Deir ez-Zor

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Deir ez-Zor ou Deir-Zor
(ar) دير الزور(hy) Դեր Զոր
Place du 8-Mars
Place du 8-Mars
Administration
Pays Drapeau de la Syrie Syrie
Mouhafadha Deir ez-Zor
Démographie
Population 283 434 hab. (2009)
Géographie
Coordonnées 35° 20′ Nord 40° 09′ Est / 35.33, 40.15
Altitude 210 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Syrie

Voir sur la carte administrative de Syrie
City locator 12.svg
Deir ez-Zor ou Deir-Zor

Deir ez-Zor (arabe : دير الزور ; arménien : Դեր Զոր ou Der Zor) est une ville de Syrie située sur les rives de l'Euphrate ; elle est la capitale de la province de même nom, à 450 km de Damas[1]. Elle avait une population d’environ 133 000 habitants (estimation de 1994). C'était une ville agricole prospère avant sa prise par l'organisation État islamique en 2014.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est désertique, et la ville souffre de faibles précipitations et de tempêtes de sable, ainsi que, avant la construction du barrage de l'Euphrate, de crues et d’inondations. Actuellement, les problématiques de la ville sont principalement la pollution du fleuve et la désertification.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1915 et 1916, Deir-es-Zor est le principal site abritant des camps de concentration durant le génocide arménien[2]. Un mémorial commémorant les événements tragiques a été érigé dans la ville en 1990, mais dynamité par l'État islamique en 2014.

En avril 2012, l'église des Franciscains est rasée par les combats de la guerre civile[3].

Dès le début de l'année 2013, l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), lié à Al-Qaïda et dirigé en Irak par Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi, entre en Syrie avec 7 000 hommes dirigés par Abou Mohammed al-Adnani. Après quelques mois de combats contre les loyalistes, les Kurdes, puis contre ses alliés de l'armée syrienne libre, l'EIIL s'installe au nord-est de la Syrie, jusqu'au fleuve Euphrate et ses villes de Jerablus, Racca et Deir ez-Zor.

Les défaites successives de l'armée syrienne face à l'EI ont complètement isolé la ville du reste du pays encore sous administration gouvernementale.

Les troupes loyalistes tentent encore de contenir l'avancée des djihadistes de l'EI dans la ville. En janvier 2016, le groupe État islamique lance une offensive importante dans plusieurs quartiers de Deir ez-Zor, ce qui lui permet de contrôler environ 60 % de la ville. Peu de temps après, l'organisation procède à l'enlèvement d'au moins 400 civils de confession sunnite[4] et à des massacres. Le 15 janvier, le lieutenant-général Sergueï Roudskoï déclare que 22 tonnes d'aide humanitaire en provenance de Russie sont larguées sur la ville par parachutes d'Iliouchine Il-76 syriens[5].

Population[modifier | modifier le code]

Le fleuve Euphrate, au niveau du pont construit par l'administration française.

La majorité de la population est arabe avec la présence de Kurdes et d'Arméniens jusqu'à l'arrivée de l'État islamique en Irak et au Levant. Une grande partie de la population arabe vit dans un système tribal ; les tribus les plus connues sont les tribus de Baqara, Oqeidat et Bani Madlej, installées dans la région durant les XIXe et XXe siècles, principalement après la découverte de pétrole et d'autres ressources naturelles, ce qui activa le marché du travail.

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la ville, avant l'arrivée de l'État islamique, se basait principalement sur l'agriculture du coton et du blé, aidée par une terre fertile qui entoure la ville et qui longe l'Euphrate, ainsi que l'exploitation de ressources naturelles comme le pétrole, le ciment et le sel. Une industrialisation forte était présente pour transformer les produits agricoles et les ressources naturelles ; elle se faisait au sein de grandes structures étatiques dans une zone industrielle spécifique au gouvernorat. La guerre civile syrienne et les violents combats que connaît la ville depuis 2014 ont considérablement affaibli l’économie de Deir ez-Zor.

La ville était également un pôle touristique, avec la présence de nombreux sites historiques dans la région, mais la faiblesse des services touristiques et le climat rude freinaient le développement du tourisme qui a de toute façon disparu depuis 2014. L'une des attractions de la ville, hormis les nombreux souks et le musée archéologique et artisanal, était un pont suspendu piétonnier construit par les Français en 1924, le « pont des Français », une véritable fierté locale et lieu de toutes les rencontres, détruit depuis avec d'autres ponts dans les combats entre les forces loyalistes et l'État islamique, en 2014[6].

Transport[modifier | modifier le code]

Le pont suspendu (dit pont des Français) de Deir ez-Zor avant sa destruction.

La ville possède un aéroport : l'aéroport de Deir ez-Zor.

L’aéroport servait de base aérienne pour l'armée de l'air syrienne qui menait des opérations de bombardement contre l'EI dans le gouvernorat de Deir ez-Zor. Il est longtemps resté l'unique moyen de ravitaillement des quelque 3 000 soldats déployés dans la ville qui ont contenu et repoussé constamment les nombreux assauts de l'EI. Les forces gouvernementales appuyées par l'aviation russe arrivent aux abords de l'aéroport à la mi-février 2016.

Jumelage[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

La ville abrite un musée archéologique, connu pour présenter de nombreux objets découverts dans la région, notamment la majorité des tablettes en argile mésopotamienne en provenance du site proche de Mari.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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