.
  • BIDART, Claire, DEGENNE, Alain, et GROSSETTI, Michel. La vie en réseau : dynamique des relations sociales. Presses universitaires de France, 2015.
  • WHITE, Harrison C. Identity and control: A structural theory of social action. Princeton University Press, 1992.
  • WHITE, Harrison C. Identity and control: How social formations emerge. Princeton University Press, 2008.
  • WHITE, Harrison C. et GODART, Frédéric. Stories from identity and control. Sociologica, 2007, vol. 1, no 3, p. 0-0.
  • PADGETT, John F. Organizational genesis, identity and control. Departament of, 1998.
  • TILLY, Charles. Citizenship, identity and social history. International review of social history, 1995, vol. 40, no S3, p. 1-17.
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Références[modifier | modifier le code]

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  6. Citation traduite en français : "RS (la sociologie relationnelle) est reliée réalisme critique, à l’interactionnisme symbolique, à la théorie des acteurs-réseaux de B. Latour et J. Law, à l’analyse des réseaux, à P. Bourdieu, N. Luhmann, C. Tilly, H. White, M. Foucault, G. Simmel, le pragmatisme, K. Marx, K. Manheim, A. Schutz, E. Cassirer, N. Elias, M. Mann et beaucoup d'autres. Cela peut être déroutant mais, en même temps, il est impressionnant que tant de scientifiques et de philosophes sociaux importants aient été associés à cette approche. En fait, beaucoup d’entre eux ont explicitement relié leur travail à la sociologie relationnelle. La sociologie relationnelle est généralement basée sur le rejet de certains principes fondamentaux ou catégories utilisés par de nombreux sociologues depuis le début de la discipline. Comme M. Emirbayer nous l’a rappelé, le terme «pensée relationnelle» «avait la qualité de mots opposés» à la fin des années 1990 (dans Powell et Dépelteau 2013: 209). Ils luttaient contre les approches basées sur la régression statistique et la théorie du choix rationnel, par exemple; mais aussi, et peut-être plus important encore, contre l’idée que les phénomènes sociaux sont des substances ou des essences; que les acteurs, en tant qu’entités prédéfinies, puissent être définis en dehors des relations sociales - comme si nous pouvions comprendre ce qu’ils faisaient en dehors des relations sociales dans lesquelles ils sont enracinés. En conséquence, la plupart des penseurs relationnels essaient de dépasser les dualismes classiques tels que objectivisme / subjectivisme, nature / culture, esprit / corps, structures sociales / agence ou individu / société. Quelque chose est ce qu'il est par rapport à autre chose." Source : http://www.csa-scs.ca/files/webapps/csapress/relational/what-is-relational-sociology/ Citation originale en anglais : "RS has been connected to critical realism, symbolic interactionism, the Actor-Network-Theory of B. Latour and J. Law, network analysis, P. Bourdieu, N. Luhmann, C. Tilly, H. White, M. Foucault, G. Simmel, pragmatism, K. Marx, K. Manheim, A. Schutz, E. Cassirer, N. Elias, M. Mann, and many others. This can be confusing but, at the same time, it is impressive that so many important social scientists and philosophers have been linked to this approach. In fact, many of them explicitly connected their work to RS. RS is usually based on the rejection of some fundamental principles or categories used by many sociologists since the beginning of the discipline. As M. Emirbayer reminded us, the term “relational thinking” “had the quality of fighting words” in the late 1990’s (in Powell and Dépelteau 2013: 209). They were fighting against statistical regression-based approaches and rational choice theory, for instance; but also, and maybe more importantly, against the idea that social phenomena are substances or essences; that actors, as pre-given entities, can be defined outside of social relations – as if we could understand what they are doing outside the social relations they are embedded in. Accordingly, most of the relational thinkers try to move beyond classical dualisms such as objectivism/subjectivism, nature/culture, mind/body, social structures/agency or individual/society. Something is what it is in relation to something else."
  7. (en) Charles Tilly et Harrison C. White, « Finnegan and Harrison », Contemporary Sociology, vol. 22, no 3,‎ , p. 307 (ISSN 0094-3061, DOI 10.2307/2074476, lire en ligne) :

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  9. a b c d et e Michel Grossetti et Frédéric Godart, « Harrison White : des réseaux sociaux à une théorie structurale de l'action. Introduction au texte de Harrison White Réseaux et histoires », SociologieS, Association internationales des sociologues de langue française (AISLF),‎ (ISSN 1992-2655, lire en ligne) Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « 1. » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  10. (en) Powell, Christopher (et al.), Conceptualizing Relational Sociology Ontological and Theoretical Issues, Powell, C., Dépelteau, F. (Eds.), (ISBN 978-1-137-37990-0), p. Voir notament la page 90 au sujet de la revivification du débat via les travaux de Harrison White
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