Valeurs (sociologie)

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Les valeurs culturelles dans le monde d'après Ronald Inglehart et Christian Welzel. L'axe horizontal distingue les valeurs de survie (gauche) des valeurs d'épanouissement personnel (droite), tandis que l'axe vertical met en évidence les valeurs traditionnelles (bas) et les valeurs laïques et rationnelles (haut).

Le terme valeurs peut faire référence à des attributs et des perceptions qu'une personne partage avec des membres de son groupe social ou culturel ; ces valeurs sont dites parfaites et rendent désirables ainsi qu'estimables les êtres ou les comportements auxquelles elles sont attribuées.

Elles peuvent orienter les actions des individus dans une société en fixant des buts et des idéaux.

Elles constituent une « morale » qui donne aux individus les moyens de juger leurs actes et de se construire une éthique personnelle.

Diverses approches[modifier | modifier le code]

D'autres disciplines que la sociologie (axiologie, économie, philosophie, psychologieetc.) s'intéressent aux notions de « valeur » ou de « valeurs ».

Description[modifier | modifier le code]

Les valeurs correspondent à ce à quoi les gens attribuent de la valeur, de l'importance : comme le partage, l'équité, la justice, l'honneur. Elles sont à la fois subjectives, c'est-à-dire ressenties par des individus, et relativement « objectives », car partagées socialement. Elles varient selon les cultures, les générations et les sexes. Elles peuvent être renforcées par des normes sociales. Elles peuvent être explicites, proclamées dans un langage, ou implicites, motivant des pratiques. Les types de valeurs sociologiques incluent les valeurs morales et éthiques, les valeurs idéologiques (politique) et spirituelles (religion), les croyances, les valeurs écologiques ou encore esthétiques, ouvertes, individuelles et collectives.

En sociologie[modifier | modifier le code]

Le sociologue Luc Boltanski et l'économiste Laurent Thévenot, dans leur essai De la justification (Gallimard, paru en 1991), considèrent qu'il n'existe pas de valeur universelle mais au contraire des systèmes de valeurs relativement disjoints qu'ils appellent des « cités » et qui constituent des ensembles cohérents de référentiels, normes, figures emblématiques, etc. Ils estiment que chaque individu n'est pas enfermé dans un système de valeurs, mais qu'il peut mettre en place plusieurs d'entre elles en fonction des situations.

Tous ces systèmes de valeurs n'ont pas la même importance pour chacun, ce qui peut expliquer que certains désaccords reposent sur des divergences entre des différents points de vue au niveau des valeurs. Dans la ligne de Max Weber et de son expression « polythéisme des valeurs », Jean-Louis Schlegel montre comment l'importance donnée aux valeurs dans les sociétés démocratiques peut être cause de divisions et même de violence[1].

Cette approche des « économies de la grandeur » est utilisée par les auteurs pour mieux comprendre les différends (au niveau des valeurs) et leurs modes de résolution.

Rappelons que l'ordre d'importance de ces valeurs varie dans l'espace et dans le temps.

En philosophie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : valeur morale.

La valeur morale s'étudie aussi en axiologie.

Les 12 valeurs de Shalom Schwartz[modifier | modifier le code]

Article détaillé : valeurs (psychologie).

Le psychologue Shalom Schwartz a réalisé des études dans le monde entier pour définir une théorie sur l'existence de 12 valeurs universelles, communes à toute l'humanité. Ce sont, dans un ordre d'importance qu'il a lui-même établi :

Marketing[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Marketing.

En marketing, dans l'étude du comportement du consommateur, les valeurs d'un consommateur représentent son système de représentations.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ronald Inglehart, Modernization and postmodernization : Cultural, economic, and political change in 43 societies, Princeton, NJ, Princeton University Press,
  • (en) Ken Blanchard, Michael O'Connor, Managing by Values. How to Put Your Values Into Action for Extraordinary Results, 2nd edition, Berrett-Koehler, 2003.
  • Thierry Wellhoff et Jean-François Claude, L'entreprise en 80 valeurs : Dictionnaire des valeurs d'entreprise, Liaisons,
  • Thierry Wellhoff, Les valeurs : Donner du sens- Guider la communication - Construire la réputation, Les Éditions d'organisation,
  • Tony Hsieh, L'Entreprise du bonheur, Leduc, S Éditions, 2011.
  • Jacques Horovitz, L'Entreprise humaniste. Le management par les valeurs, Ellipses, 2013
  • Nathalie Heinich, Des valeurs. Une approche sociologique, Paris, Gallimard, collection Bibliothèque des sciences humaines, 2017

Liens[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. "Violence des valeurs ?" in Jean-Luc Blaquart, Y a-t-il des valeurs chrétiennes ?, éd. L'Harmattan 2016.
  2. Cf. L'Éthique à Nicomaque d'Aristote