Bretislav Ier de Bohême

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Bretislav Ier de Bohême
Břetislav I.-Chrudim2.jpg
Biographie
Naissance
Vers Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Famille
Père
Mère
Božena (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfants
Přemyslovci erb.svg

Bretislav Ier Premysl, le Guerrier (tchèque : Břetislav), de la maison Premyslides, né entre 1002-1005, duc de Bohême de 1034 à 1055.

Origine[modifier | modifier le code]

Bretislav, est le fils du duc Ulrich de Bohême et d'une fille de paysan nommée Bozena (+ 1055) dont s'était épris son père, maître de la Moravie depuis 1029 Brestislav Ier devient duc en 1034. Son premier soin est d'aller jurer fidélité à Conrad II du Saint–Empire lors de la cour tenue à Bamberg le 18 mai 1035.

Règne[modifier | modifier le code]

En 1019, Bretislav enlève sa femme Judith de Schweinfurt, Chronique de Dalimil

Le jeune duc bien qu'ayant reçu l'investiture impériale et aidé l'empereur lors de sa guerre contre les Lutici nourrit de vastes ambitions. Il met à profit l'anarchie qui sévit en Pologne depuis la fin du règne de Mieszko II Lambert en 1034. Ses troupes envahissent rapidement la Silésie et Cracovie à l'automne 1038. Poznań puis Gniezno la capitale tombent en son pouvoir.

Une ivresse religieuse s'empare des Tchèques lorsque l'armée s'approche du lieu où saint Adalbert de Prague était inhumé. Les reliques du saint, celles de son demi frère Radzim Gaudenty premier archevêque de Gniezno ainsi que celles des premiers martyrs polonais de l'école d'Adalbert sont ramenées triomphalement à Prague en 1039[1]. La Pologne se trouvait réduite à ses provinces orientales et c'était autour de la Bohême que paraissait devoir maintenait se reconstituer le grand État slave occidental, dont la politique impériale avait toujours redouté la création. Déjà l'évêque de Prague gardien des relique de saint Adalbert sollicitait du pape Benoît IX le pallium archiépiscopal, gage d'émancipation religieuse à l'égard de l'Allemagne, et pour préparer son indépendance politique Bretislav Ier négociait une alliance avec le nouveau roi Pierre Orseolo.

On comprend que l’empereur Henri III du Saint-Empire, qui venait de succéder à son père Conrad II, se soit ému de cette situation. En août 1040, remettant son couronnement impérial à plus tard, il réunit une armée et tenta de forcer le passage de la Forêt de Bohême, mais l'armée tchèque le battit aux portes du pays, près de Domažlice. Après cette malencontreuse tentative qui coûta aux Allemands beaucoup de morts, il fut obligé de battre en retraite.

En 1041, il prépara son offensive avec plus de soin et parvint le 8 septembre devant Prague. Il obtint la soumission de Bretislav Ier qui dut promettre en outre de payer 8 000 marks d'argent, de restituer les prisonniers tombés en son pouvoir et de démolir les fortifications de la Forêt de Bohême. Quelques jours plus tard, ce prince ardent et belliqueux parut devant Henri III à Ratisbonne. Il renonça à la Pologne, où Casimir Ier le Restaurateur, fils de Mieszko II Lambert, rentra à peu près au même moment, et il reçut en fief, le 22 octobre 1041, le duché qu'il avait rêvé de transformer en royaume indépendant.

L'ambassade envoyée à Rome pour demander que Prague soit promue rang d'archevêché échoua également. Les Romains étaient en effet très choqués par le transfert des saintes reliques et atterrés par la manière dont les Tchèques avaient pillé les églises en Pologne. Seules les distributions d'or et d'argent polonais par ses messagers sauvèrent Brestislav Ier de l'excommunication.

En 1052, les Polonais reconquirent la Silésie. L'empereur décida alors que cette province devait appartenir à la Pologne et qu'en retour les Polonais paieraient aux Tchèques un tribut annuel de 500 livres d'argent et 30 livres d'or. Depuis cette époque cette province est restée la pomme de discorde entre les deux nations.

Jusqu'à sa mort le 10 janvier 1055, le duc Brestislav Ier demeura le plus fidèle des vassaux de l'empire.

Famille[modifier | modifier le code]

De son mariage en 1030 avec Judith fille du comte Henri de Schweinfurt qu'il avait enlevé de son couvent selon la légende, il eut cinq fils. Avant de mourir il organisa sa succession réservant la Bohême à l'aîné[2].

Il institua pour ses cadets des fiefs en Moravie:

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Annales Bohemici MXXXIX.
  2. (de) Europäische Stammtafeln Vittorio Klostermann, Gmbh, Francfort-sur-le-Main, 2004 (ISBN 3465032926), Die Herzoge von Böhmem I und die Fürsten von Mähren (Die Przemysliden) Volume III Tafel 54
  3. Annales Bohemici MXC
  4. Annales Bohemici MLXVII

Sources[modifier | modifier le code]