Sargassum

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Forme libre de Sargasse, en Atlantique

La Sargasse, Sargassum, est un genre d'algues brunes de la famille des Sargassaceae.

Description[modifier | modifier le code]

Ses frondes peuvent atteindre plusieurs mètres de long (jusqu'à 12 mètres pour certaines espèces tropicales). Elle peut être fixée au fond par un thalle dit « coriace », mais certaines Sargasses vivent parfois de manière exclusivement flottante ; principalement dans la mer du même nom, dans l'océan Atlantique.

Selon l'hydrographe et météorologiste du XIXe siècle Matthew Fontaine Maury, auteur de la Géographie physique de la mer, le nom de « sargasse » vient du mot espagnol sargazo[1]qui signifie varech. Il décrit les Sargasses comme un « varech-nageur » et « porte-baie », qui forme principalement le « banc immense » de la mer des Sargasses par concentration des algues par les courants circulaires de l'Atlantique.

Jules Verne dans 20 000 lieues sous les mers fait dire à son héros qu'il partage l’opinion de Maury, et qu'il en a « pu étudier le phénomène dans ce milieu spécial où les navires pénètrent rarement. Au-dessus de nous flottaient des corps de toute provenance, entassés au milieu de ces herbes brunâtres, des troncs d’arbres arrachés aux Andes ou aux montagnes Rocheuses et flottés par l’Amazone ou le Mississippi, de nombreuses épaves, des restes de quilles ou de carènes, des bordages défoncés et tellement alourdis par les coquilles et les anatifes qu’ils ne pouvaient remonter à la surface de l’Océan. Et le temps justifiera un jour cette autre opinion de Maury, que ces matières, ainsi accumulées pendant des siècles, se minéraliseront sous l’action des eaux et formeront alors d’inépuisables houillères. Réserve précieuse que prépare la prévoyante nature pour ce moment où les hommes auront épuisé les mines des continents. »

Il existe plusieurs dizaines d'espèces de Sargasses, qui font toutes partie de l’ordre des Fucales, algues qui – pour des raisons mal comprises – sont (pour la plupart des espèces) en forte et rapide régression depuis la fin du XXe siècle sur le littoral européen (et notamment en France). Mais on ignore l'évolution et l'état des populations libres de la mer des Sargasses, qui pourraient aussi pâtir des nombreux déchets jetés en mer.

Les Sargasses, qu'elles soient dérivantes ou fixées à un substrat sont dans tous les cas maintenues en surface ou près de la surface par des flotteurs dits « pneumatocytes » (sphères remplies d'un gaz produit par l'algue).

C'est sous la mer des Sargasses que les anguilles (dont l'Anguille d'Europe) sont réputées venir (à grande profondeur) pondre leurs milliards d'œufs, qui y donnent naissance à des larves abondantes qui se transformeront en civelles avant de rejoindre les eaux douces où elles passeront leurs vies jusqu'à la maturité sexuelle qui les ramènera vers les Sargasses.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Elle semble surtout se faire par fragmentation des touffes, par multiplication végétative, mais des ovogonies (cellules souches de la lignée germinale) et des anthéridies existent dans des organes spécialisés[2].

Structures coloniales dérivantes[modifier | modifier le code]

La plupart des Sargasses sont dites holopélagiques (se développant en surface pour l'intégralité de leur cycle de vie, sans besoin de s'accrocher à un substrat dur). Leurs flotteurs (pneumatocytes), maintiennent leurs frondes exposées à la lumière, maintenant leurs capacités de photosynthèse et une bioproductivité élevée. Beaucoup de Sargasses ont une texture rugueuse et un mucus collant (protecteur contre les ultraviolets solaires) qui les rassemblent en amas flottant, formant parfois des radeaux végétaux, solides, mais souples, adaptés aux mouvements de houle et aux forts courants marins. Ces masses dérivantes, lorsqu'elles sont importantes, constituent un habitat et un refuge pour de nombreux invertébrés (145 espèces) et vertébrés marins (127 espèces) ainsi que pour dix espèces endémiques (Histrio histrio, Planes minutes…) qu'on ne trouve nulle part ailleurs et sont capables de pratiquer le biomimétisme afin de se camoufler dans ces "forêts d'algues"[3],[4].

Historique[modifier | modifier le code]

L'archipel des Keys (Floride) et ses environ 1 700 îles sont connus pour leurs populations côtières particulièrement denses de Sargasses, ainsi que pour des radeaux flottants d'algues (Gulfweed, décrites par Christophe Colomb).

Des auteurs anciens ont évoqué une mer des Sargasses constituée d'immenses tapis d'algues rendant la navigation presque impossible, piégeant les navires qui s'y aventuraient. Soit ces descriptions ont été fortement exagérées à partir de témoignages très locaux, soit elles relevaient d'une pure invention romanesque, soit ces algues ont depuis régressé[5] et cette mer n'existe plus.

Histoire scientifique[modifier | modifier le code]

Deux espèces (S. natans et S. fluitans) sont holopélagiques, c'est à dire effectuant tout leur cycle de vie de manière planctonique et en surface, au gré des courants, du vent et des sources de nutriments
Banc de sargasses pélagiques d'environ 45 km de diamètre ("photographié" le 4 septembre 2008 par l'instrument MERIS du satellite Envisat au large de la côte-Est des États-Unis en Atlantique Nord. Le patch est centré à 35 ° 45'N et 66 ° 21'W
Marée brune à la Barbade(mai 2018)
Les échouages sont sources d'une concentration de biomasse posant problème quand elle entre en décomposition
Amas de coquilles de lambis (l'un des consommateurs naturels de la Sargasse[6]). La surpêche des lambis n'est pas la cause des pullulations (déforestation amazonienne, source d'érosion et de lessivage de nutriments vers la mer), mais pourrait y contribuer.

La répartition des Sargasses et ses variations sont observées et étudiées au moins depuis les années 1920 en Atlantique ouest[7],[8],[9],[10], notamment parce que les Sargasses ont fasciné les premiers explorateurs, ainsi que les biologistes (S. natans et S. fluitans sont les seules espèces devenues tout à fait holopélagiques, qui se reproduisent végétativement sans jamais s'attacher aux fonds marins durant leur cycle de vie ; on a aussi montré que les herbiers flottants formés par ces deux espèces, parfois sur des centaines de km2 sont des oasis, zones de pontes, d'abri et nourriceries pour de nombreuses autres espèces (poissons et crustacés notamment)[11].

Quelques mésinterprétation ont été faites (des évaluations quantitatives faites au même endroit à des saisons différentes donnent des résultats très différents, qui ont pu faire croire dans quelque cas à une régression de la biomasse d'algues faisant que dans les années 1980, des chercheurs s'interrogeaient encore sur des changements significatifs apparents de leur biomasse[12],[13]).

En 2006 l'étude satellitale des bancs de Sargasses a permis de résoudre les informations contradictoires et a mis en évidence des amas importants de Sargasses à des endroits où ils n'étaient pas supposés présents, dans le Golfe du Mexique notamment[14].

En 2008, des canadiens à partir d'imagerie satellitaire en dressent une première cartographie de distribution et de la dérive ; ainsi que pour l'Atlantique-Ouest (pour la période 2002-2008). Ils identifient un schéma saisonnier où la Sargasse venant du nord-ouest du Golfe du Mexique au printemps dérive vers l'Atlantique vers juillet, pour à l'est du cap Hatteras former un « jet Sargassum » se terminant au nord-est des Bahamas en février de l'année suivante.

Marées brunes[modifier | modifier le code]

En 2011 une première vague d’échouage, sans précédent, touche la zone Caraïbe. Les dépôts littoraux y dépassent parfois 1 m d'épaisseur ; ils piègent les tortues de mer et emplissent l'air d'une puanteur évoquant l’œuf pourri sur une partie significative des Antilles. Depuis le phénomène tend à empirer, et il pourrait en 2018 (d'après les tendances déduites des images satellitales) encore battre des records[15]. Les Antilles françaises subissent des échouages massifs de Sargassum fluitans et Sargassum natans[16],[17],[18],[19] (entre 20 000 et 40 000 tonnes de sargasses sur le seul littoral guadeloupéen[20].
Ce phénomène sans précédent ajoute ses effets à celui de marées vertes localement constatées depuis la fin des années 1980, dues à des algues du genre Enteromorpha qui pullulent saisonnièrement en raison de la pollution azotée provenant principalement au début des années 1990 selon Ifremer des rejets domestiques directs dans certains bassin-versants[21].
Il pourrait être exacerbé par le fait que l'un des consommateurs des Sargasses, Lobatus gigas (dénommé lambi dans les Antilles françaises) a beaucoup régressé depuis les années 1960 (en raison de la surpêche[22] (puis peut être de pollutions (antifoulings, chlordécone…). Les adultes de cette espèce semblent s'alimenter indifféremment de jour comme de nuit, ce qui n’est pas le cas des larves véligères et des juvéniles âgés de moins d’un an. Ces derniers, tant qu'ils mesurant moins de 50 - 100 mm font preuve de phototaxie et d'une géotaxie négative[23] et conservent un mode de vie diurne endogé et ne remontent pour s’alimenter en surface du sédiment qu’une fois la nuit tombée[24] ; les éleveurs en récoltent des œufs à faible profondeur (3-18 m)[25] puis les larves sont retrouvées à faible profondeur (0 à 1 m de profondeur) où et quand l'eau est calme. Ce n’est qu’au-delà d'une taille de 100 mm qu’ils iront peupler les herbiers marins peu profonds. Ils y forment ensuite de très important agrégats saisonniers et sont alors très vulnérables aux actions de pêche[26]. C’est là qu’ils acquerront leur forme adulte. L'espèce a fortement régressé dans les Antilles françaises depuis les années 1960, probablement en raison de la surpêche, ce qui a justifié dès la fin des années 1980 des tentatives d'élevage, notamment étudiées par Ifremer[22].

Au moins deux espèces de poissons coralliens de l'Ouest-Atlantique tropical sont depuis le début des années 1960 connues (Moore 1962) pour s'en nourrir (au vu de leur bol alimentaire) : Kyphosus sectatrix et K. incisor[27].

En 2011, l'aire de répartition de ces algues a subitement changé[28], pour des raisons encore mal comprises en 2018 [15]. Contrairement à ce qui était supposé au départ[29] les échouages de sargasses aux Antilles ne proviennent pas de la Mer des Sargasses ; c'est ce qu'a montré la télédétection grâce aux images satellitales (Spectromètre d'imagerie à résolution moyenne de MERIS[29]) et Spectroradiomètre d'imagerie à résolution moyenne de MODIS [30]) faites de l'Atlantique et du Golfe de l'Amazone[28]. Depuis 2011 ils montrent une énorme quantité de plantes flottantes, vraisemblablement du genre Sargassum, naissant au large des côtes du Brésil et d'abord centrés à environ 7 ° de latitude nord et 45 ° de longitude ouest, soit loin au sud de leur habitat normal. En juillet l'extension de cette population atteignait le littoral africain à l'Est et les Petites Antilles et les Caraïbes à l'Ouest[28].

Une modélisation plus fine des trajets de ces immenses bancs d'algues (disponible en 2016), montre pour chaque évènement une source autre que la mer des Sargasses, probablement liée aux apports de l'Amazone[15] ; Ces algues proliféreraient en mer grâce aux apports de nutriments (phosphate, nitrate) causés par une agriculture intensive et un lessivage des sols plus important, suite à la déforestation croissante de l'Amazonie. Mais d'autres facteurs, dont un changement éventuel de courants marins au sein de la circulation thermohaline dans la « zone de recirculation nord-équatoriale » ou « NERR »[31]), la destruction des mangroves de l'embouchure de l'Amazone (qui aggrave le relargage direct dans l’océan) voire le phénomène "des envols de poussière du Sahara" (riches en fer et phosphates) pourrait aussi favoriser le développement de ces radeaux dérivant vers les Caraïbes.
La nouvelle « région-source » de ces algues pélagiques est cernée d'un courant marin tournant dans le sens des aiguilles d'une montre, qui libère des tapis d'algues flottantes depuis l'Amérique du Sud vers l'Afrique de l'ouest. De janvier à mai, cette boucle s’arrête et des flux d’algues quittent cette zone en direction des Caraïbes. "Tout au long de son chemin, ces masses flottantes de Sargasses grandissent[15]. selon Chuanmin Hu[32] c'est bien d’un phénomène nouveau, car aucune donnée, notamment satellitaires antérieures à 2011, n’évoque de pullulations d’algues dans cette région du monde[15].

Ce phénomène a des conséquences économiques importantes en affectant le tourisme, car il oblige à fermer l’accès à certaines plages et incommode les touristes. Ces marées brunes peuvent aussi nuire à la pêche en contribuant à former des zones marines mortes par anoxie, au détriment de nombreuses espèces de poissons, coraux, crustacés… Ces algues affectent l’écosystème en empêchant les tortues de mer venant pondre d'accéder aux plages, puis en réduisant les chances que les juvéniles puissent rejoindre la mer. Elles affectent la santé publique et la qualité de vie : la population locale se plaint d'irritation oculaires, de maux de gorge et d'oreilles et de nausées, causés par le H2S, sulfure d'hydrogène qui est un poison qui - au delà d'une certaine concentration - bloque la respiration cellulaire. La baignade dans des bancs de Sargasses peut causer des démangeaisons cutanées dues à la présence d'hydraires (Aglaophenia sp.)[33]. Enfin, le ramassage de ces algues exige une main d’œuvre abondante s'il se fait à la main, ou des moyens financiers importants si des engins de terrassement sont utilisés.

Depuis que la source d'origine des Sargasses dans les Caraïbes est connue et qu’un suivi satellitaire existe[34], des systèmes de collecte en mer ont été déployés, avec notamment l'utilisation de barrages et de bateaux de ramassage[35].
Mi-2018 Les littoraux des Antilles françaises, la Barbade et Porto Rico sont déjà très affectés, mais le problème ne touche pas que les grandes et petites Antilles. Plus au nord, le Texas qui se remet à peine d'une violente tempête est touché, et Cancun au Mexique évalue à 900 USDollars le coût de nettoyage d'un mètre de littoral et le pays devrait dépenser environ 9,1 millions de dollars et utiliser 4 600 travailleurs temporaires pour le nettoyage du littoral caribéen mexicain. L'île de Tobago s'est déclarée en état d’urgence pour catastrophe naturelle. Et bien plus à l'est, les côtes d'Afrique de l'ouest (Bénin et Sierra Léone) sont aussi touchées bien que moins spectaculairement.

Les Sargasses mortes dessalées pourraient selon certains être une opportunité (source de méthane, de biochar ou hydrocar susceptible de remplacer le charbon de bois et/ou d'engrais riches en iode et autres oligoéléments, nutriments favorisant la fixation d'un trait de côte dunaire ou de mangrove…), mais les infrastructures pour ce type de valorisation sont rarement immédiatement disponibles sur les lieux d'échouage, notamment dans les îles pauvres qui en auraient le plus besoin (Haïti par exemple). Contenant 8% de protéines brutes et 39% de glucides, des vitamines et des acides gras essentiels, ces sargasses pourraient aussi entrer dans l'alimentation porcine ou caprine[36].

Les biologistes ont constaté la majeure partie des Sargasses apparues depuis 2011 au large de l'estuaire de l'Amazone présente une forme à pales plus larges que celles de l'algue de la mer des Sargasses. En 2018 une équipe étudie si cette "forme" était historiquement rare dans les régions tropicales ou s'il s'agit d'une espèce distincte, et quelles sont les facteurs qui ont favorisé depuis 2011 sa croissance.

Invasives[modifier | modifier le code]

Sargasses au large de l'île Tintamare, dans la réserve naturelle nationale de Saint-Martin.

Certaines Sargasses présentent des propriétés susceptibles d'en faire des espèces invasives lorsqu'elles sont introduites dans de nouveaux biotopes[37],[38]. Elles possèdent une résistance, un taux de croissance rapide, un taux de reproduction élevé et une forte capacité de propagation végétative. Les morceaux hachés par les hélices redonnent de nouvelles algues d'une excellente aptitude à la dérive sur de longues distance.

Sargassum muticum par exemple, a été introduite en Europe à partir du Japon (par exemple détectée en 1995 à Strangford Lough (Comté de Down, Irlande du Nord) après importation d'huîtres de Guernesey, elles-mêmes introduites à partir du Japon. Des spécimens d'herbiers sont désormais stockés dans l'Ulster Museum (BEL numéros de catalogue: F11241 - F11242; F11182 - F11185). L'espèce a été trouvée dans les îles britanniques dans l'île de Wight en 1973. On pense qu'elle a gagné le monde entier avec le transport et l'introduction des huîtres japonaises dans diverses parties du monde, dont la France. Sans herbivores hors de son biotope d'origine, elle peut former de vastes tapis qui éliminent les espèces locales, colmatent des aires de plongées, gênent la pêche, bouchent les prises d'eaux de navires, piègent des débris, etc.

Usages[modifier | modifier le code]

Certaines espèces de Sargasses sont cultivées et utilisées en phytothérapie, notamment par les herboristes chinois qui les prescrivent souvent en poudre, et les vendent en sachets de papier de 0,5 g, à diluer dans de l'eau chaude et à boire comme un thé, en recommandant le cas échéant d'enlever l'excès de mucus qui se formerait sur la boisson. Lorsqu'elles sont vendues dans cette application, elles sont communément appelées algues Sargassum Tea.

Aux Antilles, on envisage également d'utiliser les algues Sargasses pour enrichir le compost par apport de potasse. Des projets de valorisation de ces algues sont envisagés[39],[40] : utilisation comme source de biofuels, ensilage, source d’alginates pour l’industrie agro-alimentaire ainsi que pour la création de bioplastiques. De plus, la valorisation de molécules d’intérêts pour les industries pharmaceutiques et cosmétiques pourraient être envisagée. La découverte de métaux lourds (arsenic, cadmium…) dans ces algues[41] limite aussi les projets d'utilisation comme engrais.

Mais l’absence d’industries utilisant déjà les algues aux Antilles rend le développement de projets difficile car tout reste à faire. De plus, la saisonnalité et la pérennité non assurée de ce phénomène freine les entreprises à investir dans ces projets.

Distribution[modifier | modifier le code]

Elle varie selon les espèces, mais peut être large : Sargassum muticum a une aire de répartition s’étendant de Nanaimo (Colombie-Britannique) à la Basse-Californie (États-Unis).

Plusieurs espèces de Sargasses se retrouvent partout dans les régions tropicales du monde ; elles sont souvent macrophytes. Les plus visibles sont près des côtes là où elles poussent ancrées sur un substrat ou de manière dérivante près de récifs coralliens. Les plantes y poussent subtidalement (en arrière de la zone intertidale) avec les coraux, sur des rochers ou dans des zones plus abritées. Dans quelques cas (par exemple, en mer des Sargasses), les populations de Sargassum sont exclusivement flottantes.

On trouve en Europe dans les laisses de mer des Sargasses échouées après leur longue dérive portées par le Gulf stream ; le long des côtes de Grande-Bretagne, de France, mais aussi de Scandinavie (mer Baltique, archipel d'Heligoland), des Pays-Bas, d'Irlande, dans la péninsule Ibérique. On en trouve aussi quelques espèces en Méditerranée (Italie et Adriatique), ainsi qu'au Japon, en Corée, Chine et en Alaska [2][réf. nécessaire].

Liste des sous-genres et espèces[modifier | modifier le code]

Selon AlgaeBase (27 février 2015)[42] :

Selon ITIS (27 février 2015)[43] :

Selon World Register of Marine Species (27 février 2015)[44] :

Les Sargasses comme habitat dérivant[modifier | modifier le code]

Les bancs de deux Sargasses holopélagiques forment un véritable habitat dérivant pour d'autres espèces.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. wordreference.com.
  2. Abbott, I.A. and Hollenberg, G.J. 1976. Marine Algae of California. Stanford University
  3. Laffoley, D. d’A., Roe, H. S. J., Angel, M. V, Ardon, J., Bates, N. R., Boyd, I. L., … Vats, V. (2011). The protection and management of the Sargasso Sea: The golden floating rainforest of the Atlantic Ocean. Summary Science and Supporting Evidence Case.
  4. « Sargassum: The What, Where, and Why of this Seaweed | Akumal Dive Shop », sur www.akumaldiveshop.com (consulté le 18 novembre 2016)
  5. Les Fucales, hormis quelques espèces invasives localement, sont effectivement en voie de régression, documentée depuis quelques décennies, notamment par Ifremer en France)
  6. Rathier Isabelle (1985) Aquaculture et pêche du Lambi (Strombus gigas) en Martinique ; Biotechnologies du prégrossissement et du grossissement, 1ers éléments pour une étude de la population de lambris et l’exploitation du stock |Archimer - Ifremer | Stage de thèse de doctorat d'océanographie bio1ogie à la Station IFREMER·du Robert, laboratoire « Mollusques". sous la responsabilité de Christian SAINT-FELIX novembre
  7. Winge O (1923) The Sargasso Sea, its boundaries and vegetation, Report on the Danish Oceanographical Expeditions 1908-10 to the Mediterranean and Adjacent Seas, Volume III, Miscellaneous paper number 2, 34pp, Copenhagen
  8. Parr A.E (1939) Quantitative observations on the pelagic Sargassum vegetation of the western north Atlantic ; Bulletin of the Bingham Oceanographic Collection, Peabody Museum of Natural History, Yale University, 6(7),94pp.
  9. Butler, J.N., B.F. Morris, J. Cadw allader and A.W. Stoner, 1983, Studies of Sargassum and of the Sargassum community, Bermuda Biological Station, Special Publication No. 22.
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  13. Butler J.N & Stoner A.W (1984) Pelagic Sargassum : has its biomass changed in the last 50 years? Deep-Sea Research 31 , 1259-1264
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  44. World Register of Marine Species, consulté le 27 février 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]