Houlagou Khan

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Houlagou Khan
Hulagu 1.jpg
Houlagou avec son arc composite en train de boire, Perse, début XVIe siècle.
Fonction
Khan
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Shahi Island (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Famille
Père
Mère
Fratrie
Kubilai Khan
Hududu (en)
Bochuo (d)
Moge (d)
Suigedu (d)
Ariq Boqa
Yesubuhua (d)
Dumugan (d)
Möngke Khan
Xuebietai (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfants
Autres informations
Religion
Grade militaire
Houlagou Khan et sa femme Doqouz Khatoun, miniature du XIVe siècle tirée de l'Histoire du Monde, de Rashid al-Din.

Houlagou Khan[1] (mongol : ᠬᠤᠯᠠᠭᠤ
ᠬᠠᠨ
, VPMC : Hülegü qancyrillique : Хулагу, MNSKhulagu), qui a comme racine le mot qui signifie « surplus » en mongol médiéval[2]), né vers 1217 à Maragha près de Tabriz[3], mort le , petit-fils de Gengis Khan et frère de Kubilai Khan, est le fondateur de la dynastie mongole des Houlagides ou Il-khanides[4], qui gouverne la Perse et l'Irak jusqu'au XIVe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Houlagou est le fils de Tolui, quatrième fils de Gengis Khan et de son épouse principale Börte, et de Sorgaqtani, une Mongole de religion chrétienne nestorienne.

En 1251, Möngke, son frère, devient le quatrième grand khan de l'Empire mongol, il décide lors du Qurultay de confier à Houlagou le titre de vice-royauté de l'Iran[5]. En 1260, Kubilai succède à Möngke

La conquête de l'Irak et de la Syrie (1255-1260)[modifier | modifier le code]

En 1255, Houlagou est chargé par Möngke d'établir « les coutumes (rusum va yusum) et la loi (yasa) » des Mongols de l'Oxus à l'Égypte[6], ce qui implique notamment : l'assujettissement des Lors, un peuple du sud de l'Iran ; la destruction de la secte des Nizârites (dits « Haschichim », « Assassins ») ; la destruction du califat des Abbassides à Bagdad, c'est-à-dire le cœur du monde musulman de cette époque.

Houlagou passe par Almaligh et Samarkand. Il atteint l'Oxus le 2 janvier 1256. Il y est complimenté par les représentants des nouveaux vassaux, Chems ed-Dîn Kert, mélik de Hérât et le Salghouride Aboû Bekr, atâbeg du Fârs, ainsi que les deux Seldjoukides d'Asie Mineure, Kai-Kâwous II et Qilidj Arslân IV. Il a comme premier objectif, fixé par Möngke, d'attaquer les Nizârites (ou Assassins) dans leur fief, à Mâzandérân, Meïmoûndiz et Alamut. Leur grand maître, Rukn ad-Dîn Khurshâh, capitule le 19 novembre 1256. Il l'envoie à Möngke, mais ce prisonnier meurt en chemin. Les défenseurs d'Alamut se rendent le 20 décembre[5].

Houlagou réunit probablement la plus grande armée mongole jamais assemblée[réf. nécessaire]. Il prend facilement le contrôle des Lors, et fait tomber Alamut à la suite d'un siège durant lequel il négocie la survie de la secte (et notamment de l'imam nizarite Rukn al-Din) en échange de la reddition de la forteresse (mais ne peut faire tomber effectivement la secte qui se réfugie à Masyaf jusqu'en 1273).

Houlagou a toujours eu l'intention de conquérir Bagdad[réf. nécessaire], mais il prend prétexte du refus du calife Al-Musta'sim de lui envoyer des troupes pour l'attaquer. Il lui fait alors parvenir ce message :

Campagne d'Houlagou en Syrie.
« Quand je conduirai mon armée contre Bagdad en colère, que vous vous cachiez au paradis ou sur la terre
Je vous ramènerai depuis les sphères tournantes,
Je vous retournerai en l'air comme un lion,
Je ne laisserai personne vivant dans votre royaume,
Je vais brûler votre ville, votre pays et vous aussi.
Si vous voulez vous sauver et votre famille vénérable, écoutez mon conseil avec l'oreille de l'intelligence. Si vous ne le faites pas vous verrez ce que Dieu a voulu. »

La ville est prise lors de la bataille du 10 février 1258. Au milieu des fureurs de la prise d'assaut, le vainqueur ordonne que plusieurs catégories d'habitants soient épargnées, comme les gens instruits et les chrétiens (à la demande de son épouse Doqouz Khatoun), mais au moins 250 000 personnes auraient été massacrées (les sources contemporaines[réf. nécessaire] indiquent 800 000). Houlagou tue le calife en le mettant dans un tapis roulé puis en le frappant à mort, ou en le faisant piétiner par des chevaux. Marco Polo indique qu'il mourut de faim (1258 a été une grande année de famine sur l'ensemble de la planète, en raison d'un été très froid, lié aux particules de souffre présentes dans la stratosphère suite à l'éruption du Samalas en 1257[7]), mais il n'y a aucune preuve de cela ; une légende mongole raconte en effet que Houlagou le fit enfermer dans une tour où se trouvaient ses trésors.

Le califat est détruit, et l'Irak ravagé, la région ne redeviendra plus le centre politique et culturel important qu'elle avait été jusqu'alors.

Les petits États de la région s'empressent alors de rassurer Houlagou à propos de leur fidélité.

En 1259, les Mongols envahissent la Syrie, qui appartient aux Mamelouks d'Égypte ; ils envoient des patrouilles jusqu'à Gaza.

Le tour de l'Égypte semble venu lorsque la mort de Möngke entraîne le retrait de la majeure partie de l'armée, en vue d'une crise de succession entre Kubilai et son frère, Ariq Boqa, appelée guerre civile toluid, qui va se révéler très difficile à régler.

La défaite du gouverneur Ketboğa à Aïn Djalout (3 septembre 1260)[modifier | modifier le code]

Les Mongols ne laissent que des effectifs limités en Syrie sous la direction du gouverneur Ketboğa.

Les Mamelouks concluent alors une trêve avec les croisés et obtiennent le passage sur leur territoire ; ils avancent vers la Syrie et rencontrent les troupes de Ketboğa à Aïn Djalout, en Galilée. Les Mongols sont battus et les Mamelouks reprennent le contrôle de la Syrie. Le Tigre marque désormais la frontière du territoire mongol.

La guerre pour la succession de Möngke[modifier | modifier le code]

Lors de la guerre civile toluid, Houlagou Khan se trouve dans le camp de Kubilai et combat contre Alghu, placé par Ariq Boqa à la tête du khanat de Djaghataï, puis contre Berké, khan de la Horde d'or, après le ralliement d'Alghu à Kubilai.

En 1263, il subit une sévère défaite au cours d'une tentative d'invasion du nord du Caucase[8].

Fin du règne d'Houlagou[modifier | modifier le code]

Il meurt en 1265.

Sa tombe se trouve en Azerbaïdjan, mais on ne connaît pas précisément son emplacement. Shahi (en), la plus grande des îles du lac d'Ourmia est régulièrement citée comme lieu de sépulture.

Son fils Abaqa lui succède, installant la dynastie des Houlagides qui règne sur le territoire connu sous le nom de khanat (ou ilkhanat) de Perse jusqu'en 1340.

Points particuliers[modifier | modifier le code]

Personnalité d'Houlagou[modifier | modifier le code]

Houlagou est un personnage complexe. Passionné de philosophie et de science, recherchant la société des gens de lettres, il se transforme pendant ses campagnes en bête sanguinaire, assoiffée de sang et de destruction[9].

Politique religieuse[modifier | modifier le code]

Très influencé par le christianisme – sa mère, son épouse Doqouz Khatoun (Tokuz-khatoun) et plusieurs de ses collaborateurs appartiennent à l’Église nestorienne – il n’a pas renoncé au tengrisme, le chamanisme de Gengis Khan. En Perse, il se montre tolérant à l’égard des musulmans, mais, emporté par la volonté de détruire toute entité politique capable de s’opposer à lui, il mène contre les métropoles sous souveraineté musulmane une guerre de destruction totale.

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Il épouse Doqouz Khatoun, une chrétienne, qui est son épouse principale. Il a plusieurs fils dont Abaqa, qui lui succède, et Teküder.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On trouve aussi les transcriptions Hulagu et Hülegü.
  2. (en) « Article de l'Encyclopaedia Iranica en ligne donnant l'étymologie » (consulté le 8 mai 2014).
  3. Maragha se trouve à 130 km au sud de Tabriz.
  4. Ilkhanides : en raison de leur fonction officielle de « khan de région » en Perse (il ou uls : « région »).
  5. a et b Grousset 1965, p. 444.
  6. Denise Aigle, 4.
  7. Documentaire « Le mystérieux volcan du Moyen Âge », Arte, 8 novembre 2017
  8. William Bayne Fisher, John Andrew Boyle, Ilya Gershevitch, The Cambridge History of Iran : The Saljug and Mongol Periods, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-06936-6, présentation en ligne).
  9. Amin Maalouf, Les Croisades vues par les Arabes, J'ai lu no 1916, 1983, p. 275.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Grousset, L’Empire des steppes, Attila, Gengis-Khan, Tamerlan, Paris, Éditions Payot, , 4e éd., 620 p. (lire en ligne), autre éditions : Payot Paris, 2001, 656 p., (ISBN 2-228-88130-9), (Première édition : Payot, 1939).
  • Denise Aigle, « Loi mongole vs loi islamique. Entre mythe et réalité », Annales Histoire Sciences sociales, vol. 59, no 5,‎ , p. 971-996 (ISBN 9782713218385, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]