Combat aérien

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Un MiG-17 de l'Armée populaire vietnamienne touché par le tir d'un Republic F-105 Thunderchief de l’USAF le 3 juin 1967.
Vol de deux F-22 Raptors au-dessus de l'Utah, aux États-Unis, pour leur premier déploiement simulant un combat aérien.

Un combat aérien est un combat se situant dans les airs et n'opposant que des appareils aériens. Plusieurs combats aériens légendaires ont eu lieu au cours de la Première Guerre mondiale et de la Seconde Guerre mondiale.

Historique[modifier | modifier le code]

Même si le maréchal Foch considérait l'aviation comme du « beau sport », l'utilité militaire des aéroplanes fut rapidement démontrée, notamment au cours de la bataille de Tannenberg, à propos de laquelle un général allemand déclara « sans l'aviation, pas de Tannenberg possible ». En effet des renseignements cruciaux y furent recueillis grâce à des appareils d'observation. Les machines utilisées ainsi au début de la guerre n'étaient encore guère voire pas du tout différentes des machines civiles.

Cependant, même si l'observation semblait l'utilité première de l'aviation au début du conflit, le personnel naviguant ne tarda pas à s'armer, le plus souvent de son propre chef : si certains emportaient un fusil à bord, certains disposaient d'une mitrailleuse, comme le sergent Frantz et le caporal Quenault, qui à bord de leur biplan Voisin III sont les auteurs de la toute première victoire aérienne jamais enregistrée, le 5 octobre 1914[1],[2],[3]. Paradoxalement, le lieutenant Von Zangen, au commande d'un Aviatik B.II, qui fut tué durant ce combat ne fut pas la première victime des combats aériens. Ce funeste titre revient au capitaine russe Pyotr Nesterov et à un pilote austro-hongrois qui périt après que le premier a percuté volontairement l'avion du second, le 8 septembre 1914.

Un problème majeur se pose : comme il apparait très vite que les appareils les plus performants pour la chasse aérienne sont ceux dont l'hélice est tractive, c'est-à-dire placé devant le pilote, comment trouver un système permettant le tir vers l'avant, à travers le disque formé par l'hélice en mouvement ? Sur un biplan, il est possible d'installer une mitrailleuse sur le plan supérieur, au-dessus de celle-ci, mais la visée et le maniement de l'arme et des munitions n'est pas des plus pratiques. Sur un monoplan, le problème reste entier.

Roland Garros a l'idée d'utiliser des déflecteurs blindés, montés sur les pales à la hauteur du canon, afin de dévier les balles qui rencontreraient l'hélice. Ce qui lui permet de rencontrer quelques succès, malgré la fiabilité relative de ce dispositif et du gaspillage de balles qu'il induit. Mais il sera contraint d'atterrir en avril 1915 derrière les lignes ennemies, sera fait prisonnier pendant que son invention sera examinée par des ingénieurs allemands dirigés par Anthony Fokker.

Celui-ci, inspiré par les déflecteurs de Garros et probablement par les travaux de l'ingénieur suisse Franz Schneider, développa un système de synchronisation du tir des mitrailleuses : une tige en métal en bloque le mécanisme interne à chaque passage de l'hélice devant l'orifice de l'arme. Chaque balle part ainsi entre deux pales. Ce système va équiper le Fokker E.III.

En août 1915 les premiers exemplaires arrivent sur le front ouest : c'est un appareil aux performances relativement médiocres, mais son armement va le faire surnommer le fléau Fokker (Fokker Scourge en anglais) par les alliés, qui n'ont aucun appareil équivalent à lui opposer, malgré la présence du Vickers F.B.5 (premier avion au monde conçu pour le combat aérien), et ce jusqu'à l'apparition du Airco DH.2 en 1916. Il sera l'appareil des premiers as allemands (pour être un as, il fallait avoir descendu au moins cinq appareils ennemis).

C'est à son bord que Max Immelman inventera la première manœuvre dédiée au combat aérien, qui portera son nom.

Petit à petit, les tactiques se codifient : on parlera alors de dogfight, ou combat tournoyant. Il s'agit de se placer le premier derrière son adversaire. La maniabilité est alors une qualité prépondérante pour un chasseur : les biplans sont finalement préférés aux monoplans, car plus agiles (les triplans le seront encore plus, mais au détriment des performances, et il y aura des essais de quadriplans, comme le Armstrong Whitworth F.K.10)

Oswald Boelcke sera le premier à formuler les règles du combat aérien dans la Dicta Boelcke.

Longtemps réservé à l'entraînement des pilotes militaires (et assez peu employé sur le terrain du fait de l'avancée technologique des avions de chasse modernes), le "dogfight" est désormais une pratique accessible du grand public : avec la présence d'un copilote pour le décollage et l'atterrissage, des pilotes non expérimentés peuvent vivre les sensations d'un combat simulé. Les armements des avions sont généralement remplacés par un équipement infrarouge permettant la détection d'une "touche", et l'arrière des avions utilisés à cette fin de divertissement est équipé de générateurs de fumée servant à simuler les conséquences du tir adverse.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de Jonchery-sur-Vesle
  2. 5 octobre 1914 : Premier combat aérien
  3. On pense déjà au centième anniversaire sur le site du journal l'Union