Helene Deutsch

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Helene Deutsch
Portrait de Helene Deutsch
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à PrzemyślVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata
à CambridgeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité États-Unis
Autriche
PologneVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint Felix Deutsch (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants Martin Deutsch (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Université de VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession Psychologue et psychiatreVoir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Académie américaine des arts et des sciencesVoir et modifier les données sur Wikidata

Helene Deutsch, née Helene Rosenbach le à Przemyśl en Autriche-Hongrie et morte le à Cambridge aux États-Unis, est une psychanalyste américaine d'origine polonaise.

Elle fut la première psychanalyste à se spécialiser dans la psychologie féminine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Helene Rosenbach grandit à Przemyśl dans une famille juive. Son père, Wilhelm Rosenbach, était un grand avocat et sa mère, Regina Rosenbach, était connue comme une femme autoritaire et peu affectueuse. Helene a quatre grands frères.

Au cours de sa jeunesse, Helene Rosenbach s’engage au côté d’Herman Liebermann, politicien polonais, dans la défense d’idéaux socialistes. Avec lui, elle se rend au Congrès socialiste international de 1910 où elle rencontre des grandes personnalités dont des femmes comme Angelica Balabanova et Rosa Luxemburg. Helene s’identifie à ces deux femmes qui vont jouer un rôle déterminant dans sa vie[1]. Elle étudia la psychiatrie avec Emil Kraepelin. Lors de la première guerre, elle est assistante à la clinique du Professeur Julius Wagner-Jauregg à Vienne. Du fait de la mobilisation des hommes médecins, elle peut accéder à des fonctions plus importantes. Son travail lui donne une voie ouverte sur les phénomènes psychiques survenant lors de la guerre chez des femmes et dans des familles[2]. Parmi les patientes dont elle va avoir la charge clinique, Helene Deutsch s’occupe d’une femme légionnaire [3]. Magnus Hirschfeld à cette époque rencontre une femme portant des habits militaires[4]. Sigmund Freud s'appuie sur un cas semblable de femme guerrière[5].

Analysée chez Sigmund Freud, elle s'imposa à Vienne comme une des grandes analystes de sa génération. Karen Horney lui reproche notamment d'avoir défendu la position freudienne orthodoxe sur la sexualité féminine et, Paul Roazen, d'avoir par soumission à Freud échoué dans le traitement de Victor Tausk[6]

Elle a apporté une contribution importante à la théorie des personnalités « as if (comme si) », élaborée plus tard par Donald Winnicott (« faux self »), et elle a posé une des premières pierres à l'étude des « cas-limite ». C'est en 1934 qu'elle a décrit un type de perturbation émotionnelle où la relation avec le monde extérieur et le moi apparaissent appauvrie ou absente et pouvait prendre diverses formes. Les personnalités as if, du point de vue de l'observateur, donnent l'impression que l'ensemble des relations de ces personnes manque de naturel; quoique paraissant normales, dépourvues de trouble de conduite, avec des capacités intellectuelles intactes, des expressions émotionnelles bien ordonnées et appropriées, ces personnes ont quelque chose d'intangible et d'indéfinissable qui amène toujours à se demander ce qui ne va pas chez eux. Chez eux le refoulement n'existe pas, il y a un manque d'investissement d'objet[7].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Psychanalyse des fonctions sexuelles de la femme (1925), Paris, PUF, 1994, (ISBN 2130455581).
  • Psychologie des femmes (1944-1945), Paris, PUF, 1997, coll. « Quadrige », trad. Hubert Benoit, (ISBN 2130530583).
  • Problèmes de l'adolescence (1967), Paris, Payot, 2003, (ISBN 2228897787).
  • Autobiographie, Paris, Mercure de France, 1986, coll. « 1001 Femmes », (ISBN 2715214073).
  • Les Introuvables d'Hélène Deutsch. Cas cliniques et autoanalyse (1918-1930), Paris, Le Seuil, 2000, (ISBN 2020320541). Une critique du livre
  • Les Personnalités as if. Les « comme si » et autres textes inédits, Paris, Le Seuil, 2007, (ISBN 2020563363).
Article, « De la satisfaction, du bonheur et de l'extase », inédit traduit par Dimitra Katla in Tribune psychanalytique, no 4, Vevey, L'Aire, 2002 (ISBN 2881086411).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Tréhel. Helene Deutsch, Rosa Luxemburg, Angelica Balabanoff. L’Information Psychiatrique, 2010, 86, no 4, p. 339-346
  2. Gilles Tréhel. Helene Deutsch (1884-1982) : théorisations sur les troubles psychiatriques des femmes pendant la Première Guerre mondiale. L’Information Psychiatrique, 2007, 83, no 4, p. 319-326
  3. Gilles Tréhel. Helene Deutsch (1884-1982) et le cas de la légionnaire polonaise, Perspectives Psy, 52, no 2, p. 164-176
  4. Gilles Tréhel, « Magnus Hirschfeld (1868-1935) et la femme soldat », Topique, no 125 (4),‎ , p. 125-137.
  5. Gilles Tréhel, « Magnus Hirschfeld, Helene Deutsch, Sigmund Freud et les trois femmes combattantes », Psychothérapies, no 36 (4),‎ , p. 267-274
  6. Paul Roazen, Animal mon frère toi, Payot, 2006, (ISBN 2228213500)
  7. José Bleger: Symbiose et ambiguïté, PUF, fil rouge, ISBN 2130366031

Liens externes[modifier | modifier le code]