Écully

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Écully
Parc et château du Vivier
Parc et château du Vivier
Blason de Écully
Blason
Écully
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Métropole Métropole de Lyon
Arrondissement Lyon
Maire
Mandat
Yves-Marie Uhlrich
2014-2020
Code postal 69130
Code commune 69081
Démographie
Gentilé Écullois[1]
Population
municipale
17 742 hab. (2012)
Densité 2 100 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 46′ 31″ N 4° 46′ 42″ E / 45.775277, 4.77833345° 46′ 31″ Nord 4° 46′ 42″ Est / 45.775277, 4.778333  
Altitude Min. 180 m – Max. 305 m
Superficie 8,45 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.ville-ecully.fr

Écully est une commune française de la métropole de Lyon, en région Rhône-Alpes.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Écully est située en banlieue ouest de Lyon, dont elle est une commune limitrophe.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Relief[modifier | modifier le code]

L'altitude moyenne de Écully est de 240  mètres, comprise entre 180 mètres et 305 mètres.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le territoire est arrosé par deux principaux cours d'eau[2] :

  • le ruisseau des Gorges : celui-ci, après avoir parcouru la commune de Champagne au mont d'or, longe pendant 3 km environ, le territoire de la commune d'Ecully qu'il sépare du 9e arrondissement de Lyon.
  • le ruisseau des Planches, appelé autrefois, la rivière des Arcs. Il prend sa source sur le territoire de Dardilly, sert de limite entre Ecully et Dardilly sur une grande étendue. Ce dernier reçoit lui-même les ruisseaux de Serres, de Trouillat et de Chalin.

Les deux ruisseaux se réunissent en ruisseau d'Ecully qui se jette dans la Saône. Sa dernière partie, située sur le 9e arrondissement de Lyon, a été recouverte et correspond à la rue de La Corderie.

On relève en outre de nombreuses sources ou fontaines.

Climat[modifier | modifier le code]

Il y règne un climat continental, où les températures peuvent être très basses l'hiver (jusqu'à -15°) mais qui en été sont très agréables.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Desserte routière[modifier | modifier le code]

La ville est traversée par la A6, l'autoroute du Soleil, laquelle est accessible par la sortie no 35.

Transports ferroviaires[modifier | modifier le code]

Carte postale ancienne montrant un tramway au terminus de l'église d'Écully. Cette ligne a circulé de 1894 à 1938
Un tramway de la ligne Pont-Mouton - Écully devant l'église du bourg.
Cette ligne, créée par la Société du Tramway d'Écully en 1894, reprise par l'OTL sous l'indice 19 en 1899, a cessé de circuler en 1938.

Écully est traversée par une voie ferrée faisant partie du réseau de l'Ouest lyonnais et possède une gare, Écully - La-Demi-Lune, en référence aux deux communes de Tassin-la-Demi-Lune et d'Écully. Cette gare a été ouverte en 1886 et le réseau électrifié en 1954. Elle a été rénovée en 2009 dans le cadre d'un projet de modernisation du réseau de l'Ouest lyonnais et de l'arrivée du Tram-train de l'Ouest lyonnais.

Transports en commun[modifier | modifier le code]

La commune est desservie par les Transports en commun lyonnais. Les lignes qui desservent la commune sont :

  • Ligne 3 : Gorge de Loup – Écully - Dardilly Le Jubin - Limonest le Puy d'or ;
  • Ligne 4 : Gare de Vaise - Campus Lyon Ouest ;
  • Ligne 5 : Pont Mouton - Tassin - Charbonnières les Verrières ;
  • Ligne C6 : Gare Part-Dieu - Le Pérollier ;
  • Ligne C14 : Les Sources - Gare de Vaise - Terreaux - Jean Macé ;
  • Ligne 19 : Hôtel de Ville - Gorge de Loup - Écully - Le Pérollier ;
  • Ligne 55 : Perrache - Campus Lyon Ouest ;
  • Ligne 89 : Gare de Vaise - Le Pérollier - Porte de Lyon ;
  • S15 : Écully Le Trouillat - Les Sources ;
  • PLEINE LUNE 3 : Hôtel de Ville - Écully Grandes Écoles (tous les jeudis, vendredis et samedis soir à 1 h, 2 h, 3 h et 4 h du matin).

Toponymie[modifier | modifier le code]

La localité d'Écully était primitivement couverte d'une forêt de chênes. Aesculus, « chêne » en latin, donne Esculiacus qui connaîtra plusieurs transformations : Excolliacus, Escullieu, Escully, Ecuilly[3].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Écully

Le blasonnement d'Écully est : Parti : au premier d'argent au chêne de sinople posé sur un mont du même, au second de gueules
au griffon d'or
.
Le timbre de la ville est : Une couronne murale à trois créneaux d'argent.
Enfin, la devise est « Semper Virescens », soit en français « Toujours Verdoyant ».

Ces armes sont parlantes, puisque le nom d'Écully provient du latin Aesculus, mot désignant le chêne[4].

blason

Histoire[modifier | modifier le code]

Traces de présence humaine pré-historique[modifier | modifier le code]

Le territoire où s'implantera Ecully, à l'origine couvert d'une immense forêt, est à l'époque préhistorique un lieu, sinon d'habitation prolongée, du moins de passage d’êtres humains. En effet, lors du creusement d'une tranchée en 1860 pour l'ouverture du chemin des Tilleuls, un silo, rempli de cendres et d'ossements calcinés de corps humains a été découvert ainsi que, non loin, plusieurs haches en pierre polie, des débris de poterie et une pierre creusée en forme de bassin ou de mortier[5].Des silex taillés ont été trouvés dans le bois de Serres.

Les grands travaux de la période romaine[modifier | modifier le code]

Le développement de la colonie romaine de Lugdunum, devenue la capitale des Gaules, exige la construction de grandes voies rayonnant dans les différentes parties de la Gaule. Construites par Agrippa, deux d'entre elles traversent Ecully, celle qui rejoint Roanne et celle qui, passant par Vaise, se dirige vers Mâcon et au-delà[6].

Pont-siphon des Planches.

La colonie romaine a également besoin d'approvisionnement massif en eau. Les aqueducs qui l'amènent du Mont d'Or et de la Brevenne, traversaient Ecully. Le premier qui partait de la source des Gambins aboutissait au hameau de la Sauvegarde, au lieu-dit Tartre et de là un tuyau menait l'eau plus loin. L'aqueduc de Brévenne arrivait sur le territoire d'Ecully au niveau du chemin des grandes terres. Au lieu-dit le Rafour, commençait probablement le siphon qui par un pont, aux deux rangs d'arches superposés et de dimensions considérables (200 m environ de longueur, 8,15 m de largeur, avec une hauteur du tablier au-dessus du ruisseau de 22 m) traversait le vallon de Grange-Blanche et aboutissait au rampant et réservoir de fuite des Massues à Tassin-la-Demi-Lune[7]. Les vestiges de ces aqueducs ont pratiquement disparu, détruits ou écroulés (lors du tremblement de terre de 803 ou de glissements de terrain) mais sur le territoire d'Ecully, les restes de quatre piliers existent toujours dans le fond du vallon traversé par le ruisseau des Planches sur l'ancienne propriété Récamier-Laporte. La présence de tels aqueducs attirait à proximité des villas ou des villages gallo-romains. Il semble qu’au quartier de la Sauvegarde se soit élevé un village ou tout au moins une villa spacieuse avec d’importantes dépendances. Un atelier de fabrication de briques est aussi cité[Note 1].•

La découverte, le long de la montée de Balmont[Note 2], de fosses remplies d'ossements, d'armes et de monnaies de la fin du IIe siècle, a fait émettre l'hypothèse que le champ de bataille où, en 197 ap. J.-C., les armées d'Albin et de Septime-Sévère s'affrontèrent, comprenait une portion du territoire d'Ecully [8].

Une inscription funéraire chrétienne du IVe siècle se trouve dans l'église.

Le poids de l'appartenance à la juridiction du Chapitre de Saint-Jean de Lyon au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le nom de la commune apparait pour la première fois en 980 dans un document d'un cartulaire de l'abbaye de Savigny : un certain Vuido et sa femme Rotildis, vraisemblablement d’origine burgonde, donnent à l'abbaye trois enclos ou curtils de jardins, vignes et vergers, cultivés par des tenanciers, "in fine de Excoliaco villa" c'est-à-dire à la limite du domaine d'Ecully.

Limitrophes de ce domaine, des terres sont citées comme étant la propriété de plusieurs églises de Lyon[9]. Au cours du Moyen Âge en effet, ces seigneurs ecclésiastiques, l'archevêque de Lyon et son chapitre en premier lieu, mais aussi l'abbé d'Ainay, de Savigny, les chanoines de Saint-Just, l'église Saint-Paul, agrandissent, échangent, donnent leurs possessions d'Ecully. A Lyon, la puissance politique et financière du clergé provoque l'opposition des bourgeois de la ville et une situation de guerre civile. Le cloître Saint-Jean est occupé par les bourgeois, celui de Saint-Just est assiégé et le 29 novembre 1269, une centaine de bourgeois lyonnais et de membres des corporations se ruent sur le village d'Ecully et aux cris de "Lion le Melhor" mettent le feu à l’église où s’était réfugiée la population. Cette attaque fera plus de 100 morts. D'autres villages dont les habitants, comme ceux d'Ecully, étaient sujets du Chapitre de Lyon, furent pareillement attaqués. Après cette tragédie, l'église incendiée qui, selon la tradition, se trouvait à l'angle sud des chemins d'Ecully à la Demi-Lune (aujourd'hui rue Terver) et du Randin, et le village primitif développé autour sont déplacés. La nouvelle église se dresse sur un tertre, au treyve de Marlieu ( peut-être place Charles de Gaulle), à 300 mètres au nord des ruines de la chapelle incendiée[Note 3].

L'autorité du Chapitre de Lyon sur la juridiction d'Ecully s'exerce enfin par son administration de la maladrerie ou léproserie située sur son territoire de Balmont à la limite de Vaise.

Les relations d'Ecully et de Lyon semblent rester difficiles : au XIIIe siècle, Ecully (alors Esculeu) figure parmi les paroisses qui n'ont pas payé leur cotisation due à une œuvre d'utilité publique, la construction d'un pont sur le Rhône. Aussi on ne s'étonne pas qu'au moment où le Lyonnais est rattaché à la couronne de France, Ecully soit au nombre des villages ayant donné leur adhésion à cette annexion[10]. Durant la guerre de Cent Ans et même après, les obligations infligées par le Consulat lyonnais, le Chapitre de Lyon ou le représentant du Roi aux villages voisins de participer à la défense de la ville sont refusées par les habitants d'Ecully.

La prospérité et les mutations à l'époque de la Renaissance[modifier | modifier le code]

Écully, manoir de la Greysoliere
Écully, maison d'Anthouard

Ecully profite du développement économique de Lyon. De riches marchands, des échevins, des notables y achètent les terres et y font construire de belles demeures, attirés en particulier par un régime fiscal favorable, obtenu dès 1485 et confirmé par Henri IV en 1594: l'exemption de la taille. Certaines subsistent encore.

Le Castel du Prince ou de la Greysolière est l’une des plus belles demeures anciennes d’Écully. Située chemin de Grandvaux, elle date de la fin du XVe siècle-début du XVIe siècle. Des remaniements ont eu lieu au début du XVIIe siècle (portes) et au XVIIIe siècle. L'édifice est de plan trapézoïdal aux façades sud et est ornées de croisées et demi-croisées à meneaux du 16e siècle. Les pièces intérieures ont conservé leur décor et disposition d'origine. La frise à personnages de la chambre sud-ouest et la cheminée à volets intérieurs d'une pièce du premier étage sont du XVIe siècle. La propriété, bien restaurée, possède encore un nymphée et, d'après un plan du XVIIe siècle, il y avait en outre une chapelle, un puits, un lavoir qui ont disparu. Dépendant du castel de la Greysolière, le colombier de Jos (chemin du Plat), de forme ronde et surmonté d'une lanterne, est daté de 1575. Cette demeure a appartenu à plusieurs échevins de Lyon sous l'Ancien Régime (Ferrus, Masso de la Ferrière, Barrety…). Autre demeure remarquable, la propriété connue sous le nom de propriété Buirin (propriétaire au XVIIe siècle) ou d'Anthouard (général du 1er Empire qui en hérite au XIXe siècle), au lieu-dit des Ganteries (route de Champagne). De construction plus tardive, une partie de la maison d'habitation remonte au règne d'Henri IV, et le reste à celui de Louis XIII, elle est inscrite partiellement aux Monuments historiques. Elle a subi de nombreuses modifications. D'autres exemples existent : le château de Fontville qui devient au XVIIIe siècle la propriété des Pères Lazaristes de Lyon, la villa des Lions, la maison forte du Randin.

La population d’Écully n’est plus exclusivement rurale. La localité est devenue l’un des séjours privilégiés des riches Lyonnais. À proximité de la route de Paris par le Bourbonnais, Écully devient un lieu de passage fréquenté par les commerçants, les marchands de soie, de draperies, de vaisselle d’étain et d’argent, d'épices qui se rendent aux grandes foires de Lyon qui duraient quinze jours, quatre fois par an, aux Rois, à Pâques, le 4 août et le 3 novembre. Les corps d'armée allant guerroyer en Italie traversent aussi le territoire. Des personnages célèbres s'y arrêtent : en 1584 par exemple, le roi Henry III passe une nuit au chevet de l'un de ses favoris, le duc d’Épernon, gouverneur de Guyenne, blessé à la suite d’une chute de cheval et hébergé au domaine de Guillaume de Fontville, seigneur des "Planches-lez-Écully".

Du XVIIe et XVIIIe siècles à la Révolution[modifier | modifier le code]

Écully est soumis à trois niveaux de pouvoir. L'autorité royale s'y exerce par un subdélégué de l'intendant du Lyonnais mais son action semble se faire peu sentir. Les archives de cette intendance signalent les réparations faites à l'église en 1786, la construction d'un tronçon de la route de Paris en Provence par le Bourbonnais au lieu de Grange-Blanche et sur la nécessité de faire des travaux sur la de Paris par la Bourgogne au niveau de la montée de Balmont[11].

L'autorité seigneuriale est partagée, il y a une douzaine de fiefs pour l'ensemble de la paroisse parmi lesquels domine celui des chanoines comtes de Saint-Jean. Seigneurs d'Écully au moins depuis le XIIIe siècle, ils y exercent leurs droits seigneuriaux jusqu'au 4 août 1789. Retenus le plus souvent à Lyon par leurs fonctions, en particulier par les offices de la Primatiale, ils confient l'exercice de ces droits à un officier, le "châtelain" chargé de l'administration et de la justice (pour les causes qui n'excédaient pas 60 livres). Écully leur fournit des revenus par les abbénévis ou contrats de louage des terres, eaux et prés et par les droits perçus sur les ventes immobilières, les lods. Les sommes sont importantes puisque le chapitre a un receveur spécialement chargé de l'administration de sa rente noble d'Ecully. Le chapitre exerce aussi sur Écully le droit de haute-justice, le partageant un temps avec le chapitre de Saint-Just. La circonscription judiciaire d'Écully est étendue, elle comprend également une partie de Vaise, Pierre-Scize, l'Observance, le Greillon, les Deux-Amants, Champvert, Gorge-de-loup, Grange-Blanche et Montribloud[12]. Le chapitre de Saint-Just est "patron d'Écully" ou "seigneur du clocher". À ce titre il nomme le curé. C'est lui d'autre part qui perçoit les dîmes, sujet de de discorde avec les curés qui au cours de l'Ancien Régime se plaignent toujours de l'insuffisance de la portion que les chanoines leur laissent. Une décision de la sénéchaussée de Lyon en 1704 finit par donner raison aux curés et condamner les chanoines[13]. L'histoire d'Écully est ponctuée par les querelles entre les chanoines de Saint-Jean et ceux de Saint-Just à propos de leurs droits réciproques.

En dessous de cette administration seigneuriale, une administration municipale existe dont les responsables, les consuls, sont élus en présence du châtelain. Les décisions prises sur la gestion de cette municipalité rurale ne font pas l'objet de traces écrites, un seul document est cité, le procès-verbal d'une élection : le 11 novembre 1675, en présence de Guillomon capitaine châtelain d'Écully, sont élus consuls pour l'année 1676 Pierre Pinet et Benoit Luiset auxquels furent attribués deux adjoints[14].

Les familles dont les noms sont évoqués au XVIIIe siècle sont les Prost, seigneurs de Grange-Blanche, les Péricaud propriétaires du domaine de Villeneuve et leurs successeurs les Pingon et Jouffroy d'Abbans dont Claude François Jouffroy d'Abbans (1751-1832) qui demeurait dans cette propriété[Note 4] lorsqu’il expérimenta, sur la Saône, le 15 juillet 1783 son invention le "Pyroscaphe", premier bateau mû par la vapeur. La paroisse à la veille de la Révolution a comme curé un prêtre zélé, l'abbé Genevrey (1744-1827).

Quand éclate la Révolution, Écully suit l’évolution générale. Une municipalité provisoire est élue. Dès sa première séance le 20 décembre 1789, elle décide de demander à tous les propriétaires de faire une déclaration de leurs biens en vue de la répartition de l'impôt pour 1790. Une milice nationale est créée, le commandement en est confié à Agnese Giro, maître de pension et une cérémonie officielle avec bénédiction du drapeau, messe célébrée sur un autel de la patrie, Te deum chanté dans l'église, a lieu le 24 mai 1790. Les biens ecclésiastiques devenus biens nationaux sont mis en vente. Comme dans beaucoup de municipalités, le curé d'Écully refuse en mars 1791 de prêter serment de fidélité. Obligé de vivre dans la clandestinité, l'abbé Genevrey finit par se réfugier avec d'autres prêtres réfractaires dans une famille de Saint-Étienne[Note 5]. À Ecully, la question religieuse est une des préoccupations du conseil municipal : le prêtre constitutionnel qui succède au Père Genevrey est mal accepté, les messes et offices qu'il préside sont parfois l'occasion de troubles. Le culte proscrit continue à garder ses fidèles, des cérémonies religieuses se déroulent par exemple sur le domaine de Fontville sous la direction des pères Lazaristes. Le conseil doit protéger le culte officiel. Parmi les personnes inquiétées, outre le curé Genevrey, on relève principalement la famille de Jouffroy et l'instituteur, J.-F. Pernet, accusé "d’inconstitutionnalité", n'a plus l'autorisation d'enseigner. Jusqu'en 1792, les problèmes à régler par la nouvelle municipalité restent mineurs. Elle s'attache surtout à organiser la Garde nationale et à mettre en place le collecteur d'impôts[15]. L'année 1792 est marquée à Ecully par la crainte d'émeutes en raison de la disette, par la confection du cadastre foncier que l'on confie à Roche (Péricaud l'acquéreur du domaine de Mme de Jouffroy est le premier déclarant). Quand la patrie est déclarée en danger accompagnée de la levée en masse, Ecully fournit 11 hommes. Le siège de Lyon en 1793 n'épargne pas la commune: des escarmouches entre les assiégeants et assiégés ont lieu dès le mois d'août sur son territoire ; dans la nuit du 16 au 17 septembre, des soldats de l'armée conventionnelle occupent Ecully et y cantonnent ; en octobre une ambulance y est établie pour soigner les blessés des attaquants[16]. La période dite de la Terreur, depuis fin de l'année 1793 jusqu'à la chute de Robespierre en juillet 1794, est marquée par des mesures prises sous la pression des autorités de Lyon, "La Commune-Affranchie" ou de la Société populaire des sans-culottes d'Ecully : réquisitions diverses, en particulier de blé pour les 1200 personnes d'Ecully "réduites à l'horreur de la famine", vente des objets de culte et appel aux particuliers pour des dons d'objets en métal précieux afin de combler le déficit du budget communal, organisation d'une Fête de la Raison, etc[17]. Dans l'ensemble, la population et les officiers municipaux ne font pas preuve de convictions très révolutionnaires et le retour au calme se rétablit vite après l'exécution de Robespierre.

Au XIXe siècle, une riche commune résidentielle[modifier | modifier le code]

Écully retrouve dès le Consulat et le Premier Empire sa vie paisible. Le maire, nommé en juillet 1800, est l’un des notables, Bernard Deschamps et son adjoint est Claude Luizet. Peu après, la garde nationale est réorganisée, un notaire résident est nommé, c'est propriétaire à Écully, Honoré Guitard. Déjà un établissement d’éducation de Lyon, dirigé par un certain Condamine, choisit Écully avec « la beauté de ses promenades » et « son air pur » pour installer son pensionnat dans la maison Frezet[18]. La signature du Concordat en juillet 1801 permet le rétablissement officiel du culte catholique. Le curé placé à la tête de la paroisse est l’abbé Balley qui s’y était réfugié pendant la Révolution. Jusque-là, le culte se faisait encore clandestinement : le jeune Jean-Baptiste Vianney, le futur « curé d’Ars », natif de Dardilly mais venu habiter chez ses grands-parents au hameau du Point-du-jour, avait fait sa première communion dans la maison de Mme de Jouffroy, probablement en 1799, dans le hangar converti en chapelle[19]. C’est en avril 1802 que la délimitation de la commune avec celle de Dardilly est établie. En 1805, Claude Antoine Roux succède à Bernard Deschamps comme maire d’Écully. Ancien chanoine de Saint-Nizier, prédicateur et mathématicien, membre puis secrétaire de l’Académie de Lyon, il garde son mandat de maire jusqu’en 1810. Lors de la chute de l’Empire, le territoire d’Écully sert de théâtre à l’un des derniers combats des soldats de Napoléon. Le maréchal Augereau tente de défendre Lyon contre les Autrichiens et établit ses troupes en avant de la ville à Limonest. Le front de séparation des deux armées suit la ligne passant par Charbonnières, Limonest, Dardilly, le ravin des Planches, Écully, la Demi-Lune, Grange Blanche, la Duchère, Balmont et Roche-Cardon. Le 20 mars 1814, les habitants d’Écully assistent à l’entrée des Autrichiens qui, ayant bousculé les troupes d’Augereau, s’avancent vers Lyon. Sur le sol d’Écully, des sépultures de soldats autrichiens et un boulet, retrouvés postérieurement, attestent de combats avant l’entrée dans Lyon et la signature de sa capitulation[20]. Le scénario se reproduit presque à l’identique en 1815 : après la bataille de Waterloo, les alliés arrivent aux portes de Lyon que défend le maréchal Suchet dont le quartier général est installé à Grange Blanche.

La période de la Restauration est une période paisible. Sous le mandat d’Antoine Lacène, maire entre 1822 et 1828, les chemins sont réparés et élargis, les opérations du cadastre terminées et la reconstruction de l’église votée[Note 6]. Lui-même, membre de la Société d’agriculture et de la Société linnéenne de Lyon, s’adonne à la culture des fleurs, à la taille des arbres fruitiers, notamment des pêchers. À son initiative, une exposition florale est organisée chaque année à Lyon[21]. Le curé, Balley, a, quant à lui, la joie de pouvoir avoir comme vicaire, l’abbé Vianney, son ancien élève au lendemain de l’ordination en 1815 de ce dernier. Balley meurt en 1817, son vicaire refuse de prendre « un poste si important » mais accepte peu après celui de curé d’Ars.

À Écully, le successeur de l’abbé Balley est l’abbé Laurent-André Tripier, originaire de Neuville sur Saône. Curé et maire, ensemble, s’inquiètent de plus en plus des lézardes de l’église qui a deux cents ans et qui est devenue trop petite. Tous deux demandent dès 1823 à CHIPIEZ, adjoint au maire, d’établir plans et devis pour la restauration de l’édifice. Le projet reste sans suite comme celui présenté en 1827 au Conseil municipal par l’architecte Hotelard. L’abbé Tripier ne peut voir avant sa mort en 1831 la réalisation de ce qu’il désirait mais son successeur, l’abbé Jean Pierre Brondelle (1797-1878), le reprend sous le mandat d’un nouveau maire Royé-Vial. Finalement une nouvelle église est plus avantageuse que la restauration et l’agrandissement de l’ancienne. La décision est prise et les travaux exécutés par un maçon de Saint-Didier, Solignat. En cours d’exécution la silhouette du clocher est modifiée, pour s’inspirer de celui de la Basilique Saint-Martin d'Ainay; il sera équipé en 1864 de huit cloches. Courant 1844 le culte est installé dans l’église nouvelle qui sera consacrée en octobre 1846 par le cardinal de Bonald[22].

L'École d'Agriculture d'Ecully au début du XXe siècle

Écully connaît une destinée prospère. Les moyens de communication avec Lyon se sont améliorés puisqu’une ligne d’omnibus est mise en service dès 1829 joignant la place Neuve-des-Carmes à la place de la Pyramide à Vaise. Les notables lyonnais, riches soyeux ou négociants choisissent de plus en plus son territoire comme lieu de villégiature à la belle saison : ils y construisent des demeures cossues, entourées de parcs magnifiquement plantés d’arbres aux essences rares et variées. On y vit agréablement, on y reçoit beaucoup. Madame Lacène, la femme du maire accueille ainsi dans sa propriété Madame Récamier, Madame de Staël et le Duc de Montmorency ! Signe de cette attractivité d’Écully : en 1847, on y transfère la Pépinière départementale qui occupait jusque-là le Clos des Cordeliers de l’Observance. En 1851, elle devient École théorique et pratique d’horticulture et se transforme en 1880 en École pratique d’agriculture.

Écully sous le second Empire conforte sa position de commune paisible, malgré le fait divers d’avril 1854 appelé accident du Pont d’Écully qui a un retentissement national : l’éboulement dont sont victimes deux ouvriers puisatiers lors de leurs travaux dans l’une des propriétés d’agrément. Engloutis à 8 mètres sous terre mais restés en vie, ils sont l’objet d’une longue et périlleuse opération de sauvetage qui émeut toute l’opinion publique et même l’impératrice. L’un d’eux, Jalla, succombe cependant après huit jours de souffrances ; le second Giraud est sorti du puits vingt jours après sa chute mais meurt quelques semaines plus tard des suites de l’amputation qu’il avait dû subir[23]. Écully a sa part d’épreuves au moment de la guerre de 1870. Vingt-cinq hommes sont incorporés dans le bataillon du 16e régiment de marche campé à Sathonay et commandé par Duringe, habitant lui aussi d’Écully. Ce bataillon se distinguera pendant le siège de Belfort. La guerre coûte à la commune cinq de ses fils[24].

Terminus du tramway sur la place de l'église d'Écully

La fin du XIXe siècle est marquée par de nouvelles améliorations des moyens de transport : les vieux omnibus sont remplacés par le chemin de fer et le tramway : en 1876 la Compagnie de Lyon à Montbrison crée la station d’Ecully-la-Demi-Lune ; en 1879, la route conduisant du Pont d’Écully au village est ouverte, deux arches permettent le franchissement du ravin du ruisseau de Chalin ; une ligne de tramways à chevaux Bellecour-Pont-d’Écully est mise en place en 1880 empruntant la route nationale de Paris par le Bourbonnais ; en 1894 la ligne du Pont-Mouton à Écully passe à la traction électrique[Note 7]. Plus rapidement que la plupart des autres communes de la région lyonnaise, Écully a ses chemins éclairés au gaz, un réseau de distribution d’eau et un réservoir[25].

Depuis le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le Grand Lyon disparait le 1er janvier 2015, et laisse place à la collectivité territoriale de la Métropole de Lyon. La commune quitte ainsi le département du Rhône[26].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs depuis 1937
Période Identité Étiquette Qualité
2001 en cours Yves-Marie Uhlrich NC  
1995 2001 Pierre Bertin-Hugault DLC  
1971 1995 Jean Rigaud UDF  
1937 1971 Guy de Collongue    

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Budget et fiscalité[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Au dernier recensement de janvier 2014, la population municipale était de 18 244 habitants http://www.ville-ecully.fr/Bienvenue-a-Ecully,5.html. Le revenu médian par ménage est de 3 380 € et le revenu moyen est de 4 702 € nets, ce qui en fait une des villes les plus huppées de l'agglomération lyonnaise.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 17 742 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 9],[Note 10].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 197 958 1 403 1 375 1 618 1 639 1 823 1 868 2 249
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 449 2 760 2 977 2 850 3 387 2 981 3 336 2 935 2 964
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 982 2 998 3 113 3 612 3 703 4 064 4 033 4 719 5 283
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2012
7 254 10 133 17 944 17 865 18 360 18 011 18 249 17 854 17 742
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[27] puis Insee à partir de 2004[28].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Écully est située dans l'académie de Lyon. Elle accueille l'École centrale de Lyon (7e école d'ingénieur de France[réf. nécessaire]), l'École de management de Lyon Business School (4e école de commerce de France[réf. nécessaire]), l'Institut textile et chimique de Lyon (école d'ingénieur), l'Institut Paul-Bocuse (École de management de l'hôtellerie, la restauration & des arts culinaires) ainsi qu'ISOstéo (Institut Supérieur d'Ostéopathie de Lyon).

Liste des écoles maternelles et primaires[modifier | modifier le code]

La commune administre des écoles publiques (du Centre, des Cerisiers, de Charrière-Blanche, de Grandvaux et du Pérollier) et accueille deux écoles privées (Sainte-Blandine et Saint-Dominique-Savio) et un établissement d'éducation spécialisée, le centre Henry Gormand.

La commune accueille également un collège public, Laurent Mourguet et un privé, le collège du Sacré-Cœur, et un lycée d'enseignement professionnel, François Cevert.

Principaux établissements de l'enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Depuis 2004, Écully accueille une fois par an le Festival de la Bande Dessinée qui souhaite présenter la richesse de l'échange privilégié entre le public et l'auteur autour de la dédicace.

Police[modifier | modifier le code]

La commune d'Écully se situe en « zone gendarmerie » et possède sa brigade. Cette situation doit changer le 1er janvier 2011 dans le cadre du projet de police d'agglomération. À cette date la commune dépendra de la police nationale et sera rattachée à la subdivision des 5e et 9e arrondissements qui recevra un renfort d'effectifs dans ce but. Mais elle possédera son commissariat pour les dépôts de plainte. Le Fichier national automatisé des empreintes génétiques qui dépend de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) se trouve également à Écully.

Pompiers[modifier | modifier le code]

La ville d'Écully dispose d'une caserne de Sapeurs-Pompiers depuis 1861. Cette caserne dispose de 18 pompiers opérationnels (en 2014) et est composée uniquement de pompiers volontaires.

Santé[modifier | modifier le code]

Écully possède quatre cliniques : celle du Val d'Ouest, de La Sauvegarde, Mon repos et Saint-Louis. Il y a de plus une maison médicale de garde.

Sports[modifier | modifier le code]

La ville possède une piscine municipale, plusieurs gymnases, un boulodrome, une salle polyvalente, un terrain de tennis, de football et de rugby.

Écully possède une salle d'armes équipée de 11 pistes électriques et dans laquelle s'entraîne le club d'Escrime Écully au fleuret et à l'épée. Le club écullois fait partie des clubs français les plus importants avec 9 titres de champions de France, un titre de champion du Monde cadets à Mexico ainsi que la reconnaissance de la fédération française d'escrime en tant que Meilleur Club de France en 2009.

Cadre de vie[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

Catholique[modifier | modifier le code]

Écully compte une église dans son centre-ville, l'église Saint Blaise, ainsi que la chapelle Saint Jean-Marie Vianney au Pérollier et la chapelle Mère Thérésa rue Luizet[29]. La communauté assomptionniste dispose de locaux à Valpré[30].

Protestant[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Une partie de la communauté juive de Lyon est implantée sur la commune. Une synagogue et une épicerie cacher permettent à cette communauté vivre son culte dans la ville.

Mormon[modifier | modifier le code]

Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours : un lieu de culte (et centre du Pieu de Lyon), 10 avenue de Verdun

Environnement[modifier | modifier le code]

Écully est une ville fleurie avec quatre fleurs au Concours des villes et villages fleuris.

Espace naturel[modifier | modifier le code]

La commune d’Écully possède un patrimoine naturel composé de 846 hectares dont 140 hectares d’espaces boisés classés.

Espaces verts[modifier | modifier le code]

Écully possède quatre parcs (des Chênes, de la Condamine, du Vivier et de la Maison de la Rencontre) et deux étangs (de Malrochet et des Callettes).

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

Emploi[modifier | modifier le code]

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

La commune abrite le parc du Vivier, où l'on trouve l'école culinaire Institut Paul-Bocuse. Elle abrite aussi l'École centrale de Lyon, l'École de management de Lyon Business School et la sous-direction de la Police scientifique, qui elle-même héberge le fichier national automatisé des empreintes génétiques. La ville abrite le siège des chaînes de télévision Euronews et France 3 Sat ainsi que les sièges sociaux de l'entreprise Feu Vert et du groupe SEB.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monument Adresse Coordonnées Notice Protection Date Illustration
Aqueduc de la Brévenne 45° 45′ 39″ Nord 4° 47′ 08″ Est / 45.760824, 4.785683 (Aqueduc de la Brévenne) « PA00117757 » Classé 1945
Aqueduc de la Brévenne
Édicule Renaissance d'Écully 45° 46′ 12″ Nord 4° 46′ 51″ Est / 45.769914, 4.78078 (Édicule Renaissance d'Écully) « PA00117758 » Classé 1945
Édicule Renaissance d'Écully
Maison d'Anthouard 2 route de Champagne 45° 46′ 49″ Nord 4° 46′ 45″ Est / 45.780183, 4.779042 (Maison d'Anthouard) « PA00117759 » Inscrit 1975
Maison d'Anthouard
Manoir de la Greysolière Chemin de Grandvaux 45° 46′ 25″ Nord 4° 46′ 17″ Est / 45.7736223, 4.7713834 (Manoir de la Greysolière) « PA00117760 » Inscrit 1992
Manoir de la Greysolière

L'édicule ou fontaine Renaissance, située dans l'ancienne propriété Laporte-Récamier, n'est pas à l'origine un monument d'Écully. C'est l'entrée et la vasque (cette dernière est en pierre noire de Saint-Cyr) de la célèbre grotte de La Claire à Vaise. Elles en furent enlevées, au moment de la disparition vers 1860 de cette villa, par les membres de la famille Laporte qui en étaient propriétaires. La réédification sous la forme actuelle a été faite en 1880 pour orner le parc de la nouvelle demeure qu'ils faisaient alors construire à Écully.

Autres demeures et curiosités[modifier | modifier le code]

"Écully et ses châteaux"[modifier | modifier le code]

Déjà appréciée par les aristocrates et les notables lyonnais sous l'Ancien Régime, la commune devient au XIXe siècle le fief des grands noms de la bourgeoisie, principalement de la soierie Lyonnaise, qui désirent y avoir leurs châteaux. Certains rachètent d'anciennes demeures qu'ils rénovent, d'autres font édifier de nouvelles maisons. Cependant, depuis la 2e moitié XXe siècle, beaucoup sont détruites et ont laissé la place à de grands immeubles. Il en subsistent cependant mais bien souvent au milieu d'un parc très diminué.

Parmi les anciennes demeures restaurées, outre le Manoir de la Greysolière qui appartient au XIXe siècle à la famille Belmont, soyeux, on peut citer Le Malrochet, ancien "château d'Ecully" ou "Château Barety", dont la terre est historiquement liée à la Greysolière. La propriété est vendue au XIXe siècle à la famille Tresca, négociants en soierie, puis, dans les années 1900, à Léonce Baboin, soyeux et président des courses hippiques. Le château fut alors agrandi par l'architecte Charles Roux-Meulien. Il y a aussi le Château Randin, de style Louis XIII, construit pour la famille Guérineau, puis acquis par la famille Gourd, soyeux et celui de Chantepie, château XVIIIe restauré par la famille Devienne, agents de change puis acheté par le soyeux Adolphe Ribet et baptisé alors Chantepie.

ECULLY, Le Treuil

Il faut aussi citer, Le Treuil : ce petit et ancien manoir, probablement construit par Pierre Chapuis, président au Parlement des Dombes, devenu en 1640 la propriété de Jean-Baptiste Junnot, marchand d'or, sous le nom de La Véronique, puis à partir du début du XVIIIe siècle, celle d'Antoine Dutreuil, échevin et de sa fille Fleurie avec de nouveaux noms, "Les Arcs" puis "Le Treuil", est acheté en 1805 par Antoine Laporte, négociant en toilerie de Lyon. Ses enfants le gardent avant de construire, sur le domaine, une nouvelle maison d'habitation, la propriété "Laporte-Récamier". La vieille maison du Treuil perdra de son caractère par une rénovation qui lui enlève tous ses meneaux et restera jusqu'en 1958 la maison des fermiers du domaine, les Balmont.

Les nouvelles propriétés résidentielles sont nombreuses:

  • Le Vivier, de style néogothique, édifié en 1880 pour Cyrille Cottin (1838-1905), soyeux, petit-fils de Claude-Joseph Bonnet, et gendre de Payen. Sur un site où Cottin occupait un châlet prêté par son beau père, il commande à l'architecte Cahuzac, élève de Viollet-Le-Duc, dans le goût des châteaux de la Loire, "un petit Azay-le-Rideau". L'ensemble est imposant, 35 pièces autour d'un donjon de plus de 30 mètres de hauteur, avec un superbe parc, aménagé par le paysagiste Luizet[31]. Il abrite aujourd'hui l'Institut Paul-Bocuse.
  • Charrière Blanche, construit pour les Bellon, soyeux et cofondateurs du Crédit Lyonnais, par l'architecte Frederic Benoit et restauré dans les années 1900 par l'architecte Roux-Meulien.
  • Les Marronniers, pour la famille d'Edouard Aynard, Président de la Chambre de commerce de Lyon, régent de la banque de France, banquier, conseiller municipal et député du Rhône, marié avec une Montgolfier. La propriété et ses 7 hectares sont ensuite vendus en 1888 à Jean-Henry Jaubert, soyeux, cofondateur du crédit lyonnais. La façade est superbement restaurée dans les années 1900, dans un style Louis XVI, par l'architecte Charles Roux-Meulien pour Madame Jaubert née Floret. La propriété appartient ensuite à leur fille, Thérèse Jaubert, mariée au soyeux et collectionneur Emile Baboin, fondateur du Musée des Arts décoratifs de Lyon.
  • La Dombarière, immense villa florentine construite en 1892 pour la grande famille Gindre, soyeux, par l'architecte Paul Pascalon. Un magnifique parc de 8 hectares est aménagé autour. La famille de Claude Gindre qui avait épousé Zoé Payen s'allia avec la majorité des grands noms lyonnais de l'époque: Finaz, Colcombet, Cottin, Morel-Journel, Tresca, Giraud de Villechaize… ce qui en fait l'une des familles les plus représentatives de la bourgeoisie lyonnaise.
  • Château Payen, situé sur les terres de la Greysolière, construit sous le Second Empire par l'architecte Frédéric Benoit pour les Payen, négociants en soierie. Louis Payen avait épousé Delphine Belmont.
Écully, La propriété des Laporte-Récamier construite en 1861
  • Les Bruyères, l'une des plus élégantes propriétés d'Ecully, acquise par Sulpice Puy, soyeux sous l'Empire ; le château est reconstruit en 1877 par l'architecte Paul Benoit pour Paul Duringe (époux de Claudine Puy) dans un style néoclassique florentin. En 1912, la façade est embellie par l'architecte Roux-Meulien. Le baron Guy de Collongue, maire d'Écully de 1937 à 1971, marié avec Colette Duringe (fille d'une demoiselle Blanchet, des papeteries Blanchet dans l'Isère) posséda les Bruyères.
  • Édifiée entre 1858 et 1861 par l'architecte Claude Benoît, la propriété des Laporte-Récamier[Note 11], située sur un mamelon de leur ancien domaine du Treuil. Le jardin à la française de celui-ci est donc comblé et des vignes sont arrachées pour permettre que soit tracée et plantée une grande allée et qu'une pièce d'eau soit creusée. Sur cet espace modifié, sont apportées de La Grande Claire, leur propriété de Vaise, une orangerie[Note 12] et l'entrée de la fameuse grotte avec sa vasque (édicule renaissance)[32].

Architecture sacrée et autres curiosités[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Blaise et la mairie au début du XXe siècle.
  • L'église Saint-Blaise : bien qu'abritant une inscription funéraire chrétienne du IVe siècle sous le porche, un bas-relief de l’an 1500 représentant la crucifixion, et des fonts baptismaux du XVIIe siècle, elle date de 1846 (consécration officielle par Mgr de Bonald). Elle a remplacé l'église située au même endroit, construite en 1623, déjà dédiée à Saint-Blaise et qui avait elle-même pris la suite de celle édifiée après l'incendie de 1269.
  • Des chapelles rurales.
  • La borne de l’an VIII, placée en présence des représentants d’Écully et de Dardilly pour délimiter les deux communes.
  • Les armes des Guerriers, famille consulaire lyonnaise qui pendant 200 ans fut au conseil des échevins de Lyon. Dans la niche près de la porte de leur demeure figurent leurs armes : « Trois têtes de lion arrachées en bande timbrées d’un heaume à cimier et lambrequins » (chemin des Bruyères).
  • Le moulin de la seigneurie de Grange-Blanche du XVIIIe siècle.
  • Le portail aux Lions, entrée de la Maison aux Lions.
  • Le colombier du Randin, qui dépendait du castel de la Greysolière.

Espaces verts/fleurissement[modifier | modifier le code]

En 2014, la commune de Écully bénéficie du label « ville fleurie » avec « 4 fleurs » attribuées par le Conseil national des villes et villages fleuris de France au concours des villes et villages fleuris[33].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le site de la ville d'Ecully cite dans la liste de ses vestiges antiques, les "vestiges gallo-romains au quartier des Sources".
  2. Balmont dépendait au Moyen Âge de la juridiction d'Ecully.
  3. "L'église avait un petit corps de bâtiment rectangulaire ; la nef, unique, était dominée au midi par un clocher carré au toit presque plat, une croix la couronnait. L’exiguïté de cette construction, incapable d’accueillir la population redevenue nombreuse, et surtout sa vétusté la condamneront à disparaître en 1623" (D'après le site actuel de la paroisse d'Ecully).
  4. Le Marquis de Jouffroy d’Abbans, vivait dans son château de Jouffroy-d'Abbans à Abbans-Dessus (25 km au sud-ouest de Besançon en Franche-Comté), avant de se fixer à Ecully où il épouse en mai 1783 Françoise-Magdeleine de Pingon, fille de Claude-Antoine de Pingon et d'Anne-Josèphe de Biétrix. Lui-même émigre pendant la Révolution et le domaine de Villeneuve est vendu par sa femme en 1803.
  5. Au lendemain du Concordat, l'abbé Genevrey est nommé en 1803 curé de Villefranche où il reste jusqu'à sa mort en 1827.
  6. Ce premier vote est néanmoins annulé pendant une longue période.
  7. Elle reste en service jusqu'en 1938).
  8. Joseph Rimaud, notaire à Lyon, maire de 1925 à 1937, était le frère d'Émile Rimaud, militaire français.
  9. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  10. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  11. Ses propriétaires sont les trois enfants de Claude Laporte, fils d'Antoine : Laurent Laporte et ses deux sœurs, Marie épouse d'Étienne Récamier (fils du Dr Récamier) et Céleste qui épousera Théophile Dupré la Tour. La célèbre Mme Récamier était une cousine éloignée du Dr Récamier.
  12. Cette très belle orangerie fut détruite par le grand froid de l'hiver 1870-1871.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Gentilé », sur le site habitants.fr (consulté le 20 janvier 2010)
  2. D'après Vaesen et Vingtrinier, ouvrage cité, p. 362.
  3. J. Vaesen et J. Vingtrinier, Ecully, imprimerie Paquet, Lyon, 1900, p. 9.
  4. Site officiel d'Écully
  5. Vaesen, Vingtrinier, ouvrage cité, p. 11-13.
  6. D'après M.C Guigue, Les Voies Antiques du Lyonnais, du Forez, du Beaujolais, de La Bresse, de La Dombes du Bugey et de partie du Dauphiné - Déterminées Par Les Hôpitaux Du Moyen Âge, Ed. R. George, 1877.
  7. Sur l'aqueduc de Brévenne, voir la documentation [1].
  8. C'est l'hypothèse émise par André Steyert dans sa Nouvelle histoire de Lyon et des provinces de Lyonnais, Forez, Beaujolais, Franc-Lyonnais et Dombes, édit. Bernoux et Cumin, Lyon, 1895, tome I, p. 420.
  9. Vaesen, Vingtrinier, ouvrage cité, p. 27-28.
  10. Vaesen, Vingtrinier, ouvrage cité, p. 43.
  11. Vaisen, Vingtrinier, ouvrage cité, p. 108.
  12. Vaisen, Vingtrinier, ouvrage cité, p. 98-99.
  13. Vaisen, Vingtrinier, ouvrage cité, p. 113-115.
  14. A.D. Rhône, série G, Arm. Festus, carton 32, no 8. Cité par Vaesen et Vingtrinier.
  15. Vaesen et Vingtrinier, ouvrage cité, chapitre VII.
  16. Vaesen et Vingtrinier, ouvrage cité, p. 214-215.
  17. Vaesen et Vingtrinier, ouvrage cité, p. 240-241.
  18. Vaesen et Vingtrinier, ouvrage cité, p. 261-262.
  19. Vaesen et Vingtrinier, ouvrage cité, p. 258.
  20. Vaesen et Vingtrinier, ouvrage cité, p. 274-275.
  21. Vaesen et Vingtrinier, ouvrage cité, p. 282.
  22. Vaesen et Vingtrinier, ouvrage cité, p. 289.
  23. Vaesen et Vingtrinier, ouvrage cité, p. 301-307.
  24. Vaesen et Vingtrinier, ouvrage cité, p. 312-314.
  25. Vaesen et Vingtrinier, ouvrage cité, p. 321-322.
  26. Métropole : clap de fin pour le Grand Lyon, Lyon Capitale
  27. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  28. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011, 2012
  29. http://www.ecully-lyon.catholique.fr/lieux-de-culte-et-de-reunion/
  30. http://www.ville-ecully.fr/Lieux-de-culte.html
  31. D'après Henri Pansu, "Cyrille Cottin et le château du Vivier" dans Journées d'études, Ecully et sa région, Union des Sociétés historiques du Rhône, 1994.
  32. D'après F. Brémard, Les Laporte d'Avrieux, Lyon et Paris du XVIIe siècle à nos jours, 1968, Multigraphie hors commerce.
  33. « Les villes et villages fleuris », sur le site officiel du « Concours des villes et villages fleuris » (consulté le 20 juillet 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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