Tout le monde en parle (Québec)

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Tout le monde en parle
Logotype depuis 2012.
Logotype depuis 2012.

Titre original Tout le monde en parle
Genre Talk-show
Périodicité Hebdomadaire
Création Guy A. Lepage
(adaptation québécoise)
Thierry Ardisson
(concept original)
Réalisation Manon Brisebois
Présentation Guy A. Lepage
Pays Drapeau du Canada Canada
Langue Français
Nombre de saisons 18
Nombre d’émissions 429 (liste)
Production
Lieu de tournage Montréal, (Québec)
Durée 2 heures 20 minutes
Production Guy A. Lepage, Guillaume Lespérance et Jacques K. Primeau
Société de production Avanti Groupe
Le gars de la TV
Les Productions Jacques K. Primeau
Radio-Canada
Diffusion
Diffusion Radio-Canada
Date de première diffusion
Statut en production
Public conseillé Tout public
Site web http://ici.radio-canada.ca/tele/tout-le-monde-en-parle

Tout le monde en parle est une émission de télévision québécoise animée et coproduite par Guy A. Lepage, diffusée en simultané sur ICI Radio-Canada Télé et ICI Radio-Canada Première le dimanche soir depuis le . Elle est l'adaptation québécoise de l'émission de divertissement française du même nom, conçue et animée par Thierry Ardisson qui fut diffusée de septembre 1998 à sur France 2.

Principe[modifier | modifier le code]

Logo de l'émission jusqu'en 2012.

Elle est une émission de style « talkshow ». Initialement enregistrée devant public, puis montée (parfois de manière controversée), elle est en direct depuis 2020. Le direct n'avait été tenté qu'une seule fois, en novembre 2015, à la suite des attentats en France. La pandémie de COVID-19 a toutefois poussé l'équipe à changer pour ce format.[1] Chaque semaine, elle rassemble sur un même plateau des personnalités provenant de tous les milieux : politique, sport, spectacle, littérature, journalisme, religion, affaires, etc. Ces personnalités ont souvent fait partie de l'actualité de la semaine et peuvent être des invités québécois ou internationaux. Elles sont invitées à discuter, à s'exprimer librement et à émettre leurs opinions sur les sujets de l'actualité ou sur un sujet qui les concerne particulièrement.

Parfois sous forme d'entrevues ou de jeux, d'autres fois simplement sous forme de discussion, l'animateur dirige les débats et les conversations. Le fou du roi, en contrepoint, se doit de réagir promptement et spontanément, de manière humoristique, au débat en cours. Il croque une impression de l'invité à la fin de son entrevue.

Équipe[modifier | modifier le code]

Animation[modifier | modifier le code]

Depuis le début de l'émission, l'animateur est Guy A. Lepage, ex-membre du groupe humoristique Rock et Belles Oreilles (RBO) et « le gars » dans la comédie de situation Un gars, une fille dont il est le créateur et un des principaux auteurs. Le premier fou du roi est Dany Turcotte, ancien membre du groupe humoristique le Groupe sanguin de 2004 au 14 février 2021.

Pour l'émission du , Guy A. Lepage a été momentanément remplacé par Véronique Cloutier afin qu'il puisse participer à l'entrevue avec les autres membres de Rock et Belles Oreilles. La même chose s'est produite lors de l'émission du , mais cette fois, c'est Dany Turcotte, le fou du roi, qui l'a remplacé le temps de l'entrevue[6].

Épisodes[modifier | modifier le code]

Phrases et rituels[modifier | modifier le code]

Tout comme sa version française, la version québécoise de Tout le monde en parle possède ses quelques phrases et quelques rituels, dont les fameuses questions. En voici quelques-unes :

  • « Manon, pèse sur le piton. » (Présentation d'un extrait vidéo, musical ou autre). N'est plus employée.
  • « Manon... » (Diminutif de la phrase précédente)
  • La question Jean Perron (Un « perronisme » suivi d'un fou rire)
  • La question qui tue (Question accompagnée d'une musique dramatique, normalement une question humoristique)
  • La question à 100 piastres (Question sérieuse, pour changer)
  • La question du banquier (Question ayant souvent rapport avec les Productions J, Le Banquier étant l'émission la plus regardée des productions de Julie Snyder)
  • La « carte à Dany » (Après chaque entrevue, le fou du roi Dany Turcotte offrait habituellement à l'invité une carte contenant une pensée humoristique)
  • Le vin (Un vin conseillé par un représentant en vin est offert aux invités et aux membres du public au milieu de l'émission)
  • Le tour de table (Durant les élections, les chefs des différents partis sont invités à l'émission à tour de rôle, jusqu'à complétion du tour de table)
  • Le « Manon Bye Bye » (fait de montrer un extrait issu du Bye Bye de RBO de 2006 ou 2007, en lien avec l'invité présent. C'est une petite convergence, car les producteurs de l'émission sont aussi les membres de RBO)

Controverses et moments forts[modifier | modifier le code]

Tout le monde en parle vise à provoquer la discussion, les débats, et parfois même la polémique. Certains invités ou certaines émissions se sont démarqués par l'intérêt et la controverse qu'ils ont suscités.

  • Une controverse éclate avant l'enregistrement de la première émission. Patrice Demers, propriétaire de la station de radio CHOI-FM, qui fait les manchettes des journaux pour des propos litigieux tenus en ondes par ses animateurs et le récent refus par le CRTC de renouveler sa licence de diffusion, refuse quelques minutes avant le début de l'enregistrement de se présenter sur le plateau. Ce rebondissement avait été précédé d'un échange de politesses entre l'animateur de CHOI, Jeff Fillion, qui avait refusé l'invitation à l'émission et qui fut qualifié de chieux par l'animateur Guy A. Lepage.
  • Lors de la deuxième émission, diffusée le , Claude Vorilhon dit Raël, gourou de la secte des raëliens, est humilié sur le plateau par le caricaturiste du quotidien La Presse, Serge Chapleau. Ce dernier le traite de « joke » et lui agrippe les cheveux. Raël se plaindra dans les jours qui suivent d'avoir été victime d'une agression physique et porte plainte contre Chapleau. Le mouvement raëlien demande aussi des excuses publiques à une autre invitée, Pauline Marois, députée et ministre péquiste qui refusera en ajoutant que Raël est « fou à lier »[7].
  • Le , plusieurs invités commentent l'arrestation de l'ex-imprésario pédophile Guy Cloutier, depuis condamné à la prison pour agressions sexuelles répétées sur des enfants.
  • Le , passage remarqué et passablement émouvant de René Simard à l'émission. Il est le frère de Nathalie Simard, seule victime connue de Guy Cloutier. René Simard se montre peu loquace et affirme qu'il s'agira de sa seule déclaration publique concernant l'affaire.
  • Le , l'animateur Gilles Proulx se présente à la SRC malgré l'opposition de la chaîne rivale TQS. Pressé par Guy A. Lepage, Proulx offre des excuses à une adolescente victime de viol qu'il avait traitée, en ondes à la chaîne concurrente, de « petite salope, petite cochonne, maudite niaiseuse qui s'en va avec un autre niaiseux ».
  • Le , l'animateur de télévision, de radio et psychiatre Pierre Mailloux cite des études scientifiques selon lesquelles le quotient intellectuel moyen des Noirs serait moins élevé que celui des Blancs. Ces mêmes études disant aussi le contraire pour, entre autres, les Asiatiques par rapport aux Blancs. Étrangement, l'opinion publique se ligue non seulement contre le Doc Mailloux, mais aussi contre Radio-Canada, que certains blâment pour la diffusion des propos de l'invité. Philippe Fehmiu, qui était, à l'époque, l'animateur de Loft Story, une émission à laquelle collabore aussi Mailloux, lance un ultimatum à TQS, qui les emploie tous deux. À la suite du passage de son « collègue » à Tout le monde en parle, Fehmiu, qui est Noir, somme ses patrons de congédier le psychiatre. TQS montrera finalement la porte à Fehmiu et à Mailloux[8]. Les propos tenus par le psychiatre lors de l'émission lui valent également une sanction du Conseil de discipline du Collège des médecins, qui le radie pour cinq ans[9].
  • Lors de l'émission du , l'équipe québécoise reçoit Thierry Ardisson, animateur de la version française de l'émission qui a été annulé au cours des mois précédents son passage. Ardisson se montre, de l'avis général, un invité hors pair. Par contre, son ancien acolyte et fou du roi, Laurent Baffie, quitte les studios avant le début de l'enregistrement, sous prétexte qu'il est lassé d'attendre. Il sera qualifié de « crétin » et de « minable » par Guy A. Lepage. Radio-Canada dut menacer d'appeler la police afin qu'il rende le micro-cravate qu'il n'avait pas retiré avant de quitter brusquement les lieux[10].
  • Lors de l'émission du , l'émission reçoit l'animatrice et productrice d'émissions pour adultes Anne-Marie Losique et les membres de l'ancien groupe humoristique Rock et Belles Oreilles. Lorsque Anne-Marie Losique se met à flirter avec Yves P. Pelletier (membre de RBO), on lui demande de l'embrasser, ce après quoi elle embrasse André Ducharme, puis l'animateur de l'émission[12].
  • En , l'émission reçoit l'écrivaine Nelly Arcan dans le cadre de la sortie de son troisième roman À ciel ouvert (2007), qui aborde les thèmes de la sexualité, de la marchandisation du corps et du désir de plaire. Arcan décrira plus tard son passage à l'émission comme une humiliation, et en fera le sujet de sa nouvelle posthume La Honte (2011) publiée après son suicide en 2009. Guy A. Lepage affirmera au moment de la sortie de la nouvelle qu'il ne savait pas qu'elle avait des problèmes psychologiques lorsqu'il a réalisé l'entrevue, et qu'avoir su il ne l'aurait pas invitée[13].
  • Le , le lieutenant Simon Mailloux fait une entrevue remarquée où il parle de son expérience en Afghanistan et des évènements qui ont mené à l'amputation de sa jambe. À la suite de ce témoignage, un débat animé éclate entre les invitées et le chanteur français Michel Fugain sur les raisons et la logique de la mission canadienne. Le jeune lieutenant termine l'entrevue en faisant un appel au public afin qu'il n'oublie pas les vétérans blessés par les guerres[14].
  • À la suite de l'émission du , le journaliste Ian Halperin dépose une plainte contre l'émission et affirme qu'il a été ridiculisé et traité injustement lors de son passage à l'émission. Par contre, le CRTC donne raison à Radio-Canada[15].
  • Lors de l'émission du , Jean-François Mercier devient le premier artiste à s'être fait enlever sa carte « chouchou » par Dany Turcotte, car il est maintenant en politique.
  • Le comédien Patrick Huard et le cinéaste Philippe Falardeau sont la cible des réseaux sociaux après avoir vivement critiqué l'ex-policière Stéfanie Trudeau, alias "Matricule 728", sur le plateau de l'émission du [16]. Cette dernière avait été retirée de ses fonctions à la suite d'interventions controversées lors du Printemps érable en , notamment pour son arrestation musclée d'un groupe d'artistes[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annabelle Caillou, « «Tout le monde en parle» en direct, une formule appelée à rester? », sur Le Devoir (consulté le )
  2. Zone Arts- ICI.Radio-Canada.ca, « Anaïs Favron sur le banc d’essai de la coanimation de Tout le monde en parle », sur Radio-Canada.ca (consulté le )
  3. « Alexandre Barrette succède à Anaïs Favron comme co-animateur de Tout le monde en parle », sur Monde de Stars, (consulté le )
  4. lesoleil.com
  5. « TLMEP: la pâtissière «pas commode» et tenace », sur Le Soleil, (consulté le )
  6. Sandra Gouin, « Dany Turcotte quitte «Tout le monde en parle» : une blague controversée met fin à 17 ans de collaboration », Journal de Québec,‎ (lire en ligne)
  7. « Télévision - Tout le monde en parle porte bien son nom », sur Le Devoir (consulté le )
  8. « TQS congédie le Doc Mailloux et Philippe Fehmiu », sur Bibliothèque et archives nationales du Québec, (consulté le )
  9. « Le «Doc Mailloux» radié pour cinq ans », sur Le Devoir (consulté le )
  10. « Tout le monde en parle : Baffie au centre de la polémique », sur Toutelatele, https://plus.google.com/106399742545069738793 (consulté le )
  11. « «Tout le monde en parle»: Richard Martineau contre Passe-Partout », sur fusion.editionsgenex.com (consulté le )
  12. « Tout le monde en parle»: les bisous d'Anne-Marie Losique et Guy A. Lepage invité à sa propre émission », sur fusion.editionsgenex.com (consulté le )
  13. Zone Arts- ICI.Radio-Canada.ca, « Guy A. Lepage réagit au texte de Nelly Arcan », sur Radio-Canada.ca (consulté le )
  14. « «Tout le monde en parle»: la politique à l'avant-scène », sur fusion.editionsgenex.com (consulté le )
  15. « Ian Halperin débouté | Arts », sur La Presse (consulté le )
  16. « Matricule 728 : de bourreau à victime », sur Le Journal de Montréal (consulté le )
  17. « SPVM : Matricule 728 au cœur d'une nouvelle controverse », sur Ici Radio-Canada.ca, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]