Pénis humain

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Pénis humain

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Pénis humain flaccide :
1/ corps de la verge 2/ prépuce 3/ gland 4/ méat urinaire

Données
Latin penis, penes
Gray's Anatomy « subject #262 1247 »
Artère dorsale du pénis, profonde du pénis, bulbe urétale
Veine dorsales du pénis
Nerf dorsal du pénis
MeSH « Penis »

Le pénis humain (ou la verge) est l’organe mâle de copulation et de miction chez Homo sapiens. Il constitue, avec les testicules, l’appareil génital externe du mâle humain. Le pénis est homologue au clitoris, puisque les deux se développent à partir de la même structure embryonnaire.

Structure[modifier | modifier le code]

Le pénis humain se constitue de trois couches de tissu :

Le bout distal du corps spongieux élargi et côniforme constitue le gland du pénis (glans penis). Le gland est entouré par le prépuce (preputium), un pli de peau qui peut se retirer pour découvrir le gland. Le prépuce s’attache au-dessous du gland par une bande de peau, le frein.

L’urètre (urethra), qui constitue la dernière partie du tractus urinaire, traverse le corps spongieux ; sa sortie, le méat urétral (meatus urethralis), se trouve au bout du gland. L’urètre sert également à la miction et à l’éjaculation.

De même origine embryonnaire que le clitoris, le pénis présente une structure identique : le corps caverneux – corpus cavernosum – correspondant aux piliers du clitoris, convergeant en avant vers la symphyse pubienne pour former le corps du clitoris (constitué du coude – appelé aussi genou – et de la hampe). Le pénis est homologue au clitoris, puisque les deux se développent à partir de la même structure embryonnaire. De récentes recherches tendent à montrer davantage encore la similitude entre ces deux organes du point de vue de leur anatomie et de leur physiologie.

Comparaison avec les autres mammifères[modifier | modifier le code]

L’anatomie du pénis humain se distingue de celle du pénis de la plupart des autres mammifères par l’absence de baculum, un os qui sert à ériger le pénis avant l’acte de copulation. Les corps caverneux du pénis humain se gorgent de sang pour atteindre l’érection. L’homme ne peut pas rétracter son pénis dans son corps. Le pénis humain est un peu plus important, relativement à la masse corporelle, que celui des autres mammifères.

Variations normales[modifier | modifier le code]

Taille[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Taille du pénis humain.
Pénis humain.

La taille moyenne du pénis humain au repos (flaccide) est très variable (4 centimètres à 12 centimètres) et ne permet pas de préjuger de la taille du pénis en érection. La taille du pénis est d’environ 13 centimètres à 16 centimètres lors d’érection totale[1],[2].

Selon une étude réalisée en 2008 sur 10 477 hommes de 25 pays européens, les Français auraient en moyenne les pénis les plus longs au sein de l’Union Européenne, soit 15,48 centimètres et les plus épais avec 13,63 centimètres de circonférence, soit 4,34 cm de diamètre[3]. Néanmoins, les résultats sont subjectifs. En effet, les sondés se sont mesurés eux-mêmes et ont fourni leur résultat anonymement à l’aide d’un site internet. D’autres études existent ou sont en projet[4].

Selon la rumeur populaire, la longueur des doigts aurait un lien avec la longueur du pénis. Ce serait partiellement vrai ; la taille du pénis serait corrélée non pas à la simple taille des doigts, mais plutôt à la différence de taille entre l'index et l'annulaire. Ainsi, plus l'index est petit par rapport à l'annulaire, plus le pénis serait long, et inversement[5].

Autres variations[modifier | modifier le code]

Il est normal et fréquent qu’un pénis en érection ne pointe pas directement en avant, bien que le pénis soit tout droit.

Une grande variété d’angles entre le pénis érigé et le corps est possible ; il peut être presque vertical ou horizontal, ou pendre, même, sans pour cela être flasque. Tout dépend de la tension du ligament suspenseur (ligamentum suspensorium) et de l’âge du sujet : le vieillissement des tissus érectiles tend à diminuer la verticalité du pénis lorsqu’il est en érection. Certains exercices prescrits par un sexologue peuvent renforcer en partie le ligament suspenseur[réf. nécessaire].

Le gland peut se présenter sous différentes formes, être plus ou moins large que le tube et présenter des spécificités congénitales chez certains individus comme l’hypospadias (méat urinaire mal positionné) ou une couronne perlée.

D’autre part, le raphé médian (ou raphé périnéal) est lui aussi plus ou moins visible selon les individus.

Physiologie[modifier | modifier le code]

Miction[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Miction.

Sensibilité[modifier | modifier le code]

Un pénis humain avec un prépuce rétracté derrière le gland

Le bout du pénis, le gland, est la principale zone érogène des hommes. Les chercheurs Masters et Johnson ont observé et mesuré avec des appareils spécialisés plus de 10 000 réponses sexuelles auprès de 694 hommes et femmes. Ils ont montré que le pénis de l’homme (et le clitoris de la femme) étaient les principales régions à l’origine du plaisir sexuel, et les principales à procurer l’orgasme[6].

C’est pour cette raison que le pénis est la région du corps la plus stimulée au cours des activités sexuelles (comportement érotique). Les activités préférées des hommes sont les activités de pénétrations (pénétrations vaginales ou anales, fellation), qui procurent un maximum de stimulations intenses (tactiles, pression, chaleur) sur l’ensemble du pénis (gland, prépuce, corps caverneux et spongieux). Ces activités procurent le maximum de plaisir érotique[7].

La portion intérieure du prépuce inclut une zone hautement innervée, récemment découverte[8], qui s’appelle la bande striée[8],[9].

Érection[modifier | modifier le code]

Pénis humain au repos puis en érection.
Article détaillé : Érection.

L’érection est le durcissement et le rallongement du pénis qui a lieu chez l’homme en état d’excitation sexuelle. L’érection permet la copulation et plusieurs autres activités sexuelles. Lors de l’érection d’un pénis non circoncis, le prépuce peut se rétracter naturellement. Mais certains pénis ayant un prépuce long conservent le gland recouvert en érection. Si décalotter manuellement le gland se fait facilement et/ou si les relations sexuelles ne présentent aucune douleur, c’est une situation parfaitement normale. Dans les autres cas, il peut s’agir d’un phimosis ou d’un frein prépucial trop court qui nécessite une consultation médicale.

Accouplement[modifier | modifier le code]

L’accouplement se réalise en insérant le pénis en érection dans le vagin de la partenaire, et en augmentant l’excitation sexuelle par des mouvements de va-et-vient jusqu’à éjaculation. Le prépuce aide dans l’insertion du pénis pendant le coït, sert à garder le gland humide et permet une motion glissante qui améliore le plaisir sexuel pour l’homme[réf. souhaitée].

Éjaculation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éjaculation.

Chez l’homme, l’éjaculation accompagne la plupart du temps l’orgasme. Le sperme, qui se prépare dans les testicules est réservé dans l’épididyme (epididymis). Lors de l’éjaculation, le sperme est propulsé par le canal déférent (vas deferens), qui passe en haut de la vessie urinaire. Les vésicules séminales (vesicula seminalis) y ajoutent des fluides, et le canal déférent rejoint l’urètre dans la prostate (prostata). La prostate et les glandes de Cowper (glandulae bulbo-urethrales) y ajoutent d’autres fluides, et le liquide est expulsé via le pénis.

Pathologies[modifier | modifier le code]

Phimosis et paraphimosis[modifier | modifier le code]

Le phimosis est un prépuce trop étroit ne permettant pas de décalotter complètement et rendant difficile le rapport sexuel. Le phimosis peut se traiter soit par méthodes d’élargissement manuelles du prépuce, soit par préputioplastie, soit par circoncision.

Le paraphimosis est un « blocage » du prépuce en position décalottée.

Troubles du développement du pénis[modifier | modifier le code]

L’hypospadias est un trouble du développement du pénis ; il implique une mauvaise position du méat à la naissance qui existe sous plusieurs formes, plus ou moins importantes. Il peut être corrigé chirurgicalement dans les cas les plus lourds pour avoir une sexualité normale (fécondité) à l’âge adulte, ce n’est pas toujours indispensable, mais parfois nécessaire. C’est d’ailleurs variable selon les pays (en France, cette opération se pratique couramment depuis les années 1970 par prélèvement de tissus et greffe pour recréer un méat en position naturelle).

Un micropénis est un pénis anormalement petit causé généralement par un trouble endocrinien (déficit hormonal).

Dysfonctionnements sexuels[modifier | modifier le code]

L’impuissance sexuelle, aussi appelée dysfonction érectile, peut réduire la capacité d’entrer en érection ou de maintenir une érection suffisante pour permettre une pénétration. Plusieurs traitements pharmaceutiques permettent de remédier à certaines formes d'impuissance, dont le sildénafil (Viagra). Les causes sont le plus souvent psychologiques, même si certaines maladies sévères, comme le diabète, peuvent aussi en être responsable.

Le priapisme est une érection pathologique douloureuse qui ne cède pas. Il constitue une urgence médicale ; s’il n’est pas traité dans les plus brefs délais, le pénis peut subir des dommages permanents. Le priapisme est un symptôme de plusieurs pathologies, dont la drépanocytose.

Autre[modifier | modifier le code]

Dans la maladie de La Peyronie, un ou plusieurs nodules fibreux croissent à l’intérieur du pénis, provoquant une douleur lors de l’érection ou du coït et une angulation de la verge.

La compression du nerf pudendal se caractérise par une douleur en position assise et par une perte de sensation au pénis (ou au clitoris) et une absence d’orgasme. Le nerf pudendal peut être endommagé par des selles de bicyclette longues et dures et par des accidents.

La fracture du pénis, terme inapproprié mais néanmoins utilisé, peut survenir si le pénis en érection est plié excessivement. Un son de craquement ou d’éclatement peut s’entendre, et une douleur immédiate y est ordinairement associée. Il faut chercher une aide médicale immédiate, par laquelle on peut normalement éviter des effets persistants.

Le diabète peut entraîner la neuropathie périphérique, qui peut causer un fourmillement au pénis et réduire ou éliminer sa sensibilité. Les sensations réduites peuvent causer des blessures chez les deux partenaires lors du coït, et leur absence peut rendre impossible le plaisir sexuel par stimulation du pénis. Puisque ces problèmes sont causés par des dégâts permanents aux nerfs, la prévention par des soins adéquats du diabète constitue le traitement primaire. Une récupération limitée peut arriver avec le traitement du diabète.

Attitudes culturelles[modifier | modifier le code]

Étui pénien[modifier | modifier le code]

Le costume traditionnel en Papouasie-Nouvelle-Guinée et dans une partie de l’Océanie est l’« étui pénien » qui entoure le pénis et peut se prolonger sur près d’un mètre. Il est à différencier de l’étui pénien utilisé pour recueillir les urines au cours de l’incontinence urinaire.

Sexualité[modifier | modifier le code]

L’accouplement se réalise en insérant le pénis en érection dans le vagin de la partenaire. L’insertion du pénis dans l’anus d’autrui est la sodomie. L’excitation de son propre pénis, ou du pénis d’autrui, à l’aide des mains est la masturbation. L’excitation du pénis d’autrui avec la bouche est la fellation.

Article principal : Comportement érotique.

Modifications anatomiques[modifier | modifier le code]

Circoncision[modifier | modifier le code]

Pénis circoncis.
Article détaillé : Circoncision.

Pour divers motifs culturels, religieux et médicaux, le prépuce peut être enlevé ; son ablation s’appelle la circoncision. La circoncision du pénis est la modification la plus répandue, généralement pratiquée chez l’enfant. La circoncision entraîne d’habitude l’ablation de la bande striée ainsi que l’ablation ou l’endommagement du frein.

Piercing et autres[modifier | modifier le code]

Plus rarement, le pénis peut être percé et modifié par d’autres formes d’art corporel. Le perçage pénien inclut le perçage Prince Albert, le perçage Apadravya, le perçage Ampallang, et d’autres.

D’autres modifications physiques au pénis existent, bien que considérées comme très extrêmes. Outre la pénectomie, la plus sévère parmi elles est la subincision, la bifurcation du gland pour le rendre similaire à celui d’un kangourou. Trouvant son origine chez les aborigènes australiens, elle a été adoptée par quelques personnes en Europe et en Amérique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Penile length in the flaccid and erect states: guidelines for penile augmentation., Wessells H, Lue TF, McAninch JW, Department of Urology, University of California School of Medicine, San Francisco, USA. Posté en septembre 1996.
  2. (en)ANSELL RESEARCH - The Penis Size Survey.
  3. (de)Institut für Kondomberatung: Penisgrößenstudie.
  4. Pierre Barthélémy, « La taille du pénis se lit-elle dans les doigts ? », Le blog sciences et environnement de Slate.fr, 4 juillet 2011
  5. « Quand les doigts en disent long sur le pénis »
  6. (en) William H. Masters et Virginia E. Johnson, Human Sexual Response, Bantam Books,‎ 1980.
  7. [PDF] Serge Wunsch, Rôle et importance des processus de renforcement dans l’apprentissage du comportement de reproduction chez l’homme, Paris,‎ 21 novembre 2007, vi + 206 p. (lire en ligne), « Résumé », ii :

    « Ces données nous ont amenés à formuler l’hypothèse que c’est principalement l’intense érogénéité de la zone génitale (pénis/clitoris, vagin) qui provoquerait la découverte puis la répétition de différentes séquences motrices de stimulation des organes génitaux, dont la séquence du coït vaginal. »

    Thèse de doctorat sur le comportement sexuel.
  8. a et b (en) J R Taylor, A P Lockwood, A J Taylor, « The prepuce: specialized mucosa of the penis and its loss to circumcision », British journal of urology, vol. 77, no 2,‎ février 1996, p. 291-295 (ISSN 0007-1331, PMID 8800902, lire en ligne)
  9. John R. Taylor. « La bande striée—c’est quoi ? » sur le site www.cirp.org (Circumcision Information and Resource Pages)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]