Boukamal

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Boukamal
(ar) البوكمال, (en) Abu Kamal
Boukamal
Entrée de Boukamal vue depuis la route d'Al-Salihiyah.
Administration
Pays Drapeau de la Syrie Syrie
Deir ez-Zor
Géographie
Coordonnées 34° 26′ 47″ nord, 40° 55′ 16″ est
Altitude 187 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Syrie

Voir sur la carte administrative de Syrie
City locator 13.svg
Boukamal

Boukamal, Al-Boukamal ou Abou Kamal (en arabe : البوكمال), est une ville de l'Est de la Syrie située sur le fleuve Euphrate près de la frontière avec l'Irak, dans une région agricole prospère, où se pratiquent l'élevage, la culture des céréales et du coton.

Histoire[modifier | modifier le code]

Tente de Bédouins à Boukamal, 2017.

À l'époque romaine, Boukamal est un centre commercial important entre l'Empire romain et l'Inde. Conquise par Zénobie, elle fait partie du royaume de Palmyre.

Au XVIIe siècle, Boukamal est le siège d'un sandjak ottoman, abandonné ensuite.

Au milieu du XIXe siècle, la région, peuplée de tribus nomades et semi-nomades, échappe largement au contrôle administratif ottoman. En 1869, un siège administratif (caza), dépendant du sandjak de Deir ez-Zor, est établi à Kassabat al-Atika, à 2 km au nord de l'actuel Boukamal. Après la famine de 1874, une révolte tribale, survenue l'année suivante, oblige les fonctionnaires et la petite garnison à quitter temporairement le secteur pour y revenir ensuite. Le site de Kassabat, trop exposé aux inondations de l'Euphrate, est abandonné en 1887 pour celui de l'actuelle Boukamal[1].

Boukamal est peu touchée par la Première Guerre mondiale au Moyen-Orient où les habitants se dérobent à la conscription ottomane mais, rattachée après la guerre au Mandat britannique de Mésopotamie, elle est au centre de la révolte arabe contre les Britanniques (en) en 1919-1920. Les rebelles, commandés par Ramadan al-Shallash (en), infligent de lourdes pertes aux Britanniques qui finissent par abandonner Deir ez-Zor et Boukamal aux Français. Boukamal, rattachée au Mandat français sur la Syrie et le Liban, reçoit des militaires français à partir de 1922[1]. La frontière est définitivement fixée en 1932, par un arbitrage de la Société des Nations : elle passe à 8 km au sud de Boukamal en laissant à la ville un territoire cultivable assez large pour ses besoins[2]. Elle est proche d'une station de pompage de l'oléoduc de Mossoul à Haïfa, situé du côté irakien, ouvert le 14 juillet 1934 et qui alimente des échanges entre les deux côtés de la frontière[3]. Un bac, installé en 1935 par le génie militaire français, traverse le fleuve[4].

En octobre 1932, une brève révolte éclate dans la région et un lieutenant français est tué dans une embuscade[5]. La paix revient à partir de 1933 grâce à la découverte du site archéologique de Mari, capitale d'un ancien royaume akkadien : les fouilles, menées par la mission archéologique française d'André Parrot, donnent du travail à plusieurs centaines d'habitants et alimentent le commerce[6].

En 1946, Boukamal fait partie de la Syrie indépendante. Depuis, la position de la région à la frontière avec l'Irak en a fait un centre commercial important.

Guerre civile syrienne[modifier | modifier le code]

L'Euphrate vu de Boukamal, 2006.

La ville est occupée par différents groupes rebelles. En 2013, elle est partagée entre plusieurs factions d'affiliation variable, les unes proches du Front al-Nosra, les autres de l'Armée syrienne libre. La principale autorité judiciaire est le comité de charia dépendant du Front al-Nosra[7]. En 2014, elle passe sous la domination du groupe État Islamique jusqu'au , date à laquelle les forces gouvernementales syriennes reprennent le contrôle de la ville[8]. Cependant, les djihadistes lancent une contre-offensive et contrôlent au matin du 10 novembre environ 50 % de la ville[9]. La ville est finalement reprise entièrement le 19 novembre par le régime syrien et ses alliés[10].

Démographie[modifier | modifier le code]

Au recensement de 1933, Boukamal compte 2 200 habitants dont 2 078 musulmans sunnites, 102 chrétiens et 72 Juifs (en)[4].

Au recensement de 2004, elle compte 42 510 habitants[11].

En février 2018, 15 000 habitants du district de Boukamal sont inscrits au registre de l'aide alimentaire du Programme alimentaire mondial[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b André Parrot, Mari, une ville perdue, ed. Je Sers, Paris, 1936, p.32-33.
  2. League of Nations, FRONTIER BETWEEN SYRIA AND IRAQ, 10 septembre 1932.
  3. André Parrot, Mari, une ville perdue, ed. Je Sers, Paris, 1936, p.142-146.
  4. a et b André Parrot, Mari, une ville perdue, ed. Je Sers, Paris, 1936, p.30-31.
  5. André Parrot, Mari, une ville perdue, ed. Je Sers, Paris, 1936, p.39-44.
  6. André Parrot, Mari, une ville perdue, ed. Je Sers, Paris, 1936, p.47.
  7. Aymenn Jawad al-Tamimi, "The Factions of Abu Kamal", Middle East Forum, 18 décembre 2013.
  8. « L'Etat islamique perd sa dernière ville en Syrie », RTBF Info,‎ (lire en ligne).
  9. « Syrie : l'EI contre-attaque et reprend près de 50 % de Boukamal », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne).
  10. « Syrie: le régime chasse l'EI de Boukamal, pilonne un fief rebelle », Le Point,‎ (lire en ligne).
  11. Population of Abu Kamal 2004-09-22
  12. USAID, SYRIA - COMPLEX EMERGENCY, 9 février 2018, p. 4

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Parrot, Mari, une ville perdue, ed. Je Sers, Paris, 1936.
  • League of Nations, FRONTIER BETWEEN SYRIA AND IRAQ, 10 septembre 1932 [1]
  • Aymenn Jawad al-Tamimi, "The Factions of Abu Kamal", Middle East Forum, 18 décembre 2013 [2]