Árpád (grand-prince)
| Árpád | |
Représentation d'Árpád dans la Chronicon Pictum (vers 1360). | |
| Titre | |
|---|---|
| Grand-prince des Magyars | |
| – (12 ans) |
|
| Prédécesseur | Álmos |
| Successeur | Zolta |
| Biographie | |
| Dynastie | Árpád |
| Date de naissance | vers 845 |
| Lieu de naissance | inconnu |
| Date de décès | vers 907 |
| Père | Álmos |
| Conjoint | inconnue |
| Enfants | Zolta |
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Árpád, né vers 845 et mort vers 907, est le premier chef des tribus magyares après l'invasion hongroise (en hongrois : honfoglalás) de la plaine de Pannonie, jusqu'à sa mort.
Biographie
[modifier | modifier le code]Árpád est le fils d'Álmos qui, d'après les chroniques médiévales de la Gesta Hungarorum, a été proclamé grand chef par les dirigeants du Hétmagyar, la confédération des sept tribus magyares[1]. Árpád lui-même devint donc le chef d'une tribu de la confédération vers 893. D'après des sources arabes, son titre semble avoir été gyula qui, à cette époque, menait les campagnes militaires des Magyars, par opposition au kende, le chef spirituel des tribus. On lui prêtait également le titre de grand-prince.
Vivant dans la région qu'ils appelaient Etelköz (« le pays des deux fleuves »), sous la suprématie des Khazars[2], les Magyars ont fait sécession d'avec leurs suzerains avant 862 et, après cela, exigeaient des tribus slaves voisines le paiement d'un tribut; ils combattaient parfois comme mercenaires, notamment pour le compte des rois de Francie orientale ou des princes de Grande-Moravie[3].
En 894, Árpád et le kende Kurszán négocièrent ensemble avec les ambassadeurs de l'empereur byzantin Léon VI le Sage, les conditions selon lesquelles la confédération des tribus magyares était disposée à l'aider contre le tsar Siméon Ier de Bulgarie. Peu après, les tribus magyares attaquèrent les forces de l'Empire bulgare sous le tsar Siméon Ier, obligeant celui-ci à conclure la paix avec l'Empire byzantin[4]. Siméon Ier, cependant, conclut une alliance avec les Petchénègues, les voisins orientaux de la Hétmagyar qui étaient chassés par les Oghouzes et, unissant ces forces, déclencha une attaque contre les Magyars. Cette bataille au bord du Boug méridional, fut une victoire pour Siméon Ier ; peu de temps après, les Petchénègues attaquèrent et pillèrent les territoires magyars entre le Danube et le Dniepr[2].

Les tribus magyares furent obligés de quitter l'Etelköz ; dans ce cadre, Árpád et sa cavalerie ont pu profiter du vide du pouvoir laissé par le décès du prince Svatopluk de Moravie en 894. En traversant les cols des Carpates orientales les Magyars ont envahi la plaine de Pannonie à l'ouest, où ils se sont installés (honfoglalás)[2]. Les tribus occupèrent l'amont de la rivière Tisza, organisant de nombreux raids en Europe centrale. Vers l'an 900, environ 400 000 à 500 000 Hongrois (le nombre d'« envahisseurs » est controversé) s'installèrent en Pannonie, la Hongrie actuelle. Le vieux grand-prince Álmos est décédé encore en Etelköz vers 895 ; sa mort a probablement été causée soit par assassinat soit par sacrifice humain en raison des défaites catastrophiques subies pendant les guerres avec l'État bulgare et les Petchénègues[5].
Selon la légende, Árpád instaura la première diète hongroise en 898 rassemblant quarante autres « nobles à cheval » près de Szeged. Peu après, ses troupes envahirent l’Italie à la demande de l'empereur franc Arnulf et accaparèrent celles du roi d'Italie Bérenger Ier sur les rives de la Brenta. Après le décès d'Arnulf en 899 cependant, Árpád saisit l'occasion pour attaquer la principauté du Balaton, une marche de la Francie orientale. En peu de temps, tout le territoire autour des forteresses de Veszprém et de Vasvár tomba, entre ses mains. En 902, il se retourna contre la Grande-Moravie sous le prince Mojmír II en s'alliant aux Francs pour le même objectif. Selon les chroniques de l'Annalista Saxo, la bataille décisive se déroula probablement à Nitra en l'an 902 ; Mojmír II fut tué au combat et sa capitale fut détruite.
Árpád devint souverain absolu après que le kende Kurszán ait été assassiné autour d'un festin avec des nobles bavarois à Presbourg en 904. Le , les Magyars infligèrent aux forces du duc Léopold de Bavière une défaite totale à la bataille de Presbourg: la plus grande partie de l'armée germano-bavaroise et leurs principaux dirigeants y trouvèrent la mort. Grâce à leur victoire, les Magyars pénétrèrent dans la marche d'Autriche jusqu'à la rivière Enns à l'ouest et s'assurèrent définitivement du territoire pannonien. Pour différentes raisons, les historiens datent de cette bataille la fin de la principauté de Grande-Moravie qui n'était qu'en survie. Árpád est certainement mort en , lors de l'une des batailles près de Bratislava, selon The great migrations in the East and South East of Europe from the ninth to the thirteenth century.
Forts de leur succès, les Magyars envahirent les années suivantes la Germanie et pillèrent notamment le duché de Saxe et la Thuringe. La marche d'Autriche, momentanément perdue pour le royaume des Francs orientaux, ne fut reconquis qu'après la bataille du Lechfeld en 955.
Postérité
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Árpád eut quatre ou cinq fils :
- Liütinka ou Liunëka (ou Levente), chef militaire pendant la Conquête hongroise, mort avant 907 ;
- Tarkatzus (ou Tarhos), peut-être l'ancêtre de Koppány, possiblement identique avec Liütinka ; mort avant 907;
- Jelekh (ou Üllő) dit l'Épicurien, mort avant 907 ;
- Jutotzas, Jutocsa (ou Jutas), père du grand-prince Fausz ; mort avant 907;
- Zaltas, Zoltan ou Zolta, grand-prince à la mort de son père et ancêtre des rois de Hongrie.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Kristó et Makk 1996, p. 11.
- 1 2 3 (hu) Gyula Kristó, Magyar honfoglalás, honfoglaló magyarok [« La conquête de leur pays par les Magyars, les Magyars à la conquête de leur pays »], Kossuth könyvkiadó, (ISBN 963 09 3836 7), p. 66–67.
- ↑ Kristó 1996, p. 73-85, 100-103.
- ↑ Kristó 1996, p. 112-116.
- ↑ Kristó et Makk 1996, p. 15-16.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Gyula Kristó :Histoire de la Hongrie médiévale Tome I, Le Temps des Arpads; Presses Universitaires de Rennes, (2000) (ISBN 2-86847-533-7).
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Arpad Family
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