Interactionnisme structural

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L'interactionnisme structural (aussi appelé sociologie whitienne ou sociologie des dynamiques relationnelles) est une approche en sciences sociales qui s'inscrit dans la tradition de l'individualisme méthodologique tout en s'en éloignant radicalement, en ne prenant pas l'individu et le sens qu'il donne à son action, comme point central de l'analyse, bien que celui ci jouisse d'une certaine liberté (rationalité limitée). Elle est l'une des deux approches en analyse des réseaux sociaux[1] et se distingue de plusieurs approches sociologiques par son recours au formalisme[2].

Dans cette approche interactionniste l'action sociale tend à donner forme et à organiser le monde social au fil d'interactions sociales porteuses de sens. Dans un raisonnement circulaire et simplifié, les interactions sociales et les structures sociales (produites par les interactions sociales) s'influencent mutuellement.

Ses précurseurs sont notamment Georg Simmel[3],[4] et Célestin Bouglé[4].

Le terme a été créé par Alain Degenne et Michel Forsé et se retrouve pour la première fois dans leur ouvrage intitulé Les Réseaux Sociaux (1994) afin de désigner et définir l'approche proposée par Harrison White en 1992, via sa publication Identity and Control[5],[6].

Définition[modifier | modifier le code]

Pour définir l'interactionnisme structural il faut d'abord s'initier au vocabulaire particulier de cette approche, ainsi que ses axiomes qui mènent à concevoir l'individu (et la société d'ailleurs) comme étant, non pas une unité d'analyse qui existe d'emblée, comme par "nature", mais comme étant une formation sociale qui a émergé, ne s'expliquant pas par le biophysique, et à laquelle un observateur peut donner un sens ; une "identité sociale" comme les autres[7].

Ainsi dans l'interactionnisme structurale, les identités sociales déterminent (dans un sens faible et non fort) les structures sociales (formant des réseaux), via leurs interactions, tout comme, simultanément, les structures sociales déterminent (dans un sens faible) les interactions et les identités sociales.

"Structure sociale" et "identités sociales" sont ici des notions utilisées pour désigner des "formations sociales" ayant émergées dans un espace de sens temporellement situé (Netdom : comparable à la notion de cercle social chez Simmel). Le chercheur vise alors à expliquer ces émergences ainsi qu'à comprendre leurs évolutions ou dissolutions. Toute régularité sociale est ici comprise comme étant le résultat de dynamiques relationnelles d'"efforts de contrôle", de part et d'autres, qui font émerger des identités sociales.

Axiomes[modifier | modifier le code]

Il y en a trois dans l'interactionnisme structural [8]:

  1. Le chaos est endémique. L'incertitude est endémique;
  2. Il existe des "efforts de contrôle", qui sont déployés par les entités sociales à la recherche d'appuis;
  3. Le sociologue doit se concentrer sur l'étude des histoires contenues dans les relations;

Le chaos est endémique : fondamentalement la régularité émerge du chaos qui lui n'a pas d'ordre ou d'organisation intrinsèque. C'est à force de régulation des interactions qu'émergent les "formations sociales". Mais celles-ci demeurent menacées de dissolution ; rien ne se maintient éternellement et trop d'incertitudes et d'imprévisibilités règnent pour que ces formations sociales soient à l'abri des influences et contrecoups du reste de ce qui les entourent. Elles tentent cependant d'exister et de se maintenir en cherchant à s'ancrer dans la réalité. Pour cela, elles veillent à réduire les incertitudes. Ce qui explique l'action sociale dans ce paradigme est la réduction des incertitudes, par des "efforts de contrôle" sur les interactions sommes toutes incertaines.

À force d'"effort de contrôle" des interactions de la part des formations sociales à la recherche d'appuis, elles en viennent à se distinguer et prendre assez sens pour être reconnues par un observateur, il s'agit alors d'une "identité sociale" ; qui en son sens général désigne toute source d'action qui n'est pas explicable par le biophysique et à laquelle un observateur peut attribuer du sens. Ainsi, pour continuer de se maintenir et exister, malgré un chaos endémique (l'absence de régularité intrinsèque ; d'un ordre "naturel") les identités sociales vont déployer toutes sortes de "d'efforts de contrôle" pour survivre, car elles sont voués à soit se transformer, soit disparaître.

Enfin, c'est à travers les histoires ; les sens que prennent les identités sociales, que leurs actions sociales s'étudient. Le sens dont il est ici question est complètement le fruit de l'interaction sociale ; il ne provient jamais d'un seul acteur social, isolé. Les récits se construisent à travers les interactions. Les relations sont des histoires. L'étude de la coévolution des formations sociales implique de s'intéresser aux histoires qui les sous-tendent ; au sens qui a été posé socialement ; lors d'interactions sociales, sur les formations sociales elles-mêmes.

C'est une approche subversive qui prend pour base que rien n'existe d'emblée ; que si l'on observe des "sociétés", des "cultures", des "individus", des "castes", etc. c'est parce que le social agit. Ce qui intéresse le sociologue est de comprendre l'émergence des régularités observables, et non pas de se servir de ces formations comme unité d'analyse.

Lexique des conceptualisations whitiennes[modifier | modifier le code]

Ces notions et concepts sont présentées notamment par leur "créateur" (Harrison White) dans Identity & control, mais aussi chez Alain Degenne et Michel Grossetti[6],[8], Charles Tilly, Mark Granovetter, etc.

Incertitude[modifier | modifier le code]

L'incertitude est vu comme étant endémique. Pour White, l'homo sapiens a de tout temps et en tout lieu cherché à réduire l'angoisse que provoque l'incertitude; l'entité sociale tend à vouloir prévoir, anticiper, expliquer, avoir un minimum confiance en quelque chose, parce qu'autrement, ce ne serait pas vivable. En plus de devoir faire face à des incertitudes biophysiques (géologiques, climatiques, biologiques...), l'entité sociale doit faire face à des incertitudes liées aux actions des autres, elle est elle-même confrontée et qu'elle le veuille ou non, lors des interactions sociales son identité sociale se mettra en place et dès lors elle sera impliquée dans des interactions sensées qui tendent à renforcer les identités et leur ancrage dans le monde social. L'identité sociale fait aussi face à des incertitudes se rapportant à ce qui relève dans le langage commun du culturel; ce qui est valable dans certains lieux peut ne pas avoir de sens dans d'autres, ce qui crée de l'incertitude, selon White.

  • Contingence (biophysique)
  • Ambage (social)
  • Ambiguïté (sémantique)

Chez Alain Degenne, l'incertitude est mise en lien direct avec la confiance, comprise en tant qu'un degré de certitude que les identités ont du déroulement de l'interaction sociale[9]. Michel Grossetti a développé une "sociologie de l'imprévisible" qu'il décrit comme fortement influencé par l'approche whitienne (ici présentée)[10].

Identité sociale[modifier | modifier le code]

Concept fondamental de l'interactionnisme structural, dont dépend les autres conceptualisations. Unité fondamentale des sciences sociales, selon ce courant de pensée, et à ce titre il est équivalent aux termes d'"acteur social" ou d'"agent" dans d'autres théories. Ce concept apporte l'avantage d’éviter de naturaliser les individus dans une posture d’acteur, et notamment d’acteur rationnel[11].

L'entité sociale devient "identité sociale" au fil des interactions sociales, lorsqu'elle prend forme ; qu'elle est identifiable par un observateur externe qui peut lui attribuer du sens qui n'est pas explicable par le biophysique.

"Je généralise l'identité à toute sources d'action, toute entité à laquelle un observateur peut attribuer du sens qui n'est pas explicable par des régularités biophysiques. Ces régularités sont subscéquente au contexte social en tant qu'environnement, où la personne apparaitra comme un amalgame d'identités" [12]

White donne 5 sens à son concept d'identité sociale.

  1. l'dentité est une recherche d'appuie dans un environnement totalement incertain;
  2. l'identité est un attribut reconnaissable;
  3. l'Identité est un amalgame entre le conformisme et la liberté; elle a une individualité, mais aussi des paradoxes;
  4. l'identité est tel qu'entendu dans le sens commun; un identifiant personnel;
  5. l'identité est une sensibilité qui fait se sentir lier aux autre, appartenir à l'humanité, se sentir une personne;

Toutes ces identités résultent des efforts de contrôle qu'elles déploient lors d'interactions :"Les identités à la recherche de contrôle interagissent, se frottent, se confrontent, produisant des situations contingentes et désordonnées dont émergent cependant des régularités. La première de ces régularités est le maintien (la construction et reconstruction) des identités elles-mêmes. Leur recherche inlassable du contrôle leur permet de créer une sorte de continuité de leur propre existence comme identité. "[11].

Efforts de contrôle[modifier | modifier le code]

Ce qui explique l'"action sociale" dans cette sociologie.

Notion qui s'appuie sur les axiomes présentées ci-haut. Tentatives d'exister, de se maintenir, de s'ancrer dans la réalité. C'est ce qui produit, maintient ou dissoud les identités sociales.

Le terme "contrôle" peut induire en erreur, car il est polysémique. Ici il sous-tend seulement une tentative d'exister dans une forme identifiable, normative, par les actions posées par les identités sociales, ce qui permet une certaine poigne sur le sens et la direction que prennent les interactions sociales. Pour illustrer : "Un jeune enfant qui explore l’espace autour de lui est à la recherche de contrôle. Un groupe de chasseurs-cueilleurs qui délimite son territoire aussi." [11]

Voici un exemple que White donne dans son livre et cité par un autre sociologue : "Considérons par exemple la façon dont les étudiants amènent un nouveau professeur à s’adapter aux standards implicites d’évaluation et aux cadres cognitifs du curriculum de leur campus (par exemple, le fait qu’on y encourage les connaissances techniques par rapport aux connaissances historiques) : ils ne peuvent pas formuler clairement l’ensemble des pressions qu’ils sont amenés à exercer, et n’en sont le plus souvent pas conscients. C’est un contrôle très efficace, mais il ne se fonde pas sur l’intention de produire une action nouvelle." [13].

Disciplines[modifier | modifier le code]

Ce sont les formes typiques que prennent les efforts de contrôle lors des interactions sociales, selon White. Il en existerait trois, qui sont conceptualisées comme étant mutuellement exclusives. Elles ont toutes un effet sur l'émergence, le maintien, la transformation ou la dissolution des formations sociales.

Elles ont des valeurs (dont la teneur se négocie dans les interactions) et des processus qui leur sont propres.

  • Arène: sa valeur est la « pureté » ; il est question de « trier le bon grain de l'ivraie ». Ce qui est « bon » ici se négocie dans les interactions et s'appuie sur des histoires. Son processus est la sélection puisqu'il tend à opérer un tri sélectif (basé sur un principe de pureté). La définition whitienne est: "Une discipline de type « arène » peut émerger d’une dynamique d’hostilités et de sympathies dans des netdoms. Certains sont alors perçus comme des gardiens (« gatekeepers ») et interviennent dans le jeu à la mesure de leur capacité à exclure rigoureusement, sélectionnant selon des degrés successifs de pureté, la pureté étant l’ordre de valeur.(Chapitre 3)."[14];
  • Conseil : sa valeur est le "prestige"; il est question ici de chercher à rallier ou à se rallier à quelque chose en quoi on croit ou que l'on soutien. Son processus est celui de la mobilisation puisqu'il tend à opérer un ralliement basé sur une attirance. La définition whitienne est: "Dans les conseils, les jugements se concentrent sur le « prestige », c’est-à-dire sur la capacité à influer sur l’action collective. (Chapitre 3)."[14];
  • Interface : sa valeur est la qualité et son processus correspont à l'engagement; c'est une entreprise (au sens d'une démarche; d'entreprendre quelque chose) au sein d'un réseau où d'autres semblables entreprennent sensiblement la même chose, en ayant des objectifs simmilaires. Son processus est l'engagement puisque l'action sociale se coordonne pour réduisant les incertitudes dans un netdom donné. La définition whitienne est: "Une interface est un ensemble mutuellement contraignant de revendications de coy metntrôle qui produit comme résultat net un flux dirigé, un flux engagé. » (Chapitre 3)."[14];
Disciplines Arène Conseil Interface
Valeurs Pureté Prestige Qualité
Processus Sélection Mobilisation Engagement

Histoires[modifier | modifier le code]

Selon cette approche, le sociologue doit s'intéresser aux histoires. Des plus simples rumeurs de cours d'école à l'Histoire avec un grand H, cette notion est centrale dans l'approche interactionniste structural puisque le sens produit lors d'interactions sociales est ici vu comme étant exprimé par le langage humain; comme une histoire, un récit, une narration.

"Les interactions entre les identités produisent des histoires. Ces histoires, qui sont énoncées soit par les identités participant à l’histoire soit par des observateurs, établissent des liens entre les identités. C’est à travers les histoires que les interactions dépassent leur caractère instantané pour s’inscrire dans la durée sous la forme de liens et avoir des effets durables" [11]. Via les efforts de contrôle que déploient les identités sociales, celles-ci produisent des histoires. L'identité sociale, en son sens primaire, est source d'action parce quelle engendre la production d'histoires. Les histoires sont aussi porteuses de liens, qui peuvent aller jusqu'à passer d'interaction sociale à relation : "Une relation entre deux personnes est ainsi constituée des nombreuses histoires qui mettent en scène des interactions ou des liens entre ces deux personnes. En un sens, comprendre une relation requiert de prendre en compte une pluralité de points de vue narratifs."[11].

Selon Harrison White, ce sont ces histoires qui rendent si particulière notre espèce animale : "On peut imaginer qu’il est possible de découvrir des réseaux sociaux dans d’autres espèces que l’espèce humaine, par exemple au moins chez les loups et les singes. On trouve dans ces espèces des ordres hiérarchiques, des liens et certainement des luttes pour le contrôle (…) Tout cela implique un certain niveau de communication, mais qui reste relativement simple et n’a pas besoin d’être plus complexe que l’échange de phéromones dans les sociétés de fourmis (…) Cela conduit à penser que ce sont le sens et les histoires qui placent l’action sociale humaine à part. Sans les histoires, l’action sociale serait monotone ; il n’y aurait pas toutes ces « couleurs » que les humains observent et utilisent dans les cadres sociaux."[15]

Réseaux[modifier | modifier le code]

Article connexe : Analyse des réseaux sociaux.

Théoriquement, selon l'interactionnisme structural, le réseau social (ou réseau socio-sémantique, pour être plus précis) est une formation sociale constituée d'identités sociales qui interagissent. Le réseaux prend forme à partir des histoires produites qui définissent à fois les liens et les identités sociale.

Méthodologiquement parlant un réseau est aussi une forme de découpage en recherche qui prend en compte des interactions sociales effectives. Se modélise via la théorie des graphes et s'analyse dans la perspective de l'analyse des réseaux sociaux. Il est souvent difficile de tenir compte de toutes les interactions effectives, ce qui implique que le chercheur doit choisir quelles interactions il analyse; quels types de lien il retient pour son analyse.

Ici White et Granovetter se rejoingnent en ce qui a trait à la typologie des "liens faibles" et des "liens forts", qui fut apporté par les travaux sur le petit monde[11]. Dans le cas des liens dits forts, il est souvent question de multiplexité (d'une multitude de liens, à divers niveaux) et de relation autonome[9].

  • Catdom: Le catdom représente les découpages classiques en sociologie : une catégorie définit a priori
  • Netdom: le netdom est similaire à la notion de cercle social chez Simmel[16],[17]. Il s'agit d'un réseau d'interactions effectives autour d'éléments sémantiques partagés; un réseau socio-sémantique.

"La notion de « netdom » (« network-domain ») rend compte de cette dualité entre les domaines sémantiques, les réseaux de sens et les réseaux sociaux. Le thème de la politique française par exemple définit le réseau de ceux qui discutent de ce thème. Des identités en relation spécialisée liée à un netdom constituent un public. Les identités, et les histoires, peuvent commuter d’un netdom à un autre, comme lorsque l’on change de sujet dans une conversation, modifiant ainsi l’ensemble de ceux qui s’intéressent à ce sujet et produisant des significations. Parfois, un réseau correspond à une catégorie d’acteurs (au sens classique du terme catégorie) : c’est un catnet(« category-network »). L’ensemble des entités d’un réseau est une population-réseau."[11].

Équivalence structurale et interactions corrélatives[modifier | modifier le code]

Sociologiquement, les "bleus" et les "rouges" sont deux identités sociales en interaction corrélative: où chacun des groupes jouent un rôle pour que l'interaction ait lieu : il pourrait s'agit du soin, de l'enseignement, ou du rapport de domination tel que décrit par Marx

.

Sociologiquement deux entités au sein d'un réseau sont en équivalence structurale si elles partagent de mêmes types liens vers d'autres entités du réseaux. Sans chercher une équivalence pure (régulière) où chacun aurait vers l'autre exactement les mêmes liens, il est question de chercher des similitudes relationnelles.

C'est notamment à l'aide de la technique de blockmodeling que l'analyse de la présence ou non d'équivalence au sein d'un réseau se fait. Le blockmodeling est une technique qui permet de classer les liens d'une matrice d'adjacence d'une façon à former des "blocs" ; à regrouper les liens de même type. La définition de 1971 par Lorrain et White est : les sommets a et b sont structurellement équivalents, s'ils sont reliés à d'autres sommets d'une même façon[18].

Pour les sciences sociales, les équivalences structurales sont vu comme étant des interactions corrélatives; "c’est-à-dire celles dans lesquelles les partenaires ne sont pas des individus semblables mis dans une situation particulière, mais des individus qui se définissent par le rôle qu’ils jouent dans l’interaction"[9]. Par exemple le médecin et son patient, l'enseignant et l'élève, le mari et sa femme, le capitaliste et le prolétaire, etc. Il s'agit d'identités sociales en position d'inégalité structurelle, qui interagissent pour former une entité sociale spécifique. Les interactions corrélative sont celles où deux types d'identités sociales intéragissent pour former un fait social : l'enseignement, le soin, le couple, par exemple. L'exemple le plus connu de ce type d'interaction social est le rapport d'opression proposé par Karl Marx. Il est à noter que toutes les interactions corrélatives ne débouchent pas sur la révolte ou l'impression d'injustice.

Exemple des marchés, développé par Harrison White[modifier | modifier le code]

Harrison White a développé son approche, particulièrement en travaillant autour de notions relevant traditionnellement de l'économie. C'est en se penchant sur les interactions sociales des entreprises avec leurs fournisseurs (en aval et en amont), dans une perspective "réseaux", qu'il a développé la notion d'équivalence structurale. Chaque entreprise se situe donc dans un réseau, mais à moins d'un monopole, elle s'y trouve avec d'autres entreprises, qui lui sont simmilaires et avec laquelle est est notamment en concurrence. Georg Simmel avait déjà noté que les marchands, tout en étant en concurrence, devaient aussi collaborer; ils furent tôt organisés en regroupements de marchand. Le cartel est une forme de collaboration entre équivalents (entités ayant une identité sociale simmilaires dans un netdom donné). Concurrence et collaboration sont possibles qu'entre identités sociales équivalentes[19].

La nécessaire réduction des incertitudes des réseaux marchands force les entreprises à s'ajuster les unes par rapport aux autres, afin d'arriver à des normes et conventions quant à la qualité et au prix d'un produit marchand; il se crée un marché. Un marché est un netdom. Les entreprises s'y encastrent et s'en découplent, en créant de nouvelles "niche" et en ajustant les conventions établies (lors d'interactions). Ainsi une régulation sociale est observable, la discipline a pris le dessus, afin de réduire les incertitudes. Le cas des marchés ici présenté fait référence à une discipline de style interface, où la qualité et l'engagement s'observent.

Encastrement et découplage[modifier | modifier le code]

"L'encastrement et le découplage permettent de penser la dynamique d'émergence ou de dissolution d'entités agissantes ou de formes sociales, qu'il soit question d'identités individuelles, d'organisations, ou de marchés. Toute entité est à la fois encastrée dans les liens qu'elle a tissés avec d'autres identités, et découplée, c'est-à-dire disposant d'une marge de manœuvre spécifique. Tout découplage débouche sur un nouvel encastrement (...)" (Grossetti & Godart, 2007, p. 38)

  • Encastrement (embeddedness) : Explicatif de l'héritage ou du bagage et lié à l'idée de reproduction sociale, l'encastrement fait référence au processus qui fait en sorte que les identités sociales et les institutions s'insèrent dans des "cadres pré-existants". L'encastrement et le découplage sont liés
  • Découplage (decoupling) : Le découplage est un processus qui apporte un fait social nouveau, de la singularité, et qui explique le changement social, selon l'approche interactionniste structural. L'encastrement et le découplage sont liés et expliquent selon White l'autosimilarité du monde social.

Institution[modifier | modifier le code]

Mode de régulation des interactions sociales qui sont vouées à se reproduire.

Style[modifier | modifier le code]

Ce n'est pas un concept, le style permet de décrire les variantes entre les formations sociales, selon les netdoms.

Réthoriques[modifier | modifier le code]

Régime de contrôle[modifier | modifier le code]

Une forme de contrôle, qui se superpose aux efforts de contrôle, et qui est relatif aux idéologies dominantes.

Inertie endémique du social[modifier | modifier le code]

Plus une "loi du social" qu'un concept. Cette inertie fait dire aux interactionistes structuraux que l'"action sociale véritablement nouvelle" et le changement social sont très rares: "Tout changement doit provenir de la lutte contre l'inertie endémique de l'organisation sociale, c'est-à-dire, le changement vient de l'action nouvelles qui vient lever le blocage" [20]

Réception[modifier | modifier le code]

Symposium: Identity and Control[modifier | modifier le code]

Dans le volume 22 de Contemporary Sociology (1993)[21] quatre sociologues aux orientations diverses ont chacun publié un bref article réflexif sur la sociologie que propose Harrison White.

La critique principale de Boudon à l’encontre de White concerne la volonté de White d’ancrer les sciences sociales dans de solides bases. Il se dit aussi insatisfait que White en ce qui concerne l’état des sciences sociales, mais ne croit pas que White parvienne à son objectif : "Un de mes points principaux de désaccord avec White c'est qu'il vise à ancrer fermement les sciences sociales dans l'objectivité"[23] Son argument principal sur ce point est qu’à son avis, les sciences sociales doivent garder un programme minimal davantage qu’une théorie générale. Boudon apprécie néanmoins l’apport de White via les concepts d’identité et de contrôle : "Son insistance sur l'identité et le contrôle comme étant un enjeu majeur des sciences sociales l'ammène aussi à apporter des éléments contre-intuitifs qui sont bienvenus" [24]. Selon Boudon, l'approche proposée par White néglige de porter une attention à la raison et à l’esprit individuel. Boudon a aussi discuté dans cet article du concept d’encastrement chez White : " Pour illustrer, il argumente que la notion d'encastrement est essentielle pour expliquer les fins poursuivies par les acteurs. Vrai. Mais, comme suggéré par Smith et Kant, et plusieurs théoriciens contemporains, l'observateur "désencasré" est aussi neccesaire dans l'explication"[25].

Boudon s’accorde avec White au sujet de l’aspect insatisfaisant des théories du choix rationnel (TCR) mais, pour lui le problème ne réside pas dans le fait que ces théories prennent la personne en tant qu’unité d’analyse de base. Selon Boudon, la plus grande faiblesse de ces théories est de surestimer l’égoïsme et la rationalité instrumentale. Il reproche à White sa vision de la rationalité : "White introduit une autre thèse fortement controversée quand il dit que la rationalité est un cas particulier du style qui apparait exclusivement dans certains contextes sociaux"[26] Boudon ajoute : "Si être rationnel veut dire, comme je crois qu'il devrait le faire, avoir des raisons d'agir et de faire ce que l'on fait selon nos croyance. je ne suis pas prêt à accepter cette conclusion." [27]

Tilly est des plus enthousiastes face à l'œuvre de White, ce qui ne l'empèche pas d'être critique: "Si nous pouvions attribuer un prix au livre les plus profond, subversif et obscure, Identity and control, le gagnerait haut la main" [29]. Tilly le trouve obscure au sens qu’il fournit une image non conventionnelle du monde social ; que les définitions conceptuelles sont très abstraites et pas assez illustrées selon lui ; qu’il manque certaines définitions dont celles de « contingence » et qu’il y a un manque important de redondance : "Une fois qu'un terme est défini, nous sommes supposé le connaitre" [30]

Il s’accorde avec Boudons sur les idées de grandeurs de White, mais ne se positionne pas de la même façon: "Il tente rien de moins qu'une revivification de toutes les sciences sociales et je l'enjoint volontiers. Il était temps" [31].

Tilly soutient que l'approche whitienne sous-tend de nombreuses idées inhabituelles pour les chercheurs des sciences sociales : "Comme si ce n'était pas suffisant, le livre traitent les organismes comme des environnements et intersections pour de multiples identités, et dans laquelle l'identité de "personne" est construite comme toutes les autres; jamais une personne entière (vu comme la totalité d'un organisme) n'agit ; son schème conceptuel nie toute disjonction radicale entre la vie sociale humaine et non humaine, par exemple, des unités sociales de toute sorte - humaines ou autre - produisent des histoires." [32]

Tilly apporte aussi des questionnements. Notamment concernant les trois dimensions de l’incertitude chez White (contingences, ambages et ambigüité). Tilly cite White : "Il affirme (p. 111) que "l'ambage et l'ambiguïté n'existent qu'en tant que suite de la contingence"[33] Tilly souligne que la création d’organisation sociale en réponse à la contingence puisse à la fois réduire la contingence et l’ambigüité, sans nécessairement augmenter l’ambage.

Craig Calhoun (1993), pour sa part, souligne d’emblée comment le livre de White souffre de lacunes d’écriture et d’édition, malgré l’importance des propos qu’il contient. Pour ce sociologue, l’apport de White est de proposer aux chercheurs des conceptualisations qui devraient se retrouver dans le vocabulaire de tous les jours des sociologues contemporains. Mais White n’a pas réussit selon lui à écrire un livre assez cohérent pour fournit une théorie sociologique générale: "La contribution de son travail est plus du calibre de celle de Merton (sans sa prose limpide) que de Parsons. Elle ne mène pas à l'architecture mais à des éclairages conceptuels spécifiques" [35]

Outre l’exposition de sa compréhension de certains des concepts de White, Calhoun adresse de nombreux questionnements sur le thème de l’action. White soutien qu’une incertitude endémique pousserait notre espèces à déployer des efforts de contrôle afin de réduire cette incertitude, ce qui engendrerait au fils du temps et des interactions certaines régularités dans un monde, somme toute chaotique, bien qu’il ne cherche pas à expliquer l’existence des efforts de contrôle et qu’il s’agisse clairement d’un axiome dans sa théorie; ce que lui reproche Caldhoun

Calhoun a du mal avec l’idée de White concernant l’inertie endémique de l’organisation sociale. À la fois White parle d’action au sens de ce que font les identités à la recherche de contrôle et à la fois il dit que l’action est bloquée ; le changement est difficile car l’ordre de l’organisation sociale tend le bloquer. Calhoun affirme : "Action veut principalement dire changement, et c'est vu en tant qu'effort de contrôle. Pour les sociologues qui ont un intérêt direct dans l'étude de l'action (et des êtres humains) cela peut sembler être une vision étroitement troublante, bien que je suppose qu'il pourrait être développé pour présenter la plupart de ce qui sont communément considérés comme les autres objets de l'activité humaine en tant que dérivé de la poursuite du contrôle"[36]. C’est la façon dont White conçoit l’action sociale comme étant exclusivement de l'effort de contrôle qui semble le plus troubler Calhoun.

Enfin, pour Calhoun, la section la plus claire du livre d’Harrison White concerne sa critique des théories du choix rationnel : "Une des sections les plus claires est sa discussion sur les théories du choix rationnel. Il voit comment le mythe de la personne autonome est lié à la réthorique de la rationalité, et il discute de façon utile et pertinente de la rationalité comme étant un style distinct, tant pour les interactions ordinaires que pour la théorie sociale. Dans ce contexte, il fournit une des affirmations les plus éloquente "C'est le sens, non pas la rationalité, qui est le point de mire de l'organisation sociale, en grande partie. Les identités sont comme des radeaux enchêtrés et bricolés avec des restes, pour faire face aux circonstances. La sauvegarde des identités exige la comparabilité et du sens entre les identités, de sorte que le sens est le point de mire des projets de contrôle. La manière utile de traiter la rationalité, est de le considérer comme un cas particulier de sens, un cas de portée limitée"." [37]

Il est à noter que le passage qui agace Raymond Boudon (p. 303), est compris différemment chez Calhoun. Pour ce dernier, le recours à la notion de style pour aborder la rationalité lui semble utile. En citant White, il met en lumière l’importance de la comparabilité entre les identités et comment le sens prend une place centrale dans la sociologie whitienne. Le « mythe de la personne », qui se retrouve aussi l’objet des critiques de Boudon, apparaît chez Calhoun un élément que White a vu avec acuité. Pour clore la critique de Calhoun, celui-ci tend à donner à White le crédit d’avoir introduit des outils puissants pour l’analyse sociologique. Il demeure cependant plein de questionnement concernant la conceptualisation de l’action chez White.

Pour sa part Meyer (1993) propose davantage un résumé de la théorie whitienne qu'une critique, tout en soulignant d’emblée sa position : Identité et contrôle développe une unique , brillante, et en tout respect, une théorie idiosyncrastique des structures sociales et de l'action sociale" [39] Il souligne aussi, comme les autres, que la lecture de ce livre est aride. Il propose notamment de donner un ordre différent à la table des matières ; ce qui sera fait dans la seconde édition.

Meyer s’est principalement intéressé aux nombreux niveaux d’analyses que permettent la théorie whitienne ainsi qu’à l’idée d’"autosimilarité du monde sociale": Comme conscéquence, les réseaux complexes, les organisations et institutions, d'une part, et les personnes (non pas les être biophysiques, mais les personnes en tant qu'àcteurs sociaux) d'autre part, émergent à partir de la formation des identités. Souvent les identitées sont auto-référentielles et appliquent sur elles-mêmes des effort de contrôle. Et le principe d'autosimilarité opère a travers ce processus qui sont souvent isomorphes à travers les divers niveaux de structuration sociale."[40]

Il mentionne au passage comment chez White, les identités ne déploient pas seulement des efforts de contrôle par rapport aux autres personnes, mais qu’elles appliquent à elles-mêmes ce contrôle. Il souligne aussi l’idée très hétérodoxe que la dichotomie entre les niveaux d’analyses sociologique ne soit due qu’à une conceptualisation particulière du monde social : chez White, elle disparaît. Meyer souligne qu’il y a aussi de multiples niveaux de vocabulaires et qu’il faut s’y familiariser abondamment avant de tenter la lecture d’Identity and Control. Pour illustrer son point, il présente le concept de disciplines, ces trois formes, leurs ordres de valeurs et leurs processus.

L’idée de la comparabilité (issue de l’équivalence structurale) semble une des plus profondes observations de White selon Meyer. La nécessité d’être comparables afin d’entrer en compétition :" La compétition implique la comparabilité, que ce soit dans le plus primitif pecking order (en) ou dans la hierachisation organisationnelle moderne."[41] Meyer apporte des exemples afin d’illustrer cette idée. En sommes, il explique davantage les concepts de White qu’il ne critique l'approche.

Bibliographie partielle[modifier | modifier le code]

  • Alain Degenne, « Harrison White ou un chaînon manquant de la sociologie », (consulté le 19 décembre 2016)
  • Éric Letonturier, « Sociologie des réseaux sociaux et psychologie sociale: Tarde, Simmel et Elias », Hermès, La Revue, C.N.R.S. Editions, vol. n° 41, no 1,‎ , p. 41-50 (ISSN 0767-9513, résumé, lire en ligne)
  • Pierre Mercklé, « VI. Un nouveau paradigme sociologique ? », Repères, La Découverte,‎ , p. 95-104 (ISBN 9782707188885, ISSN 0993-7625, résumé, lire en ligne)
  • MUSSELIN, Christine, BELLON, Bertrand, CAIRE, Guy, et al. L'État et le marché. 1996.
  • FERRAND, Alexis. La prise en compte de l'insertion socio-relationnelle des individus dans quelques analyses récentes des représentations du Sida. In : Journées d'étude du Réseau Thématique 26 de l'Association Française de Sociologie:" Analyse des réseaux sociaux, quoi de neuf?". 2010.
  • GROSSETTI, Michel et GODART, Frédéric. Harrison White: des réseaux sociaux à une théorie structurale de l'action. Introduction au texte de Harrison White Réseaux et histoires. SociologieS, 2007.
  • DEGENNE, Alain et FORSÉ, Michel. Les réseaux sociaux. 2004.
  • BIDART, Claire, DEGENNE, Alain, et GROSSETTI, Michel. La vie en réseau: dynamique des relations sociales. Presses universitaires de France, 2015.
  • WHITE, Harrison C. Identity and control: A structural theory of social action. Princeton University Press, 1992.
  • WHITE, Harrison C. Identity and control: How social formations emerge. Princeton University Press, 2008.
  • WHITE, Harrison C. et GODART, Frédéric. Stories from identity and control. Sociologica, 2007, vol. 1, no 3, p. 0-0.
  • PADGETT, John F. Organizational genesis, identity and control. Departament of, 1998.
  • TILLY, Charles. Citizenship, identity and social history. International review of social history, 1995, vol. 40, no S3, p. 1-17.
  • EMIRBAYER, Mustafa et JOHNSON, Victoria. Bourdieu and organizational analysis. Theory and society, 2008, vol. 37, no 1, p. 1-44.
  • EMIRBAYER, Mustafa et GOODWIN, Jeff. Network analysis, culture, and the problem of agency. American journal of sociology, 1994, p. 1411-1454.
  • SCOTT, John. Social network analysis. Sage, 2012.
  • REFFAY, Christophe et CHANIER, Thierry. Social Network Analysis used for modelling collaboration in distance learning groups. In : International Conference on Intelligent Tutoring Systems. Springer Berlin Heidelberg, 2002. p. 31-40.
  • SANTORO, Marco. Framing Notes. An Introduction to" Catnets". Sociologica, 2008, vol. 2, no 1, p. 0-0.
  • Harrison White, traduit et remanié par Frédéric Godart et Michel Grossetti, sous la direction de H.C. White, « Les Éditions de l'EHESS: Identité et contrôle », (consulté le 19 décembre 2016)

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Alexis Ferrand, « Langage formel, théorie sociologique, méthode d'observation. Quelques impressions sur l'analyse des réseaux sociaux », sur HAL-SHS, (consulté le 10 janvier 2017)
  3. Pierre Mercklé. Sociologie des réseaux sociaux. La découverte, 2011.
  4. a et b Alain Degenne, « L'analyse des réseaux sociaux - Un survol à travers quelques jalons », (consulté le 10 janvier 2017)
  5. Jean-Michel Berthelot, 2000, "Épistémologie des sciences sociales", PUF
  6. a et b Michel Grossetti et Frédéric Godart, « Harrison White : des réseaux sociaux à une théorie structurale de l'action. Introduction au texte de Harrison White Réseaux et histoires », SociologieS, Association internationales des sociologues de langue française (AISLF),‎ (ISSN 1992-2655, lire en ligne)
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  8. a et b Alain Degenne, « Harrison White ou un chaînon manquant de la sociologie », (consulté le 19 décembre 2016)
  9. a, b et c Alain Degenne, « Types d’interactions, formes de confiance et relations », (consulté le 13 janvier 2017)
  10. Michel Grossetti, « Sociologie de l'imprévisible », (consulté le 13 janvier 2017)
  11. a, b, c, d, e, f et g Frédéric Godart, « Harrison White : des réseaux sociaux à une théorie structurale de l'action. Introduction au texte de Harrison White Réseaux et histoires », SociologieS, Association internationales des sociologues de langue française (AISLF),‎ (ISSN 1992-2655, résumé, lire en ligne)
  12. "I generalize identity to any source of action, any entity to which observer scan attribute meaning not explicable from biophysical regularities. Those regularities are subsidiary to social context as environment, and persons will appear as bundle of identities" (White, 2008, p. 2)
  13. Harrison White, cité par : Frédéric Godart, « Harrison White : des réseaux sociaux à une théorie structurale de l'action. Introduction au texte de Harrison White Réseaux et histoires », SociologieS, Association internationales des sociologues de langue française (AISLF),‎ (ISSN 1992-2655, résumé, lire en ligne)
  14. a, b et c Cité par : Frédéric Godart, « Harrison White : des réseaux sociaux à une théorie structurale de l'action. Introduction au texte de Harrison White Réseaux et histoires », SociologieS, Association internationales des sociologues de langue française (AISLF),‎ (ISSN 1992-2655, résumé, lire en ligne)
  15. Harrisson White, cité par : Frédéric Godart, « Harrison White : des réseaux sociaux à une théorie structurale de l'action. Introduction au texte de Harrison White Réseaux et histoires », SociologieS, Association internationales des sociologues de langue française (AISLF),‎ (ISSN 1992-2655, résumé, lire en ligne)
  16. DEGENNE, A. FORSÉ, M. (2004) Les réseaux sociaux, p. 15
  17. Claire Bidart, Alain Degenne et Michel Grossetti (2015), La vie en réseau: dynamique des relations sociales, Presses universitaires de France.
  18. Snidjders, « Equivalence; concepts for social networks », (consulté le 15 janvier 2017)
  19. Alain Degenne, « Harrison White ou le chainon manquant de la sociologie: à propos du livre Identity and Control », (consulté le 15 janvier 2017)
  20. "Any changes must originate from countering the inertia endemic in social organization, that is, change come from fresh action curing blockage" (White, 2008, p. 279)
  21. Symposium: Identity and Control https://www.jstor.org/stable/i309954
  22. Raymond Boudon: Review, Contemporary Sociology. Vol. 22, No. 3 (May, 1993), p. 311-314 http://www.jstor.org/stable/2074478
  23. « One of my main points of disagreement with White deals with this very objective grounding the social sciences. » (Boudon, R., 1993, p. 312)
  24. «His insistence on identity and control as the major issue of the social sciences leads him also to welcome counterintuitive insights »
  25. "For instance, he argues that the notion of embeddeness is essential to explaining the ends followed by the actors. True. But, as suggested by Smith, Kant, and many modern theorists, the disembedded observer is also necessary to the explanation." (Boudon, R., 1993, p. 313)
  26. "White introduce another strong and controversial thesis when he says that rationality is a particular style that appears exclusively in some social contexts (p. 303)".
  27. "If being rational means, as I think it should, having reasons for doing what one does and believing what one believes, it follow from White’s thesis that actions and beliefs have a meaning only in some contexts. I am not prepared to accept this conclusion." (Boudon R., 1993, p. 314)
  28. Charles Tilly: Finnegan and Harrison, Contemporary Sociology. Vol. 22, No. 3 (May, 1993), p. 307-309 http://www.jstor.org/stable/2074476
  29. "If we awarded a prize for a book scored by the multiple of profundity, subversiveness, and obscurity, Identity and Control would surely win hands down."(Tilly, 1993, p. 307)
  30. "(...) once a term is defined, we’re supposed to know it."(Tilly, 1993, p. 307).
  31. "He attempts nothing less than a revivification of all the social sciences. I join him gladly in that aim. It’s about time." (Tilly, 1993, p. 307)
  32. " "As if that were not enough, the book treats organisms as sites and intersections of multiple identities, with the identity of the “person” being constructed like all the rest ; no whole person (construed as the social totality of an organism) ever acts. It denies any radical disjunction between human and nonhuman social life; in the sense of this scheme, of example, social units of all sort – human or otherwise – produce stories."(Tilly, C., 1993, p. 308)
  33. "He says (p. 111) that “ ambage and ambiguity both exist only as the follow-on to contingency.”" (Tilly, C., 1993, p. 309)
  34. Identity and Control: A Structural Theory of Social Action. by Harrison C. White, Review by: Craig Calhoun Contemporary Sociology Vol. 22, No. 3 (May, 1993), p. 314-318 http://www.jstor.org/stable/2074479
  35. "The contribution of his work are more like Merton’s (without the limpid prose) than Parson’s. They lie not in the architecture but in the specific insights conceptualization." (Caldhoun, G., 1993, p. 315)
  36. "Action means mainly change, and it is pursued as part of efforts at control. For sociologists with more direct interests in action (and human beings) this may seem a troublingly narrow view, though I suppose it could be expanded to present most of what are commonly considered the others objects of human activity as derivative of the pursuit of control"(Caldhoun, G., 1993, p. 316).
  37. "One of White’s clearest section is his discussion of rational choice theory. He sees how the myth of the autonomous person is tied to rhetoric of rationality, and he usefully discusses rationality as a distinctive style for both ordinary interaction and social theory. In this context, he gives one of his most expansive statements about meaning: “It is meaning, not rationality, that is the focus of most social organization. Identities are rafts cobbled together out of leftovers to face cross-tide of circumstance. Sustenance of identities requires comparability of and meaning between identities, so that meaning is the focus of insight for projects of control. The useful way to treat rationality is as but a special case of meaning, a case of limited scope"."(Caldhoun, G., 1993, p. 317)
  38. Marshall W. Meyer: Order from desorder. Contemporary Sociology. Vol. 22, No. 3 (May, 1993), p. 309-311 http://www.jstor.org/stable/2074477
  39. " "Identity and Control develops a unique, brilliant, and in some respect idiosyncratic theory of social structure and action."
  40. "As a consequence, complex networks, organizations, and institutions, on one hand, and persons (not biophysical persons, but persons as social actors), on the other, arise from the contention of identities. Often identities are self-referential and direct efforts at social control at themselves. And the principle of self-similarity operates through-out: processes are often isomorphic across multiple levels of social structure"(Meyer M.W., 1993, p. 310)
  41. "Competition induced through comparability, whether in the most primitive pecking orders or in the modern organizational hierarchy, is an extraordinarily powerful control device." (Meyer M.W., 1993, p. 310)