Jean-François de La Marche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jean-François de La Marche
Image illustrative de l'article Jean-François de La Marche
Biographie
Naissance
Ergué-Gabéric
Ordination sacerdotale à Conflans
Décès (à 77 ans)
à Londres
Évêque de l’Église catholique
Dernier titre ou fonction Évêque de Léon
Évêque de Léon
Autres fonctions
Fonction laïque
comte de Léon

Blason
Ornements extérieurs Evêques.svg
Armes de la Maison de Hoves.svg
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jean-François de La Marche (né en 1729 à Ergué-Gabéric et mort à Londres en 1806) fut le dernier évêque comte du diocèse de Léon (Finistère), qu'il a dirigé depuis 1772 jusqu'à la suppression du siège en 1801 par le pape Pie VII[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

William Skelton : Portrait de Jean-François de La Marche (1797, musée de Bretagne, Rennes)

Il fut d'abord lieutenant de dragons dans le régiment de la Reine et blessé à la bataille de Plaisance en 1746, puis abbé de Saint-Aubin-des-Bois en 1764[2].

Soucieux des réalités économiques, l'évêque répond à la grande enquête demandée par Turgot en 1774 sur la mendicité[3].

Il introduit la culture de la pomme de terre dans le Léon et encourage activement son développement, ce qui lui vaut son surnom d'Eskob ar patatez (évêque des patates).

Il crée dans le collège de Saint-Pol-de-Léon une section « petit séminaire ».

La Révolution le contraint à s'exiler à Londres, où il accueille les prêtres des Missions étrangères de Paris en exil. Il resta fidèle à l'Eglise romaine, ne reconnut pas la constitution civile du clergé, et demeura évêque de Léon jusqu'à la suppression du siège en 1801, par la bulle Qui Christi Domini.

Il meurt à Londres en 1806.

Louis Kerbiriou a consacré une thèse de doctorat à Jean-François de la Marche, intitulée "Jean-François de la Marche, évêque-comte de Léon (1729-1806). Étude sur un diocèse breton et sur l'émigration"[4].

L'enquête sur la mendicité dans le Léon (1774)[modifier | modifier le code]

Monseigneur de la Marche écrit le à tous les recteurs de son évêché pour leur demander de lui fournir des renseignements sur l'état de la mendicité dans leurs paroisses ainsi que leurs observations touchant le goémon et les règlements pris par l'Amirauté :

« Mr le Contrôleur-Général (...) m'a (...) chargé, de la part du Roi, de vous engager, de la manière la plus pressante, à seconder les vues bienfaisantes de Sa Majesté en donnant à ses Intendants ou à leurs Subdélégués, toutes les instructions dont ils pourraient avoir besoin. Je vous prie donc, Monsieur, de vous prêter, avec autant de zèle que de confiance, à donner, relativement aux pauvres de votre paroisse, tous les éclaircissements qui vous seront demandés. (...) Je suis de plus chargé de mettre incessamment sous les yeux du Roi des observations sur l'état actuel de la mendicité dan mon diocèse, sur les remèdes qu'il convient d'y apporter et sur les différents établissements faits en faveur des pauvres. (...) Cette affaire, Monsieur, exige autant de célérité que d'exactitude ; au défaut d'occasion, vous aurez la bonté de m'adresser votre réponse par la voie de la Poste, à Léon (...)[5]. »

Cette lettre est accompagnée d'un questionnaire :

« 1° Quel est, à-peu-près, le nombre de mendiants domiciliés dans votre paroisse ? En quelle proportion est-il avec celui des habitants aisés ? »

« 2° Quelle peut être la source de la mendicité dans votre paroisse ? (...) »

« 3° Quelle est l'espèce de mendiants de votre paroisse ? Ne sont-ce que des vieillards, des infirmes et des enfants hors d'état de travailler ? Ou sont-ce des gens valides de tout âge ? »

« 4° En comparant le nombre des mendiants avec celui des gens aisés et en considérant l'espèce des mendiants, le principe et la cause de leur mendicité, quel moyen vous paraîtroit le plus convenable et le plus efficace pour supprimer la mendicité dans votre paroisse ? »

« 5° Y a-t-il dans votre paroisse quelque hôpital ou y a-t-il quelque fonds certain pour les pauvres ou enfin y a-t-il quelque casuel provenant des quêtes ? (...) »

« 6° Enfin y a-t-il dans votre paroisse quelqu'espèce d'établissement pour les pauvres, quels en sont les avantages et les défauts ? Quels sont les moyens de les perfectionner ou d'en établir s'il n'y en a d'aucune espèce [6]? »

Sur les 104 paroisses et trèves de l'Évêché de Léon, les réponses des curés de 95 d'entre elles ont été conservées[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Persée, revue scientifique
  2. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5406239c/f148.image.r=Bodriec.langFR
  3. Fanch Roudaut, "Clergé breton et lutte contre la misère : l'exemple du diocèse de Léon (1774)", Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1988, n°95-4, consultable http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0399-0826_1988_num_95_4_3308
  4. Thèse publiée à Quimper en 1924 et dont un compte-rendu détaillé peut être lu dans : Abel Dechêne, Compte-rendu de la thèse de doctorat publiée en 1924 de Louis Kerbiriou : Jean-François de la Marche, évêque-comte de Léon (1729-1806). Étude sur un diocèse breton et sur l'émigration, "Revue apologétique", 15 avril 1926, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56616897/f27.image.r=Molene.langFR
  5. Antoine Favé, Les faucheurs de la mer en Léon (récolte du goémon aux XVIIème et XVIIIème siècles), "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1906, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076777/f152.image
  6. Antoine Favé, Les faucheurs de la mer en Léon (récolte du goémon aux XVIIème et XVIIIème siècles), "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1906, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076777/f153.image
  7. Antoine Favé, Les faucheurs de la mer en Léon (récolte du goémon aux XVIIème et XVIIIème siècles), "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1906, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076777/f154.image

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Monument funéraire de Mgr de La Marche en la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, œuvre du sculpteur Léon Cugnot.