Sociologie de l'éducation

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La sociologie de l'éducation est la branche de la sociologie qui étudie les processus de socialisation scolaire, les trajectoires scolaires et leurs déterminants, les rapports pédagogiques, les caractéristiques des institutions et du personnel éducatif.

Définition[modifier | modifier le code]

La sociologie de l’éducation se fonde sur une approche de l’éducation comme phénomène social. Elle se donne principalement pour objet les relations éducatives, les rôles éducatifs, les groupes éducatifs, en ne se limitant ni dans le temps ni dans les cultures[1].

Plusieurs méthodes sont utilisées. Il peut s'agir de macrosociologie, comme chez Pierre Bourdieu ou Raymond Boudon, ce qui permet une réflexion sur l'institution scolaire et les trajectoires au niveau macro ; ou alors, de microsociologie, avec des études menées au niveau d'un établissement scolaire, d'une classe[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers écrits de sociologie de l'éducation sont le fait d'Émile Durkheim. Il donne en 1905 un cours appelé L'Évolution pédagogique en France, qui est édité à titre posthume en 1938. Cette branche de la sociologie est abandonnée pendant un temps avant de revenir sur le devant de la scène avec les travaux de Pierre Bourdieu et de Jean-Claude Passeron.

Discipline ancienne, elle compte actuellement deux écoles principales, l'école de Pierre Bourdieu et l'école de Raymond Boudon.

Théories[modifier | modifier le code]

Structuralisme génétique[modifier | modifier le code]

Les théories de Pierre Bourdieu sont qualifiées de conflictualistes tout comme celles de Bernard Lahire ou de Baudelot-Establet. Ils travaillent sur ce qu'ils considèrent comme les déterminants de la réussite scolaire : la proximité avec l'institution scolaire, les dispositions à apprendre (capital culturel) qui sont inculquées par les parents, etc.

Individualisme méthodologique[modifier | modifier le code]

Les travaux de Raymond Boudon prennent le contrepied de ceux de Bourdieu et mettent en évidence l'importance des rapports sociaux dans l'orientation scolaire, la réussite ou l'échec. L'origine sociale a une influence sur les résultats scolaires, mais le parcours scolaire est en partie dû à des calculs coûts/avantages.

Berthelot souhaite dépasser ce conflit et explique que les parents sont libres de leur choix mais qu'il existe des surdéterminations : temporelles, géographiques et positionnelles.

Thèmes d'étude[modifier | modifier le code]

Les interactions des enfants et de la société[modifier | modifier le code]

Pour Jean Piaget, ce qui est intéressant d'étudier en sociologie de l'éducation, c'est l'ensemble des interactions des enfants et de la société dans laquelle ils évoluent. Les enfants connaissent une évolution par alternance d'étapes successives, de ruptures et de rétablissements. Il s'agit de passages de phases d'équilibre à des phases de déséquilibre pour reconnaître ensuite une stabilisation. On parle de fonctionnement "homéostatique" pour désigner le mécanisme par lequel les êtres humains changent et évoluent. Pour Piaget, la socialisation correspond à un processus actif d'adaptation discontinue à l'environnement et à des formes mentales ou sociales de plus en plus complexes. Cette vision est assez éloignée de celle de Durkheim qui conçoit la socialisation comme un continuum. La notion de structure est importante chez Piaget. Pour lui, la structure mentale est principalement la résultante de deux dimensions : cognitive et affective. L'adaptation de l'individu se réalise à travers deux mouvements : l'assimilation (incorporation) et l'accommodation (ajustement des structures).

On peut distinguer 4 grandes étapes dans ce développement :

  • le passage du respect absolu (parents-enfant) au respect mutuel (parents-enfant/enfant-parents) ;
  • le passage de l'obéissance personnalisée au sentiment de la règle (notion de contrat, de norme sociale, d'accord mutuel, etc.) ;
  • le passage de l'hétéronomie totale à l'autonomie réciproque (camaraderie) ;
  • le passage de l'énergie à la volonté (différenciation du devoir et du plaisir).

Lautrey reprendra les thèses de Piaget pour expliquer les liens entre la position sociale des parents et la réussite scolaire de l'enfant ; il s'intéresse aux règles souples (familles aisées), aux règles faibles (familles de classe populaire), aux règles rigides (familles de classe moyenne).

Les grandes écoles[modifier | modifier le code]

Les grandes écoles sont un des thèmes de la sociologie de l'éducation ; une sous-branche, appelée sociologie des grandes écoles, est nourrie des recherches sur l'enseignement et le profil social des étudiants et enseignants de ces établissements.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nathalie Bulle, Socilologie de l'éducation, Dictionnaire de la pensée sociologique, Paris, PUF, , p. 213-217
  2. Bernard Dantier, « Méthodes sociologiques et intérêts sociaux: l'individualisme méthodologique et le libéralisme économico-politique. », Colloque International de Poitiers organisé par l’Association Française de Sociologie, sur classiques.uqac.ca,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Ressources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Émile Durkheim, L'éducation morale, 1902-1903, [PDF] Lire en ligne (classiques.uqac.ca)
  • Émile Durkheim, Éducation et sociologie, 1922, [PDF] Lire en ligne (classiques.uqac.ca)
  • Dominique Glasman L'accompagnement scolaire. Sociologie d'une marge de l'Ecole, Presses Universitaires de France, Paris, 2001
  • Jean-Pierre Terrail (dir.), L'école en France. Crises, pratiques, perspectives, La Dispute, Paris, 2005
  • Nathalie Bulle, L'école et son double. Essai sur l'évolution pédagogique en France, Éditions Hermann, Paris, 2009 (2e édition revue et augmentée, 2010)

Liens externes[modifier | modifier le code]