Aversion à la perte

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L'aversion à la perte sur un marché financier est la réticence – relativement répandue chez les investisseurs, notamment néophytes – à se séparer d'un actif qui vaut moins sur le marché que le prix où le détenteur l'avait acheté, cela même si cette dépréciation ne fait que traduire une dégradation des perspectives de cet actif.

Pour auto-justifier son aversion, l'investisseur tend à se persuader qu'il s'agit d'une mauvaise passe et que le prix a toutes chances de remonter à ce qu'il considère sa « vraie » valeur (processus de rationalisation).

L'aversion à la perte, de par son côté peu rationnel par rapport aux intérêts réels des investisseurs (selon les études faites elle conduit généralement à une sous-performance du portefeuille), fait partie des biais cognitifs et émotionnels recensés par les recherches en finance comportementale. Le phénomène a été en particulier théorisé par Daniel Kahneman.

L'aversion à la perte a également été constaté sur des animaux [réf. souhaitée]. Cependant selon la "théorie du signal coûteux [1]", l'ostentation de la "perte" peut constituer une stratégie communication aussi bien chez les animaux que chez les humains.

Notions connexes[modifier | modifier le code]

L'aversion à la perte ne doit pas être confondue avec :

  • L'aversion au risque, puisqu'une vente à perte pourrait permettre précisément de sortir d'une situation de risque sur un actif qui n'a pas tenu ses promesses (ou de l'arbitrer contre un actif plus sûr ou ayant de meilleurs perspective). L'aversion au risque, établie au XVIIIe siècle par Daniel Bernoulli, et qui a conduit à la notion d'utilité, semble pour sa part correspondre à une certaine rationalité.
  • L'aversion à la dépossession de l'investisseur qui pense que, indépendamment du fait d'être gagnant ou perdant sur le prix d'un actif qu'il détient, s'y est attaché psychologiquement et considère — un biais également assez courant — que ce qu'il possède vaut plus que le prix que le marché lui offre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Kahneman, D. & Tversky, A. (1979). Prospect Theory: An Analysis of Decision under Risk. Econometrica 47, 263-291.
  • Tversky, A. & Kahneman, D. (1991). Loss Aversion in Riskless Choice: A Reference Dependent Model. Quarterly Journal of Economics 106, 1039-1061.
  1. Signalling theory