Île-de-Batz

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Île-de-Batz
Vue partielle de l'île. A droite, Roscoff.A l'horizon, la côte trégoroisede la baie de Morlaix avec Barnenez.
Vue partielle de l'île. A droite, Roscoff.
A l'horizon, la côte trégoroise
de la baie de Morlaix avec Barnenez.
Blason de Île-de-Batz
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Morlaix
Canton Saint-Pol-de-Léon
Intercommunalité Pays Léonard
Maire
Mandat
Guy Cabioch
2014-2020
Code postal 29253
Code commune 29082
Démographie
Gentilé Batziens ou îliens[1]
Population
municipale
482 hab. (2014)
Densité 151 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 44′ 43″ nord, 4° 00′ 35″ ouest
Altitude Min. 0 m – Max. 23 m
Superficie 3,2 km2
Localisation

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Liens
Site web Site officiel de la mairie

Île-de-Batz [il də bɑ], en léonard Iniz Vaz, est une île du Léon située en France dans le nord du département du Finistère, face à Roscoff. Son territoire, autrefois partie du minihy de Saint Pol, constitue une commune homonyme de la région Bretagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation et géographie physique[modifier | modifier le code]

Carte schématique de l'île de Batz

L'île de Batz fait partie des Îles du Ponant. Elle se situe à deux milles au large de Roscoff, sur la côte nord du Finistère. Elle s'étend sur 3,5 km de long et 1,5 km de large. Le tour de l'île représente 10 km. Elle est séparée du continent par un étroit couloir où règnent de violents courants.

En rouge, la limite haute de l'estran, en jaune la zone urbanisée, en vert la lande.




Communes limitrophes de l'Île-de-Batz
Manche Manche Manche
Manche Île-de-Batz Manche
Manche
Santec
Chenal de l’Île-de-Batz
Roscoff
Chenal de l’Île-de-Batz
Roscoff

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat doux et océanique, bénéficiant du Gulf Stream, permet une culture maraîchère diversifiée et de qualité, l'île faisant partie de la Ceinture dorée bretonne.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

L'île regroupe plus de 650 espèces d'algues : Chondrus, porphyre, oralline, sargasse, dulse. Ces dernières sont utilisées en agriculture, médecine, cosmétologie, agroalimentaire, et thalassothérapie. De nombreuses espèces de plantes sont protégées, telles que la crambe maritima, l'Eryngium maritimum, ou encore le criste marine.

De nombreux oiseaux se posent sur l'île : le héron, l'aigrette, l'hirondelle de mer, le tadorne, le cormoran, l'huitrier pie ou encore le grand gravelot. On peut aussi découvrir de nombreux coquillages multiples et variés : la turritelle, le calliostome, la bucarde épineuse, la littorine des rochers, ou la troque[2].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du milieu des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[4],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 482 habitants, en diminution de -10,74 % par rapport à 2009 (Finistère : 1,32 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
805 1 809 791 1 039 1 032 1 092 1 132 1 073 1 174
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 119 1 210 1 167 1 148 1 175 1 206 1 177 1 184 1 286
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 291 1 340 1 363 1 285 1 266 1 225 1 172 1 150 1 088
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
1 059 956 807 744 746 575 594 507 482
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Transports[modifier | modifier le code]

L'île de Batz n'est pas à proprement parler exempte de voitures particulières[7], même si la configuration de l'île et ses faibles dimensions font qu'elles sont dans les faits très peu nombreuses[7]. De plus, la traversée par navettes maritimes des véhicules automobiles n'est pas autorisé (tout comme les carrioles et des vélos électriques d'ailleurs)[8]. Sur l'île, on rencontre surtout des tracteurs liés à l’activité agricole qui reste très présente. Mais, Batz est surtout l’île des vélos, que l’on peut louer sur le port ou que l’on peut faire passer sur la navette maritime, ainsi que des chevaux[9].

Accès à l'île[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vedettes de l'île de Batz.

Les compagnies associées de l'île de Batz desservent l'île toute l'année au départ de Roscoff. Elles sont composées de :

  • la Compagnie Finistérienne de Transports Maritimes (CFTM) ;
  • la compagnie Armor excursions ;
  • la compagnie maritime Armein.

En saison, des départs sont possibles de Plougasnou, Locquirec, Trébeurden, Carantec ou Moguériec.

En saison, diverses excursions sont proposées (visite de la baie de Morlaix, tour de l'île de Batz, remontée de la rivière de Morlaix).

Le port d'accès à l'île est Porz Kernok qui se situe sur la côte sud de l'île. On peut difficilement accéder à l'île par la côte nord qui est bordée de semis de rocher et qui offre seulement quelques mouillages.

Nom et symboles[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom breton de la commune est Enez-Vaz[10].

Le nom de la localité est attesté sous la forme insula battha en 884[10], ecclesia Bath Pauli en 1158 et 1185, Baz insula en 1265, Ylle de Bast en 1296, Baza insula vers 1330, Ile de Baz Paul en 1371 et 1472, Isle Batz Paul en 1587[11].

Aucune étymologie satisfaisante n'a été trouvée à ce nom[12]. Il est identique à celui de Batz-sur-Mer sur la côte sud de la Bretagne, qui se trouve être une ancienne île. L'explication faisant référence au bâton de pèlerin de saint Pol Aurélien (en breton bazh ou vazh signifiant « bâton ») n'a jamais été formellement établie[13].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Île-de-Batz Blason D’or au lion morné de sable en abîme accompagné de douze mouchetures d’hermines du même mises en gironné accolées par les pointes[14].
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

L'insularité est relativement récente. Les épées et haches découvertes avec un torque sur l'île Verte, dans le chenal qui sépare l'île de la côte roscoine, laissent supposer que vers -100 ce chenal n'existait pas, ce qui explique que des tombes de la même époque y ont été creusées. L'hagiographie de Saint Pol, écrite en 884, parle de l'installation du missionnaire dans l'île en 525 mais l'établissement à cet endroit de l'église principale, et non pas d'un ermitage, est peu compatible avec une géographie insulaire. En revanche, l'installation dans l'île d'envahisseurs normands en 857, soit une génération avant la rédaction de cette hagiographie, suppose qu'entre le VIIe siècle et IXe siècle une transgression marine locale a séparé Batz du continent.

D'après la légende, Pol Aurélien, moine évangélisateur gallois, débarqua sur l'île en 525 et terrassa le dragon qui terrorisait les habitants au « trou du serpent » (toul ar sarpent en breton), lui ordonnant de se jeter dans les flots. Il fit bâtir un monastère sur l'île vers l'an 530.

La paroisse de Batz faisait partie de l'archidiaconé de Léon relevant de l'évêché de Léon et était sous le vocable de Notre-Dame-de-Bonsecours. l

Invasions normandes[modifier | modifier le code]

Au IXe siècle, Hasting, chef viking et grand traitant d'esclaves alimentant le marché de Dublin, fait de Batz une des bases avancées pour ses expéditions sur le continent.

Guerre de Cent ans[modifier | modifier le code]

En 1388, durant la guerre des deux Jeanne, des troupes anglaises dirigées par le comte d'Arundel, nommé en 1374 gouverneur de Brest par le Duc de Bretagne Jean de Montfort, celui la même qui a fait pendre quatorze ans plus tôt les cinquante otages de Morlaix aux murailles de la ville, s'emparent de l'Île de Batz : « une flotte considérable constituée de mille hommes d'armes et trois mille archers » et « la ravagea par le feu après l'avoir toute pillée, il traita de même l'isle d'Ouessant aussi bien que celles de , d'Oléron et plusieurs autres et donna la chasse à tous les Français et à tous les Bretons qui se mirent en défense »[15].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Aux XVIIIe les hommes sont tous marins et les femmes travaillent la terre.

La guerre de Sept Ans ferme de nouveau, comme durant le terrible règne de Louis XIV, le commerce avec l'Angleterre et les Cornouailles voisines. Après la bataille de Saint-Cast, en 1758, même le « smugglage » devient périlleux. Toutefois les armateurs de Honfleur et de Fécamp continuent d'envoyer chaque année des navires pêcher le maquereau, qui abonde au large de Batz et fait la réputation de toute la Bretagne[16]

Au début des années 1770, les pêcheurs de l'île sont ruinés par la disparition soudaine et inexpliquée de cette « fortune de mer » et l'économie locale en est irréversiblement bouleversée[16]. Dès avant la Révolution, l'île suit le mouvement de réorientation initiée par le dernier comte évêque Mgr de la Marche de ce qui deviendra la Ceinture dorée vers le maraîchage.

Cette activité agricole nouvelle soutient un temps le cabotage, mais à la fin du XIXe siècle, avec le développement du chemin de fer subventionné par le Second Empire, l'île perd la vocation maritime qui a avait fait son histoire.

L'assassinat du maire de l'Île de Batz en 1808[modifier | modifier le code]

Le , le maire de l’île de Batz, Philippe Robin, disparaissait sans laisser de traces. Hormis son signalement au préfet, l’affaire fit peu de bruit en dehors de l’île où l’on s’empressa de l’oublier. Neuf ans plus tard, pourtant, le tribunal civil de Morlaix accréditait la thèse de l’assassinat en s’appuyant sur le témoignage non vérifié de trois marins îliens libérés des geôles anglaises, incriminant des soldats de l’armée du général Junot en casernement sur l’île. La découverte de sources inédites a permis récemment d'en savoir plus[17].

Trémintin, dit « le chevalier de l'Île de Batz »[modifier | modifier le code]

Né à l'Île-de-Batz le , Yves Trémintin est mousse à 14 ans sur la Résolue, fait naufrage en 1794 et est capturé par les Anglais le alors qu'il se trouvait sur le bateau corsaire L'Amitié. Il reste détenu sur des pontons anglais pendant 5 ans jusqu'en 1802. Travaillant ensuite comme pilote côtier sur des navires de commerce, il est à nouveau fait prisonnier par les Anglais en 1811. Devenu pilote en 1823, il participe à des combats en Espagne, alors qu'il navigue sur la Zélée, gabare qui transporte de la poudre entre Brest et Cadix. En 1824, alors qu'il est à bord de la corvette La Lamproie, une felouque de corsaires grecs, le Panayoti, est arraisonnée et l'enseigne de vaisseau Bisson est chargé avec 15 hommes dont Trémintin de conduire la prise, navigant de conserve avec la frégate La Magicienne sur laquelle se trouvent les corsaires grecs faits prisonniers. Mais deux d'entre eux parviennent à s'échapper alors que les bateaux se trouvent dans les parages de l'île de Stampalia, et à alerter d'autres corsaires grecs. Le Panayoti est alors attaqué et arraisonné par deux navires corsaires grecs et Bisson ordonne de mettre le feu aux poudres, ce qui fait sauter les trois bateaux. Trémintin, bien que blessé, échappe aux pillards en compagnie de quatre autres marins ; ils sont récupérés par la Magicienne. Trémintin, dont l'épopée est dans l’air du temps, est hospitalisé au Val de Grâce. Il est promu enseigne de vaisseau avec solde à vie. Son retour à l’Île de Batz est triomphal : il est désormais surnommé "Le Chevalier" car il a reçu la Légion d'honneur. Il meurt le à l'Île-de-Batz âgé de 84 ans[18].

Ses exploits sont devenus légendaires. Anatole Le Braz raconte, dans le Journal des débats politiques et littéraires comment, alors qu'il séjournait en 1895 dans l'île d'Ouessant, il a entendu conter par un pêcheur venu de l'Île de Batz les anecdotes suivantes le concernant[19] :

« Sur la prière des Ouessantins, il conta lui-même, tel qu'il l'avait entendu. Il montra le Panayoti entouré de barques ennemies, le pont envahi par les pirates. « Comment nous débarrasser de cette racaille, lieutenant ? ». « En les faisant sauter avec nous, Trémintin ». La soute aux poudres est ouverte, l'enseigne Bisson y lance un brandon enflammé. « Adieu Trémintin ! ». « Au revoir là-haut, lieutenant ! ». Un peu de fumée blanche, un fracas formidable, et voilà tout le monde en l'air. Trémintin cependant a eu le temps de faire le signe de la croix et de se recommander à Notre-Dame. Et maintenant, en route pour le Paradis !.. Mais le paradis ne veut pas encore de lui : après une tournée dans les nuages, il se retrouve au fond de la mer. L'eau salée, çà le connait, il est chez lui; un bon coup de jarret le ramène à la surface. Il s'ébroue, respire longuement, lève les yeux vers le ciel nocturne, piqué d'étoiles, et là-bas, devant lui, debout sur les vagues encore agitées par l'explosion, il voit se dessiner une svelte image de femme qu'à son accoutrement il reconnaît pour la Vierge de Roscoff. Elle sourit, incline la tête, semble lui crier : « Courage, Trémintin ! Tu reverras ton pays de Bretagne, et la flèche du Kreisker, et ta maison de l'Île de Batz ». L'apparition s'évanouit, mais au même instant, il sent sa figure frôlée par un cordage : c'est un bout de filin qui traîne à l'arrière d'une yole turque, fuyant à force de rames ; il s'y cramponne des deux mains et se fait remorquer jusqu'à terre. Il était sauvé. »

Anatole Le Braz rapporte aussi cette autre anecdote concernant Trémintin, entendue dans les mêmes circonstances :

« Louis-Philippe, aux dires du conteur, témoignait un pressant désir de voir Trémintin et le mandait à Paris. Sa femme, Chaïk-Al-Lez[20], insista pour l'accompagner : elle craignait pour lui les fatigues de la route, d'autant plus qu'en îlienne qui n'avait jamais quitté son île, elle s'imaginait Paris à l'autre bout du monde. Elle revêtit donc ses plus beaux atours, sa coiffe de fil de lin, l'ample jupe qu'elle ne portait qu'une fois l'an, le dimanche de Pâques, son tablier garni de dentelles et son petit châle de mérinos noir brodé de fleurs de soie ; puis tous deux prirent la diligence à Morlaix, munis d'un fort panier de provisions. Aux Tuileries, on leur fit l'accueil le plus chaleureux, et la bonne îlienne eut un succès presque égal à celui de son mari. Mais tous ces honneurs la troublaient sans la séduire. Et d'ailleurs, avec sa finesse de paysanne, elle eût bientôt remarqué que la flatteuse curiosité dont Trémintin et elle étaient l'objet n'allait pas sans quelque ironie. Impatientée, un peu froissée aussi, elle tira le pilote par le bord de sa vareuse et lui dit en breton : « Yvoun, déomp d'ar gér ! » (« Yves, retournons-en chez nous !». À quoi Louis-Philippe, se figurant avoir compris, se hâta de répondre : « Oui, oui, ma brave femme, vous pouvez être tranquille, nous l'enverrons encore à la guerre ». Vous pensez si Chaïk-Al-Lez rit fort à part soi de ce quiproquo, et si à l'Île de Batz, les commères en firent des gorges chaudes. La chose passa même en proverbe. Et l'on dit encore, dans le pays, de quelqu'un qui veut parler de ce qu'il ne sait pas, qu'il s'y entend à peu près aussi bien que le roi de France au breton. »

Les îliens et les naufrages[modifier | modifier le code]

Pitre-Chevalier écrit en 1847 : « Ces bons îliens [de l'Île de Batz]  supplient la mère de Marie de faire échouer beaucoup de navires sur leurs côtes, afin qu'ils puissent en dépouiller les morts »[21].

La récolte du goémon[modifier | modifier le code]

L'Île de Batz en 1873 (photographie de Jules Duclos, Musée de Bretagne).
Îlienne de Batz vers 1878 (dessin de Saint-Germain).

La récolte et le brûlage du goémon était pour les habitants de l'Île de Batz une activité importante comme en témoigne ce texte du milieu du XIXe siècle:

« Les habitants de l'Île de Batz et de la presqu'île de Callot récoltent le goémon qu'ils font sécher et l'emploient pour les besoins domestiques en guise de bois de chauffage. Les cendres qui en proviennent, et qu'ils conservent avec le plus grand soin, sont livrées au commerce agricole, mais elles ne sont jamais pures. Elles se trouvent mélangées à de la cendre provenant de la combustion de bouses de vache, que les habitants des côtes font sécher au soleil et qu'ils emploient ensuite comme combustible. Les cendres de goémon les moins mélangées, et par conséquent celles qui sont le plus estimées et recherchées, sont celles qui proviennent de l'Île de Batz. Celles de la presqu'île de Callot sont moins pures ; elles sont mélangées à une grande quantité de terre noirâtre que produit la presqu'île et qui en diminue et la valeur et la propriété. Les cendres de goémon ou de varech se vendent sur les marchés de Morlaix et de Penzé, vers la fin de mai et le commencement de juin, aux cultivateurs des cantons de Sizun et de Saint-Thégonnec qui en font un grand usage pour leurs blés noirs[22]. »

Ils s'en servaient aussi pour la nourriture des animaux : « À l'Île de Batz, à Plouescat et au Passage en Plougastel, il résulte que les chevaux, les vaches et même les porcs se montrent friands d'une espèce de goémon appelé en breton Bezin trouc'h ("goémon de coupe")[23]. (...) [Une autre espèce], Bezin telesk, (...) sert aux Iliens pour la fabrication d'une tisane qu'ils regardent comme souveraine contre les affections de poitrine »[24].

C'est en 1865 que l'Île-de-Batz est reliée télégraphiquement au continent, grâce à un câble venant de la pointe de Roscoff[25].

En août 1894, un réseau de distribution d'eau potable ouvre à l'Île-de-Batz[26].

La querelle des inventaires en 1906[modifier | modifier le code]

L'inventaire des biens d'église se déroule à l'Île de Batz le  :

« L'inventaire de l'Île de Batz vient d'avoir lieu. De violents incidents s'y sont produits. Le préfet du Finistère, accompagné du sous-préfet de Morlaix, dirigeait les opérations. Les troupes, embarquées sur le Titan à Roscoff, à h, ont débarqué sans incident. À l'arrivée des troupes ayant à leur tête le préfet et deux commissaires de police, un cri unanime de « Vive la liberté ! » retentit et se prolonge tout le temps que le préfet parlemente pour obtenir la dispersion de la foule des habitants massés autour de l'église. Malgré les sommations, personne ne bouge. Le préfet ordonne aux gendarmes de déblayer la place. Un violent corps à corps s'engage et d'épouvantables bagarres se produisent. Certains gendarmes agissent avec une grande brutalité : les coups pleuvent, des pierres, de la terre, sont lancés aux gendarmes dont plusieurs sont blessés. (...) Pendant ce temps, de multiples arrestations sont opérées et, après de violents efforts, la foule, composée en grande partie de femmes (les marins étant absents), est refoulée dans les voies adjacentes et maintenue au large. Les sommations faites sans résultat, le préfet ordonne aux sapeurs du génie d'enfoncer la porte qui est solidement barricadée à l'intérieur, celle de la sacristie est aussi enfoncée. L'inventaire a lieu ensuite. L'arrestation de l'abbé Jules Moujeaux, prêtre libre de Ploufragan (Côtes-du-Nord), venu prêcher une Mission, qui avait, au cours des bagarres, été terrassé, très malmené, est maintenue. Les autres sont relâchés avant le départ de l'île. La femme Chapalain, 45 ans, mère de 15 enfants, tombée pendant les bousculades, a la jambe droite cassée? Plusieurs manifestants ont également reçus des coups multiples pendant les charges. Une violente surexcitation régnait pendant les charges. Le retour s'est effectué sans autres incidents vers midi. Les mêmes gendarmes sont rentrés à Brest pour, de là, être dirigés vers Molène et Ouessant où l'inventaire des églises doit avoir lieu demain[27]. »

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L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le Lichen caragheen était récolté dans les premières décennies du XXe siècle : en 1915, l'Île de Batz en récolta 60 tonnes, devancé seulement par Plouguerneau (150 tonnes), Kerlouan et Plouescat (100 tonnes chacun), Ouessant et Santec (80 tonnes chacun)[28].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative en la mémoire de 9 marins allemands péris noyés lors du naufrage du contre-torpilleur Z 32 le au large de l'Île de Batz (cimetière militaire allemand de Lesneven - Ploudaniel)

Le neuf marins allemands périssent lors du naufrage du destroyer Z 32 au large de l'Île de Batz. Le , vers 21 h 30, deux vagues de 12 bombardiers chacune attaquent un destroyer allemand échoué sur le sable dans l'angle nord-ouest de l'île de Batz[29].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1880 27 décembre 1895 Gabriel Milin   Écrivain
         
1995 en cours Guy Cabioch DVD Retraité de la pêche
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Jardin Georges Delaselle[modifier | modifier le code]

Jardin Georges-Delaselle.

En 1897, Georges Delaselle, assureur parisien, décida de créer au sud-est de l'île de Batz une véritable oasis sub-tropicale. À partir de 1918, il s'installa sur l'île et il se consacra à sa passion : la botanique. Le climat lui permit d'acclimater de nombreuses plantes originaires des zones tempérées d'Afrique, d'Asie et d'Amérique. Ruiné et épuisé, Georges Delaselle vend sa propriété en 1937. Par manque d'entretien, le jardin disparaît peu à peu sous la végétation envahissante jusqu'en 1989, date à laquelle l'association « les amis du jardin G. Delaselle » entreprennent la réhabilitation du domaine. Racheté en 1997 par le Conservatoire du littoral, le jardin abrite aujourd'hui une large collection de plus de 1 700 espèces originaires de tous les continents, dont une rare collection de palmiers. Son climat extrêmement doux (2 jours de gel par an au maximum) a favorisé sa vocation maraîchère. On y trouve de très nombreuses essences exotiques[30].

Jardin Georges-Delaselle.

Le jardin Georges-Delaselle est ouvert au public d'avril à novembre tous les jours de 11 h à 18 h.

Chapelle Sainte-Anne[modifier | modifier le code]

Les ruines de l'église Sainte-Anne.

Cette chapelle romane est bâtie à l'emplacement du monastère fondé par Pol Aurélien (mort dans l'île en 573) et détruit vers 878 par les Vikings. La chapelle actuelle fut construite à la fin du XIe siècle et au début du XIIe siècle par les moines de retour dans l'île et servit de lieu de culte principal jusqu'en 1786. Elle fut abandonnée à la suite de l'ensablement important de l'est de l'île à la fin du Moyen Âge. L'ensemble de la population se recentra alors dans le « bourg » actuel, dans lequel une nouvelle église fut construite. La chapelle est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 30 juillet 1980[31]. Il s'agit du seul monument historique de l'île.

Église Notre-Dame-du-Bon-Secours[modifier | modifier le code]

Elle fut construite en 1873 à l'emplacement de l'ancien cimetière de l'île.

Elle conserve l'étole dite de Saint-Pol, tissu oriental datant du VIIe siècle. Elle abrite dans le chœur une statue de la Vierge du XIVe siècle et un saint Pol Aurélien en bois du XVIIe siècle.

Le patrimoine marin[modifier | modifier le code]

Ancien canot Pilote Trémintin dans le port de Brest.
  • Le phare (breton : an tour-tan) : il a été construit en 1836. Il se situe à l'ouest de l'île, à son point le plus élevé (23 mètres). Sa hauteur est de 44 mètres[32].
  • Le sémaphore.
  • La station SNSM : son ancien canot Pilote Trémintin...
  • La colonie du phare : il s'agit d'un centre de vacances et d'hébergement sur l'île.

Le bourg[modifier | modifier le code]

Porz Kernog.
  • La chapelle du Lannou.
  • Le bourg et Porz Kernog.
  • Le Vil et Porz an Eog.

Les paysages[modifier | modifier le code]

  • Le Trou du serpent (breton : Toull ar sarpant). Une roche allongée, à quelques mètres de la côte, marque le lieu où saint Pol Aurélien aurait précipité dans les flots, à l'aide de son étole, le dragon qui ravageait l'île.
  • Le Roc'h (français : rocher), au nord de l'île.
  • La Côte Sauvage du nord et de l'ouest de l'île.
  • Les plages de Porz Leien et de Kefenn, chères à la Shahbanou Farah Dibah.
  • La grande plage de la Grève Blanche (breton : Aod Venn).
  • La plage de Porz Reter et l'ancien local de sauvetage en mer.
Plage de Porz Reter avec, au centre, l'ancien local de sauvetage en mer

Vie locale[modifier | modifier le code]

Fêtes et événements[modifier | modifier le code]

  • Le semi-marathon de l'île de Batz (le premier week-end de juillet).
  • La procession de Sainte-Anne (le dernier week-end de juillet).
  • La bénédiction de la mer, fête des bateaux (le 15 août).

Éducation[modifier | modifier le code]

  • L’île possède une bibliothèque municipale et une école primaire publique ainsi qu'un collège[33].
  • Chaque année, depuis trente-trois ans, que les habitants de l'île de Batz accueillent des jeunes collégiens d'Alsace qui partent en classe de mer.

Personnalités liées à l'île[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Atlas des îles de l'Atlantique (France) ; Collection "Références" du Commissariat général au Développement durable, juin 2009, 51 pages.
  • Paysages de l'île de Batz. Réflexions sur le devenir d'un paysage îlien, Armorica 8, 1999.
  • Castel (Yves-Pascal). Les croix et calvaires de l'île de Batz, Les Cahiers de l'Iroise, 1981.
  • Duchesne (B.). Images de Roscoff et de l'île de Batz, Ed. Le Doaré, Chateaulin, 1981, 31 p.
  • Hillion (D.). Île de Batz, Ed. Ouest-France, Rennes, 1996, 32 p.
  • Priser (L.). L'île de Batz, Ed. Le Doare, Châteaulin, 1983, 14 p.
  • Jean William Hanoteau - Alain Soularue. "Batz, mémoires d'une île", NSA Bastille, 2010, 104 p.
  • Morgane Soularue - "Batz, saveurs d'une île", NSA Bastille, 2011, 64 p.
  • Baily-Daujon (Guénaëlle). "Là-Batz le roman d'une île", Éd. Intervalles, 2012, 176 p. Ed.
  • G. Boucher, Histoires extraordinaires de l'île de Batz, Librinova, [s.l.], 2016 (ISBN 9791026203865).

Sources[modifier | modifier le code]

  1. http://www.geobreizh.com/breizh/fra/villes-fiche.asp?insee_ville=29082 Geobreizh
  2. la faune et la flore
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  7. a et b Îles sans voitures, Marcel Robert, 2013.
  8. Accès et traversée vers l'île de Batz
  9. Marcel Robert, Iles sans voitures, 2013
  10. a et b Hervé Abalain, « Noms de lieux bretons - Page 55, Editions Jean-paul Gisserot, ([[International Standard Book Number|ISBN]] [[Spécial:Ouvrages de référence/2877474828|2877474828]]) »
  11. Bernard Tanguy, Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère, origine et signification, Ar Men/Chasse)Marée, 1990, p. 38.
  12. B. Tanguy, Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère, origine et signification, Ar Men/Chasse)Marée, 1990, p. 38.
  13. Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, Origine des noms de villes et villages - Loire-Alantique, Saint-Jean-d'Angély, Éditions Boudessoules, , 287 p. (ISBN 2-913471-45-5), p. 17
  14. http://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=9946
  15. Dom Lobineau, Histoire de Bretagne, 1707
  16. a et b Annuaire statistique du département du Finistère pour l'an XII de la République, p. 164, Y.J.L. Derrien, Quimper, 1803 (dépôt à la Bibliothèque diocésaine de Quimper et Léon, consultable au CRBC à Brest.)
  17. Christine Chapalain-Nougaret, "Une ténébreuse affaire à l’île de Batz : l’assassinat du maire sous l’Empire", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome CXXXIII, 2004
  18. H. d Saint-Geroges, Simple récit de l'explosion du Panayoti écrit sous la dictée d'Yves Trémintin, "Revue ds Provinces de l'Ouest", Nantes, 1855, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k208806b/f39.image et A. Castillon, Scènes et aventures maritimes, ou la Fraternité de collège, A. Bédelet, Paris, 1861, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55247576/f112.image.r=Panayoti.langFR
  19. Anatole Le Braz, Journal des débats politiques et littéraires n° du 20 août 1895, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k467970c/f1.image.r=Ouessant.langFR
  20. Françoise Le Lez, sa seconde épouse, avec qui il s'était marié le à l'Île-de-Batz, après le décès de sa première épouse Anne Robin, et dont il eut son seul enfant, Annette, née le à l'Île-de-Batz
  21. Pitre-Chevalier, "Musée des familles", 1847
  22. Jean-Marie Éléouet, "Statistique agricole générale de l'arrondissement de Morlaix",1849, Brest, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1257176/f105.image.r=Taul%C3%A9.langFR
  23. Le goémon qu'on ramasse sur le rivage était appelé en breton Bezin toun
  24. Mauriès, Recherches historiques et littéraires sur l'usage de certaines algues, "Bulletin de la Société académique de Brest", 1874, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2075488/f61.image.r=Molene.langFR
  25. "Journal télégraphique" du 25 octobre 1894, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5575562h/f33.image.r=Molene.langFR
  26. Henri Monod, " L'alimentation publique en eau potable de 1890 à 1897 devant le Comité consultatif d'hygiène publique de France", 1901, Imprimerie administrative, Melun, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64841429/f40.image.r=Tudy.langFR
  27. Journal La Croix n° 7265 du 6 décembre 1906, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k256623x/f2.image.r=Ouessant.langFR
  28. Dr G. Quesneville, L'exploitation industrielle des plantes marines, "Le Moniteur scientifique du Docteur Quesneville", 1915, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2152612/f178.image.r=Kerlouan.langFR
  29. Éric Rondel, La Bretagne bombardée, 1940-1944, éditions Ouest et Cie, 2011, [ (ISBN 9-782364-28007-6)]
  30. Le Jardin Delaselle
  31. Notice no PA00090010, base Mérimée, ministère français de la Culture
  32. Le phare
  33. École primaire
  34. J. H. Lartigue, Île-de-Batz, Coll. Les Couleurs du temps, Les Murs d'Alysses impr., Morlaix, 2005, 61 p.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

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