Edmond Thieffry

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Edmond Thieffry (né à Etterbeek et mort près d'Uvira au "Congo belge" le ) est un aviateur belge de la Première Guerre mondiale et as, avec dix victoires homologuées. Abattu puis détenu, il effectua 6 tentatives d'évasion. Il est aussi connu pour avoir été l'auteur de l'un des premiers survols de Bruxelles occupée en janvier 1917 à bord d'un Nieuport 17, y jetant 4 drapeaux, un au-dessus de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule (centre-ville), un sur le Collège Saint-Michel et les derniers au-dessus de la maison de ses parents et celle de sa fiancée à Etterbeek.

Biographie[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Considéré comme le premier grand as belge en 1917, le premier à atteindre 5 puis 10 victoires homologuées (dont trois lors d'une confrontation seul contre 9 avions ennemis), il fut abattu en janvier 1918 au-dessus des lignes ennemies. Blessé lors du crash, il fut capturé par les Allemands. Détenu en Allemagne il tenta à 6 reprises de s'évader (la dernière fois, il fut repris à quelques kilomètres de la frontière suisse), il termina la guerre en captivité.

Après le conflit, toujours prêt à chambrer ses proches, et à propos du pilote belge ayant détruit le plus grand nombre d'avions, Edmond Thieffry eut cette boutade à l'adresse de son ami Willy Coppens, l'as des as belges vu le nombre de ses victoires (35 ballons Drachen et 2 avions) connu pour être fort susceptible à ce sujet : « tu oublies sans doute tous les avions que j'ai cassés lors de mon écolage ! »

Première liaison aérienne Bruxelles-Léopoldville[modifier | modifier le code]

Revenu à la "vie civile", il exerça sa profession d'avocat auprès du barreau de Bruxelles mais ne s'éloigna jamais du monde de l'aviation.

Ainsi, il fut le premier aviateur à relier la Belgique au Congo en avion en 1925 au cours d'un périple de 51 jours dont 75 heures de vol effectif. Cet exploit a pu être réalisé grâce à l'appui inconditionnel du roi Albert Ier, qui a garanti sur sa cassette personnelle la valeur de l'avion à la Sabena en cas de perte. En effet, la Sabena refusait catégoriquement à l'aviateur de tenter cette folle aventure, persuadée que cette tentative se terminerait tragiquement pour l'appareil. L'initiative de ce projet fou vint de M. Mélis, directeur auprès de la SETNA et ami personnel de notre héros !

Fortement opposée à cette tentative dès le départ, la Sabena coopéra néanmoins à l'exploit en mettant à la disposition de Thieffry un tout jeune pilote, fort doué, Léopold Roger et un mécanicien hors pair, Joseph (dit Jeff) De Bruycker. Une fois l'exploit réussi, la compagnie d'aviation belge fit tout pour exploiter cette ligne à des fins purement commerciales, mais dut attendre le 23 février 1935 pour que la première liaison commerciale soit réalisée (le premier avion, un Fokker F.VII immatriculé OO-AGH, avec comme pilote le commandant Prosper Cocquyt, fut baptisé "Edmond Thieffry" et relia Kinshasa en 5 jours ).

Fort de l'appui royal providentiel et aiguillonné par les aviateurs français qui prévoyaient également de relier Paris à Brazzaville, Edmond Thieffry, entouré de Léopold Roger et de Jeff de Bruycker, survola sur des milliers de kilomètres des régions jamais parcourues encore par des Occidentaux (désert, forêts équatoriales…). Partant le de Haren (aéroport de Bruxelles en ce temps là), l'équipage dut s'adapter aux conditions météo déplorables, à des vents violents contraires soufflant à 150 km/h avec une puissance de moteurs limitée à 1 200 kW, une véritable prouesse à l'époque. Le Handley Page W8 (en), équipé de trois moteurs, pesait 3 500 kg et comprenait un réservoir supplémentaire spécialement conçu de 2 500 litres d'essence en lieu et place des sièges passagers. Après moult péripéties (tempête de sable, perte dans le désert, fissure grave d'une hélice due aux conditions atmosphériques extrêmes…) l'avion atteignit finalement, au bout de 51 jours de voyage[1], Léopoldville, réalisant un exploit digne des plus grandes réalisations aéronautiques mondiales.

Autres tentatives[modifier | modifier le code]

Thieffry fera deux autres tentatives pour atteindre le Congo. La première le sur un ACAZ C.2, avec Joseph Lang et Philippe Quersin, et n'ira pas beaucoup plus loin que Philippeville. Le second, le 26 juin à bord d'un Stampe et Vertongen RSV.22-180, encore une fois avec Philippe Quersin, échouera également, le vol se terminant cette fois dans un marais à Clapier, près de Vauvert.

Décès[modifier | modifier le code]

Hélas, le 11 avril 1929, tentant de relier en avion les plus importantes villes du Congo (RDC) en route pour Uvira pour le compte du prince de Ligne, Edmond Thieffry, le pilote Julien et le mécanicien Gastuche rencontrèrent un ouragan qui propulsant leur avion Aviméta 92 au sol près de la baie de Burton, tua les 2 pilotes.

Laissant une veuve et cinq enfants, Edmond Thieffry fut enterré sur place (lac Tanganyika près de la plaine de Baraka) malgré la demande du roi Albert 1er de rapatrier son corps.

Hommages[modifier | modifier le code]

Une souscription publique fut lancée à l'initiative du roi Albert 1er, une statue fut érigée en 1932 à Etterbeek (derrière le Collège Saint-Michel, avenue Boileau) et son nom fut donné à la rue Aviateur Thieffry.

La revue "Tintin" n°866 du 27 Mai 1965 a publié sur 4 pages (4 à 7) une petite BD sur "Edmond Thieffry, conquérant du ciel" [Scénario et dessins de Fédor].

En 1976, lors de la création du métro bruxellois, la station Thieffry fut nommée d'après la rue.

Décorations[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. F. Thieffry, « Historique de la première liaison aérienne entre la Belgique et sa colonie », L'Aérophile, no 13-14,‎ , p. 200 (lire en ligne)