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Cantique des cantiques

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Cantique des cantiques
Image illustrative de l’article Cantique des cantiques
Illustration du premier verset dans l'exemplaire manuscrit Rothschild Mahzor (Florence, 1492), Tel Aviv, musée de la Diaspora.

Titre dans le Tanakh Shir Hashirim
Auteur traditionnel Salomon
Datation traditionnelle XIe siècle av. J.-C.
Nombre de chapitres 8
Classification
Tanakh Ketouvim-Meguiloth
Canon biblique Livres poétiques

Le Cantique des cantiques[a] (en hébreu : שיר השירים, Chir ha-chirim ; en grec ancien : ᾎσμα ᾈσμάτων, Âsma Asmátôn ; en latin : Canticum canticorum Salomonis), dit aussi Cantique (ou Chant) de Salomon, est l'un des livres poétiques de la Bible hébraïque. Il revêt la forme d'une suite de poèmes, de chants d'amour alternés entre une femme et un homme (voire où plusieurs couples s'expriment), qui prennent à témoin d'autres personnes et des éléments de la nature.

Datant du IVe siècle av. J.-C., son écriture est attribuée traditionnellement à Salomon, roi d'Israël. Le texte est lu à la synagogue lors du Shabbat de la fête de Pessa'h ainsi que, dans la tradition séfarade, lors de l’office du vendredi soir (Kabbalat Shabbat).

Il a également été intégré à la Bible chrétienne.

Le Cantique des cantiques est un court recueil contenant dix-sept poèmes et quelques vers isolés. Cependant, les poèmes sont écrits dans un bloc continu et ne sont pas distingués dans le texte. De ce fait, certains interprètent le titre du recueil comme « un poème composé de poèmes ». Néanmoins, il est possible de distinguer les poèmes selon le thème ou l'intrigue qui leur est propre, ou encore selon l'identité du locuteur et du destinataire. En certains endroits, la division ne correspond pas entièrement au contenu des poèmes, comme pour le dixième poème, qui est réparti entre les chapitres 5 et 6[1].

Le Cantique des cantiques[a] revêt la forme d'une suite de poèmes, de chants d'amour alternés entre une femme et un homme (voire où plusieurs couples s'expriment), qui prennent à témoin d'autres personnes et des éléments de la nature.

L'amour décrit est un amour sensuel et passant continuellement par l'exaltation de la beauté et des relations physiques. Le langage hébraïque du livre fait clairement référence à la sensualité et à une relation d'amour exprimée physiquement, et ce dès ses premières lignes, comme dans le verset 2 du chap. 1er : « Qu’il me baise des baisers de sa bouche ! Car tes baisers sont meilleurs que le vin ». Le terme traduit par « baisers » (en hébreu, דּוֹדֶיךָ, dodeikha) signifie amour (entre les sexes) et insinue des actes d'amours (baisers, caresses), si bien qu'associé à un autre terme (et décliné), il désigne le lit conjugal.

Datation et positionnement

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Une version triple du Cantique des cantiques en hébreu (texte masorétique, avec signes de cantillation, de Tibériade et notes), en araméen (Targoum avec cantillation babylonienne supra-linéaire) et en arabe (Tafsir de Saadia Gaon avec les lettres hébraïques courantes du judéo-arabe), Yémen (v. 1480).

À la fin du IIe siècle, (en)Rabbi 'Hiya le Grand dit : « Quand le Roi Salomon devint vieux, l'esprit de Dieu se posa sur lui et lui écrivit les trois livres : les Proverbes (Michlei), l'Ecclésiaste (Kohéleth) et le Cantique des Cantiques (Chir Hachirim) »[5]. (en)Rabbi Jonathan dit : « Salomon écrivit d'abord le Cantique des Cantiques, puis les Proverbes et enfin l'Ecclésiaste. L'évolution même de la vie nous révèle cet ordre : Quand un homme est jeune, il chante; plus âgé il dit des proverbes; enfin quand il devient vieux, il dit : Tout est vanité »[6].

La composition du Cantique est attribuée à un compilateur du IVe siècle av. J.-C. qui y aurait fondu différents poèmes. Il a même été avancé l'hypothèse que le Cantique des cantiques ait été rédigé par une femme, comme le pense André Lacocque[b], étant donné la large place qui est accordée aux personnages féminins et le fait qu'il y parle d'amour et jamais de mariage. Amos Oz, dans Juifs par les mots (2014)[9], suggère après d'autres, qu'un auteur possible serait Abisag, la Shunemite / Sunamite / Sulamite, originaire de Shunaam (שׁוּנֵם, Sunem, Sulam (en)), et qu'il est prudent de lire non pas asher li-Shlomo (« composé par Salomon »), mais ashir li-Shlomo (« composé pour Salomon »).

On retrouve des parallèles à de nombreuses expressions du Cantique dans la littérature du Proche-Orient ancien, notamment dans les poèmes d'amour égyptiens. Le cadre géographique et social est suggéré par quelques noms propres — Jérusalem, Tirça, le Liban, Galaad (actuelle Jordanie)... —, mais de telles références ne permettent pas de fixer avec certitude sa date et son lieu de rédaction.

Le livre est d'abord rejeté du canon juif à cause du caractère profane dont témoignent de nombreuses images érotiques comme « tes seins sont comme deux faons, jumeaux d'une gazelle » ou « ta poitrine comme les raisins mûrs ». Le Cantique n'est retenu dans le canon et dans la Septante qu'au Ier siècle apr. J.-C.. La Mishna évoque les vives discussions au sujet de son intégration dans ce canon. Il n'y trouve sa place qu'à la suite de l'interprétation allégorique de Rabbi Akiva, pour qui le Cantique des cantiques est une déclaration symbolique de l'amour entre Dieu (YHWH) et son peuple, Israël : « Le monde entier ne vaut pas le jour où le Cantique des cantiques a été donné à Israël, car tous les Ketoubim sont chose sainte, mais le Cantique des cantiques est chose très sainte »[10].

Une page de l'interprétation de Rachi du Cantique des cantiques (XIe siècle).

La tradition juive le classe parmi les cinq meguilloth qui sont des rouleaux attachés à des fêtes liturgiques. Le nom de Dieu n'y apparaît pas, si ce n'est sous une forme abrégée, Flamme de Yah (Ct 8.6), « Yah » étant un diminutif de YHWH.

Il fait partie des Ketouvim (autres écrits) dans le Tanakh — la Bible hébraïque — et des Livres poétiques dans l'Ancien Testament — la première partie de la Bible chrétienne. On considère qu'il fait partie de la littérature sapientiale (de sagesse), ce qui est sans doute l'une des raisons pour laquelle on a voulu le relier au roi Salomon. Cependant, malgré la présence de certains archaïsmes dans le texte, la langue et le style assez tardifs font penser à l'époque perse ou même hellénistique (IIIe siècle av. J.-C.).

Plus tard, les exégètes chrétiens se sont souvent montrés perplexes devant ce livre. Bien qu'il soit reconnu comme faisant partie du canon biblique, son contenu en a troublé plus d'un. L’humaniste Sébastien Castellion a émis des doutes quant à l’inspiration divine du livre à cause de son caractère sensuel, ce qui lui attira les foudres de Jean Calvin. Néanmoins, il le conserva dans sa traduction de la Bible.

Lecture allégorique

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Exégèse juive

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Parchemin manuscrit du Cantique des Cantiques par le scribe Elihu Shannon (Israël).

Bien que Saadia Gaon affirme déjà au Xe siècle qu’il s’agit d’un texte dont on a perdu la clé, selon les exégètes juifs, le Cantique est un poème exprimant l’amour de l’Éternel pour Israël. Il traite de la relation entre Dieu et le peuple d'Israël, même si le nom explicite n'y est pas mentionné.

Pour Adolphe Lods, les exégètes « y découvraient une esquisse allégorique de l’histoire d’Israël depuis l’exode hors d'Égypte jusqu’à l’arrivée du Messie. C’est en raison de ces prétendues allusions à l’Exode que le Cantique est lu dans la synagogue au huitième jour de la fête du pain sans levain »[10],. Lors de l’office de chaque vendredi soir (Kabbalat Shabbat[11]), la communauté sépharade maintient la tradition de le lire [5].

Le Shir ha-Shirim Rabbah (שיר השירים רבה) est un midrash sur le Cantique, compilé vers le VIIIe siècle, cité par Rachi (XIe siècle) sous le titre Midrash Shir ha-Shirim (« Commentaire sur le Cantique des Cantiques »)[12]. Il est également appelé Aggadat Hazita, de son mot initial Hazita[13] ou Midrash Hazita[14],[15]. Simon Duran (XIVe et XVe siècles) puis Adolf Jellinek[16] (XIXe siècle) considèrent qu'il s'agit d'une ancienne collection aggadique de Judée donc de discours publics, augmentée de divers ajouts ultérieurs[17]. Les sources utilisées proviennent directement du Talmud de Jérusalem (du IIe siècle au Ve siècle), avec quelques emprunts indirects au Talmud babylonien (Ve siècle). Outre le Talmud yerushalmi, une autre source directe est le Pesikta de-Rav Kahana (Ve siècle) de Galilée, ainsi que Genesis Rabbah et Leviticus Rabbah (même époque)[18].

Exégèse chrétienne

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Selon une exégèse chrétienne, le texte est une allégorie de la relation d'amour qu'entretiennent le Christ et son Église (ou entre le Christ et l'âme humaine), relation qui est de nombreuses fois célébrée ou illustrée dans le Nouveau Testament, principalement dans les écrits de Paul, mais aussi dans certaines paraboles de Jésus lui-même selon les Évangiles. Cependant, cette interprétation allégorique est fragilisée par les images érotiques qui émaillent le texte. De plus, la relation d'amour entre Jésus et son Église n'est jamais décrite d'une telle manière : bien que, de manière assez surprenante, le terme grec utilisé par les Septante pour dire l'Amour dans le Cantique soit l'agapè, il apparaît que cet agapè est plus proche de l'éros platonicien que de l'amour chrétien traditionnel (paulinien). Enfin, quand bien même le Nouveau Testament rapproche l'image de la bien-aimée et du bien-aimé de celle du Christ et de l'Église, jamais les auteurs du Nouveau Testament ne prennent le Cantique des cantiques comme modèle. À cet égard, l'exégète Xavier Léon-Dufour[19] note toutefois que la quête aimante de Jésus par Marie de Magdala en Jean 20, 11-16 renvoie au Cantique des cantiques 3,1-4. En Jean 20, 16, Marie dit à Jésus « Rabbouni », traduit par « maître » dans l'évangile mais qui est en réalité un diminutif de « Rabbi » (« mon maître »), ce qui pourrait constituer une nuance d'affection ou de familiarité.

Interprétations

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Ce livre a été aussi considéré[Par qui ?] de façon plus prosaïque comme une collection de poèmes décrivant l'amour entre une jeune fille et son amoureux, dont on fait parfois un couple marié, croyant y déceler des noces[20]. Dans ce cadre, une interprétation « hébraïque » du Cantique des cantiques (qui rallie un nombre important de protestants) est que ce dernier décrit un modèle idéal de l'amour entre les époux, tel qu'il devrait être selon la volonté de Dieu.

Mariage sacré païen

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Une autre approche est l'interprétation culturelle, qui tente de faire le lien avec la liturgie païenne du « mariage sacré » appelé aussi hiérogamie, qui était pratiqué en Mésopotamie (T.J. Meek, W. Wittekindt, H. Hempel). Dans le Proche-Orient, on parle d'une coutume selon laquelle le roi devait s'unir charnellement une fois l'an avec une prêtresse de la déesse de la fécondité afin d'assurer la fertilité des terres et des animaux. La prêtresse prenait ainsi la place de sa déesse et le roi, celui de son mari. Dans ce cadre, le jeune couple du Cantique des cantiques représenterait soit la déesse Inanna avec le dieu Dumuzi, soit leur équivalent akkadien, la déesse de la lune Ishtar et le dieu solaire Tammuz (Dumuzi). Pour le théologien protestant Wilhelm Erbt (1876-1944), le Cantique serait une compilation de poésies d'origine cananéennes qui chantent l'amour du dieu Tammuz (aussi appelé Dod ou Shelem) pour la déesse Ishtar (ou Shalmit) et donc que le poème serait un reste de paganisme survivant au sein du judaïsme, qui aurait été révisée afin de le rendre compatible avec le culte de YHWH[20].

J. F. Froger a également proposé une autre approche dans La voie du désir[21]. Elle consiste à superposer les thèmes abordés du Cantique des cantiques à ceux du mythe d'Éros et Psyché d'Apulée. D'après l'auteur, il existe suffisamment d'indices pour proposer un rapprochement des deux sujets. On y retrouve l'importance de « la nuit dans le chant d'amour ». « N'éveillez pas, ne réveillez pas, mon amour, avant l'heure de son bon plaisir » est une mise en garde qui rappelle l'avertissement de Psyché contre la tentation de connaître Éros. Les thèmes de l'exil et de la solitude constituent la partie centrale du conte. Mais les noces éternelles triomphent de la souffrance endurée.

Commentaire de Mishmeret HaKodesh Shir Hadash sur Shir HaShirim (Cantique des cantiques), tradition sépharade, par le rabbin Ya'akov ben R 'Yosef de Bagdad (Irak) publié à Kolkata Inde (1843).

Dans l'introduction au Cantique (Bible de Chouraqui), il est décrit deux plans de significations : celui de l'humain et celui de la Création. « La poésie hébraïque marie-t-elle ici l'humain au cosmos ; elle voit le réel sous la forme d'un homme, et dans cet homme la totalité de l'univers ». Ceci n'est pas étranger à l'Éros, ce qui peut surprendre dans un livre biblique.

Sans nier ce qu'apportent ces approches, Henri Cohen Solal, psychanalyste, ou Marina Poydenot, enseignante au Centre Sèvres à Paris et membre de la Communauté du Chemin Neuf, s'appuyant sur des textes de Paul Beauchamp, André LaCocque ou Gianni Barbiero, avancent que le Cantique pourrait être un rêve éveillé de la fiancée qui se remémore les moments passés avec son bien-aimé[22] : les termes employés font beaucoup référence à un vocabulaire onirique.

Lecture féministe et queer

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Au XXIe siècle, une lecture féministe du Cantique des cantiques se développe : ce dernier « propose une sagesse subversive par rapport aux normes patriarcales qui traversent l’ensemble de la Bible »[23]. Jean-Jacques Lavoie et Anne Létourneau proposent également une lecture queer du cantique : l'amour et l'eros qui est célébré peut être lu à la fois d'un point de vue hétérosexuel ou homosexuel, car « il célèbre avant tout le don de l’amour humain en soi, sans faire référence à la procréation et à une quelconque conformité à une loi naturelle »[23]. Ainsi, la sexualité est dissociée de la procréation, et les images renvoyant à la nourriture et à la boisson évoque davantage une sexualité orale que génitale. Pour Ken Stone, cela évoque davantage les relations lesbiennes qu'hétérosexuelles[23].

Pour Lavoie et Létourneau, « la bien-aimée est décrite comme une femme qui est libre d’aimer comme elle veut et qui elle veut », elle proclame son autonomie et son refus d'être possédée, en dépit des critiques émises par ses frères (qui lui reprochent sa vie sexuelle) ou par les autorités de la ville[23]. Lorsqu'elle cherche son bien-aimé dans la ville, elle est arrêtée par les gardes qui la prennent sans doute pour une prostituée et l'agressent physiquement. L'amour entre l'homme et la femme, qui a lieu en dehors du mariage, est réprimé par les normes sociales, mais la femme se montre défiante face à l'autorité patriarcale[23].

D'autre part, les frontières sexuelles sont brouillées, car des termes militaires masculins (tour de David, boucliers, armures de héros, chars de Pharaon) sont utilisés pour qualifier le corps de la femme, tandis que des qualificatifs utilisés pour décrire la femme (colombes, lotus) sont réutilisés pour qualifier l'homme. Pour Lavoie et Létourneau, « le Cantique purifie l’amour de toute forme de hiérarchie et de différence de pouvoir qui sont typiques des relations traditionnelles entre homme et femme »[23].

Les deux chercheurs soulignent également que la réciprocité est au cœur de la relation entre les deux amants, qui expriment leur amour et leur attirance l'un l'une pour l'autre[23]. En conclusion, « l’amour, lorsqu’il est vécu dans la réciprocité, est célébré comme un absolu qui transcende la loi. Personne n’a donc à recevoir une quelconque autorisation pour aimer »[23].

Premiers vers

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Tapisserie française sur le thème du Cantique des cantiques, palais du Tau, Reims, XVIIe siècle.

« Qu’il m'embrasse de ses baisers et de sa bouche ! Tes caresses sont plus douces que le vin, quand elles se mêlent à l’odeur de tes parfums exquis ; ton nom est une huile épandue ; c’est pourquoi les jeunes filles t’aiment.

Entraîne-moi après toi ; courons ensemble. Le roi m’a fait entrer dans son harem.

Nos transports et nos joies sont pour toi seul. Mieux valent tes caresses que le vin ! Qu’on a raison de t’aimer ! »

Dans les arts

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Peinture et arts plastiques

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Cantique des Cantiques 4, 4-6
Cantique des Cantiques 6, 2-4

Musique, chanson

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Bibliographie

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En français

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Autres langues

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  • Athalya Brenner, The Song of Songs, Sheffield, Old Testament Guides, 1989
  • Michael V. Fox, The Song of Songs and the Ancient Egyptian Love Songs, Madison, The University of Wisconsin Press, 1985
  • Jill M. Munro, Spikenard and Saffron. The imagery of the Song of Songs, Sheffield, Sheffield Academic Press, 1995
  • Carey Ellen Walsh, A startling voice: Woman’s desire in the Song of Songs, Biblical Theology Bulletin 28, 1999, p. 129-134.
  • John B. White, A study of the language of love in the song of songs and ancient egyptian poetry, Dissertation Series 38, Missoula, Scholars Press, 1978

Notes et références

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  1. a et b Cette écriture « le Cantique des cantiques » est celle adoptée par l'ensemble des encyclopédies et dictionnaires[2],[3],[4].
  2. André Lacocque récuse le sens traditionnel, dans un chapitre du livre Penser la Bible. Il relève que l’éloge de l’amour qui est fait dans le Cantique est celui de l’amour pour lui-même. Il ne parle pas du mariage ; à l’époque, comme aujourd’hui dans le monde arabe, l’amour ne joue pas un rôle décisif dans le choix des époux. Aussi le texte du Cantique est subversif, car il fait l’éloge de l’amour sans référence au mariage. André Lacocque analyse le livre pour relever qu’il dit le point de vue féminin sur l’amour et conclut qu’il a dû être écrit par une femme[7]. C’est une apologie de l’amour dans le couple : « Le poème est un chant féminin du commencement à la fin »[8].

Références

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  1. (he) « שיר השירים ו – ויקיטקסט », sur he.wikisource.org (consulté le )
  2. Encyclopédie des éditions Larousse, « Entrée "le Cantique des cantiques" », sur larousse.fr (consulté le )
  3. Encyclopædia Universalis, « Entrée "le Cantique des cantiques" », sur universalis.fr (consulté le )
  4. Centre national de la recherche scientifique, Centre national de ressources textuelles et lexicales, « Entrée "Cantique" », sur cnrtl.fr (consulté le ) : « Le Cantique des cantiques. Cantique par excellence attribué par la Bible à Salomon. À ce premier bréviaire de l'amour spirituel s'ajoute le poème biblique du Cantique des cantiques (Weill, Le Judaïsme,1931, p. 176) »
  5. a et b « Extraits du Midrache Chir Hachirim », sur fr.chabad.org (consulté le )
  6. Paracha 1, Midrash_Rabba sur le Cantique des cantiques (שיר השירים רבה)
  7. Paul Ricœur et André Lacocque, Penser la Bible, Paris, Seuil, , « La Sulamite. Le Cantique des cantiques », p. 373 et suivantes.
  8. Ricœur et Lacocque 1998, p. 383.
  9. Amos Oz, Fania Oz-Salzberger et Marie-France de Paloméra, Juifs par les mots, Gallimard, (ISBN 978-2-07-014152-4)
  10. a et b Adolphe LODS, Histoire de la littérature hébraïque et juive depuis les origines jusqu'à la ruine de l'état juif (135 après J.-C.), Paris, Payot, 1950, p. 745.
  11. Mendel Adelman, « Qu’est-ce que la Kabbalat Chabbat? », sur fr.chabad.org (consulté le )
  12. Commentaire sur le Chant des Chants 4:1, 8:11
  13. Nathan ben Jehiel, dans l'Aroukh, s.v. טפף
  14. Nahmanide, commentaire sur Exode 4:28
  15. Simon Duran, Tashbatz 3:37
  16. « Adolf Jellinek », sur Jewish Virtual Library (consulté le )
  17. Adolf Jellinek, dans une lettre à Theodor, réimprimée dans Monatsschrift, 1879, pp. 237 et suivantes.
  18. « Lecture de la paracha Vayikra en français », sur Torah-Box (consulté le )
  19. Xavier Léon-Dufour, Lecture de l'Évangile selon Jean, t. 4, coll. Parole de Dieu, Seuil, Paris 1996, p. 221.
  20. a et b Maurice Mergui, « Le Midrash Rabba sur le Cantique des Cantiques (tome2) », sur objectif-transmission.org (consulté le )
  21. Éd. DésIris, 1997 (ISBN 2-907653-41-5)
  22. a b et c (fr) « Un « Cantique des cantiques » étudié et interprété », sur la-croix.com, (consulté le ).
  23. a b c d e f g et h Jean-Jacques Lavoie et Anne Létourneau, « Herméneutique queer et Cantique des cantiques », Laval théologique et philosophique, vol. 66, no 3,‎ , p. 503–528 (ISSN 0023-9054 et 1703-8804, DOI 10.7202/045336ar, lire en ligne, consulté le )
  24. En ligne : https://www.youtube.com/watch?v=mzvJVoHEDH4
  25. Renaud Volle, « Le cantique des cantiques », RCF,‎ .

Articles connexes

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Liens externes

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