Deraa

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Dar`a
(ar) درعا
Administration
Pays Drapeau de la Syrie Syrie
Muhafazah Deraa
Démographie
Population 76 419 hab. (2009)
Géographie
Coordonnées 32° 37′ Nord 36° 07′ Est / 32.62, 36.11
Altitude 435 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Syrie

Voir sur la carte administrative de Syrie
City locator 12.svg
Dar`a

Darʿā (arabe : درعا), également orthographiée Deraa, Dara, Daraa ou Dera, est une ville du sud-ouest de la Syrie proche des frontières avec la Jordanie, le Liban et Israël. Elle est la capitale du Gouvernorat de Deraa. Un épisode du film Lawrence d'Arabie s'y déroule.

Histoire[modifier | modifier le code]

Deraa est l'une des villes les plus antiques de Syrie, puisqu'elle a été fondée sous les Cananéens et qu'elle est mentionnée - sous le nom d'Atharaa - dans des tablettes hiéroglyphiques égyptiennes à l'époque du pharaon Thoutmose III entre 1490 et 1436 av. J.-C. Les Hébreux la mentionnent ensuite dans le livre des Nombres sous le nom d'Edrei ou Edre'i[1], capitale du Bachân et site d'une victoire des Israélites contre le roi de la ville, Og[2].

Sous l'Empire des Séleucides, dont la ville faisait partie, et sous l'Empire romain, auquel elle a été incorporée parTrajan en 106, elle était dénommée Adraa (Ἀδράα)[3], nom que l'on retrouve sur ses pièces de monnaie[4],[5]. Adraa faisait partie de la province d'Arabia Petræa[6]. Au IIIe siècle de notre ère, Adraa obtient le statut de polis (ville administrée de façon largement autonome). Eusèbe de Césarée la mentionne comme étant une polis d'Arabie fameuse[7]. Selon Épiphane de Salamine, la région au-delà d'Adraa était habitée par des Ebionites[8],[9],[10].

Adraa était le siège d'un évêché. Arabius, le premier évêque d'Adraa dont nous connaissons le nom, participa au concile de Séleucie en 359. L'évêque Uranius était au Premier concile de Constantinople en 381; Proclus au synode anti-Eutyches de Constantinople en 448 et au concile de Chalcédoine en 451. Dorimenius assista quant à lui au Deuxième concile de Constantinople en 553[11],[12]. Adraa n'est plus un siège épiscopal aujourd'hui ; l'Église catholique l'a mise à la liste des sièges in partibus, ou sièges titulaires[13]. C'était à l'époque de l'Empire romain d'Orient (Byzance) un foyer d'activités missionnaires chrétiennes en direction du désert de Syrie. En 614, l'armée sassanide mit Adraa à sac, mais épargna les habitants[14].

Guerre civile syrienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siège de Deraa.

Ville commerçante sunnite, elle regroupe plusieurs tribus hostiles au pouvoir central. Avant même le début de la guerre civile syrienne, Deraa est « une tête de pont des Frères musulmans » et facilite le départ des djihadistes partis combattre les Américains en Irak[15]. Cette ville est le point de départ des protestations syriennes de 2011 à partir de la mosquée d'Omar. À la fin du mois de février 2016, plus d'un millier d'anciens rebelles de la région négocient avec le gouvernement central, représenté par le gouverneur Mohammad Khaled, et rendent les armes[16].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Deutéronome, Libre des Nombres 21:33 et Deutéronome 3:1
  2. (en) Negev, p. 150.
  3. (en) William Smith, Dictionary of Greek and Roman Geography (1864): Adraa
  4. (en) « Catalogue of the Greek coins in The British Museum », google.com
  5. (en) « Ancient coins of Arabia », snible.org
  6. (en)Sharon, 2007, p. 68
  7. (en) Fergus Millar, The Roman Near East, 31 B.C.-A.D. 337 (Harvard University Press 1993 ISBN 978-0-67477886-3), p. 419
  8. Xavier Levieils, Contra Christianos: la critique sociale et religieuse du christianisme des origines au concile de Nicée (45-325), éd. Walter de Gruyter, Berlin, 2007, p. 25.
  9. (en) Selon Épiphane de Salamine, Hær. 30.18, « [The Ebionites] “spring for the most part from Nabatea [Batanea?] and Paneas, as well as from Moabitis and Kochaba in the Basanitis region on the other side of Adraa" » ; Adolf Harnack, The Mission and Expansion of Christianity in the First Three Centuries, Book IV, Chapter 3, section 1
  10. (en) Albertus Frederik Johannes Klijn, G. J. Reinink, Patristic Evidence for Jewish-Christian Sects (Brill Archive 1973 ISBN 978-9-00403763-2), p. 29.
  11. (la) Michel Lequien, Oriens christianus in quatuor Patriarchatus digestus, Paris 1740, vol. II, coll. 859-860
  12. Siméon Vailhé, v. Adraa, in Dictionnaire d'Histoire et de Géographie ecclésiastiques, vol. I, Paris 1909, coll. 592-593
  13. (it) Annuario Pontificio 2013 (Libreria Editrice Vaticana 2013 ISBN 978-88-209-9070-1), p. 838
  14. (en) Sharon, p. 68.
  15. Frédéric Pichon, Syrie : Pourquoi l'Occident s'est trompé, Éditions du Rocher, 2014, p. 24
  16. (en) Sputnik News, article du 1er mars 2016

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]