Socioéconomie

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La socioéconomie ou socio-économie est un mélange entre les sciences économiques et la sociologie; Elle vise à intégrer les outils des sciences économiques avec ceux de la sociologie afin d'examiner l'évolution économique des sociétés. Devant les apories de l'économie néoclassique à expliquer certaines caractéristiques des comportements humains ou des institutions, Amitai Etzioni écrivait en 1986 "These include the conceptions that people are not to be viewed as coldblooded. self-interested. rationalist calculators: that the economy should be viewed as nestled within the society and culture; and that the notion of power is to be granted a central role in any theory"[1]. La sociologie économique, pour sa part, analyse l'influence des relations sociales concrètes sur la formation des groupes, réseaux et institutions économiques[2].

C'est une science sociale qui s'est détachée comme un domaine d'étude nouveau à la fin du XXe siècle.

Origine et description[modifier | modifier le code]

Dans l'épistémè de la modernité, la pratique officielle de la recherche est celle du cloisonnement entre disciplines.

Puis, vers le milieu du XXe siècle, est apparu la nécessité de considérer des paires (psychosociologie, biochimie, psycholinguistique, etc.).

La mouvance de la recherche socioéconomique a consisté à prendre en compte un trièdre :
L'axe X représente l'évolution des techniques dans le temps. En axe Y le social. En axe Z l'économique.
Ce trièdre permet de considérer trois plans.

Le plan socio-technique où l'on étudie par exemple l'impact des technologies de l'information et de la communication sur les pratiques sociales.

Le plan socio-économique où, par exemple, les pénuries de matières premières influent sur les pratiques sociales (moteurs automobiles, isolation des bâtiments, etc.)

Le plan technico-économique avec, par exemple, l'émergence de nouvelles activités de service et de distribution liées à l'Internet.

Objectifs et méthodes[modifier | modifier le code]

La socioéconomie n'est pas reconnue comme une discipline de nature essentiellement scientifique, mais comme une façon pratique d'aborder les questions économiques, en articulant des méthodes classiques et des outils empruntés à d'autres sciences sociales (sociologie, histoire, science politique, psychologie sociale...)

Pour Jean-Claude Passeron la socioéconomie produit peu d'effets de connaissances (il la positionne au sein des sciences herméneutiques) mais beaucoup d'effets d'intelligibilité (bonne compréhension de la réalité même si le résultat peut ressembler à du « bricolage »).

Faire de la socioéconomie consiste donc, pour interpréter des phénomènes, à tenir compte, entre autres :

  • des institutions de régulations macro économiques (les marchés, les autorités publiques, les systèmes d'information),
  • des liens et réseaux sociaux,
  • des jeux de pouvoirs (ou rapports de forces),
  • des systèmes de valeurs et des attitudes,
  • et des conventions (systèmes d'attentes réciproques).
  • etc.

Toutefois, recourir à la socioéconomie n'implique pas de mobiliser simultanément l'ensemble de ces données et connaissances.

Voir aussi[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Etzioni Amitai, 1986, Founding a New Socioeconomics, Challenge, Vol. 29, n°5, 13-17. http://www.gwu.edu/~ccps/etzioni/A173.pdf
  2. Granovetter Mark, 1985, Economic Action And Social Structure: The Problem Of Embeddedness. American Journal of Sociology 91, 481-510. http://www.socialcapitalgateway.org/content/paper/granovetter-m-1985-economic-action-and-social-structure-problem-embeddedness-american-