Musée de Bretagne

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Musée de Bretagne
Champs Libres entrée.jpg

Entrée principale des Champs Libres

Informations générale
Visiteurs par an
99553 en 2008, 47236 en 2010[1]
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Collections
Collections
Objets de la préhistoire à nos jours
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10, cours des Alliés
35000 Rennes
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Le musée de Bretagne est un musée de société et d'histoire. Il est installé aux Champs libres à Rennes, entre la gare et le centre ville, depuis 2006. Il était situé auparavant au sein du palais universitaire, quai de la Vilaine, avec le musée des beaux arts. En 2016, le musée de Bretagne a fêté ses 40 ans et ses 10 années passées au sein des Champs libres.

Il s'agit d'un musée à vocation régionale, qui au cours d'une longue évolution s'est présenté tout d'abord comme un musée d'archéologie et d'ethnologie puis s'est affirmé comme un musée de société.

Il s'est attribué une mission de conservation, d'étude, et de présentation de l'histoire de la Bretagne et du patrimoine breton, en participant à sa valorisation et à sa diffusion. Ses collections regroupent plus de 600 000 documents et objets. Elles sont représentatives du patrimoine breton, des premières traces de l'Homme à nos jours.

Depuis 2007, le musée de Bretagne est labellisé Tourisme et Handicap. Il propose de nombreuses visites commentées, et également des visites LSF et tactiles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières collections du musée proviennent des confiscations révolutionnaires de 1794, et notamment du cabinet de curiosités de Christophe-Paul de Robien (1698-1756), président à mortier du Parlement de Bretagne. Elles contiennent des œuvres d'art, d'archéologie, de numismatique, d'histoire naturelle, couvrant le territoire breton, mais également français et des objets ethnographiques extra européens[2].

Le premier "Musée de Rennes" naît officiellement le 24 vendémiaire an XIV (16 octobre 1805), date à laquelle la municipalité acquiert la pleine propriété des collections saisies. Elles constituent le socle des musées rennais.

Entre 1805 et 1850, les collections du musée sont déplacées plusieurs fois : de l'église de la Visitation au couvent des Carmélites, puis à l’évêché jusqu'en 1815 ; elles rejoignent ensuite l'hôtel de ville, puis la chapelle de l'école de droit. Un bâtiment dédié aux musées et aux facultés est ensuite construit en 1855, au niveau de l'actuel quai Émile Zola[2]. Ce bâtiment de style néo-classique est baptisé "Palais universitaire" en 1856. Devenu trop exigu pour les étudiants dès la fin du 19e siècle, l'édifice est affecté en 1949 au seul "Musée de Rennes", consacré principalement aux beaux-arts et à l'archéologie.

Le premier registre d'inventaire répertoriant les objets du musée de Rennes est ouvert en 1845[3]. La première inscription concerne Des morceaux de chaux romaine mêlés de débris d'écaille d'huîtres, collectés en 1844 sur une petite commune d'Ille-et-Vilaine. Au cours du 19e siècle, une grande importance est portée aux collections archéologiques.

En 1890 débute l'entrée d'objets bretons à l'inventaire. C'est à partir de 1909 que le musée commence à mentionner leur présence à travers un catalogue. La collecte d'objets d'ethnographie bretonne se poursuit dans l'entre-deux guerres, mais de manière moins soutenue que dans les années 1909-1913.

Suite à la Seconde Guerre mondiale, les musées d'ethnographie régionale trouvent un nouvel élan grâce à la Direction des musées de France ainsi qu'à Georges Henri Rivière. En 1946, ce dernier propose un projet muséographique axé sur la Bretagne et les pays celtiques à la municipalité[4]. Il sera concrétisé en 1958 avec le lancement du parcours "histoire de la Bretagne des origines à nos jours" au sein du musée de Rennes.

Entre 1960 et 1975, six salles sont ouvertes et présentent de façon chronologique l'histoire de la Bretagne depuis la préhistoire. En 1975, le musée de Rennes a été partagé en deux, le musée de Bretagne d’une part et le musée des beaux-arts de Rennes d’autre part, chacun étant devenu une structure autonome. Une attribution des fonds a été effectuée entre les deux musées, aboutissant à la rédaction d'un protocole de répartition des collections. C'est à ce moment que débute la rédaction de registres d'inventaire différenciés. Les collections relevant du territoire breton reviennent au musée de Bretagne, hormis quelques exceptions.

En 1978, Jean-Yves Veillard, alors conservateur du musée de Bretagne, visite la ferme de la Bintinais. Il souhaite la transformer en écomusée. Le projet est accepté par la Ville de Rennes, et l'écomusée du Pays de Rennes ouvre ses portes en 1987[5]. Intégré au musée de Bretagne, il devient le témoin du passé rural et agricole régional. Ses collections sont communes avec le musée de Bretagne.

A l'étroit sur les quais de la Vilaine, il est décidé en 1987 que le musée de Bretagne prendra place dans un nouveau bâtiment.

Le musée, jusqu’alors équipement municipal, est géré par la communauté d'agglomération depuis 2000.

En 2006, le musée de Bretagne intègre le nouveau bâtiment des Champs Libres, situé près de la gare et du Champ de Mars. Cet équipement a été conçu par l'architecte Christian de Portzamparc. L'emplacement concorde pratiquement avec celui proposé pour accueillir un projet de Palais des musées imaginé dès 1945.

Jean-Yves Veillard a été conservateur puis directeur du musée (1967-2000). François Hubert (1983-2005), Jean-Paul Le Maguet (2006-2009), Pascal Aumasson (2009-2012) puis Céline Chanas (2013- ) lui succèdent.

Collections[6][modifier | modifier le code]

Visite du musée lors d'une wiki-permanence

Les collections du musée de Bretagne s'articulent autour de l'histoire de la région, incluant des disciplines telles que l'archéologie ou l'ethnographie. Les objets proviennent du territoire historique de la Bretagne, incluant le département de la Loire-Atlantique, bien que les collections qui en sont issues soient moins nombreuses.

Le musée de Bretagne dispose de collections riches de plus de 600 000 objets et documents, dont plus de 400 000 négatifs et tirages photographiques.

Les collections sont gérées en commun avec l'écomusée du pays de Rennes. Le musée de Bretagne en assure la gestion scientifique, documentaire et administrative.

Depuis le 15 septembre 2017, la base en ligne du musée permet de rendre accessibles plus de 170 000 objets et documents, en licence creative commons : http://www.collections.musee-bretagne.fr/index.php

Collections archéologiques[modifier | modifier le code]

Les collections d'archéologie du musée de Bretagne se sont construites à partir de celles du marquis de Robien et se sont enrichies tout au long du 19e siècle. Les travaux de voirie et les diverses trouvailles permettent d'ajouter à la collection des tessons, amphores, des éléments d'architecture, des armes, ou encore des objets de la vie quotidienne… Durant la seconde moitié du 20e siècle, se développe l'archéologie scientifique, qui va entraîner l'arrivée au musée de collections plus homogènes provenant de sites fouillés minutieusement, notamment à Rennes et en Ille-et-Vilaine. Des achats ponctuels permettent d'enrichir les collections de pièces plus spécifiques et spectaculaires. Les collections archéologiques du musée des périodes pré- et proto- historiques, ainsi que celles de la période gallo-romaine sont très complètes, mais celles provenant du Moyen-Age sont plus pauvres. Les acquisitions récentes cherchent à diversifier la provenance géographique des pièces, et proviennent notamment du Morbihan et du Finistère.

Collections numismatiques[modifier | modifier le code]

Les collections numismatiques du musée de Bretagne sont riches de près de 35 000 monnaies, médailles et jetons. Le fonds numismatique est particulièrement intéressant, en raison de la constance du musée dans sa politique d'acquisition. Les collections de Moët de la Forte-Maison ou Auguste André sont acquises par le musée dans la seconde partie du 19e siècle. En 1881, un trésor dit « trésor de la préfecture » enrichit de 4 000 monnaies romaines le fonds de numismatique. Les monnayages romains et gaulois sont bien représentés. Le fonds médiéval regroupe des monnaies féodales du duché de Bretagne et du royaume de France, et compte quelques pièces prestigieuses comme l'une des cadières d'or d'Anne de Bretagne. Les collections du 16e au 18e siècle, les jetons des institutions d'Ancien Régime et les diverses médailles frappées aux 19e et 20e siècles sont également un objet de curiosité. Une exposition en 1999 Les monnaies celtes du musée de Bretagne ont mis en avant une partie de ces collections.

Collections ethnographiques[modifier | modifier le code]

Les collections ethnographiques du musée de Bretagne sont extrêmement diversifiées. Elles incluent des objets de la vie quotidienne,liés à un usage domestique et appartenant à la sphère privée (mobilier, costumes, ustensiles, vaisselle...), mais aussi des objets liés aux pratiques professionnelles (outils et machines, uniformes de travail…). La constitution des collections ethnographiques du musée s'est faite relativement tardivement, principalement au 20e siècle.

C'est le projet d'ouverture de nouvelles salles dédiées à l'ethnographie bretonne qui a conduit à une recherche assez systématique d'objets, notamment costumes et mobilier. Les ensembles et fonds thématiques conséquents ont permis la constitution de collections cohérentes et représentatives. Les nombreuses expositions temporaires du musée ont abondamment puisé dans ces collections.

Collections iconographiques[modifier | modifier le code]

Le fonds iconographique du musée regroupe des supports et des thématiques très divers : dessins, estampes, affiches, cartes et plans, cartes postales, imprimés, photographies (tirages et négatifs) qui reconstituent des pans de l'histoire bretonne. Ce fonds s'est développé à partir de la collection du marquis de Robien depuis les années 1880. La collection la plus ancienne s'articule autour de vues de ville, de monuments, de lieux remarquables, ou encore de personnalités, souvent aristocratiques, en lien avec la région. Par la suite, l'iconographie s'est tournée vers la vie sociale, politique et économique de la région, le quotidien. La photographie occupe une place considérable au sein de ses collections, avec près de 400 000 négatifs sur verre ou film souple. Le musée s'est lancé dans un vaste chantier de numérisation et d'inventaire de ses fonds[7].

Fonds sur l'Affaire Dreyfus[modifier | modifier le code]

Le second procès du capitaine Alfred Dreyfus a eu lieu lors de l'été 1899 à Rennes, dans le lycée aujourd'hui appelé lycée Zola, à deux pas du musée. Ce procès divise la France et suscite un intérêt national et international, et retient l'intérêt du conservateur du musée, qui réunit à cette occasion un petit fonds composé d'articles de presse et de documents iconographiques. À la suite de l'exposition « L'Affaire Dreyfus, une affaire toujours actuelle » (1973), Jeanne Lévy, la fille d'Alfred Dreyfus, effectue une donation conséquente. Elle sera suivie par d'autres dons familiaux et des achats auprès de collectionneurs ou en ventes publiques. Le fonds ainsi constitué regroupe environ 6 800 pièces, et comporte une très abondante correspondance, des photographies, articles, et quelques objets.

Expositions[modifier | modifier le code]

Bretagne est Univers[modifier | modifier le code]

Le titre de l'exposition permanente Bretagne est Univers a été donné par Jean-Yves Veillard, alors directeur du musée de Bretagne. Il provient d'un poème de Saint-Pol-Roux, poète du 19e siècle.

Le parcours de plus de 1900 m² présente l'histoire et la culture bretonne à travers 2 300 objets.

Cette exposition souhaite présenter la singularité de la Bretagne dans ses dimensions universelles. Elle montre également l'alternance de périodes d'isolement et d'ouverture au monde, et les conséquences de ces dernières sur le développement de la Bretagne.

Dreyfus[modifier | modifier le code]

Le parcours de l'exposition Dreyfus présente l'intimité de cette Affaire. La scénographie met en avant une ambiance carcérale. Les moments importants de l'Affaire et les différents acteurs sont mis en avant lors du parcours, montrant une vue d'ensemble de cette histoire. Un documentaire est projeté au sein de l'exposition et de nombreux objets retracent les faits en présentant les protagonistes et le rôle qu'ils ont tenu. Le parcours montre l'envergure de cette enquête et son influence sur la notion de Droits de l'Homme.

Expositions temporaires[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1980, le musée de Bretagne organise des expositions temporaires en collaboration avec des muséographes-scénographes. Il dispose, au sein des Champs Libres, de deux salles d'expositions temporaires de 200 et 400 m². Elles communiquent entre elles, ce qui permet des expositions de 600 m². La programmation des expositions temporaires couvre un panel de sujets très diversifiés, dans une approche pluridisciplinaire, faisant souvent des ponts entre mise en perspective historique et actualité d'un sujet de société.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fréquentation 2006-2010 des musées de France - Bretagne sur le site www.data.gouv.fr.
  2. a et b Prod'homme 2011, p. 7
  3. Chevalier 2001, p. 9
  4. Elsa Chevalier, Le Musée de Bretagne : un musée face à son histoire, Presses universitaires de Rennes, , 342 p. (ISBN 2868476147, OCLC 421915717, lire en ligne)
  5. Robillard, Camille, 1981- ... et Impr. Jouve), L'Écomusée du pays de Rennes, Écomusée du Pays de Rennes, impr. 2014, 112 p. (ISBN 9782901429364, OCLC 906266888, lire en ligne)
  6. Prod'homme 2011, p. pages 6 à 12
  7. Musée de Bretagne 2014

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Elsa Chevalier, Le Musée de Bretagne : Un musée face à son histoire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 1e éd., 340  p. (ISBN 2-86847-614-7, notice BnF no FRBNF37744032)Voir et modifier les données sur Wikidata
  • Laurence Prod'homme (dir.), Objets de l'Histoire, mémoire de Bretagne : Les collections du musée de Bretagne, Rennes, Ouest-France, , 162 p. (ISBN 978-2-73735493-9)
  • Musée de Bretagne, Projet scientifique et culturel du musée de Bretagne, Rennes, Métropole de Rennes, , 92 p.

Archives INA :

Liens externes[modifier | modifier le code]

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