Bataille de Siffin

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Bataille de Siffin
Informations générales
Date 657
Lieu Siffin, en Syrie
Issue Victoire tactique des Partisans de Ali Ibn Abi Talib et stratégiquement indécise
Belligérants
Partisans de Muawiya Ier Armée chiite
Commandants
Muawiya Ier,
Habib Ibn Maslama,
Abou El Awar Essalami,
Amr ibn al-As,
Ubaydallah Ibn Omar,
Walid ibn Uqba,
Doel Kilaa El Hamiri
Ali Ibn Abi Talib,
Malik al-Ashtar,
Hashim ibn Utbah,
Ammar ibn Yassir ,
Muhammad ibn al-Hanafiya,
Abdullah ibn Abbas,
Quais Ibn Saad.
Forces en présence
130000 hommes 135000 hommes
Pertes
25000 tués 45000 tués
Première Fitna

La bataille de Siffin se produisit en juin/juillet 657 (moharram 37 AH). Le plus fort de la bataille se produisit du 19 ou 20 juillet (1 et 2 Çafar 37 AH) sur les rives de l'Euphrate près de la ville syrienne actuelle de Ar-Raqqa. Ce fut le dernier combat entre Mu`awîya et `Alî.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'armée de Mu`awîya venant de Damas comptait 80 000 hommes, celle d'`Alî 50 000 hommes. L'armée d'`Alî arriva à Raqqa et fit construire un pont pour traverser le fleuve. Une première bataille eut lieu entre les deux avant-gardes qui se replièrent chacune dans son camp. L'armée de Mu`awîya prit position sur les rives du fleuve, ce qui empêcha les troupes d'`Alî d'accéder à l'eau. Après une courte négociation, Mu`awîya permit aux troupes d'`Alî de se rendre au fleuve. Les deux armées se reposèrent pendant deux jours. `Alî envoya des émissaires demandant de le reconnaître comme seul souverain légitime mais Mu`awîya refusa prétextant qu'il était là pour venger `Othman.

Au début du mois de mouharram, `Alî déclara qu'il voulait que l'on cesse les combats pendant le mois sacré. Durant ce mois, les deux armées se firent face, sans réel combat et dans l'espoir d'une conciliation. À la fin du mois, `Alî dit à ses hommes : « préparez vous à combattre demain ». Un assaut général qui dura deux jours vit l'armée de Mu`âwîya reculer. Les deux camps comptèrent de nombreux blessés et tués. À la fin de cet assaut l'armée de Mu`âwîya et celle d'`Alî comptèrent 40 000 tués sans compter ceux qui moururent de leurs blessures dans les jours suivants. `Amr ben al-`As, le général de Mu`âwîya utilisa alors une ruse : il fit mettre au bout des lances de ses soldats une page du Coran. Les soldats de l'armée d'`Ali arrêtèrent le combat ne voulant pas combattre contre le livre saint.

Les deux adversaires convinrent alors d'un arbitrage. `Alî signa, plutôt contraint, un traité qui devait durer huit mois, laissant à `Amr et à Abû Musa al-Ach`arî le soin de trancher le conflit. Un certain nombre de partisans d'`Alî refusèrent cette solution, arguant qu'`Alî avait été désigné par Allah comme calife et qu'il n'a donc pas le droit de revenir sur cette décision divine. Ces réfractaires formèrent ensuite le courant kharidjite. `Alî retourna vers Koufa[1].

Les deux arbitres désignés à Siffin devaient examiner le Coran chacun de son côté. Mu`âwîya et `Alî devaient envoyer quatre cents hommes parmi les mieux qualifiés pour devenir calife pour assister aux débats. Abû Musa dit que le futur calife ne pouvait être ni Mu`âwîya ni `Alî, `Amr lui répondit qu'il ne voyait pas pourquoi exclure Mu`âwîya, alors qu'`Alî, au contraire devait être exclu comme responsable de la mort de `Uthman. Finalement ils semblèrent tomber d'accord de soumettre le califat à l'élection et d'en exclure Mu`âwîya et `Alî. Tout le monde se sépara et les Syriens nommèrent Mu`âwîya prince des croyants[2].


Les kharidjites dirent alors à `Alî « maintenant que tu as accepté cette conciliation, tu es hérétique et il nous est permis de te tuer »(point sombre a vérifier). `Alî remporta une victoire contre les kharidjites à la bataille de Nahrawân et voulut se diriger vers Damas pour affronter de nouveau Mu`âwîya(point sombre a vérifié), mais ses troupes demandèrent un repos à Koufa (658)[3].

Dans les mois qui suivirent, `Alî perdit un grand nombre de ses partisans : même son frère `Aqil rallia Mu`âwîya[4].

Trois ans plus tard des kharijites organisèrent le triple meurtre des protagonistes de cet arbitrage. Mu`âwîya à Damas, `Alî à Koufa et l'arbitre du conflit `Amr en Égypte devaient être assassinés le même jour. `Alî est mort de ses blessures, Mu`âwîya fut blessé et survécut et `Amr échappa complètement à l'attentat (661).

Hasan, fils aîné d'`Alî renonça à toute prétention. Il se retira alors à Médine avec sa famille (662). Aux termes de la conciliation de Siffin, Mu`âwîya devenait le seul candidat au titre de calife et il fut alors généralement accepté comme calife. Hasan (670). Husayn, second fils d'`Alî se rendit à La Mecque avec toute sa famille pour y rester.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Tabari, La Chronique (Volume II, `Alî fils d'Abou Tâlib), Actes-Sud (ISBN 2-7427-3318-3) p. 374-384
  2. Tabarî, ibidem, p. 385-387
  3. Tabarî, ibidem, p. 387-391
  4. Tabarî, ibidem, p. 402