Ferdinand Ier (empereur du Saint-Empire)

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Ferdinand Ier
Illustration.
L'empereur Ferdinand Ier
Titre
Empereur du Saint-Empire

(8 ans, 6 mois et 9 jours)
Prédécesseur Charles V
Successeur Maximilien II
Roi de Hongrie et de Bohême

(37 ans, 7 mois et 9 jours)
Prédécesseur Louis II
Successeur Maximilien II
Archiduc d'Autriche

(43 ans, 2 mois et 27 jours)
Prédécesseur Charles V
Successeur Maximilien II
Biographie
Dynastie Maison de Habsbourg
Nom de naissance Ferdinand de Habsbourg
Date de naissance
Lieu de naissance Alcalá de Henares (Castille)
Date de décès (à 61 ans)
Lieu de décès Vienne (Archiduché d'Autriche)
Sépulture Cathédrale Saint-Guy de Prague
Père Philippe Ier de Castille
Mère Jeanne Ire de Castille
Conjoint Anne Jagellon
Enfants Élisabeth d'Autriche
Red crown.png Maximilien II du Saint-Empire
Anne d'Autriche
Ferdinand du Tyrol
Marie d'Autriche
Madeleine d'Autriche
Catherine d'Autriche
Éléonore d'Autriche
Anne d'Autriche
Marguerite d'Autriche
Barbara d'Autriche
Charles II d'Autriche
Hélène d'Autriche
Jeanne d'Autriche

Ferdinand Ier (empereur du Saint-Empire)
Empereurs du Saint-Empire

Ferdinand Ier, né le à Alcala de Henares près de Madrid et décédé le à Vienne en Autriche, issu de la maison de Habsbourg, fut empereur romain germanique de 1556 à 1564. En 1521, il devient souverain des territoires héréditaires des Habsbourg en tant qu'archiduc d'Autriche ; en 1526, il est devenu roi de Bohême, de Hongrie et de de Croatie. Élu roi des Romains en 1531, du vivant de son frère aîné Charles Quint, il était le dernier roi germanique a avoir été couronné à Aix-la-Chapelle.

Ferdinand est longtemps resté dans l'ombre de son frère ; néanmoins, le partage successoral de 1521 séparant définitivement les pays d'Autriche et des Pays-Bas des Habsbourg lui conférait déjà une position particulière. L'archiduc a posé les bases de la gestion efficace de ses dominions. Il a acquis les royaumes de Bohême et de Hongrie par héritage, même si la plus grande partie de ce dernier est occupée par des troupes ottomanes. Dans le cadre des affaires du Saint-Empire romain, il a longtemps agi comme représentant de son frère absent ; puis, à l'abdication de Charles Quint le , comme son successeur. Il fut définitivement désigné empereur par l'assemblée des princes à Francfort le  ; la confirmation du pape n'a plus été jugée nécessaire. Ferdinand joue, en outre, un rôle important dans la conclusion de la paix d'Augsbourg en 1555.

Sa devise était Fiat justitia et pereat mundus (« que la justice triomphe, même si le monde doit périr »).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en Espagne, le quatrième des six enfants de Philippe le Beau et de son épouse Jeanne de Castille, Ferdinand est le petit-fils de l'empereur Maximilien Ier et du roi Ferdinand II d'Aragon et le frère cadet du futur empereur Charles Quint. Lorsqu'il est orphelin de père à trois ans et sa mère sombre dans la folie, il est élevé à la cour de son grand-père Ferdinand (dont il porte le prénom), éduqué dans l'esprit de la scolastique espagnole. Petit-fils préféré, il est censé succéder à son grand-père sur les trônes espagnols de Castille et d'Aragon ; toutefois, le défunt Ferdinand n'a pas laissé de testament et c'est son frère aîné, né et élevé dans les Flandres, qui devient roi des Espagnes en 1516.

L'année suivante, Charles est arrivé en Espagne et les frères se sont rencontrés pour la première fois. En 1518, Ferdinand doit se rendre aux Pays-Bas. Il y a continu ses études sous l'égide de sa tante Marguerite d'Autriche qui le mit en contact avec l'humanisme d'Érasme. L'intention de Marguerite de laisser Ferdinand se porter candidat à la succession de l'empereur Maximilien, en lieu et place de son frère Charles, échoua également.

Archiduc d'Autriche[modifier | modifier le code]

Maximilien est mort au château de Wels le  ; comme son fils Philippe le Beau était déjà décédée auparavant, son patrimoine passa aux petits-fils Charles et Ferdinand. En matière de succession, le principe de primogéniture afin d'éviter un morcellement du domaine était la norme dans le système féodal de l'Espagne et des pays bourguignons, tandis que dans les territoires héréditaires des Habsbourg l'héritage sera réparti entre les fils du souverain décédé et gouverné en main commune. En conséquence, Charles, invoquant l'antériorité de sa naissance et les droits qui en découlent, reçoit la totalité des terres espagnols et bourguignons comme unique héritier. Quant à la question de la succession dans les pays autrichiens, Charles, ayant été élu empereur des Romains à Francfort le , et son frère Ferdinand se sont réunis à la Diète de Worms en 1521 et ils ont convenu que Ferdinand devrait gouverner sur l'archiduché d'Autriche et l'Autriche intérieure (les duchés de Styrie, de Carinhtie et de Carniole ainsi que le Littoral). L'année suivante, Ferdinand a également obtenu le comté de Tyrol et Vorarlberg ainsi que les possessions de l'Autriche antérieure en Souabe. Ferdinand gouvernait également sur les domaines du duc Ulrich VI de Wurtemberg confisqués par la ligue de Souabe.

L'accord de 1521 était la première étape dans le processus de division de la maison de Habsbourg entre une branche espagnole et une branche autrichienne. Ferdinand fut nommé représentant de l'empereur en son absence et a finalement obtenu l'engagement de son frère de le soutenir à l'élection au roi des Romains comme successeur potentiel. En plus, la noce prévue avec Anne Jagellon (1503-1547), fille du roi défunt Vladislas, a donné à lui la perspective de succededer dans les pays de la couronne de Bohême et de Hongrie. Cet union, arrangé par l'empereur Maximilien en 1515 lors du « double mariage » entre sa petite-fille Marie avec le frère d'Anne, Louis II Jagellon, a eu lieu le à Linz. Ferdinand et Anne sont à l'origine de la branche des Habsbourg à Vienne dits aussi maison d'Autriche, préparant le chemin pour la monarchie de Habsbourg.

Toutefois, la prise de pouvoir s'est avérée particulièrement difficile. À la fin du règne de Maximilien, les territoires héréditaires sont surendettés et une politique d'austérité dure a été mis en place par le nouveau archiduc qui ne parle même pas la langue allemande et est entouré de conseillers espagnols. Avec cette méthode, Ferdinand attira la haine de l'aristocratie et des citoyens de méme. En 1522, il décide de faire un exemple public : le maire rebelle de Vienne et sept conseillers sont menacés de la peine de mort et exécutés à Wiener Neustadt. Finalement, l'archiduc réussit à mettre un terme à l'emprise des États. Il poursuivit la politique de centralisation commencée par son grand-père Maximilien et il a créé un réseau des différents services administratifs, notamment un collège de conseillers (Geheimer Rat), une autorité budgétaire centrale (Hofkammer) et une chancellerie à la cour (Hofkanzlei). Plus tard, en 1556, le Hofkriegsrat (Conseil aulique de la guerre) fut établi, chargé de l'administration des guerres du Saint-Empire et des autres possessions de la maison d'Autriche.

À Vienne, la Hofburg a été reconstruite en tant qu'une somptueuse résidence pendant les années 1530. Ferdinand favorise le développement de l'université de Vienne, son médecin personnel fut l'érudit humaniste Wolfgang Lazius. Peu à peu, des nobles locales sont nommés aux postes politiques importants. Bernhard von Cles (1485-1539), prince-évêque de Trente et un consultant influent de l'archiduc, est devenu président du collége de conseillers en 1527.

Roi de Bohême et de Hongrie[modifier | modifier le code]

Ferdinand devint roi de Bohême et de Hongrie en 1526, héritant avec son épouse Anne Jagellon, de son beau-frère le roi Louis II, époux de sa sœur Marie de Hongrie. Il succéda comme Empereur à son frère Charles Quint après l'abdication de ce dernier en 1556. Le pape Paul IV refusa de le reconnaître pour chef du Saint-Empire, parce que le consentement du Saint-Siège n'était intervenu ni dans son élection ni dans l'abdication de Charles Quint : Ferdinand nia la nécessité de ce consentement, et depuis, les empereurs ont cessé de demander la confirmation du pape.

Le règne de ce prince fut paisible malgré des difficultés pour s'imposer en Hongrie : il dut subir l'indépendance de fait de la Transylvanie, et une guerre malheureuse contre les Turcs marquée par le siège de Vienne par l'armée du sultan Soliman le Magnifique en 1529, lui fit perdre le contrôle d'une partie du royaume magyar. Ses dernières années furent consacrées à concilier les protestants et les catholiques.

Régent d'Empire[modifier | modifier le code]

Dès le début de son règne en Hongrie et en Bohême[1], sous l'influence de ses conseillers allemands, juristes spécialisés en droit romain, Ferdinand Ier poursuivit la politique absolutiste et centralisatrice dont les innovations principales étaient : la rémunération des fonctionnaires de l'État en numéraire, et non par des donations, la séparation des affaires financières des affaires politiques et judiciaires, la gestion collégiale des compétences qui assure, par une surveillance mutuelle, une administration fiable.

Ne convoquant les États généraux que contraints et forcés par des circonstances politiques exceptionnelles, les souverains habsbourgeois gèrent leurs États à partir d'institutions centrales créées dès le 1er janvier 1527 : un Conseil Secret qui s'occupe des affaires extérieures et des questions générales de politique intérieure et un Conseil de la Cour pour l'administration centrale et les affaires judiciaires, les décisions des deux corps étant soumis à l'approbation de la Chancellerie de la Cour. Les finances sont gérées par la Chambre de la Cour. En 1556, est créé un Conseil Suprême de Guerre pour les Affaires Militaires.

Charles abdique de la couronne impériale en faveur de Ferdinand, après son retrait du Saint-Empire en 1556.

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Ascendance[modifier | modifier le code]

Descendants[modifier | modifier le code]

Gravure posthume de Ferdinand par Martin Rota Kolunic.

Le à Linz (Autriche), il épousa Anne Jagellon (1503-1547), fille et héritière de Vladislas IV, roi de Bohême et de Hongrie et d'Anne de Foix. Ferdinand et Anne eurent une descendance nombreuse qu'ils mirent au service de la politique dynastique de leur époque :

Il est à noter, fait rarissime, que quatre de ces enfants sont des ancêtres directs de Louis XIV de France : Maximilien, Anne, Charles et Jeanne.

Fratrie[modifier | modifier le code]

Les enfants de Philippe « le Beau » et de Jeanne « la Folle ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Article « Ferdinand I », dans l'Encyclopædia Britannica.
  2. a et b Double union Habsbourg-Wittelsbach : Albert V de Bavière est le père de Marie Anne de Bavière. Ils deviennent beau-frère et belle-sœur.
  3. a b et c Triple union Habsbourg-Gonzague : François III de Mantoue et Guillaume sont frères. Leurs épouses, déjà sœurs, deviennent donc belles-sœurs entre elles comme les frères deviennent beaux-frères. Anne-Catherine étant fille de Guillaume, Ferdinand sera à la fois gendre et beau-frère des deux ducs.

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