Louis-François Cassas

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Louis-François Cassas
Cassas.jpg

La danse du ventre

Naissance
Décès
Activités

Louis-François Cassas est un dessinateur, peintre, graveur et orientaliste français né le à Azay-le-Ferron (Indre) et mort à Versailles le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Vue du château de Kerjean (dessin de 1777)

Ayant bénéficié d'une formation d'ingénieur des Ponts et chaussées, Cassas fut successivement le protégé d'Aignan-Thomas Desfriches et de Louis-Auguste de Rohan, époux d'Elisabeth-Louise de La Rochefoucauld, devenu en 1791 duc de Rohan-Chabot. Il se forma à l'académie parisienne de ce dernier entre 1775 et 1778, accomplissant en 1776 deux voyages en Hollande et en Bretagne. Parti avec les Rohan-Chabot en Italie en 1778, il y resta jusqu'en 1783. C'est à l'aller qu'il dessina les Alpes entre Genève et le Mont-Cenis. Au cours de ce premier séjour dans la péninsule, il se rendit à trois reprises dans le royaume de Naples puis en Istrie et en Dalmatie (1782), contrées encore peu fréquentées par les artistes et par les voyageurs de son époque. Il participa dans le sud de l'Italie à l'expédition voulue par l'abbé de Saint-Non pour réaliser le Voyage pittoresque ou description des Royaumes de Naples et de Sicile (1781-1786, 4 vol.). Il réalisa des dessins de monuments antiques à Pula (Pola) et au palais de Dioclétien à Split (Spalatro), publiés vingt ans plus tard dans le Voyage pittoresque et historique de l'Istrie et de la Dalmatie rédigé d'après l'Itinéraire de L. F. Cassas par Joseph Lavallée (Paris, 1802, 69 planches) avec quelques vues du port de Trieste et de châteaux médiévaux des environs (Luegg), d'autres de la côte dalmate et enfin quelques-unes de cascades dans l'intérieur des terres (Ruecca, Kerka, Cettina) [1].

C'est un nouveau protecteur, le comte de Choiseul-Gouffier, ambassadeur du roi de France à Constantinople, qui l'emmena avec lui en 1784 en passant par la Grèce. Depuis Constantinople Cassas sillonna le Levant de la fin de 1784 jusqu'en janvier 1786, se rendant en Asie mineure ( Smyrne, Ephèse, Alexandrette), en Syrie (Alep, Palmyre, Baalbek), en Palestine et de là en Égypte (dont Le Caire), but initial de son voyage[2]. Il en rapporta "200 à 250 dessins" et des pièces d'archéologie acquises pour l'ambassadeur, témoignages exceptionnels du Moyen-Orient au XVIIIe siècle. De retour à Rome où il séjourna de la fin de 1786 à avril 1791, Cassas mit au net ses croquis et restaura certaines pièces d'antiques pour le compte de Choiseul-Gouffier.

Rentré à Paris, Cassas participa avec La Porte du Theil, Legrand et Langlès à la publication du Voyage pittoresque de la Syrie, de la Phénicie, de la Palestine et la Basse-Aegypte, dont seuls deux des trois volumes prévus parurent en 1799, l'entreprise ayant été interrompue en 1802 au profit de la Description de l'Egypte.

Sur les monuments qu'il dessinait Cassas rassembla également une collection de maquettes en relief, en terre cuite ou en liège, achetée par Napoléon Ier, aujourd'hui conservée à l'École des beaux-arts de Paris.

Sous la protection du duc de Rohan, Cassas enseigna à l'école  de la Manufacture royale des Gobelins où on le nomma inspecteur des travaux et professeur de dessin en 1816. Il fut l'un des initiateurs au néoclassicisme au début du XIXe siècle. De 1817 à sa mort, il dessina de grandes aquarelles destinées à la vente dont le format - proche ou dépassant parfois le mètre de long - rivalisait avec les tableaux de chevalet.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Voyage pittoresque de la Syrie, de la Phénicie, de la Palestine et de la Basse-Égypte, 2 vol., 330 pl. gravées sur les dessins et sous la direction de Cassas, textes de F.-J.-G. La Porte du Theil, J.-G. Legrand et L. Langlès, 2 vol., Paris, Impr. de la République, 1799
  • Voyage pittoresque et historique de l'Istrie et de la Dalmatie, rédigé d’après l’itinéraire de L.-F. Cassas par J. Lavallée, Paris, Libr. Née, 1802
  • Grandes vues pittoresques des principaux sites et monumens de la Grèce et de la Sicile, et des sept collines de Rome, dessins et gravés par Cassas et Bence, accompagnées d'une explication des monumens par Ch.-P. Landon, Paris, Treuttel et Wurtz, 1813
Le port du Faou en 1776 (dessin)

Philippe Delord a rendu hommage au peintre dans deux volumes : Alexandrie : sur les pas de Louis-François Cassas (Paris, Gallimard, 2001) et Regards croisés sur Chypre : sur les pas de Louis-François Cassas (illustrations de Philippe Delord, textes de Christine Demillier ; Paris, Gallimard-Nouveaux loisirs, 2004).

Plusieurs dessins à thème finistérien (vues de Brest, de Quimper, vues du château de Kerjean) sont conservés au Musée départemental breton de Quimper.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. G. Bertrand, L'Istrie et la Dalmatie, terre de frontière pour l'invention de l'archéologie à l'époque du consulat, dans M. Royo, dir., Du voyage savant aux territoires de l'archéologie, 2011; J. Wilkes, Diocletian's Palace, Split, Sheffield, 1986, p. 81 note 131.
  2. Annie Gilet, « Louis-François Cassas und der Orient », dans Europa und der Orient 800-1900, catalogue d’exposition, Berlin, 1989, p. 279-287 et 412-413.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Voyages en Italie de Louis-François Cassas, 1756-1827, catalogue de l’exposition du musée de Tours, commissariat scientifique Annie Gilet, Cinisello Balsamo (Milan), SilvanaEditoriale, 2015.   
  • Louis-François Cassas, 1756-1827, Dessinateur voyageur-Im Banne der Sphinx. Ein französischer Zeichner reist nach Italien und in den Orient, catalogue franco-allemand rédigé par Annie Gilet et Uwe Westfehling, publié à l'occasion d'une exposition au Wallraf-Richartz-Museum de Cologne du 22 avril 1994 au 19 juin 1994 puis au musée des Beaux-Arts de Tours du 19 novembre 1994 au 30 janvier 1995: , Éditions Philipp von Zabern, Mayence, ISBN 3-8053-1682-8.
  • Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch.Delagrave, 1876, p. 480
  • Annie Gilet, « Louis-François Cassas und der Orient », dans Europa und der Orient 800-1900, catalogue d’exposition, Berlin, 1989, p. 279-287 et 412-413.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :