Maurice Godelier

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Maurice Godelier
Portrait de Maurice Godelier

Maurice Godelier en 1977.

Biographie
Naissance (82 ans)
à Cambrai, (Nord)
Nationalité(s) Drapeau de la France France
Thématique
Formation École normale supérieure de Saint-Cloud
Profession(s) Anthropologue (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Employeur(s) École des hautes études en sciences socialesVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinction(s) Médaille d'or du CNRS ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Maurice Godelier, né le à Cambrai (Nord), est un anthropologue français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Entré premier à l'École normale supérieure de Saint-Cloud, il est agrégé de philosophie, licencié en psychologie et licencié en lettres modernes. Il entre à l'École pratique des hautes études (VIe section) en qualité de chef de travaux auprès de Fernand Braudel, puis devient maître-assistant de Claude Lévi-Strauss, alors titulaire de la chaire d'anthropologie au Collège de France. En 1975, il est nommé directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales et, en 1995, il crée à Marseille le CREDO (Centre de Recherche et Documentation sur l'Océanie), laboratoire de recherche et centre de documentation dédié aux sociétés du Pacifique.

Le terrain sur lequel il réalise ses recherches en anthropologie est l'actuelle Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il y étudie au cours de plusieurs voyages un peuple qu'il caractérise comme étant sans classe et sans État, les Baruyas. Dans la parenté, il éclaircit le lien entre la conception envisagée et le système de transmission lignagère.

De Lévi-Strauss, il a retenu l'emploi de la méthode structurale, qu'il a tenté de combiner avec une approche marxiste. Sur cette base en particulier, il est parvenu à une critique des approches « formalistes » et « substantivistes » des économies primitives. Il a distingué les concepts de « fonctions » et d'« institutions ».

Contributions à l'organisation de la recherche[modifier | modifier le code]

En 1981, Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Recherche, l'appelle pour contribuer à la réforme de la recherche en sciences humaines et sociales au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Maurice Godelier organise des réunions mobilisant l'ensemble des disciplines (l'histoire, l'anthropologie, la sociologie, la psychologie, la linguistique et l'économie, pour les principales) afin de réaliser un bilan. Cette réflexion aboutit à un volumineux rapport en deux volumes, Les sciences de l’homme et de la société en France : analyses et propositions pour une politique nouvelle. Il y envisage la création au CNRS d’un département « Sciences de l’Homme et de la Société » et de deux nouvelles commissions (linguistique et sciences politiques), propositions acceptées et aussitôt mises en œuvre.

En revanche, ses tentatives pour créer une commission pour la psychanalyse n'ont pu déboucher sur des réformes durables.

Afin de concrétiser ce rapport, Jean-Pierre Chevènement le nomme en 1982 directeur scientifique du premier département des Sciences de l’Homme et de la Société du CNRS, poste qu'il occupe jusqu'en 1986. Ensuite, après être retourné animer de multiples recherches à l'EHESS, il est nommé de 1997 à 2000, directeur scientifique du Musée de l'Homme.

En 2001, il reçoit la Médaille d'or du CNRS pour l'ensemble de son œuvre[1].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La notion de « mode de production asiatique » et les schémas marxistes d'évolution des sociétés, Paris, Centre d'études et de recherches marxistes, 1964
  • Rationalité et irrationalité en économie, Paris, Maspero, 1966 (réédité en 2 volumes en 1969)
  • Horizon, trajets marxistes en anthropologie, Paris, Maspero, 1973 (recueil d'articles publiés de 1966 à 1972 ; 2e édition revue et augmentée en 1977)
  • Un domaine contesté : l'anthropologie économique : recueil de textes, La Haye, Mouton, 1974
  • Perspectives in Marxist anthropology (trad. par Robert Brain), Cambridge, Cambridge University Press, 1977
  • « Les rapports hommes-femmes : le problème de la domination masculine », in CERM, La condition féminine, Paris, Éditions sociales, 1978
  • La production des grands hommes : pouvoir et domination masculine chez les Baruya de Nouvelle-Guinée, Paris, Fayard, 1982
  • L'idéel et le matériel : pensée, économies, sociétés, Paris, Fayard, 1984
  • (dir.) Transitions et subordinations au capitalisme, Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, 1991
  • L'énigme du don, Paris, Fayard, 1996
  • Métamorphoses de la parenté, Paris, Fayard, 2004 (ISBN 2-213-61490-3)
  • Au fondement des sociétés humaines : ce que nous apprend l'anthropologie, Paris, Albin Michel, 2007
  • Horizons anthropologiques, Paris, CNRS Éditions, 2009
  • Communauté, société, culture : trois clefs pour comprendre les identités en conflits, Paris, CNRS Éditions, 2009
  • In and out of the west : reconstructing anthropology (trad. par Nora Scott), London, Verso, 2009
  • Les tribus dans l'histoire et face aux États, Paris, CNRS Éditions, 2010
  • Sciences sociales et anthropologie, Paris, CNRS Éditions, 2011
  • Dialogue dans l'ouvrage de Sophie Caratini Les non-dits de l'anthropologie suivi de dialogue avec Maurice Godelier, éd. Thierry Marchaisse, 2012.
  • Lévi-Strauss, Paris, Éditions du Seuil, 2013 (ISBN 978-2-02-105401-9)
  • L'imaginé, l'imaginaire et le symbolique, Paris, CNRS Editions, 2015

Conférences en ligne[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Communiqué du CNRS du 20 septembre 2001 [1].

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Dhoquois (dir.), « Maurice Godelier », in Comment je suis devenu ethnologue, Le Cavalier Bleu, Paris, 2008 (ISBN 9782846701945)

Liens externes[modifier | modifier le code]